Le Forum du Front de l'Est

Tout savoir sur le Front de l'Est
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Armes de Represailles Allemandes (2012)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Ven 4 Mai - 2:12


Le V1 (de l'allemand Vergeltungswaffe : « arme de représailles ») est une bombe volante et le premier missile de croisière de l'histoire de l'aéronautique. Utilisée du 13 juin 1944 au 29 mars 1945 par l'Allemagne nazie contre le Royaume-Uni durant la Seconde Guerre mondiale.

Le V1 ou Fieseler Fi 103 est conçu principalement sous la désignation FZG 76 (de l'allemand Flak Ziel Gerät 76) par Robert Lusser de la société Fieseler, et par Fritz Gosslau de la société Argus.






Le moteur est un pulsoréacteur (réacteur très simple et bruyant) attaché au corps par deux mâts. Le fuselage contient la charge explosive, le carburant et une centrale à inertie assurant un guidage sommaire. Le tout est muni de petites ailes et d'un empennage stabilisateur assurant une gouverne de profondeur. Une gouverne de lacet est placée sur l'axe de fixation arrière du réacteur.

L'engin peut être catapulté sur une rampe (après allumage du pulsoréacteur à l'aide d'un brûleur à gaz), ou largué depuis un avion porteur (des bombardiers Heinkel He 111 sont modifiés à cet effet). Après quoi la bombe est livrée à elle-même. Le point de chute est approximativement déterminé par un compteur à vis primitif entraîné par une petite hélice, et qui, réglé avant le départ, sectionne le câble du gouvernail de profondeur. Deux explosifs légers provoquent la sortie de deux petits aérofreins sur le dessous et de chaque côté de la gouverne de profondeur, déclenchant la mise en piqué. Le brusque changement d'attitude entraîne généralement l'arrêt du moteur, et les populations survolées écoutaient donc avec angoisse le bruit particulier du pulsoréacteur en redoutant le moment où le bruit caractéristique s'arrêterait, marquant ainsi la plongée du missile vers le sol.

V1 expose a l Americain air museum(GB)






Caractéristiques

Moteur Pulsoréacteur Argus 109-014
Masse au lancement 2247 kg
Longueur 7, 90 m
Diamètre 8, 32 m
Envergure 5, 78 m
Vitesse 700 km/h
Portée ~280 km
Altitude de croisière 3000 m
Charge 847, 11 kg d' Amatol-39
Guidage Gyroscope et guidage automatique simple
Précision 12 km à la ronde
Détonation Explosive
Plateforme de lancement Rampe de lancement




Environ 35 000 V1 sont construits, dont la moitié seront détruits au sol par bombardement[2].

Le lancement s'effectue principalement à partir de longues rampes. Les services secrets alliés n'ont pas tardé à repérer leur disposition en arc de cercle autour de leur cible, Londres et ses alentours, grâce aux informations fournies par le réseau AGIR, dirigé par Michel Hollard.

Au total, environ 9 250 sont lancés ainsi et approximativement 6 550 sont largués d'avions sur les conurbations du centre de l'Angleterre et sur Londres, mais aussi sur Anvers, Liège et quelques-uns sur Paris, après leur libération par les Alliés. Beaucoup se sont simplement égarés et sont tombés au hasard. Le documentaire Apocalypse, la 2e Guerre mondiale précise que la campagne aurait causé 25 000 morts.

Ses caractéristiques (vol rectiligne à vitesse constante) permettent aux chasseurs alliés et à la DCA d'abattre environ la moitié des engins lancés contre le Royaume-Uni.

Les chasseurs les plus efficaces sont les Hawker Tempest[3], avec 638 engins abattus ; puis les Mosquitos, avec 428 ; les Spitfires, 303 ; les P-51 Mustangs, 232 et les Meteors à réaction (encore au stade expérimental à ce moment-là), 13 ou 14.




Dernière édition par naga le Ven 4 Mai - 2:25, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Ven 4 Mai - 2:24


La centrale inertielle du V1 ne pouvant corriger des erreurs que de quelques degrés de roulis sur sa trajectoire originelle, des aviateurs sous la direction de la RAF, mirent au point une méthode pour les faire dévier de leur course : l'avion volant à la même vitesse que le V1, le pilote se place à côté de lui et soulève l'extrémité de son aile sous celle du V1. Les ailes ne se touchent pas, mais l'air entre les deux ailes étant comprimé, une force est exercée sur le V1, qui est dévié de sa trajectoire. L'utilisation de cette méthode spectaculaire — mais dangereuse — est attestée dans au moins trois cas. Aussi dangereuse que soit cette action, suivre un V1 et tirer sur lui était encore plus dangereux. Car ainsi, à presque 650 km à l'heure, il est très difficile d'éviter les effets de l'explosion de la bombe volante.


V1 tombant sur le quartier de Convent garden a londres




Londres représentait une cible idéale pour un tel engin. Du fait de son imprécision, il était impossible aux Allemands de bombarder un objectif donné. L'immense étendue de l'agglomération londonienne était donc un des rares objectifs qu'un V1 pouvait être certain d'atteindre. Contrairement à ce que Winston Churchill et la propagande alliée ont prétendu, les V1 ont bel et bien créé un véritable vent de panique sur Londres, et beaucoup d'enfants ont, comme en 1940, été évacués de Londres.

Pour les arrêter, de gros moyens seront employés. En août 1944, la mise en service de canons de DCA à réglage automatique par radar permet d'atteindre une efficacité d'environ 75 % dans la destruction de ces missiles. De plus, l'état-major allié va mobiliser d'importantes forces aériennes, avions et canons de DCA, pour garder le ciel britannique, en les prélevant sur le front. Les services de renseignements et les missions aériennes s'emploient à localiser, et à faire bombarder les sites de lancements. Peine perdue, les Allemands étant capables de les reconstruire très vite. Ce n'est que l'avancée des troupes sur le front de l'Ouest qui fera cesser définitivement les tirs de V1 et de V2.







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Ven 4 Mai - 2:56

Le V1 "Reichenberg"

Bien que l'histoire n'ait retenu qu'Hannah Reitsch et Otto Skorzeny comme principaux instigateurs de l'opération Reichenberg , c'est cependant l' Oberleutnant Karl-Heinz Lange qui en fut le précurseur. Pilote de planeur, il avait envisagé dès 1940 la possibilité de guider l'un de ces appareils, bourré d'explosif, vers une cible, puis de l'abandonner au dernier moment. Proposé début 1944, le projet fut concrétisé par la création d'une unité au sein du KG 200, la 2. Staffel aussi appelée S.O ( Selbst Opfer , sacrifice de soi) Staffel qui comportait près de 80 volontaires. Très rapidement fut créée la 5/KG 200 « Léonidas Staffel » dont Lange devint le Staffelkapitän . La référence à « Léonidas » évoque bien évidemment un combat glorieux contre un ennemi supérieur en nombre.





Ce n'est qu'au printemps 1944 que Skorzeny s'intéressa au projet, alors que les essais piétinaient, notamment à cause des vibrations engendrées par le pulsoréacteur sur la fragile structure des planeurs. Skorzeny, particulièrement impressionné par le tir d'un V1 auquel il venait d'assister à Peenemünde proposa donc d'en faire une version pilotée. C'est en avril 1944 que la trajectoire de Skorzeny croisa celle d' Hannah Reitsch , aviatrice émérite qui avait déjà une longue expérience comme pilote d'essai, notamment sur avion à réaction. Sur le fond, Hannah Reitsch estimait, depuis l'été 1943, et en particulier le bombardement de Hambourg, que les monstrueuses destructions alliées sur les villes allemandes devaient cesser. Pour cela, l'Allemagne devait être en position de force et infliger de lourdes pertes aux centres vitaux de l'ennemi : centrales électriques, réservoirs d'eau, sites industriels ou unités navales importantes. L'idée se résumait à la formation simple d'un pilote capable de maîtriser un vol plané et un « atterrissage sur objectif ». Cela ne pouvait néanmoins se faire, selon elle, qu'avec des gens résolus à prendre le risque de mourir mais avec un matériel garantissant le succès, c'est-à-dire offrant à la fois visibilité, stabilité et surtout manœuvrabilité afin de déjouer les manœuvres d'esquive de l'adversaire. Hannah Reitsch et Otto Skorzeny s'entourèrent d'une équipe qui reprenait les techniciens ayant déjà travaillé sur le projet Kirschkern. A partir de cet instant commença véritablement l'opération « Reichenberg ». L'équipe d'ingénieurs de l'aéronautique réunie par Skorzeny, avec l'aide de cinq mécaniciens, entreprit les transformations nécessaires à l'installation d'un pilote dans cette étroite carlingue en apportant les modifications suivantes :

• Suppression du loch et du pilote automatique
• Remplacement des boules d'air comprimé par un seul réservoir, plus petit
• Allongement de 25 cm du tronçon de carlingue, derrière le réservoir de carburant
• Création d'un cockpit et aménagement d'un poste de pilotage réduit à un palonnier, deux pédales de commande du gouvernail et un siège en contreplaqué.
• Adjonction de volets de profondeur sur les ailes et allongement du gouvernail de direction.
• Création d'un tableau de bord avec horloge, contact d'armement, compteur de vitesse, altimètre, horizon artificiel et compas.
• Mise en place de quelques éléments tels que batterie d'alimentation, rétroviseur, tube de Pitot et dispositif d'accrochage



V1 "reichenberg" IV expo a Anvers en 1945




En moins de trois semaines, trois prototypes du modèle Fi 103 A1 Re I furent prêts à voler. Fin août, début septembre , avec les premiers essais à Rechlin survinrent aussi les premiers accidents. C'est à ce moment que l'intervention d' Hannah Reitsch se montra déterminante. Elle exécuta deux essais sans problème, obtenant du ministère de l'aviation, l'autorisation de construire d'autres appareils. Ainsi furent rapidement mis au point les versions suivantes tels que la Re III ou biplace école avec motorisation, et surtout la Re IV qui est l'aboutissement opérationnel. Cette dernière se décline elle-même en quatre variantes :

• Schulversion ou version d'entraînement munie d'un ski pour le retour.
• Spitze Nase (Nez pointu) utilisable contre sites terrestres
• Wasserlaüfer , armée d'une mine marine sous coiffe arrondi lui permettant de pénétrer dans l'eau pour frapper les navires sous la ligne de flottaison.
• Rammbug qui nous ramène à la notion plus large de Ramm Flugzeug ou avion-bélier destiné à endommager les gouvernes des bombardiers alliés.

