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 La tragédie de Lübeck (2012)

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naga
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MessageSujet: La tragédie de Lübeck (2012)   Mar 19 Juin - 2:56


La tragédie de Lübeck

Un drame effroyable attend les déportés évacués sur Lübeck. Le témoignage de Louis Maury permet d'en suivre le déroulement .

• Le 19 avril, les SS embarquent les déportés par groupes de 70 dans des wagons. Le lendemain, le train arrive à Lübeck. Les prisonniers sont transférés dans les cales de deux cargos: l'Athen et le Thielbeck.

« Bousculés, poussés sur les passerelles, des milliers d'hommes sont jetés à fond de cale, écrit Louis Maury embarqué sur l'Athen. Frappés à coups de crosse, nous glissons plutôt que nous descendons à une vitesse vertigineuse par une échelle murale haute d'environ 10 mètres. Comme du charbon dans une soute, pêle-mêle, Russes, Français, Polonais, Belges sont enfournés dans cet immense tombeau. Beaucoup perdent pied et s'écrasent au fond, entraînant dans leur chute ceux qui les précédaient. Les Posten (territoriaux de la Wehrmacht) tirent d'en haut pour dégager le pied de l'échelle, où des malheureux, les membres brisés, s'enchevêtrent. »

• Les premiers jours, pas de nourriture ni d'eau. Dans cette cale, l'atmosphère est irrespirable.

« Comme il n'y a pas de tinette, il faut uriner sur la culotte du voisin et effectuer l'autre opération sur ses propres talons. Nous sommes presque tous diarrhéiques. 500 hommes par cale. En plusieurs jours, le niveau d'excréments monte vite. Dès qu'il y a un peu de houle, cette marée d'excréments monte sur les côtés jusqu'à une hauteur de 20 centimètres. »

• Le troisième jour, les Allemands jettent des boules de pain, qui sont partagées selon la loi du plus fort. Le quatrième jour, la pluie qui suinte à travers les madriers qui obstruent l'entrée de la soute permet, enfin, de se désaltérer un peu.

• Le Thielbeck reste au mouillage dans l'avant-port de Lübeck avec 2 000 détenus dans ses cales.


Le Thielbeck en 1940




• L'Athen quitte le quai avec 2 300 déportés dans ses soutes. Il rejoint au large le Cap Arcona, un ancien paquebot de croisière, et les prisonniers y sont transférés. Le Cap Arcona recevra d'autres " arrivages " et finira par héberger 6 500 déportés, sous la garde de 500 SS. A bord, les détenus allemands sont installés dans les cabines de première classe, les SS s'étant attribué les cabines de luxe. Aux Polonais et Tchèques les cabines de deuxième classe. Les Français, 1 500 environ, les Belges, Hollandais, Espagnols, Italiens se partagent la troisième classe, les Soviétiques restant dans les cales. Les Français apprécient cette amélioration de leur sort, car ils disposent enfin d'un peu d'eau courante, dont ils sont privés depuis longtemps.

• Le 3 mai, dans la rade, les nombreux bâtiments de guerre allemands ayant tous disparu dans la nuit, il ne reste que les quatre bateaux de déportés: Cap Arcona, Thielbeck, Athen et Deutschland. Peu après 12 heures, l'Athen lève l'ancre et met le cap sur le port de Neustadt.

• À 14 h 30, une escadrille de chasseurs-bombardiers anglais pique sur les bateaux. La première bombe de 500 livres tombe entre le Cap Arcona et le Thielbeck. Les suivantes atteignent les bateaux. En vingt minutes, le Thielbeck sombre le premier avec 2 000 détenus dans ses cales. Une cinquantaine seulement parviendront à se sauver.


• Le Deutschland sombre à son tour. Comme il est beaucoup plus au large, il n'y aura aucun survivant.

• Le Cap Arcona est à son tour touché à mort.



« Plusieurs incendies s'allument, écrit Louis Maury. Le feu se propage à une vitesse extraordinaire. Quand les déportés français et belges parviennent à sortir de leurs cabines, il est déjà trop tard. Certaines issues ont été bloquées par les explosions. Les autres portes, qui devaient s'ouvrir vers l'intérieur, sont férocement comprimées par la foule hurlante de douleur et d'effroi qui tente de s'enfuir vers l'entrepont. Les mitrailleuses des SS qui sont encore à bord ouvrent le feu. C'est le reflux vers les écoutilles. La pression sur les portes est maintenant double; elles ne céderont ni d'un côté ni de l'autre: à l'extérieur c'est le feu des armes, à l'intérieur celui de l'incendie qui gagne du terrain. Dans les cales où sont parqués les Soviétiques, l'horreur est indescriptible. On se bat sans merci pour accéder aux quelques échelles de fer. L'atmosphère est devenue très vite irrespirable. Des centaines d'hommes asphyxiés sont piétinés par d'autres, qui s'écroulent à leur tour. Seuls les plus forts pourront se glisser à l'air libre: ils y découvriront une autre forme d'enfer. Le paquebot se couche sur le flanc et ne sombre pas car sa largeur est supérieure à la profondeur de la baie en cet endroit. Un petit nombre de déportés peuvent ainsi sortir par les hublots de bâbord et nagent vers le rivage proche de 3 kilomètres. De la berge, des SS les mitraillent.»