Mais qu'importe la version, la méthode d'attaque restait toujours la même. Largué à 2 000 m d'altitude, le Reichenberg disposait d'un rayon d'action de 300 Km. Le pilote devait amener l'appareil en direction d'un objectif avant de sauter en parachute mais il ne pouvait abandonner les commandes à moins de 1 000 m du but. Il ne restait à ce moment là que 5 secondes et il fallait alors ouvrir le cockpit, s'extraire du poste de pilotage en évitant la tuyère. Dans l'absolu, les chances de survie n'étaient que de 1% mais Skorzeny n'eut cependant aucun mal à trouver une centaine de volontaires, car dans leur esprit, l'aspect mission suicide ne semblait faire aucun doute. Hannah Reitsch opposera plus tard, dans ses écrits, le principe Kamikaze qui est une sorte d'acte religieux, à son opinion, qui était celle d'un acte politique. Elle prenait soin d'ailleurs de préciser que le recours à ce moyen extrême était directement lié à l'exigence de capitulation sans condition exprimée par les anglo-américains à Casablanca.

Plus prosaïquement, Skorzeny ne réussit jamais à obtenir les 500 m 3 de carburant nécessaires à son entreprise et 175 des 520 à 570 Reichenberg menés à différents stades d'avancement tombèrent intacts aux mains des Alliés.



un V1 "Reichenberg" le 23 avril 1945 capture intact par les allies






source:V1armedudesespoir.free.fr

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Ven 4 Mai - 3:05


V1 Reichenberg survivant au musee d Arlington field





En 1945 avant son transfert aux USA




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Ven 4 Mai - 14:01


P E E N E M Ü N D E


Ainsi défini, le projet Kirschkern poursuit son développement sur les bords de la Baltique, à Peenemünde. Ce centre ultramoderne qui doit essentiellement son existence au besoin de développer le programme A4 (futur V2) a pris naissance dès 1936, à l'initiative de Von Braun lui-même. Il est le fruit d'un investissement commun de la Luftwaffe (armée de l'air) et du Heer (armée de Terre) mais la prédominance de cette dernière apparaît dans le nom du centre : HAP ou Heeresanstallt Peenemünde (Etablissement de l'armée de terre Peenemünde) . Le centre de recherche sur le Fi 103 y occupe les modestes infrastructures de la partie ouest ( Peenemünde West ), en bordure d'un aérodrome sur lequel sont entre autres, menés les essais du Me 163 Komet. (Voir plan du site) Au nord, près du rivage, sur la Schussplatz (Pas de tir) seront progressivement élevées cinq catapultes, dont une orientable en azimut.





Six semaines seulement après l'accord du Generalfeldmarschall MILCH, la première cellule est déjà mise en expérimentation. Un mois plus tard, les essais aérodynamiques se poursuivent sous le ventre d'un Focke Wulf 200C Condor . Noël 1942 marque le premier tir d'un engin complet (Cellule et tuyère), et les premières semaines de 1943 voient le début des essais. Dès le 19 janvier, et pour dix semaines, commence la première série de tirs sur 60 Km , à faible altitude, afin d'améliorer paramètres de vol et aérodynamisme. (Voir plan des essais)






La seconde période débutée le 14 mai 1943 est marquée par une suite d'évènements déterminants. Le 26 mai tout d'abord avec la présentation concurrente des futurs V1 et V2. Malgré une prestation désastreuse de deux échecs consécutifs, le Fi 103 est cependant maintenu comme projet prioritaire. Le 19 juin suivant il réussit d'ailleurs son premier lancement en configuration opérationnelle. La nouvelle trajectoire qui passe désormais devant l'île de Bornholm est allongée à 120 Km . Devant ces résultats encourageants est créé le Lehr und Erprobungskommando (commandement des essais et entraînement), placé sous les ordres de l' Oberst (colonel) Max Wachtel. Installée à Zempin ( 15 Km au sud-est de Peenemünde), cette école à feu a pour mission de finaliser les méthodes de tir, former le personnel et expérimenter le tir angulaire ou Winkelschuss qui permet à la nouvelle arme de changer sa trajectoire. Cette unité servira d'ailleurs d'embryon au Flak Regiment 155 (W) (régiment antiaérien), officiellement créé le 16 août 1943. Celui-ci sera chargé, toujours sous les ordres du colonel Wachtel, de la mise en œuvre opérationnelle du Fi 103 désormais rebaptisé FZG 76 pour Flak Ziel Gerät (engin cible de DCA). Cette dénomination qui perdurera jusqu'à la fin du conflit, du moins dans les documents internes, avait été choisie car beaucoup plus discrète en matière de contre-espionnage.

Par ailleurs, le centre d'essais de Peenemünde West sort totalement indemne du bombardement anglais du 17 août 1943 (opération Hydra ) qui visait, avec plus ou moins de réussite, les installations de l'A4 (V2).





Le 30 septembre 1943 débute la troisième et dernière période d'essais qui, sur 225 km permet de mettre au point les méthodes de suivi des trajectoires grâce à une chaîne de radars implantés le long de la côte poméranienne. Le procédé sera d'ailleurs repris pour la campagne de l'été 1944 à partir des bases implantées en France. Il suffit ensuite d'établir les tables de tir, et d'affiner la précision d'impact, afin de faire du FZG 76, une arme opérationnelle.
Six semaines seulement après l'accord du Generalfeldmarschall MILCH, la première cellule est déjà mise en expérimentation. Un mois plus tard, les essais aérodynamiques se poursuivent sous le ventre d'un Focke Wulf 200C Condor . Noël 1942 marque le premier tir d'un engin complet (Cellule et tuyère), et les premières semaines de 1943 voient le début des essais. Dès le 19 janvier, et pour dix semaines, commence la première série de tirs sur 60 Km , à faible altitude, afin d'améliorer paramètres de vol et aérodynamisme.


Yannick Delefosse
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Ven 4 Mai - 14:09


Les expérimentations de l’A-4, futur V2

Dès 1936, l’équipe de Dornberger commençait à dessiner les plans du futur Aggregat 4 (ou A-4) ; mais les connaissances techniques sur les fusées étaient encore trop restreintes pour construire cet engin complexe de 22 000 pièces. Avec la réussite des A-5, les espoirs de l’Armée sur une « bombe volante » ultra-destructrice sont ravivés, le projet de l’A-4 reprend.

L'A-4 fait 14m de haut pour 1.65m de diamètre, il pèse 14 tonnes au décollage (dont 4t de carburants, 4t de comburants et 1t de charge explosive) avec une poussée fantastique de 25t grâce à un moteur d’une énorme puissance pour l’époque. Il atteint son apogée à 90km d’altitude. Sa vitesse maximale est de 5535 km/h sur une portée de 290 à 300km ce qui le rend interceptable ni par la D.C.A. des alliés (Défense Contre Aéronef) ni par un chasseur : il était beaucoup trop rapide.


Fusees A4 au pas de Tir




Vue Technique de l A4



L’A-4 décolle verticalement à partir d’une table de tir baptisée « presse citron » puis s’incline de 49°, car les ingénieurs avaient calculé que la portée maximale était obtenue en suivant cet angle, il est propulsé par son moteur pendant environ 5 minutes, puis la fusée poursuit sa trajectoire par une phase balistique.












Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Ven 4 Mai - 14:13


Conçu en 1936, sa fonction (arme de terreur, frappant les civils londoniens) sera définie en 1941, il sera alors sur la liste des « attributions de matériaux prioritaires », et bénéficiera du soutien personnel d’Hitler et de son ministre de l’armement Albert Speer. Afin de conserver ces attributions prioritaires de matériaux et de main-d’œuvre, Dornberger et Von Braun multiplièrent les visites organisées de hauts responsables de la Wehrmacht et de l’état nazi. Le scénario est théâtral: copieux déjeuner bien arrosé, visite des installations, essai de moteur en point fixe et enfin lancement d’un A-4.