150 hommes environ s'en tireront, dont 11 Français.

• Quant à l'Athen qui venait de s'éloigner des autres bâtiments, il va échapper miraculeusement au naufrage.

« La DCA se déchaîne, des avions piquent, des explosions formidables secouent la coque, écrit Louis Maury qui est à bord. Une secousse plus formidable que les précédentes ébranle l'avant du navire. Les hommes sont hébétés, comme paralysés. Tout à coup, les Russes montent à l'assaut de l'échelle, soulèvent avec leurs épaules les énormes madriers en poussant des cris effrayants. Le plafond cède, le jour apparaît. Impossible de monter sur cette échelle unique, encombrée de mains, de pieds gluants. Nous nous accrochons aux épaules, aux poches, sauvagement. Une odeur âcre de fumée saisit à la gorge. Il ne faut pas tomber, car tomber c'est ne plus pouvoir remonter et c'est la mort à quelques heures de la libération. Le bateau penche manifestement. Un grand nombre restent au fond de la cale, prostrés, incapables d'un mouvement. Nous nous agrippons avec l'énergie du désespoir, bavant, toussant, les vestes déchirées. Les explosions se succèdent sans arrêt. Nous jaillissons sur le pont comme projetés par une force inusitée. La panique est indescriptible. Tout près de nous, le Cap Arcona est en flammes. D'énormes volutes de fumée s'en dégagent, qui se rabattent sur nous. Des cris terrifiants s'en échappent. Des centaines d'hommes ne peuvent sortir des étroits couloirs où ils s'écrasent, asphyxiés par la fumée, brûlés par les flammes. Des centaines d'autres, déjà dans l'eau, coulent par congestion, par épuisement, ou atteints par les balles des Posten embarqués sur les chaloupes et qui veulent les empêcher de s'y accrocher. De féroces pugilats ont lieu autour de ces chaloupes qui chavirent... Une corde pend à l'extérieur. Des grappes humaines s'y laissent glisser. Je saute et je tombe maladroitement. L'eau glacée me suffoque. Je ferme les yeux. Je ne saurai jamais comment j'ai atteint la jetée. »

Le 4 mai les autorités britanniques établissent le premier bilan. Il y a 7 300 disparus parmi les déportés et 600 parmi les Allemands. En moins d'une heure étaient morts l'immense majorité des déportés évacués de Neuengamme sur Lübeck.

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naga
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MessageSujet: Re: La tragédie de Lübeck (2012)   Mar 19 Juin - 3:22


Le S.S Cap Arcona




Regroupés sur quatre bateaux, essentiellement : Le Cap Arcona, un paquebot allemand de grand luxe devenu transport de troupes (qui a même servi à un documentaire nazi sur le Titanic !), le Thielbek, le Deutschland et l’Athen. En tout, les allemands ont regroupé fin avril 1945 11 000 prisonniers, les quatre navires étant mélangés dans la baie avec des navires de guerre. Le 3 mai 1945, un raid de Typhoons munis de roquettes de la RAF attaque le port : les quatre navires couleront, avec leur chargement : les allemands avaient enlevé tout système de sécurité sur les quatre tombeaux flottants, et détruit toutes les bouées de sauvetage. Il y aura 7 300 morts chez les déportés... et 300 chez les SS à bord.
On rapporte que certains SS auraient tiré à la mitrailleuse sur des prisonniers à l’eau. Au fond du Cap Arcona, totalement embrasé, les prisonniers meurent brûlés ou asphyxiés avant que le bateau ne se retourne. En réalité, le projet initial des allemands consistait à faire sortir les quatre navires du port et de les couler en les torpillant par des U-Boots ! L’abomination était planifiée !





Les pilotes de Typhoons des 263e, 197e, 198e et 184e escadrilles n’apprirent officiellement qu’en 1975 ce qu’ils avaient réellement attaqué... l’un d’entre avait alors expliqué les ordres qu’il avait reçu : "Steve, j’ai une mission pour toi ! Il me parle de 4 navires se trouvant dans la baie de Lübeck : le paquebot Cap Arcona de plus de 200 mètres de long et plus de 27 500 tonneaux, le Deutschland de 21 000 tonneaux et les plus petits, le Thielbek et l’Athen. L’officier nous explique que nous devons couler ces bâtiments, car l’état-major a appris qu’ils étaient pleins de troupes SS devant partir continuer la guerre en Norvège...Nous constatons par radio que la Flak n’a pas tiré contre nous. Le navire n’était pas défendu… Bizarre ! En route vers le terrain, je signale ce manque de défense, avec un gros doute sur l’utilité de la mission et des autres à venir.. puis nous sommes repris dans le mouvement." Le Thielbek fut attaqué alors qu’il arborait un drapeau blanc, selon plusieurs témoignages ! L’un des premiers à faire un article sur le sujet sulfureux de la responsabilité anglaise sera du talentueux Roy Nesbit, d’Aeroplane Monthly (lui-même navigateur sur Beaufort et Dakota), en juin 1984, avec un article intitulé "Cap Arcona : atrocity or accident ?" qui jettera un froid dans le monde des historiens qui avaient tous ignoré le sort des "passagers" du Cap Arcona. Un ouvrage français saluant la mémoire du jeune résistant Lucien Revert, mort sur le Cap Arcona est sorti en 2005 sur le sujet qui demeure en grande partie tabou.
(André Laroze, Les Oubliés du "Cap Arcona").