Sur le site de Peenemünde, l’été 1942 voit les premiers essais de la fusée A-4, un projet dont le développement dure depuis plus de deux ans maintenant. Plusieurs expérimentations ont lieu mais les résultats sont peu satisfaisants. Les ingénieurs éprouvent de grandes difficultés pour résoudre les problèmes que posent le A-4, et notamment les explosions en vol lors de la rentrée dans les couches denses de l’atmosphère. Deux années seront alors nécessaires pour passer de prototype au déploiement opérationnel.


Une grosse pression est alors mise sur l’équipe de Wernher von Braun en octobre 1942 pour les essais de réception officiels. Le 3 octobre 1942, un A-4 est prêt à être lancé, sur le pas de tir n°7 au nord de la base de Peenemünde, devant des membres de l’Armée allemande. Ce 4ème lancé fut une réussite totale ; le premier avait explosé pendant les essais statiques, le deuxième et le troisième furent tout deux des échecs. Les représentants militaires sont là, aux côtés de Walter Dornberger, Von Braun et leurs ingénieurs et techniciens. Dans le vacarme de son moteur de 25 tonnes de poussée, la fusée s’élève pendant quatre secondes et demie, puis comme prévu, s’incline doucement vers l’est. Après avoir franchi le mur du son, la fusée atteint l’altitude maximale de 83 kilomètres à l’issue de sa trajectoire hyperbolique, une vitesse de 1.340 mètres par seconde (soit près du mach 4) et franchit une distance de 192 kilomètres. Pour la première fois, un objet fabriqué par l’homme a pénétré dans l’espace.


Tir V2 juin 1943



Dornberger célèbrera l’événement plus tard en déclarant :

« Nous avons envahi l’espace avec notre fusée, et pour la première fois nous avons utilisé l’espace comme pont entre deux points à la surface de la terre ; nous avons prouvé que la propulsion par fusée était utilisable pour se déplacer dans l’espace. A la terre, la mer, et l’air il faut maintenant ajouter l’espace comme zone de déplacement pour les voyages du futur. »

Et ajoute : « Aussi longtemps que durera la guerre, notre première mission sera de perfectionner rapidement la fusée afin qu’elle devienne une arme. »


Ce succès survint lors des premiers échecs de l’armée allemande (Stalingrad…). De plus, chaque jour des bombardements alliés ont lieux, retranchant les Allemands sur la défensive. Désormais, l’A-4 peut jouer un rôle stratégique et déterminant sur le cours de la Guerre. Albert Speer, ministre de l’armement convint Hitler de l’utilité de ces « armes secrètes », en lesquelles il fonde tout ses espoirs sur une victoire écrasante contre les Alliés. Le 7 juillet 1943, Dornberger et Werner Von Braun furent convoqués en urgence au Q.G. du Führer, qui donne alors la priorité absolue au programme des fusées A-4. Le A-4 sera choisi parmi les autres projets de fusées pour sa simplicité de fabrication en série. L’A-4, devenu prioritaire, est rebaptisé « Vergeltungswaffe 2 », l’arme de vengeance n°2 : le V2.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Dim 6 Mai - 2:10


La production massive

Pour répondre à « la terreur aérienne anglo-américaine », Albert Speer, le ministre de l’armement créa au sein de son ministère une commission pour les tirs à longue portée (1ère réunion le 4 février 1943), la «Komission für Fernschiessen ». Elle est chargée du développement et de la production en série des armes de représailles. Une de ses sous commissions : la « Sonderausshuss A-4 » se consacrait à la fusée de Peenemünde et s’occupait de l’intrusion de l’industrie dans un programme qui était jusque là purement militaire.

Avec ses 22.000 pièces détachées, ses propergols liquides dangereux et son électronique de pointe, le V2 demande une attention particulière. Quand les plans de constructions arrivèrent aux sociétés d’aéronautique, ces derniers se montrèrent incapables de produire la nouvelle arme. Il faudra plusieurs dizaines de milliers de modifications techniques pour y parvenir. Il est donc décidé d’installer une usine à V2 dans Peenemünde même. Pour achever toutes les installations industrielles nécessaires aux fusées V2 qui doivent être tirées chaque jour, les ingénieurs et techniciens à Peenemünde travaillèrent en deux équipes de douze heures, de jour comme de nuit.

La grande idée de Himmler fût de faire travailler les milliers de prisonniers de camps de concentration à la fabrication des fusées V2 et des V1. Le 19 octobre 1943, l’armée Allemande passe une énorme commande à l’usine de Mittelwerk : 12000 fusées V2 pour 480 millions de Reichsmark. Les premières fusées, fabriquées par une main-d’œuvre qualifiée allemande et par les déportés, sortirent de la chaîne d’assemblage de l’usine souterraine de Mittelwerk le 1er janvier 1944.


Assemblage de pieces par les deportes




Le 16 février 1943, Himmler, Général en chef des SS et patron de la Gestapo, a réussi à imposer à la France et à son gouvernement (de Vichy) l’envoi de travailleurs en Allemagne qui seront sélectionnés par ses hommes de mains. Ils emploient le Service du Travail Obligatoire (STO) français comme source de main d’œuvre inépuisable. En août 1943, il a gain de cause. Himmler prend en charge la fabrication en série des bombes volantes V1 et des fusées V2 à Mittlewerk. L’ingénieur civil Arthur Rudolph est recruté par Himmler en septembre 1943 pour organiser la production des fusées V2 dans les sites souterrains de Nordhausen. Les essais de réception sont effectués en Pologne, à Wizna.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Dim 6 Mai - 2:23


LE KZ DE DORA

Dora, kommando de Buchenwald (août 1943-octobre 1944)

Le KZ de Dora est situé dans les collines du Harz, au nord-ouest de Buchenwald et au sud-ouest de Magdebourg et de l'Elbe, entre les petites villes d'Ellrich et de Nordhausen. Le camp est construit au flanc de la colline de Kohnstein.







Dora a été créé par un Arbeitskommando du KZ de Buchenwald en 1943. Du fait des raids aériens alliés, Hitler a pris la décision d'implanter progressivement les fabrications d'armement dans des usines souterraines afin de les mettre à l'abri. Or les 17 et 18 août 1943, la Royal Air Force détruit la base de Peenemünde, située au bord de la mer Baltique, là où les nazis ont installé le centre d'essai de leurs armes secrètes, les V1 et les V2, sur lesquelles ils comptent pour renverser en leur faveur la situation militaire. Décision est aussitôt prise de transférer l'usine construisant les V1 et les V2 dans un site souterrain creusé dans le Kohnstein, où existent déjà des galeries.

C'est l'entreprise industrielle Mittelwerke qui est chargée des travaux, d'où le nom de " Mittelbau " désignant l'ensemble des installations aménagées autour de Dora. Il est fait appel à la main-d'œuvre concentrationnaire, qui présente pour les nazis le double avantage d'être peu coûteuse et de pouvoir être réduite au silence par l'extermination afin de protéger le secret de la fabrication d'armes vitales pour le Reich. Les premiers détenus arrivent à Dora le 25 août 1943, quelques jours après le bombardement de Peenemünde. Le KZ de Dora va rester un kommando de Buchenwald jusqu'au 28 octobre 1944, où il devient un KZ autonome sous le nom de " Dora Lager Mittelbau ", sans doute pour que soit plus facilement gardé le secret sur les V1 et les V2.

Dora-Mittelbau (28 octobre 1944 - avril 1945)

L'effectif du KZ au 28 octobre 1944 est connu grâce à une note envoyée ce jour-là par l'Arbeitstatistik de Dora au chef de l'Arbeitseinsatz de Buchenwald.

Voici la liste des kommandos avec le nombre des déportés affectés à chacun:

1 Baubrigade (construction): 441 ; 3 Baubrigade (construction): 996; 4 Baubrigade (construction): 826; 5 Baubrigade (construction): 648; 1 Eisenbahnhaubrigade (gare): 514; 2 Eisenbahnbaubrigade (gare): 499; Klosterwerke-Blasskenburg: 500; Curt Heber-Osterode: 272; A 5: 134; B 4: 251 ; Rautal Werke-Wemigerode: 789; Dora: 23 614; B 3: 3 050; ce qui donne un total de 32 534 déportés.


Entree du Tunnel B





Le camp extérieur et le tunnel

Charles Sadron, déporté à Dora de février 1944 à avril 1945, décrit ainsi le camp extérieur d'une part, l'usine souterraine d'autre part:

« Le camp, avec ses barbelés et ses miradors classiques, est rassemblé dans le creux d'un vallon assombri par la forêt de hêtres, de bouleaux et de mélèzes qui couvre ses versants. L'un d'eux, au nord, constitue le flanc de la colline, sous laquelle vit l'usine. De la crête de l'autre, au sud, on aperçoit au loin les contreforts du Harz. Plus près, à quelques kilomètres, fument les cheminées d'usines et se dressent les clochers de la ville de Nordhausen. Plus près encore, ce sont les baraquements des gares de triage de Dora, dans un fouillis de matériaux de construction de toutes sortes.