"Aucun gouvernement britannique n’a jamais fait référence à la mort des 7 500 prisonniers de guerre de la baie de Lübeck. Il n’y a jamais eu de couronne déposée ni aucun discours prononcé en leur mémoire. Des fosses communes furent creusées le long de la plage entre Neustadt et Pelzerhaken. Des survivants firent construire un cénotaphe en pierre sur lequel est écrit en grandes lettres noires : "A la mémoire éternelle des prisonniers du camp de concentration de Neuengamme". Ils périrent avec le naufrage du Cap Arcona le 3 mai 1945". Le 6 mai 1945, un déporté norvégien avait indiqué l’endroit du drame à des soldats britanniques qui, sous le commandement du capitaine Pratt, tirèrent une salve au-dessus des tombes. Pendant des années, la Mer Baltique rejeta des cadavres et des morceaux de squelette dont les derniers jusque dans les années 70. Aujourd’hui, il y un mémorial pour ceux qui furent tués sur le « Cap Arcona » dans le cimetière de Grömitz et un musée à Neustadt en Holstein depuis 1990". Pour aller jusqu’au bout de l’horreur, en 1949, le Thielbek fut renfloué ; on y découvrit encore 49 corps enterrés depuis dans la fosse commune du Cap Arcona. Rolls-Royce n’hésitera pas pendant des années à se servir des photos de l’épave du paquebot pour vanter l’efficacité de ses roquettes... les archives anglaises sur la question ont été scellées et ne pourront être ouvertes qu’en 2045... pourquoi donc 100 ans ?







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MessageSujet: Re: La tragédie de Lübeck (2012)   Mar 19 Juin - 10:23

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naga
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MessageSujet: Re: La tragédie de Lübeck (2012)   Ven 22 Juin - 10:38


Un autre temoignage


le 3 mai 1945, trois jours après le suicide d'Adolf Hitler, des chasseurs-bombardiers Typhoons de la Royal Air Force attaquèrent à la roquette plusieurs navires de commerce allemands mouillés en baie de Lübeck (Baltique).

Parmi eux, se trouvait le paquebot de 27 000 tonnes "Cap Arcona", qui venait d'embarquer... plus de 4 500 déportés et prisonniers de guerre des camps de concentration de Neuengamme, Stutthof et Dora-Mittelbau. Autrement dit des Alliés, bientôt victimes de ce que l'on appellerait aujourd'hui des "tirs amis"

"Les SS maintenaient les prisonniers au-dessous de l'entrepont du navire incendié et rempli de fumée, et les menaçaient avec le tir de leurs mitrailleuses. Parmi ceux-là, presque tous les prisonniers y furent tués. Beaucoup de canots de sauvetage étaient percés et, de toute façon, les prisonniers ne savaient pas comment les descendre. Un seul canot de sauvetage fut mis à la mer.

Dans une panique indescriptible, les déportés qui ne furent pas tués durant l'attaque ni brûlés ni noyés dans leur prison renversée, se ruèrent sur le pont, se jetèrent à l'eau, tentèrent de s'accrocher à une planche flottante ou aux canots allemands de la base-école des Sous-mariniers, mais la plupart se noyèrent. Quelques prisonniers furent récupérés dans un canot en dépit de l'ordre donné par le commandant de garnison de Neustadt, le capitaine de frégate Heinrich Schmidt et de son quartier général de la base-école des Sous-mariniers, de ne pas secourir de prisonniers.

Les autres déportés nageant dans la Mer Baltique glaciale furent mitraillés par les canons de 20 mm des chasseurs-bombardiers "Typhoons" qui, volant au ras des flots, revinrent à plusieurs reprises. Sur la plage, ils subirent le tir des mitrailleuses des Verdammten SS.

En atteignant Neustadt, les derniers rescapés prièrent les troupes britanniques d'envoyer d'urgence des canots de sauvetage. Des 4 500 déportés de camps de concentration à bord, 350 survécurent. Des 600 gardes, SS et infanterie de marine, des 24 femmes SS et des 70 membres d'équipage, approximativement 490 furent sauvés dont, parmi eux, le capitaine Bertram et son officier en second Dommenget"

(http://www.rrz.uni-hamburg.de/rz3a035/alain.html)



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