Quand vous quittez la sortie du tunnel, vous montez vers le camp en suivant le fond du vallon. Un chemin bordé de pommiers et de baraquements SS vous conduit pendant 800 mètres jusqu'à l'entrée du camp ménagée entre les extrémités de deux baraquements administratifs. L'entrée à peine franchie, vous débouchez sur deux immenses places d'appel, où peuvent se rassembler jusqu'à 12 000 hommes. Plus loin sont les baraquements des détenus, les cuisines énormes, les magasins et l'inévitable crématoire. Tous ces bâtiments sont allongés et plats, peints d'une couleur verdâtre. Ils sont disséminés sans plan apparent au milieu du terrain conquis sur la forêt. Certains disparaissent même dans les bois. Comme l'usine, le camp n'est pas achevé lorsque j'arrive. Ce n'est qu'à la fin de l'été 1944 qu'apparaissent les pistes de ciment et que sont dallées les places d'appel où, plus tôt, la boue s'accumulait en profonds marécages. »

Mais l'essentiel du KZ est l'usine souterraine, le " tunnel ". Le témoignage de Charles Sadron présente avec précision le site et la fabrication des engins:

« Deux grands tunnels, désignés par les lettres A et B, sensiblement parallèles, ayant chacun environ 3 kilomètres de longueur et orientés du nord vers le sud, percent de part en part une colline recouverte de grands hêtres. Ces deux tunnels principaux sont reliés entre eux par une quarantaine de galeries appelées Hallen, toutes d'orientation est-ouest, et dont la longueur est comprise entre 200 et 250 mètres. Un important réseau ferré amène, de lieux souvent lointains, les pièces détachées, qui par trains entiers, nourrissent l'usine, par l'orifice nord du tunnel A. De là, elles sont distribuées dans le réseau des halles où elles s'agglomèrent en groupes d'appareils soumis à un premier réglage et à un contrôle partiel. Ces fragments de torpilles se déversent par les orifices ouest des halles dans le grand collecteur que constitue le tunnel B, où l'assemblage est terminé sur la grande chaîne finale.

Après les derniers contrôles, les engins géants sont sécrétés en une longue file continue, par l'orifice sud du tunnel B. Un deuxième réseau ferré les évacue vers les usines de chargement. Jour et nuit 6 000 détenus et presque autant de civils allemands (administrateurs, ingénieurs, contrôleurs, secrétaires hommes et femmes) animent ce gigantesque organisme qu'une carapace de roche cristalline épaisse de plus de 100 mètres protège contre les attaques venues du ciel. Lorsque je suis arrivé en février 1944, les aménagements principaux étaient terminés et les premières torpilles sortaient. Cependant de nombreuses galeries étaient encore en percement, ainsi que le tunnel A dont l'orifice sud n'était pas encore ouvert. L'usine fonctionnait dans le fracas des marteaux-piqueurs, des bétonneuses et des explosions de mines, au milieu d'un encombrement inextricable de tas de sable, de ciment et de monceaux de poutrelles d'acier. Ce ne fut qu'en l'automne 1944 que l'usine fut achevée dans son ensemble, bien que jour et nuit de nouveaux aménagements fussent en voie d'exécution. Tous ces travaux ont été accomplis par des détenus de toutes nationalités, mais en majeure partie français et russe. »

L'usine souterraine était probablement la plus grande ayant jamais existé. On sait que V1 et V2 avaient été conçus par une équipe dirigée par l'ingénieur Werner von Braun.


V1 assemblees pretes au transport sur wagons




Zone d assemblage moteur V2






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Dim 6 Mai - 2:29


LES DÉPORTÉS À DORA

Le sort des déportés

Trois périodes peuvent se distinguer dans l'histoire du KZ. Pendant la période initiale allant d'août 1943 à avril 1944, les déportés ont à construire le camp extérieur et à installer l'usine dans les galeries existantes, puis à creuser de nouvelles galeries. Tous les témoignages concordent pour indiquer que les conditions de vie sont alors extrêmement difficiles, surtout pour les détenus travaillant dans les tunnels, qui ne voient jamais le jour. Nourriture et boisson sont insuffisantes. Le travail est harassant. Le rythme du transport des wagonnets est infernal. Dans les galeries où résonnent sans cesse des tirs de mine, il est très difficile de dormir. SS et kapos sont aussi brutaux que dans les autres KZ.

De mai à octobre 1944, certaines améliorations sont apportées à la vie des détenus. La nourriture est un peu plus abondante. Quelques lavabos sont installés. Une infirmerie est créée. C'est que la Wehrmacht connaît de terribles revers et qu'il faut à tout prix produire massivement ces armes secrètes qui constituent désormais le seul espoir de victoire. Les forçats doivent donc pouvoir être assez solides pour effectuer leur travail.

La troisième période se situe entre octobre 1944 et avril 1945. Les conditions de vie deviennent terribles. L'Allemagne, réduite à son propre territoire, doit se rationner. De ce fait, la nourriture des déportés est considérablement réduite. La brutalité des kapos et des SS s'aggrave, car il faut absolument que le rendement s'accroisse afin de produire plus de V1 et de V2, maintenant que l'invasion du Reich lui-même est imminente.
Charles Sadron évoque cette vie des déportés de Dora pendant les derniers mois:

« Nous avons douze heures de travail par jour, de 9 heures du matin à 9 heures du soir, avec trois quarts d'heure de pause dans l'après-midi. Nous dormons au tunnel, le réveil est à 4 heures 30. Deux heures plus tard nous sortons et nous montons vers le camp où nous mangeons la soupe. Aussitôt après nous redescendons. Ces opérations si simples durent, à cause de la mauvaise organisation et des contrôles incessants, assez longtemps pour que, dès notre retour, il soit temps de nous mettre au travail. Et cela recommence indéfiniment, dimanche comme semaine. Au bout de quelques jours, nous sommes déjà fourbus. Car si l'emploi du temps prévoit presque sept heures de repos par nuit, les soi-disant nécessités du service: contrôles de fiches, piqûres, désinfections, ainsi que les négligences dans les distributions de nourriture, font que nous ne pouvons guère penser nous étendre sur notre grabat avant minuit. Il ne nous reste ainsi que quatre ou cinq heures de sommeil.

De plus, la nourriture est insuffisante et mauvaise. Le matin, nous recevons 1 litre de soupe, trois fois sur cinq aux rutabagas. Le vendredi, jour faste, elle est authentiquement sucrée. À la pause, on nous distribue environ 500 grammes d'un pain noir et gluant que la plupart d'entre nous ne peuvent digérer. On y ajoute une tablette de 20 grammes de margarine et, selon le jour de la semaine, soit une rondelle de saucisson, soit deux cuillerées à soupe de confiture ou de fromage blanc. Le samedi nous avons droit à un minuscule morceau de bouilli. Les camarades prétendent que cette viande a servi d'abord à faire la soupe aux SS, puis aux chiens, et que c'est ensuite seulement qu'elle nous est servie. Le fait est qu'elle est sèche et insipide.

Mais ce qui est le plus gênant, c'est que le pain est presque toujours immangeable. Sans doute est-il mouillé pendant son transport, car les grosses miches parallélépipédiques qu'on nous distribue, une pour quatre ou cinq, s'émiettent en grumeaux d'odeur fétide dès qu'on tente de les couper. Nous devons procéder au partage avec une cuillère. Tous nous sommes ballonnés et la dysenterie nous tord les entrailles. Une soif intense, excitée par la poussière cristalline, nous ronge la gorge. Mais il ne faut pas boire. L'eau glacée du tunnel, d'ailleurs réservée aux seuls besoins industriels, tombant dans les ventres toujours vidés, produit des crises d'entérite souvent fatales: boire, c'est mourir. Aussi nous contentons?nous du quart de jus fade, mais chaud, que nous recevons dans la journée. Exceptionnellement, nous avons une bouteille d'eau minérale analogue à nos " quarts Vichy ".

Un luxe cependant: 2 cigarettes par jour et par homme. Je ne sais pas avec quoi c'est fait. Ça dégage une odeur infecte, vaguement excrémentielle, comme l'odeur de la poussière, l'odeur du pain, l'odeur de tout sous ce tunnel où les cadavres gisent, le matin, près des tinettes débordantes. Ça ne fait rien, on fume quand même. Fumer excite les nerfs et calme la faim. Pour beaucoup, cela devient aussi nécessaire que de manger. Certains même, et pas rarement, troquent leur pain pour du tabac. Alors ils ne tardent pas à disparaître. »

Le travail des déportés

En l'absence d'archives significatives, il n'est guère possible de déterminer ce qu'a pu être la productivité des déportés. Si A. Hitler confie à la SS de Himmler l'autorité absolue pour l'exécution du programme des armes secrètes, c'est parce que les SS ont, plus que toute autre administration nazie, les moyens de faire respecter le secret. Mais mettre entre les mains d'hommes déportés pour leur action anti-allemande la construction d'armes vitales constitue tout de même un paradoxe. Ils sont tout naturellement tentés par le sabotage. Pour l'empêcher, les SS ont recours à la surveillance étroite et permanente, à la terreur. C'est pour cela que les détenus de Dora connaissent un calvaire particulièrement cruel. Tous les témoignages insistent sur la rigueur des conditions de vie, sur le rythme infernal du travail, sur la sauvagerie des kapos, sur les efforts physiques démesurés imposés à des corps affaiblis par les privations alimentaires.

Il reste que les déportés sont dans leur immense majorité inexpérimentés. Dans le témoignage qu'il a remis le 16 septembre 1992 à la Commission d'histoire de la guerre, André Laroche déclare: " Je devins malgré moi soudeur à l'arc. " Et il ajoute:

« Le travail consiste douze heures durant à souder sur la carcasse des V1 des pièces permettant de réunir deux des éléments du fuselage, travail délicat et précis. Ma méconnaissance du métier et mon peu d'empressement à réaliser un travail correct font que les soudures sont plus imparfaites les unes que les autres. Je me demande ce que devinrent ces V1. Ils n'atteignirent sûrement jamais Londres. »

Cet exemple est significatif.
Même les fonctions les plus délicates, les plus importantes, sont distribuées au petit bonheur. André Laroche cite un autre exemple éloquent:

« Mon ami Georges Cochet, à la suite d'une méprise, devint " contrôleur électromécanicien " : un master allemand nous rassemble et demande s'il y a parmi nous ce spécialiste tant recherché; grand silence. Nous sommes alignés par deux au garde-à-vous devant lui. À cet instant survient un SS qui se précipite sur un déporté russe qui mâchouille un mégot. Il lui assène un violent coup de schlague. Le Russe est projeté en avant et pousse involontairement mon ami Georges dans les bras du master. Il est promu immédiatement électromécanicien. Les difficultés commencent pour lui: il est affecté au contrôle des gyroscopes à la sortie du tunnel. Plus doué pour la musique que pour la mécanique, il n'arrive jamais à reconstituer un gyroscope. Il lui reste toujours des pièces en trop et ce ne sont jamais les mêmes. Il faut donc évacuer ces éléments encombrants pour éviter la potence à notre ami. Avec deux autres jeunes Français, je glisse ces pièces dans les toilettes. »

Le secret garanti par cette main-d'œuvre asservie, qui ne devait jamais être libérée, compensait-il cette inexpérience ? On peut en douter.






Sabotage et exécutions

La plupart des témoignages des anciens détenus de Dora évoquent les sabotages. V1 et V2 nécessitant des appareillages délicats, il est relativement facile d'omettre ou de fausser un composant, ce qui enlève toute fiabilité à l'engin terminé. Les actes de sabotage se multiplient à partir de la fin de 1944, stimulés par la perspective d'une prochaine défaite de la Wehrmacht.

La première fusée V1 s'abat sur la Grande-Bretagne dans la nuit du 15 juin 1944. Sur les 11 300 V1 tirés sur l'Angleterre, un cinquième manque le départ. Sur les 10 800 V2 tirés jusqu'en mai 1945, 5 000 éclatent au départ et la moitié seulement atteint les îles Britanniques. Il est difficile d'apprécier la part du sabotage dans ces échecs. Hermann Langbein rapporte le texte de la circulaire du 8 janvier 1945 de la direction du KZ: " Nous avons sujet de signaler qu'à maintes reprises, par des perturbations, des destructions et vols, des dommages ont été sciemment et volontairement causés à nos installations. " C'est qu'à côté des sabotages individuels existe une résistance plus concertée mais mal connue, où les communistes semblent avoir joué un rôle important. " Il faut conclure que dans la dernière phase de la guerre, écrit H. Langbein, des détenus soumis à une terreur paroxysmique ont tout risqué pour diminuer les chances qu'avait le régime national-socialiste de repousser la défaite au moyen d'armes nouvelles ". Dans cette dernière période, la répression devient féroce, comme le rapporte Charles Sadron:

« Ça se passe habituellement à l'extrémité du tunnel B, non loin de la sortie, en face de la halle 41. Les condamnés sont amenés, à la pause, sur le lieu de l'exécution. Ils ont les mains liées derrière le dos et la tête découverte. Un morceau de bois grossier est enfoncé, comme un mors, entre leurs mâchoires et maintenu en place par un fil de fer rapidement tordu derrière la nuque. Ce jour-là, ils sont neuf, que l'on dispose sur une ligne, un peu en contrebas par rapport à nous, car on a eu la précaution de les faire descendre dans l'excavation, profonde d'une trentaine de centimètres, où se loge un aiguillage. Au-dessus de leurs têtes pendent neuf filins d'acier, bien parallèles, terminés par des nœuds coulants et dont les extrémités supérieures sont rattachées à une longue vergue horizontale qui sert à la manipulation des torpilles. La vergue est soutenue en son centre par un câble qui va, là-haut sous la voûte, s'enrouler sur le tambour d'un treuil électrique. Un détenu est là, de haut grade, qui passe avec soin le nœud coulant autour du cou de ses camarades impassibles. Un groupe de SS surveille l'opération. Puis le bourreau va à son poste et saisit les poignées de commande du moteur. Un geste des SS. Le moteur ronronne. Doucement les étranglés s'élèvent en tournant lentement sur eux-mêmes. Le moteur s'arrête lorsqu'ils sont à 30 centimètres au-dessus du sol. Ils ont ainsi les pieds au niveau des nôtres. Quelques spasmes agitent à peine les corps où l'on devine la crispation atroce. Ça n'en finit pas: il faut plus d'une minute pour mourir ainsi. Nous, maintenant, nous devons défiler devant la brochette, en regardant bien en face ces yeux révulsés qui sont à la hauteur des nôtres. Pendant les derniers mois de Dora, plus de trois cents détenus ont été ainsi suppliciés. »


Entree nord tunnel B






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Dim 6 Mai - 2:35


LA FIN DE DORA

À partir du printemps de 1945, l'évacuation des camps de Pologne amène à Dora de longs convois de déportés décharnés et de cadavres. Le four crématoire, qui fonctionne jour et nuit, ne suffit plus pour incinérer tous les corps.
Charles Sadron évoque ce qu'il découvre à l'infirmerie quand il va recevoir des soins.

« Devant l'entrée du Revier, là où l'on entasse d'habitude les quelques dizaines de cadavres nus qu'un camion amène régulièrement chaque matin, on distingue un long tas gris terreux que recouvre en partie la neige. Ce sont les victimes du transport d'Auschwitz. Il y en a des mètres cubes. Ils resteront des jours et des jours le long de la piste de ciment, car le crématoire ne peut débiter tout cela. Nous avons beau avoir l'habitude des morts squelettiques, disloqués ou sanglants, déchets quotidiens de notre usine, cet amoncellement nous impressionne. »

En avril, les bombardements aériens s'intensifient aux alentours. Des forteresses volantes survolent régulièrement le KZ, où les alertes sont incessantes. La fabrication subit des à-coups sérieux. Il arrive de plus en plus fréquemment que le travail doit cesser, car les pièces indispensables n'arrivent plus. Durement touchées, les centrales électriques ne fournissent plus de courant d'une façon continue. La discipline se relâche.

« Mais la vie reste extrêmement pénible, écrit Charles Sadron. Le ravitaillement ne nous parvient plus et par contre les réfugiés arrivent de partout. Nous manquons de pain pendant des jours et des jours. Et nous sommes pourtant privilégiés par rapport aux kommandos de surface. Le régime moyen est le suivant: le matin 3/4 de litre de soupe claire et pour le reste de la journée environ 100 grammes de pain ou, quand il n'y en a pas, 4 ou 5 pommes de terre bouillies dont la moitié sont immangeables. À cela s'ajoutent 10 grammes de margarine. La faim nous ronge les entrailles nuit et jour. Nous sommes obsédés par l'idée de manger. »

Mais la fin est proche. P. Hagenmuller décrit sobrement les deux dernières journées de Dora:

« Le 8 avril 1945 au soir, l'aviation alliée bombarda et détruisit Nordhausen, à 3 kilomètres du tunnel de Dora... Le 4 au matin le travail fut interrompu: on nous donna ordre de nous rassembler sur la place d'appel avec nos couvertures: le camp allait être évacué. Vers 11 heures du matin, les détenus se sont rangés par Blocks. Les 25 000 prisonniers reçoivent l'ordre de défiler en file indienne devant la cuisine pour y toucher des vivres, puis de regagner leur emplacement. Bien entendu, certains essayent de toucher une seconde ration. Et c'est la plus effrayante pagaïe... Ceux qui tombent sont foulés aux pieds par des milliers d'affamés qui montent à l'assaut de la cuisine. Des bandes se forment pour attaquer ceux qui ont réussi à toucher leur part sous les coups de leurs voisins. Sur les toits des Blocks où ils essayent en hâte de l'avaler, on les attaque à coups de pierres et de gamelles, puis leurs assaillants se battent à leur tour entre eux lors du partage du butin. Les SS, désemparés, arment les droits communs qui ouvrent le feu sur la foule. Quand la distribution est arrêtée, la moitié à peine des prisonniers a touché sa part. Le soir, 3 000 détenus sont désignés pour rester au camp. Le reste sera évacué le lendemain dans des wagons à bestiaux. J'étais du groupe des partants. »

P Hagenmuller va connaître, alors une hallucinante évacuation:

« Le voyage dura six jours. Six jours pendant lesquels nous ne touchâmes rigoureusement aucun ravitaillement. Nous n'avions à nous mettre sous la dent que l'herbe ou les racines que nous broutions à chaque halte. Encore cela fut-il souvent interdit par mesure d'hygiène! Nous étions cent par wagon, debout ou recroquevillés sur nous-mêmes. Dans mon wagon, la moitié étaient français, les autres surtout ukrainiens ou polonais. Au cours de la nuit, ceux-ci essayaient, à coups de poings et de pieds, de repousser dans un coin les Français physiquement moins forts. Un Français, isolé au milieu d'un groupe de Polonais, fut retrouvé le lendemain assassiné, l'œil arraché par un coup de couteau. Chaque jour il y a de nouveaux malades, un nouveau mourant, dans le wagon. L'aviation alliée nous survole; on frémit, car on sait qu'elle vise particulièrement les transports. Par miracle, nous évitons tout bombardement. De temps en temps, un prisonnier saute du train infernal et essaye de s'enfuir. Mais, trop faible en général, il est abattu avant de pouvoir s'éloigner.

Au bout de six jours, à force de détours pour éviter les points bombardés et d'arrêts multiples, nous n'avons parcouru que 250 kilomètres. On nous débarque enfin, à coups de crosse, à Bergen-Belsen, qui, à en juger par la canonnade toute proche, n'est pas plus éloignée du front que ne l'était Dora: nouvelle merveille de l'organisation allemande. »

Beaucoup de malheureux vont périr lors de l'évacuation du KZ. Parmi les victimes, une mention spéciale doit être faite pour le millier de déportés brûlés vifs dans la grange de Gardelegen. Le 13 avril 1945, un train transportant des déportés s'arrête dans la petite ville de Mieste. Ils sont emmenés à pied à Gardelegen. Tragédie de la déportation relate le récit suivant extrait du rapport d'une enquête officielle américaine:

« Tous les prisonniers furent donc rassemblés à 7 heures du soir devant la grange et on leur ordonna d'y entrer. Pour les faire aller plus vite, un parachutiste fit marcher sa mitraillette et tua plusieurs prisonniers. Le sol de la grange était couvert d'une abondante couche de paille arrosée d'essence. Lorsque tous les prisonniers furent entrés, on ferma les portes, on les bloqua avec des pierres, et un sergent des SS pénétra par l'une des portes pas encore fermée, et alluma la paille avec une allumette. Les prisonniers éteignirent le feu, mais le SS recommença, et le feu fut de nouveau éteint par les prisonniers de leurs mains nues. Alors les criminels se mirent à lancer des grenades à main, à tirer des Panzerfaust et des balles dans la grange, tuant de nombreux prisonniers et rallumant le feu qui s'étendit rapidement, et ils furent presque tous brûlés vifs. Les gardes, et en particulier les SS et les parachutistes, faisaient la chaîne autour de la grange avec des mitraillettes pour empêcher toute évasion. Quelques gardes SS avaient des chiens avec eux pour chasser ceux qui éventuellement essayeraient de s'évader. Les gémissements et les hurlements de ces êtres qui demandaient grâce alors qu'on les brûlait vifs n'adoucirent pas les Allemands. L'incendie dura plusieurs heures. »

Il n'y a pas eu de chambre à gaz à Dora.


12 Avril 1945,camp de Dora,ce que decouvre les americains...




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Dim 6 Mai - 2:44



Conclusions


Les déportés (13000 à la fin novembre 43) vivent en permanence sous terre. Soumis à un travail exténuant (le chantier souterrain fonctionne 24 heures sur 24 avec deux équipes de travail de 12 heures), ils doivent dormir dans des galeries où l’absence d’hygiène est totale : pas d’eau potable, des odeurs épouvantables, des parasites… La sous nutrition, la dysenterie et la pneumonie font des ravages : on compte 2882 morts à Dora dans les six premiers mois après la création du camp, soit une moyenne de 16 morts par jour. Parmi toutes ces victimes, on compte 29% de Soviétiques, 25% de Français, 14 % de Polonais, 13% d’Allemands et 9 % de prisonniers de guerre italiens



L'effectif de Dora et de ses 32 kommandos s'élève à 32 534 déportés en octobre 1944. Les kommandos comptent de quelques dizaines à plusieurs milliers de détenus. Les plus importants étant, outre Dora-Mittelbau, ceux de Ellrich, d'Hartzungen et de la Boelke Kaserne. Charles Sadron estime que plus de 15 000 personnes sont mortes avant les évacuations. M. Jean Mialet, de l'Amicale des déportés politiques et de la résistance de Dora, constate qu'aucune statistique définitive n'a pu être établie.
Avant l’hiver 1943-1944, ce sont 60.000 travailleurs forcés qui sont employés à la fabrication des armes de représailles dans les usines souterraines des montagnes du Hartz (massif montagneux au centre-nord de l’Allemagne), surveillés et durement traités par les Kapos. Les journées de travail étaient longues, souvent 18 heures, les hommes mal nourris, et, privés des soins élémentaires, mouraient en masse: 25.000 hommes vont y périr, dans des conditions épouvantables



Carte Dora-Mittelbau et le camp Ellrich




Avril 1945, stuctures de V2





V2 sur wagons de transport






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Lun 7 Mai - 3:26


Camp de Dora,inspection en 1945 par les americains.





Au meme endroit,aujourd hui






En 1945




Au meme endroit,aujourd hui







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
vania
Modo-Felfgendarme
Modo-Felfgendarme


Nombre de messages : 5058
Date d'inscription : 30/07/2008

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Lun 7 Mai - 10:56

Toujours aussi étonnantes photos.
Sympathique endroit. Rolling Eyes
Qu'on ne dise plus qu'Albert Sperr était un "humaniste" au milieu de cette clique de dégénérés nazis, il était forcément au courant des conditions de vie de ces malheureux, et reste dans ce sens un criminel comme les autres ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Lun 7 Mai - 12:56

Aujourd hui

Baraque de prisonniers reconstituee






Four crematoire




Entree du tunnel Memorial visite







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Lun 7 Mai - 13:05


Les principales cibles des V2

La découverte de l’existence des bombes volantes par les Alliés est cependant tardive. Tout au long du mois de février 1944, les alliés bombardent méthodiquement les centres allemands de construction aéronautique et les arsenaux. En mars, la pression sur l’Allemagne diminue : les alliés préparent le débarquement en Normandie et pilonnent les voies de communication du nord de la France. En avril, ils s’en prennent aux terrains d’aviation. Au cours du mois de mai, les usines françaises de construction aéronautique sont bombardées. Cependant, Himmler a donné l’ordre de construire les usines de Mittelwerk sous-terre, ainsi malgré les dégats, aucun ne sera détruit entièrement par les alliés.

Malgré les bombardements sur Peenemünde ainsi que sur les Blockhaus en construction, cinquante-cinq sites de lancement de V1 et V2 étaient encore opérationnels (le développement du V3 été abandonné).

Quelques essais de V1 sont effectués (beaucoup de V1 partirent du mauvais côté à cause de problèmes de gyroscopes, du compas magnétique ; d’autres explosèrent sur la rampe). Mais le temps presse, il est temps de frapper l’ennemi le plus robuste : Londres. C’est ainsi que le 14 juin 1944 (10 jours après le débarquement en Normandie et la réussite de l’ « opération Overlord ), 244 V1 sont tirés en 24 heures sur l’ Angleterre. Deux semaines après, à Londres, la peur se fait sentir… les écoles sont délocalisées au Nord suivies de très prêt par un million de civils et ce malgré la défense de la RAF (Royal Air Force), qui utilise ces chasseurs pour dévier les bombes… Un mois après le lancé des premiers V1, la mission de protection du territoire anglais contre ces armes « nouvelles » est donné au profit de la DCA (défense anti-aérienne ).

Bien que meurtriers (30 000 V1 seront lancés sur Londres), le changement de stratégie défensive s’avère efficace puisqu’en début septembre, les Anglais et les londoniens ne craignent plus les nouvelles armes d’Hitler trop facilement interceptables en raison de leur vitesse relativement faible et le peu de stabilité qu'ils offrent...

En mi-aout 1944, les allemands sont contraints de se replier sur l’Hollande et l’Allemagne à cause des avancées des armées alliées (à cette date 8617 V1 ont été tirés sur l’Angleterre faisant 5000 morts et 15000 blessés). Le 29 août 1944, Hitler déclenche l’ « opération Pingouin », c’est le début de l’offensive des A-4 rebaptisés V2.





Dès le mois de Septembre, le premier missile balistique au monde est lancé vers Paris. Les V2 suivants tombent sur le sud de la Grande- Bretagne le 8 septembre au matin. La première fusée visant Londres tombe à Brentford ce même jour. Plus rapide que le V1, elle cause des dégâts terribles : huit maisons sont détruites et cinquante sont endommagées, deux personnes sont tuées et dix grièvement blessées. Bien que détectée rapidement après son lancement, la chasse est impossible et la DCA trop lente. En effet le V2 atteint une vitesse largement supérieure à celle du son...
Etant donné le peu de production de V2 du IIIème Reich, les V2 doivent être lancés avec parcimonie pour cela les généraux et autres membres de l’Etat-major choisissent des cibles prioritaires … Les tirs se portent sur les villes belges, anglaises et Paris, principalement Londres et Anvers. Ce dernier est un lieu stratégique car c’est un grand port où le matériel de guerre et l’approvisionnement des anglais sont amenés. En octobre 44, les deux villes les plus ciblées par les V2 sont Londres avec 25 V2 par jour, et Anvers avec 10 V2 quotidiens . C’est à Anvers, qu’a eu lieu le tir le plus meurtrier du V2, puisque tuant 561 personnes dans un cinéma

Si Anvers ne peut plus assurer son débit quotidien d’hommes, de matériel, de nourriture et de carburant, les alliés seront paralysés et le ravitaillement devra provenir de Normandie ou du Nord de la France… D’ailleurs, le 12 octobre 1944, Hitler ordonne l’arrêt des tirs sur la France et de concentrer les attaques sur Londres et Anvers à partir de la Hollande.


L’utilisation concrète des fusées dans la Guerre permet aux scientifiques de Peenemünde de perfectionner la précision et l’efficacité de leurs armes toujours plus meurtrières …
Ainsi ils ont constaté que la fusée avait une force qui "l'éloignait" de la terre du fait de sa rotation grâce au phénomène de la force centrifuge: c'est l'effet de fronde (celui-ci est intégré dans le calcul du poids, plus précisèment dans l'accélération de la pesanteur g qui est diminuée).
De plus ils ont dû rapidement résoudre un problème afin d'atteindre Londres précisèment. Toutes ces nouvelles armes quittent pour un certain temps le sol terrestre, changent de référentiel et ne subissent plus la rotation de la Terre. Ainsi, si les scientifiques visent directement Londres, les armes ne l'atteindront pas. Ils comprennent donc, qu'ils doivent prendre en compte la rotation de la Terre pour ajuster leurs tirs et tirent donc un peu à côté de leur cible.

Au total, de septembre 1944 à février 45, 2300 V1 ont touché Londres faisant 6000 morts. Quant aux V2, environ 5.300 V2 ont été construits, et seulement 2800 ont été lancés.

D'après David Irving au total il est tombé 517 fusées sur Londres contre 1.265 sur Anvers. Il en est tombé 537 autres en d'autres points de l'Angleterre et 61 sont tombées au large des côtes.

Quelque soit le nombre de V2 envoyés, produits, perdus en vol, les sites et autres sources sont tous d’ accord sur un même nombre de victimes , les blessés, les dégâts matériels ... Tous rapportent qu’en Angleterre, les V2 détruisirent environ 400.000 maisons en endommageant à peu près 10 fois plus, soit 4.000.000 blessant 6500 civil et en tuant 2800.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Sam 12 Mai - 2:25

Les plans de lancement du V2

V1 et V2 sont devenus pour Hitler des « armes miracles » : il y voit des instruments de vengeance pour répondre aux bombardements alliés des villes allemandes, et des armes décisives pour retourner le cours de la guerre au moment où le IIIème Reich recule sur tous les fronts.

« A armes exceptionnelles, se doit de répondre moyen exceptionnels… »

Voilà la théorie d'Adolf Hitler en 1943, une fois averti de la capacité du III° Reich à produire les V2 en masse…
A ce stade de la Guerre, Hitler espère réduire Londres en cendres pour contraindre l’Angleterre à cesser le combat, puis concentrer ses forces contre l’URSS jusqu’à la victoire finale.

Il existe deux possibilités pour tirer les V2 contre Londres, les ingénieurs préfèrent des installations protégées en raison de la durée de préparation au tir ; les militaires eux sont favorables à des unités mobiles motorisées, difficiles à détecter par l’aviation alliée. En novembre 1942, Hitler tranche en faveur des bunkers. Un choix identique est fait pour déployer la bombe volante en juin 1943. A la fin de l’année 1943, l’organisation Todt, division d’élite des sapeur SS responsable de toutes les infrastructures européenne, entreprends l’édification de 9 bunkers destinés aux armes nouvelles et de 96 bases de tir pour la bombe volante sur les côtes de la Manche, du Cotentin à la frontière belge : ce sont les Constructions Spéciales. .

Malgré la décision d’Hitler, des militaires préparent un déploiement par unités motorisées. La réduction de la durée de préparation au tir permet à cette solution de s’imposer lors de la campagne opérationnelle à partir de septembre 44.

En fin 1943 près de 300 000 hommes travaillent sur les chantiers de l’organisation Todt en France. Une main d'œuvre qui se voit « stockée » sans limite (constituée de résistants, juifs, opposant politique…) provenant du STO ou dans les camps de concentration tel Dora, ou encore l’usine souterraine Mittelwerk Les conditions hygiéniques sont déplorable :

-Travail de 12 heures par jour

- Température moyenne de 7° C

- Humidité

- Air saturé de poussière

- Brouillard

- Odeur permanente de gaz brûlés, d’acétone, d’acide cyanhydrique, de graisse et d’excréments

- Bruit

- Famines

- Maladie (ulcères, œdèmes, tuberculose etc.)

- Exécution pour dissuader les prisonniers de saboter les fusées



La Coupole et le Blockhaus d’ Eperlecques sont deux noms parmi les 9 bunkers destinés aux armes nouvelles :

La Coupole

La Coupole est située près de Wizernes dans le Nord de la France. Un Nord de la France d'importance stratégique puisque situé a quelques 250km de Londres et de l’Angleterre, soit la portée approximative d’un V2 et V1.
Elle fut construite a partir de 13 avril 1943 par 1300 ouvriers forcés. Elle devait constituée plusieurs galeries, de trois étages protégée par des murs de béton large et un toit de 5m d’épaisseur capable de résister aux bombardements.
La Coupole était censée lancer 14 V2 en même temps qui devaient être stockés dans la chambre de stockage sans leurs têtes explosives, puis acheminés par voie ferré, dans le centre de tir, là ils étaient équipés de leurs charges puis lancés .
Mais aucun d’eux furent lancés…










Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Dim 13 Mai - 2:29


Le Blockhaus d’Eperlecques

Il est situé prés de Saint-Omer, situation favorable par sa forêt à contrepente par rapport à l'Angleterre et par son alimentation en électricité très favorable avec des lignes à hautes tensions qui passaient dans ce secteur, et enfin un réseau routier très satisfaisant dans toute la région.

Ce blockhaus est desservi pas un réseau de chemins de fer qui amène les V2 dans la salle de stockage, ces derniers passent ensuite dans la salle d’assemblage avant de faire le plein de propergol grâce à sa propre réserve d’oxygène liquide. Les V2 peuvent ainsi toucher Londres.

Sa construction débuta en mars 43 et sera finalement abandonné en juillet 44.
Du haut de ses 33m et de ses 216m de long, il devait lancé 50 fusées en 24 h ...Cette construction est laissée aux soins de l’ingénieur allemand et « Oberstleutnant » Thom qui devra faire face lors de la construction aux bombardements alliés. Cependant, celui-ci adopte la technique de la « Tortue », technique efficace qui consiste à construire d’abord le toit, le maintenir en l’ air avec des grue , et des piliers construit rapidement, afin de commencer la construction des murs, et on recommence ainsi de suite pour chaque étage.









Seulement, Hitler a oublié un détail : la construction de ses " dômes de béton" ne laisse pas les Anglais indifférents.
La maîtrise du ciel par les Alliés, leur permet de surveiller l’Allemagne est les territoires occupés grâce à des photographies aériennes, et de bombarder les sites les plus menaçant. Ils bénéficiaient aussi des réseaux de résistance.

Un rapport évoquant pour la première fois des fusées, des chantiers anormaux près des cotes de la Manche et une base secrète à Peenemünde parvient au printemps 1943 à Londres. En juin 1943, ils identifient une fusée sur une photo aérienne prise au dessus de Peenemünde. Cette découverte leur certifie désormais que les Allemands développent des missiles d’un nouveau genre.


Plan du site




Le site portait le nom de code KNW (Kraftwerk Nord West) : centrale électrique du nord-ouest.

Le 27 août 1943, comprenant l'ampleur de cette machine de guerre, les Alliés envoient 200 forteresses volantes B-17 y lâcher plus de 300 bombes, en particulier du type Tallboy. Le blockhaus n'est pourtant pas détruit mais il est néanmoins démasqué. La construction reprend mais le projet d'assemblage et de lancement des fusées est transféré à la Coupole d'Helfaut. L'ouvrage est alors transformé en usine de production d'oxygène liquide, ce comburant étant nécessaire dans les fusées V2.







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Lun 14 Mai - 13:58


L’échec des « armes secrètes »

Les nouvelles armes développées par le III° Reich sont certes révolutionnaires en cette période, mais n’aurons pas d’impact décisif sur le cours de la Guerre... Le sort de l'Allemagne était déjà joué, avec ses défaites en U.R.S.S et le débarquement en Normandie...
Les armes miracles, ne ralentissent que très peu, les armées alliées, et l'Allemagne ne peut plus faire face à l'avancée croissante des soviets à l'est et des américains et anglais à l'ouest...
Le 20 Juillet a lieu l’attentat contre Hitler. Sentant la situation lui échapper, il confie le commandement des armes de représaille à Kammler, chef de l’armement de la Wehrmacht. Kammler poursuit l’offensive jusqu’en mars 1945. En 10 mois, 22 000 V1 et 3000 V2 sont tirés faisant 13 000 tués. Le 18 mars 1945, l’armée ne peut plus assurer la victoire, la production des fusées est arrêtée et l’ordre de repli est donné pour que le matériel ne tombe pas entre les mains des alliés. Les SS ordonnent l’évacuation des camps de travaux forcés. La « marche à la mort » des déportés du camp de Dora vers l’ouest est un véritable massacre (les plus faibles sont exécutés, vraisemblablement 10 000 morts). Ils seront rattrapés par les américains le 11 avril qui découvriront le terrible spectacle.

Les V2 firent moins de dégâts que les V1, qui coutèrent beaucoup moins d’argent, cela s’ explique facilement : ne serait ce que par le nombre lancé, puisqu’on dénombre presque trois fois plus de bombes V1 lancées que de missiles V2 ; mais aussi à cause de l’arrivée du V2 (perpendiculaire au sol donc impact plus profond que large) complètement opposé au V1 (arrivée presque horizontale donc cratère plus large que profond), on comprend mieux pourquoi malgré les 5.000 V1 interceptés on dénombre 6.184 personnes tuées par ces dernières , soit trois fois plus que le V2.


Malgré l'utilisation de technologies, moyens et techniques hors du commun pour l'époque, et la forte conviction du Führer que les armes nouvelles pourraient renverser le cours de la guerre, les armes secrètes sont un échec sur le plan militaire.

Certes la population anglaise vivra quelques temps sous la menace des V2 et V1, dont les effets psychologiques ébranleront la confiance des Royaume-Unis. Mais les retards accumulés pendant les recherches, les nombreux défauts techniques qui firent que beaucoup de fusées n' atteignirent pas leurs cibles et le faible nombre de V2 tirés dû a son apparition tardive mèneront le IIIème Reich à sa perte.

Mais qui sait, si les chercheurs allemands avaient réussi à tenir les délais qu'ils s'étaient fixés, si les armées allemandes avaient tenu plus longtemps…

Car toujours est-il que même si ces armes n'entreront pas dans le panthéon des armes les plus destructrices, l'Histoire leurs réserve une place, ne serait ce que par le développement technologique qu'il aura fallu mettre en œuvre pour les créer , ne serait ce que par l'héritage qu'ils nous ont légué...


Le V2, par son innovation technique moderne a bouleversé « l’art de la guerre ». Au printemps 1945, alors que le régime nazi s’effondre, la chasse aux cerveaux bat son plein. Les services secrets américains, soviétiques, britanniques, français,…, s’efforcent de mettre la main sur les spécialistes du programme d’armements allemands. Les américains seront les plus rapides. Ils mettront la main sur une centaine de V2 dans l’usine secrète de Mittelwerk. Le 2 mai 1945, 115 ingénieurs, dont Wernher von Braun et Walter Dornberger, se rendront aux américains dans le cadre du très secret projet « Overcast ». Les russes, britanniques et français se partageront une centaine de spécialistes.

Le V2 engendre une « course vers l’espace » qui annonce l’opposition entre Russes et Américains lors de la Guerre froide.




Sources et liens

Du V2 à Véronique d'Olivier Huwart. Le livre se focalise sur les fusées en France. Il montre l'évolution de la fusée pour arriver aux fusées actuelles françaises en passant par un point incontournable: le V2. Il fait donc un petit portrait technique de la fusée, développe sur le contexte historique durant la seconde Guerre mondiale puis élargit pendant la guerre froide jusqu'à Véronique.

Les Apprentis sorciers écrit par Michel Rival s'est avéré intéréssant dans sa partie consacrée à Wernher von Braun. Il a été une importante source d'informations historiques et politiques (notamment sur l'influence du Nazisme sur le développement des fusées).

Von Braun contre Korolev: de Jean-René Germain et de Pierre Kohler. Deux biographies de pionniers de l'ère spatiale: Werhner Von Braun et Sergueï (Serge) Korolev qui s'entremêlent au rythme de l'Histoire et de ses évenements... Un livre très interessant par le nombre d'anecdotes, l'importance de son récit et de son témoignage.

Le bombe d'Hitler: de Rainer Karlsch. Recueil d'enquêtes entièrement centré sur les entreprises allemandes d'élaborer une bombe atomique, il nous a surtout permis d'avoir une étude complèmentaire sur les projets allemands similaires au V2 (du fait de produire une arme de destruction massive qui puisse attaquer à distance)

Le V2, arme de vengeance: traduction de l'ouvrage "Vengeance Weapon" écrit par Grégory P. Kennedy, publié par le Bockhaus d'Eperlecques. Ce fascicule nous a été utile tant au niveau historique qu'au niveau physique (avec, entre autre, une description technique du V2 très détaillée).


Internet
v2-braun.wifeo.com
v2rocket.com


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Mar 15 Mai - 3:08


Anvers aujourd hui et en 1944 lorsqu un v2 est tombe sur la ville.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Mar 15 Mai - 3:11


Anvers 1944,moteur de V2 encastre dans une rue suite a la chute de celui-ci




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
vania
Modo-Felfgendarme
Modo-Felfgendarme


Nombre de messages : 5058
Date d'inscription : 30/07/2008

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Mar 15 Mai - 10:27

Merci Naga ... Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Mer 16 Mai - 10:57

Les vehicules supports

Les vehicules de servitude et les engins d'approvisionnement de V2 ont contribues considerablement a la reussite operationnelle des fusees allemandes.
La mise a feu de 8 a 12 fusees par jour par quelques batteries a montre l'ingeniosite de ces vehicules.
Quelques vehicules ont ete adaptes de l'equipement existant de la Wehrmacht et ont prouve etre tout a fait compatible
avec la mission a effectuer.



Feuerleitpanzerfahrzeug V-2 Raketen auf Zugkraftwagen 8-tonnes

Le vehicule blinde special (Sd.Kfz.7/3) semi-chenille, motorise par le Maybach HL62TUK, a ete converti en vehicule de commandement pour des unites de lancement de fusee.
L'arriere du Feuerleitpanzer a ete monte avec une superstructure blindee pour loger le materiel radioelectrique et pour proteger l'equipage de 3 hommes contre le souffle et l'explosion.
Le vehicule a egalement ete utilise pour remorquer la plate-forme mobile de mise a feu servant pour lancer la fusee (Abschussplattform).









Meillerwagen elevateur et transport

Le Meillerwagen est compose de deux structures importantes : l'armature de transport et l'armature d erection.
L'ensemble d elevation etait actionne par un verin hydraulique. Le Meillerwagen transportait le V2 au polygone de tir, le soulevait, et le maintenait a la verticale pour le remplissage
du combustible.





A-Stoff Betriebstoffanhanger (Remorque Oxygene liquide)

La remorque d Oxygene liquide Betriebstoffanhanger a ete employe de la gare de ravitaillement et aux polygones de tir.
Elle etait normalement remorque par un tracteur lourd tel que le Hanomag SS-100. L'armature mobile d'A-Stoff a ete fortement renforcee pour resister au poids de centaines de litres d'oxygene
liquide.









Dernière édition par naga le Ven 18 Mai - 2:36, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Mer 16 Mai - 11:05


Opel Blitz T-Stofftankwagen

Le camion-citerne Opel 3t contenait le combustible T-Stoff (peroxyde d'hydrogene 85% et eau 15% ),avec le permanganate servant a actionner les pompes a essence de turbo de vapeur de fusees.
Il fallait au moins 2 camions-citernes munis de pompes situees a l arriere du vehicules pour remplir le grand reservoir d'alcohol sur chaque V2.Trois camions pour remplir 2 fusees.







Kfz.385 Flugbetriebstoff Kesselwagen

L autre camion-citerne d'alcohol utilise etait l'Opel Kfz.385 Flugbetriebstoff Kessel Kraftwagen. C'etait un camion-citerne automoteur de 3t B-Stoff employe par les troupes de la fusee V2.
A l'origine construit a l'usage du Luftwaffe, ce vehicule avait besoin d'une pompe sur remorque pour faire le plein.







Mittlerer Zugkraftwagen 12t Sd.Kfz.8

Le tracteur semi-chenille Zugkraftwagen 12t Sd.Kfz.8 a ete fabrique principalement a l'usine de Daimler-Benz a Berlin - Marienfeld et chez Kruppwerke a Mulhausen,certains egalement chez Skodawerke a Pilsen.
Il pouvait transporter un equipage de 13 personnes,cette machine a ete utilise comme tracteur de soutien pour les troupes V2.





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 5510
Age : 52
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   Jeu 17 Mai - 11:48


Vidalwagen (Remorque de transport)

Le Vidalwagen a ete employe pour transporter le V2 de la gare de ravitaillement au pas de tir ou le missile serait leve sur le Meillerwagen. Il etait leger, mais tres costaud.
La conception tubulaire de l armature de 46 pieds de long pourrait facilement soutenir 2T 40 soit le poids du V2 vide.
Le Vidalwagen a ete concu par Otto Daus constructeur en chef a Tempo-travaille au & de Vidal ; Sohn Cie.







Remorque transport d alcohol

Luftwaffe B-Stoff (melange alcohol/eau) remorque par l'unite de
camion-citerne.





Abschussplattform (table de tir)et son chariot de remorquage

L'Abschussplattform construit par Pfaff (table de tir) a ete habituellement remorque par le Feuerleitpanzer.
Au centre de la table il y avait un deflecteur de souffle avec un bout en acier trempe.le cadre en acier de l'Abschussplattform a pu facilement soutenir le poids d'un V2 entierement rempli de
combustible.


Tracte par un Sdkfz 7/3




En place sur le pas de tir




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Armes de Represailles Allemandes (2012)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Armes de Represailles Allemandes (2012)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Livres : "Les armes secrètes allemandes"
» HAARP, nouvelle armes climatiques??
» Revêtir les armes de Dieu - 09.10.2012 - Jean Cara
» Armes utilisées.
» CLES 2 et C2I2E - report session 2012

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Forum du Front de l'Est :: Matériels utilisés :: Autres-
Sauter vers: