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 La contre-attaque de Lauban (2012)

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naga
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MessageSujet: La contre-attaque de Lauban (2012)   Mer 20 Juin - 3:17


L’histoire de la Grande Guerre Patriotique -comme l’appellent encore les Russes-, du front de l’est pendant la Seconde Guerre mondiale (1941-1945), a été largement écrite par les vaincus : les Allemands. Les mémoires des généraux nazis ont fortement influencé, jusque dans les années 80, la vision occidentale de l’Armée Rouge et de ses performances durant le conflit. Ces derniers se gargarisaient de leurs succès tactiques dans les deux premières années de la guerre (1941-1943), tout en évitant soigneusement d’évoquer les grandes défaites de 1944-1945 : l’Armée Rouge n’aurait triomphé que par la force brute, le nombre et la puissance de feu.
Ce qui montre bien qu’ils n’ont pas compris que leur supériorité tactique a été en fait l’une des causes de leur défaite, faute d’avoir développé ce qui a permis la victoire soviétique, l’art opératif. Il a fallu attendre les années 1985-1995 pour voir des chercheurs américains remettre en cause ce postulat. Car les Soviétiques, dès les années 30, ont conçu et expérimenté un niveau intermédiaire entre le tactique et le stratégique : l’opératif (operational en anglais), qui les placent à l’époque en avance sur tout le monde ou presque. L’offensive de l’Armée Rouge Vistule-Oder, en janvier 1945, peut être considérée comme un modèle du genre, avec ses prolongements pour nettoyer les ailes de l’effort principal, en Prusse-Orientale/Poméranie et en Silésie. C’est lors de la poussée du maréchal Koniev en Basse-Silésie que les Allemands montent l’une de leurs dernières contre-attaques d’envergure, pour reprendre la ville de Lauban. Cette bataille illustre assez bien la vraie nature de la guerre sur le front de l’est en 1945, entre une Wehrmacht en retard obsédée par la bataille décisive et d’anéantissement, cherchant l’encerclement, et une Armée Rouge sûr d’elle-même, guidée par sa réflexion et sa pratique de l’art opératif, qui va la mener à la victoire.






Koniev fond sur la Basse-Silésie

Du 12 au 16 janvier 1945, le 1er front de Biélorussie du maréchal Joukov et le 1er front d’Ukraine du maréchal Koniev passent à l’offensive sur la Vistule. En une vingtaine de jours, ils enfoncent les lignes allemandes sur 500 km et atteignent l’Oder le 3 février, établissant des têtes de pont sur la rive ouest du fleuve. Berlin, la capitale du IIIème Reich, n’est alors plus qu’à 60 km des avant-gardes soviétiques. Suite à la contre-offensive allemande contre le flanc du 1er front de Biélorussie de Joukov (opération Sonnenwende, 15-18 février 1945), la Stavka décide de changer l’axe de son offensive principale et d’arrêter l’offensive sur Berlin. Les 1er et 2ème fronts de Biélorussie vont opérer une conversion vers le nord, sur la Baltique, pour nettoyer la Poméranie. Joukov fonce sur Stettin et l’embouchure de l’Oder pendant que Rokossovsky assiège et prend Dantzig.


Le 28 janvier 1945, Koniev, commandant le 1er front d’Ukraine, fait avaliser ses plans d’offensive par la Stavka. Il doit en théorie couvrir l’offensive principale de Joukov vers Berlin (détournée vers le nord, comme on vient de le rappeler) tout en se portant à sa hauteur pour parer à toute éventualité. Koniev a donc pour mission de progresser jusqu’à la rivière Neisse occidentale, entre les villes de Guben et Görlitz : la rivière coule nord/sud dans le prolongement de l’Oder. Obstacle majeur sur la route de Koniev : la Festung (forteresse) Breslau, qu’il va falloir encercler et réduire au plus vite. Koniev mène son offensive avec des forces fatiguées par la course depuis la Vistule, peu soutenues par l’aviation et dont le ravitaillement est aléatoire (les dépôts principaux sont encore à 500 km en arrière).

Pour venir à bout de Breslau, Koniev prévoit de l’encercler à partir d’attaques venant des deux têtes de pont sur l’Oder placées au nord et au sud de la ville. Dans le même temps, certaines de ses armées iront au nord-ouest pour border la Neisse occidentale. A 30 km au sud de Breslau, on trouve la 5ème armée de la Garde et la 21ème armée, avec deux corps blindés qui leur sont rattachés (31ème et 4ème de la Garde) qui doivent sortir de la tête de pont d’Ohlau-Brieg sur l’Oder pour enfoncer la 17. Armee allemande, et contourner Breslau pour trouver la jonction avec l’autre pince. Celle-ci part de la tête de pont de Steinau, à 70 km au nord de Breslau. Elle comprend 4 armées (3ème Garde, 13ème, 52ème et 6ème) et deux armées de chars (4ème et 3ème Garde). Les Allemands quant à eux disposent de la 4. Panzerarmee de Gräser, un rescapé de l’offensive Vistule-Oder. Ce sont les 6ème et 52ème armées qui sont chargées d’encercler Breslau par le nord, tandis que les deux armées de chars doivent marcher sur la Bober, un affluent de la Neisse, traverser la Queis, autre cours d’eau, pour longer le massif forestier de Lusace, sur la Neisse, que Koniev préfère ne pas traverser pour ne pas enliser ses blindés.





Le 8 février à 5h10, la préparation soviétique commence et ne dure que 50 mn, faute d’obus. L’infanterie perce sur 10 à 15 km, ce qui permet l’introduction des deux armées de chars de la Garde qui exploitent la brèche sur 30 à 60 km. La 4ème armée de chars de la Garde passe la Bober le 9, la Queis le lendemain, tandis que la 3ème armée de chars atteint Liegnitz le soir du 8 puis fonce sur la Bober, atteinte le 11. La 4ème armée de chars a cependant laissé derrière elle des « chaudrons mobiles » allemands qui se réfugient en forêt, avant de contre-attaquer ses arrières, non couverts par la 13ème armée qui progresse moins vite. Heureusement, les VVS se manifestent et les contre-attaques allemandes s’essoufflent, mais Leliouchenko, le patron de la 4ème armée de chars de la Garde, n’a pas pu établir de tête de pont sur la Neisse. La 3ème armée de chars, quant à elle, envoie un de ses corps encercler Glogau-sur-Oder : les deux autres corps atteignent le confluent Oder-Bober le 15 février, puis celui Oder-Neisse le 20, à Guben, soit à 110 km de leur ligne de départ.

Cependant, la 6ème armée soviétique, étirée pour conquérir le terrain dépassé par les deux armées de chars, rencontre des difficultés pour investir Breslau, et elle se retrouve contre-attaquée par les Allemands (notamment par la 8. Panzerdivision acheminée en renfort sur place). Deux corps de la 3ème armée blindée de la Garde, arrivés à Bunzlau sur la Bober, foncent donc au sud pour aider à l’encerclement de la cité, réalisé le 13 février et définitivement bouclé le 15. Ainsi, le 16 février, l’intégralité de la 3ème armée de chars de la Garde peut repartir plein ouest sur la Queis et la ville de Lauban, puis sur la Neisse, atteinte le 18 février. Koniev, inquiet cependant de la tournure des événements, a précisé dans un mémorandum à la Stavka, le 16, qu’il ne pourrait atteindre Berlin dans ces conditions, et qu’il se fixe des objectifs plus limités, tout comme Joukov parti dans le nettoyage des bouches de l’Oder, en Poméranie. Mais il ne pourra établir de tête de pont sur la Neisse, et la 3ème armée de chars de Rybalko a dispersé ses corps entre Bunzlau, Görlitz et Lauban, ce qui va faciliter la contre-attaque allemande sur cette dernière localité.

La 3ème armée de chars de la Garde de l’Armée Rouge est à ce moment-là l’un des outils principaux de l’art opératif soviétique, avec ses trois consoeurs du 1er front d’Ukraine et du 1er front de Biélorussie (1ère, 2ème et 4ème armées de chars de la Garde). Ce sont les armées de chars qui sont l’instrument de la bataille en profondeur, clé de l’art opératif soviétique. La 3ème armée blindée a été ainsi en pointe de l’offensive Vistule-Oder en janvier 1945 au sein du 1er front d’Ukraine. La 3ème armée de chars de la Garde comprend alors les 6ème et 7ème corps blindés, le 9ème corps mécanisé, la 199ème brigade d’artillerie légère, le 57ème régiment de chars indépendant de la Garde, la 16ème brigade d’artillerie auto-propulsée, le 50ème régiment indépendant de motocyclistes, la 19ème brigade motorisée indépendante du génie, le 91ème régiment de mortiers de la Garde.

Pour l’opération Vistule-Oder, la 3ème armée de chars se voit attribuer le 145ème bataillon d’artillerie et la 194ème brigade d’artillerie (20 canons de 152 mm), le 90ème régiment blindé du génie (22 chars T-34/76 démineurs), le 207ème bataillon motorisé indépendant du génie, et d’autres unités de soutien.

Au début de l’opération Vistule-Oder, la 3ème armée de la Garde compte 55674 hommes, 640 chars T-34/85 (total au-dessus de sa dotation théorique normale),
22 T-34/76 démineurs,
21 chars lourds IS-2,
63 chasseurs de chars ISU-122,
63 chasseurs de chars SU-85,
63 canons automoteurs SU-76,
49 SU-57,
20 canons de 152 mm,
20 canons antichars BS-3 de 100 mm,
222 canons ZIS-3 de 76 mm,
84 canons antichars ZIS-2 de 57 mm,
48 LRM BM-13 Katyusha,
140 mortiers de 120 mm,
224 mortiers de 82 mm,
79 canons antiaériens de 37 mm,
60 halftracks M17 avec affût quadruple de mitrailleuses de 12,7 mm (fournis par le Lend Lease)
161 mitrailleuses antiaériennes DshK de 12,7 mm.

Au 8 février, jour du déclenchement de l’offensive de Koniev sur la Basse-Silésie, la 3ème armée blindée de la Garde dispose encore de 459 T-34/85 (348 opérationnels), 18 T-34/76 démineurs (11), 21 IS-2 (20), 59 ISU-122 (41) , 57 SU-85 (53), 53 SU-76 (46) et 48 SU-57 (48).



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naga
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Mer 20 Juin - 3:24


Une opération pour la propagande ?

Au 16 février 1945, le 1er front d’Ukraine aligne 1289 blindés (chars et canons automoteurs) contre 3645 au déclenchement de l’opération Vistule-Oder le 12 janvier… Rybalko reçoit l’ordre de foncer sur la Neisse et de s’emparer de la ville de Görlitz, avec ses 419 chars et canons automoteurs encore opérationnels. Le 9ème corps mécanisé bute sur la 8. Panzerdivision. Rybalko ordonne aux deux autres corps de son armée d’encercler les forces allemandes dans et autour de Görlitz. En conséquence, le 7ème corps blindé de la Garde traverse la rivière Queis et attaque la ville de Lauban. L’assaut est donné le matin du 17 février par un bataillon d’infanterie mécanisée de la 56ème brigade blindée et la 23ème brigade de fusiliers motorisés du 6ème corps blindé de la Garde, soutenues par les 54ème et 55ème brigades blindées du 7ème corps blindé de la Garde. La cité est défendue par les restes de la 6. Volksgrenadier Division et des forces locales, sans armement lourd.
Les Soviétiques pénètrent facilement dans les parties nord et est de la ville, et tiennent ainsi une intersection de première importance sur la ligne de chemin de fer reliant Görlitz à Berlin. Lauban, qui comptait un peu plus de 17 500 habitants en 1939, se situe à 20 km au sud-est de Penzig, entre la 4. Panzerarmee et la 17. Armee allemandes. Les combats se poursuivent les jours suivants et les maisons changent de main à de multiples reprises. Les grenadiers allemands tirent les chars russes au Panzerfaust dans les ruines de la ville : au 21 février, les brigades blindées soviétiques ne comptent plus que 15 à 20 chars chacune. Le 7ème corps blindé de la Garde se trouve réduit à 55 chars ; 48 seulement pour le 9ème corps mécanisé de la Garde. Les pertes en hommes sont également très lourdes : la 23ème brigade de fusiliers motorisés de la Garde, forte de trois bataillons, ne compte plus que 550 hommes valides !





Inquiet de la résistance allemande à Lauban, Rybalko regroupe un puissant dispositif à proximité de la ville : 7ème corps blindé de la Garde, 51ème et 53ème brigades blindées du 6ème corps blindé de la Garde, une partie du 9ème corps mécanisé de la Garde, la 16ème brigade d’artillerie autopropulsée, le 57ème régiment de chars lourds de la Garde, plusieurs régiments d’artillerie et de mortiers. Le 22 février, la 254ème division de fusiliers détachée de la 52ème armée arrive dans le secteur du 6ème corps blindé de la Garde. Les 54ème et 55ème brigades blindées sont alors toujours engagées dans les combats de rues à Lauban, où les tankistes soviétiques font face à des rues bloquées par des obstacles antichars en béton, ce qui ne les empêchent pas de progresser en détruisant 10 blindés et un bataillon d’infanterie. Puis ils s’emparent de la gare de Wuenschendorf, où ils capturent 4 trains chargés de matériel militaire et libèrent 300 travailleurs forcés venant d’URSS.

Entre les 18 et 20 février, les Allemands acheminent à Lauban la 8. Panzerdivision, la 408. Infanterie Division et la 10. Volksgrenadier Division. Le 25 février 1945, l’OKH demande à Schörner, le chef du Groupe d’Armées Centre, de dégager Breslau encerclée en commençant par reconquérir la ville de Lauban, pour frapper le flanc des Soviétiques et les faire renoncer à leur marche sur Berlin. Schörner approuve le projet de contre-attaque sur Lauban, important carrefour ferroviaire en partie électrifié, dont la ligne, depuis Dresde, longe les contreforts des Sudètes et permet des mouvements de rocade sur les arrières allemands jusqu’en Slovaquie. Le général allemand pense aussi en termes psychologiques : il a besoin d’une victoire bien montée en épingle par la propagande pour regonfler le moral de la troupe et des civils, surtout après qu’il ait lui-même perdu la Haute-Silésie devant l’avance de l’Armée Rouge. Une victoire à mettre à son crédit serait bienvenue. Schörner confie l’opération à Schulz, le chef de la 17. Armee.
Un Panzergruppe est réuni pour l’occasion, confié à un vétéran de l’Ostfront, le général Nehring, et à l’état-major du XXXIV. Panzerkorps. L’attaque sera menée par deux corps d’armée : le LVII. Panzerkorps du général Walther Nehring (8. Panzerdivision, 103. Panzerbrigade, 408. Infanterie Division, 16. Panzerdivision, Führer-Begleit Brigade menée par Otto Remer) et le XXXIX. Panzerkorps (Führer-Grenadier Divison, 17. Panzerdivision). Certains commandant d’unités viennent tout juste d’être nommés et ne connaissent pas leurs subordonnés. Les moyens de communication font défaut tout comme le ravitaillement en essence. Le plan d’attaque allemand est simple : pendant que les restes de la 6. Volksgrenadier Division et de la 103. Panzerbrigade tiennent Lauban, les deux corps blindés attaquent sur les flancs de part et d’autre de la ville (au nord-ouest/ouest et à l’est, où se trouve la ligne front autour de Lauban), se rejoignent à Naumburg et encerclent la 3ème armée de chars de la Garde. La pince la plus puissante est à droite du dispositif (LVII. Panzerkorps). L’ensemble regroupe 60 000 hommes, un effort considérable en cette année 1945 pour l’Ostheer, et plus de 300 blindés sur le papier. Mais seulement les deux tiers des chars et canons automoteurs sont opérationnels…






Une contre-attaque difficile

L’attaque allemande démarre le 1er mars. La pince gauche progresse d’abord convenablement en terrain découvert, s’empare du village d’Ober-Bilau. Mais au nord-est de la localité, les Allemands sont arrêtés devant une forêt par la résistance des Soviétiques. Le général Maeder, commandant la Führer-Grenadier Division, hésite alors entre poursuivre l’offensive en dépit des lourdes pertes prévisibles, ou bien se rabattre à l’est plus tôt que prévu pour faire la jonction avec l’autre pince de l’attaque. Maeder contacte alors Schörner, qui discute lui-même avec Nehring, et la décision est prise de se contenter de la « petite solution » : bel exemple d’Auftragstaktik, autrement dit de prise d’initiative par les commandants de terrain à partir d’ordres plus généraux. La Führer-Grenadier Division se rabat donc vers l’est pour assaillir les Soviétiques aux prises avec la 6. Volksgrenadier Division, sur Haugsdorf, localité située entre Lauban et Naumburg. Dans la soirée, le 4. Führer-Grenadier Regiment et le 2. Führer-Panzer Regiment atteignent la rivière Queis et établissent une tête de pont sur l’autre rive, abandonnée suite à une contre-attaque soviétique. Mais les canons allemands menacent désormais la route de Naumburg. Les chars du 1. Führer-Panzer Regiment et du 1. Führer-Panzergrenadier Regiment (de la Führer-Begleit qui est dans la pince droite) capturent Neuland et rencontrent une sérieuse opposition dans les forêts au sud de Kesselsdorf. Finalement la forêt et la ville sont nettoyées. Le III. Panzergrenadier Bataillon perce les lignes soviétiques près de Neuland et capture Alt-Neuland. Les forces allemandes attaquent ensuite la forêt au nord-ouest de la ville mais sont repoussées par des canons antichars.

Le 2 mars s’ouvre sur une tempête de neige. Les mortiers et les roquettes soviétiques s’abattent sur Neuland. Le III. Panzergrenadier Bataillon attaque Nieder-Giessmanndorf et atteint la voie ferrée entre Naumburg et Löwenberg, où sont retranchés les Soviétiques. La 17. Panzerdivision, au nord-est de Görlitz, pousse vers Bunzlau. Les Soviétiques contre-attaquent à droite près de Kesselsdorf mais les chars allemands répliquent et laissent 70 T-34 sur le terrain ; 10 autres sont détruits lors d’une autre contre-attaque près de Florsdorf (sur l’aile gauche). Le 3 mars, Remer est constamment harcelé par l’aviation soviétique, les VVS. Tout le groupe d’attaque allemand est sous le feu de puissantes contre-offensives soviétiques partant de Naumburg. Le II. Bataillon du 1. Führer-Panzergrenadier Regiment se retrouve temporairement encerclé dans Kesselsdorf. En dépit des difficultés posées par le terrain, les Soviétiques expédient des renforts et il apparaît à l’évidence que la capture de Naumburg est impossible. Le commandement allemand envisage donc un encerclement à plus petite échelle. Les pionniers de la Führer-Grenadier Division ont renforcé la tête de pont sur la Queis, tandis que les chars du 2. Führer-Panzer Regiment tiennent toujours sous leur tir la route pavée Lauban-Naumburg. De nombreuses colonnes de camions soviétiques sont détruites. Le 4. Führer-Panzergrenadier Regiment s’empare de Saechsisch-Haugsdorf, le 3. accompagné par la 17. Panzerdivision s’approche de Günthersdorf où 48 canons automoteurs du 9ème corps mécanisé sont pris intacts à l’ouest de la ville. En dépit du mauvais temps, les deux corps blindés allemands sont soutenus par le VIII. Fliegerkorps. Craignant l’encerclement, les Soviétiques retirent progressivement leurs troupes de Lauban. La 6. Volksgrenadier Division reconquiert la ville au prix de 54 tués. Des témoins rapportent avoir compté 24 chars T-34 détruits sur la grande place de Lauban. 11 épaves supplémentaires sont trouvées en dehors de la ville. Au total, 81 chars ou canons automoteurs auraient été perdus autour de Lauban le 2 mars.

Le 4 mars, les hommes de Remer se retirent de l’est de Lauban. A leur grande surprise, ils butent sur un grand nombre de chars soviétiques à l’est de Giessmannsdorf. Les Soviétiques leur infligent des pertes sérieuses et marchent sur Alt-Neuland. Le même jour, la Führer-Grenadier Division attaque depuis la Queis et fait la jonction avec la 8. Panzerdivision. Le 5 mars, les progrès allemands sont faibles. Le 6 mars, le XXXIX. Panzerkorps détruit encore 30 chars soviétiques à 6 km au nord-est de Lauban. Le LVII. Panzerkorps ne progresse que faiblement : de nombreuses unités soviétiques s’échappent de la poche car Remer, dont l’unité est décimée, ne peut faire lui aussi sa jonction avec la Führer-Grenadier Division. La contre-attaque allemande s’arrête donc le 6 mars et le nettoyage dure jusqu’au 8.


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naga
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Mer 20 Juin - 3:31


Un coup pour rien ?

Le maréchal Koniev n’évoque pas la contre-offensive allemande de Lauban dans ses mémoires de guerre. Il a pourtant une discussion orageuse au téléphone avec Staline qui lui demande quel est le problème avec la 3ème armée de chars de la Garde. La situation n’est débloquée que par l’envoi de renforts tirés de la 52ème armée. Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du Reich, visite Lauban le 8 mars et évoque dans son journal la destruction d’un corps blindé soviétique au complet. Il parle aussi de la férocité des combats entre Soviétiques et Allemands, qui explique le faible nombre de prisonniers russes (176). Les images de chars ou de canons automoteurs détruits produisent l’effet escompté, en regonflant le moral de la population à travers un reportage du Deutsche Wochenschau soigneusement mis en scène. Sur les images, on voit Goebbels qui s’entretient avec le jeune Wilhelm Hübner, âgé de 16 ans, estafette de la Führer-Grenadier-Division, qui reçoit la Croix de Fer 2ème classe pour s’être distingué durant les combats.






Les pertes des deux camps sont difficiles à établir, les archives allemandes étant incomplètes et les témoignages peu nombreux sur l’événement ; côté soviétique, cette mini-défaite n’a pas été mis en avant, pour des raisons bien compréhensibles. Les Soviétiques auraient perdu 162 chars, 106 véhicules, 159 canons automoteurs et 74 mortiers. Les Allemands rééquipent d’ailleurs certaines de leurs unités avec des chars et de l’artillerie pris en bon état. Contrairement aux dires de Goebbels, les pertes allemandes en hommes auraient été lourdes. La propagande allemande reconnaît la destruction de 10 blindés pendant la bataille au sein des unités engagées. Cependant, les spécialistes s’accordent à reconnaître que le nombre de blindés allemands détruits a dû être beaucoup plus important, vu la férocité des combats.
A la Führer-Begleit par exemple, il y a sans doute au moins 20 blindés nécessitant des réparations à long terme à la fin de la bataille (dont nombre de StuG ou StuH) ; 8 blindés ont été définitivement perdus (3 Panther, 1 StuG III et 3 StuH 42 entre autres). Le nombre est le même à la Führer-Grenadier Division (1 Panther, 5 StuG III, 1 Jagdpanther 1 StuG IV ou Jagdpanzer IV/70).
La 8. Panzerdivision aurait laissé sur le carreau 1 Jagdpanzer 38 (t), 6 Panzer IV et 1 à 8 Panther. La 16. Panzerdivision aurait perdu quant à elle 9 StuG III et 1 Jagdpanzer IV/70. La 17. Panzerdivision, enfin, compterait la perte d’un Panzer IV et d’un Jagdpanzer IV/70.
Au total, on arrive à environ 40 à 50 blindés allemands détruits, soit un quart des engins opérationnels engagés : ce qui relativise le succès tactique et minimise le ratio de pertes par rapport aux Soviétiques. Pour ceux-ci, l’on sait qu’aux environs du 13-14 mars, la 3ème armée de chars de la Garde n’aligne plus que 255 chars et canons automoteurs opérationnels. D’après les sources russes, la 3ème armée de chars a perdu effectivement 115 chars et canons automoteurs entre les 1er et 8 mars (ratio de 1 pour 2 ou 1 pour 3 en faveur des Allemands, ce qui n’est pas si énorme). Au final, on ne peut donc même pas dire que la contre-offensive de Lauban soit véritablement la dernière victoire tactique notable de la Panzerwaffe…

L’opération Gemse (le nom de code de la contre-offensive allemande sur Lauban), en fait, n’a en rien affaibli la poussée soviétique. Breslau reste encerclée. Les Allemands ont rassemblé les maigres forces blindées qui leur restaient pour ce qui est, en fait, un coup d’épée dans l’eau, un modeste succès tactique sans aucune répercussion opérationnelle ou presque. Schörner, néanmoins, n’en reste pas là. Il lance une deuxième contre-attaque pour reprendre la petite ville de Striegau, à 70 km à l’est de Lauban. Là encore, c’est un carrefour ferroviaire d’importance, et des collines dominant la ville, l’on peut distinguer les lumières de Breslau, située à 30 km. Le 9 mars, la 208. Infanterie Division et la 31.SS-Freiwilligen-Grenadier-Division passent à l’attaque. On se bat au corps-à-corps dans les ruines pendant trois jours. Dans la nuit du 11 au 12, les Soviétiques, à court de munitions, se retirent. Le combat se déplace alors sur les hauteurs. Une tentative de l’Armée Rouge pour reprendre la ville en plein tempête de neige, avec des T-34/85 soutenus par les fusiliers, est brisée… par un tir fratricide de Sturmoviks. Côté allemand, l’opération a coûté 1500 tués, pour peu de résultats. Mais, le 15 mars, Koniev lance ses forces à la conquête définitive de la Haute-Silésie : la chute de Ratibor le 31 mars conclut le nettoyage à gauche de l’axe d’offensive principal des Soviétiques, au prix de lourdes pertes, et d’un sursis de deux mois pour le régime nazi. Cependant, celui-ci n’aura guère le temps d’en profiter : le 16 avril démarre la grande offensive soviétique qui va conduire l’Armée Rouge à Berlin et provoquer la fin de l’Allemagne d’Hitler.





Pour en savoir plus :

La synthèse française incontournable sur les cinq derniers mois de la guerre à l’est.

Jean LOPEZ, Berlin. Les offensives géantes de l’Armée Rouge Vistule-Oder-Elbe (12 janvier-9 mai 1945), Paris, Economica, 2010.

Histoire récente de la 3ème armée de chars de la Garde (en russe).

Dmitry SHEIN, Tanki Vedet Rybalko (Rybalko mène les chars), 2007.




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prevot
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Mer 20 Juin - 23:32

A compléter avec un article du dernier Batailles et Blindés alors sur le même sujet!
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vania
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Jeu 21 Juin - 10:38

Citation :
Histoire récente de la 3ème armée de chars de la Garde (en russe).

Dmitry SHEIN, Tanki Vedet Rybalko (Rybalko mène les chars), 2007.
Y aurait -il une version en français ?
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naga
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Jeu 21 Juin - 11:03


J en sais rien Rolling Eyes
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v2
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Ven 22 Juin - 20:20

Ca quand les allemands attaque, ça fait toujours mal ! Mais, ils auraient dû exploiter ces petits succès en fonçant toujours vers le nord est pour avoir le maximum d'efficacité et répercutions. Mais c'était déjà trop tard pour changer la situation...
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Gus Kruk
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Mar 15 Nov - 16:37


En plus, Hitler qui n'était pas un stratège à la hauteur des défis qu'il s'était lancés, continue à nous montrer l'ampleur de son incompétence lorsqu'il s'agit de prendre des décisions cruciales et pouvant sauver ces troupes.
Si il avait pensé plus loin que le bout de son nez, il aurait pu prévoir et préparer plus tôt ses troupes pour une résistance solide au niveau de l'Oder ou ailleurs, mais, il aurait du savoir qu'une vraie ligne de défense devait être constituée afin de stopper l'Armée Rouge dont les liges de ravitaillement s'allongeaient.
Mais comme il n'en avait que pour sa petite personne, c'est le peuple allemand et tout les réfugiers venus de l'est qui s'en sont pris plein la figure....
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matasso
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Dim 4 Déc - 10:53

J'ai un peu de mal avec ces "victoires" allemandes systématiques genre Lauban et compagnie. Encore une fois les allemands gagnent toutes les batailles et perdent la guerre, quelle malchance:roll:

C'est vrai que Batailles et Blindés s'en fait une spécialité. On remarque encore une fois que tout ce qui est allemand continue à vendre dans les revues et le reste ne compte pas.

Déjà ce n'est pas toute la 3e Armée de Chars de Rybalko qui est présente c'est un Corps voire un Corps et demi, c'est à dire l'équivalent d'une à deux Divisions Blindées et ensuite on fait aveuglément confiance aux infos allemandes comme si eux étaient par principe incapables de mentir. Schorner avait à cœur de se faire pardonner ses déboires et rien de mieux qu'une retentissante victoire et une avancée de 10 km pour se remettre en selle. On se croirait pendant la Première Guerre Mondiale! Selon les concepts et la réalité des opérations soviétiques les armées de Chars de la Garde sont dans 2 à 3 directions en même temps, il est dès lors logique que les pertes en chars soient éclatées elles aussi.
On parle de 159 canons automoteurs détruits c'est à dire l'équivalent de la totalité des dotations de la 3e Armée de la Garde. Un peu fort non? Ce qui est le plus dérangeant dans ces rapports c'est que l'on sait que les revendications de victoire allemandes et pour la Luftwaffe c'était pareil, ne devaient pas être étayées par des témoins, contrairement aux alliés occidentaux ou aux soviétiques qui demandaient des preuves formelles. C'est comme ça qu'on arrive à des totaux faramineux en chars ou en avions reconnus aux seuls dires des protagonistes. Facile à monter comme total.

On continue à vouloir écrire l'histoire d'un seul point de vue, c'est dommage.

Cordialement
Mathias
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vania
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Dim 4 Déc - 12:59

Citation :
C'est vrai que Batailles et Blindés s'en fait une spécialité. On remarque encore une fois que tout ce qui est allemand continue à vendre dans les revues et le reste ne compte pas.
Ces revues font dans le sensationnel pour vendre, quitte à prendre des libertés avec la réalité historique.
Pour aller dans ton sens Mathias, un des responsables d'Histoire et Collections m'a avoué un jour qu'il y a avait une grosse différence de ventes entre un magazine dont le sujet principal et donc la couverture traitait de l'unité X de la Wehrmacht, et un autre avec par exemple du soviet ou de l'allié.
Vous devinez lequel a la faveur des lecteurs...
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matasso
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Dim 4 Déc - 17:20

Mais c'est bien vrai cela, suffit de voir les étagères de revues d'histoire. Ce qui est grave c'est qu'après on se demande d'ou vient cette "ferveur" néo-nazi qui nous assaille de nouveau???

Cordialement,
Mathias
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matasso
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Mar 6 Déc - 14:30

Bonjour,

En continuitè du message du weekend, voici un petit florilège des étagères de revues historiques d'hier:

- La SS Division Norge
- La Hitlerjugend en Normandie
- Les SS Panzer Divisionen
- Le U boat type VII - le meilleur des u boat?

En gros ce sont les couvertures du mois.... et encore je n'ai pas tout regardé en détail.
Avons-nous encore quelque chose à dire à ça au final?

Cordialement,
Mathias
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Gus Kruk
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Mar 6 Déc - 15:21

Par exemple, le hors série de "Batailles et blindés" (septembre - octobre) parle des 3 premières division de Waffen SS de leur création à leur reddition.
Je comprends bien ce que veut dire Matasso, je le constate moi-même, tout comme vous tous j'imagine...
Je pense que tout le piège est là, les armées allemandes de la 2GM sont plus "sexy" que les autres, les Américains du cinéma diraient "bankable". Par contre, je ne pense pas que la politique ai vraiment quelques chose à voir avec ça.
Ce succès commercial vient peut-être aussi un peu du fait qu'il n'est pas politiquement correct d'apprécier les armées allemandes des années de guerre. Et on le sait, les interdits attirent... Il serait malgré tout intéressant de savoir si l'intérêt vient de la poussée et du marketing de ces brochures "spécialisées" ou si les brochures suivent un simple effet de mode....Difficile à dire scratch Laughing

Mais heureusement, sur ce forum, l'aspect commercial n'a que peu d'importance et seule compte l'histoire et les livres...
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matasso
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Mar 6 Déc - 21:25

Gus Kruk a écrit:
Il serait malgré tout intéressant de savoir si l'intérêt vient de la poussée et du marketing de ces brochures "spécialisées" ou si les brochures suivent un simple effet de mode....Difficile à dire scratch Laughing

Mais heureusement, sur ce forum, l'aspect commercial n'a que peu d'importance et seule compte l'histoire et les livres...  

Bonsoir,

Cela je ne suis pas capable non plus de le dire. La vieille discussion de la presse entre faire la mode ou la suivre. Je pense qu'il y aura un peu des 2. Et les armées allemandes sont "bankable" comme on dit parce qu'on leur fait aussi la part belle et que l'on continue souvent à accepter sans critique des écrits des années 50 ou 60 ou beaucoup écrivaient pour se dédouaner ou pour caresser certains anciens ennemis dans le sens du poil, guerre froide oblige. C'est comme si nous nous mettions à lire et retranscrire sans critique des écrits soviétiques de la même époque ou la victoire est clairement le fait d'un parti communiste merveilleux et d'une idéologie infaillible ou bien, ce que l'on a aussi tendance à faire en France, à glorifier la résistance, vraie ou supposée pour oublier la période noire de Vichy, de Gaulle en premier d'ailleurs.
Par contre et fort heureusement, on sait être critique envers des écrits d'origine soviétique mais on n'a pas la même droiture quand il s'agit d'écrits de Guderian, Rudel, Mellenthin ou d'autres et encore moins vis à vis des Waffen SS qui, on le veuille ou non, aussi bons combattants fussent-ils se sont très (trop) souvent rendus coupables de crimes et de guerre et contre l'humanité et que l'on continue à avoir tendance à excuser trop facilement. Il ne faut pas oublier qu'ils représentaient tout de même le bras armée du régime. C'est comme dire que le NKVD coupable de massacres affreux en URSS mais aussi dans tous les pays limitrophes, en Pologne et en Roumanie en particulier, a formé des unités combattantes de très grande valeur comme la 70e Armée et que donc nous devrions nous concentrer sur leurs "exploits" militaires. Malheureusement l'une n'empêche pas l'autre et surtout dans un cas comme dans l'autre ils représentaient le bras armé de régimes totalitaires et inhumains.

Par contre, ce forum nous permet effectivement d'essayer d'être historiques, autant que possible bien sûr, et tant que nous saurons discuter rien n'est perdu cheers

Cordialement
Mathias

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vania
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Mer 7 Déc - 11:25

[quotedes Waffen SS qui, on le veuille ou non, aussi bons combattants fussent-ils][/quote]
Certaines unités de la wehrmacht étaient aussi "efficaces" niveau combat que les PZ S.S., mais moins mises en avant pour raisons politiques.
1ère et 5ème PZ sur le Front de l'Est, PZ Lehr et 11ème PZ en Europe occidentale etc..., étaient de non moins redoutables unités.
Les scores et résultats sur le terrain des divisions S.S. sont dus au fait que ces unités étaient prioritaires dans les allocations de matériels et d'effectifs, et mises à contribution sur tous les points chauds...
Autre raison, le soutien aérien: exemple, l'importante percée du SS PZ Korps à Koursk est aussi due à l'exceptionnelle couverture aérienne dont il a bénéficié...
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matasso
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Mer 7 Déc - 22:46

Bonsoir,

On parlait "attrait" vis à vis de la SS et non pas efficacité réelle ou supposée car il est vrai que certaines unités de la Wehrmacht ont eu un bilan souvent plus glorieux que les Waffen SS. Comme tu dis les 1 et 5. Panzer, on pourrait aussi citer la Gross Deutschland, les unités de gebirgsjager en général, etc...
La question se posait sur la publicité qui leur a été et qui est encore faite. Du temps de la guerre parce que Hitler et Himmler rêvaient de transformer la Wehrmacht en une gigantesque Waffen SS et après parce que l'on a bien voulu glorifier les faits d'armes pour faire oublier le reste.
Après, au cours de la guerre comme maintenant une unité composée de volontaires aura tendance à être plus capable que des unités de conscrits, c'est une evidence aussi vieille que la première guerre entre des hommes pendant la préhistoire. Des paras, des troupes spéciales, des sous-mariniers, des chasseurs de montagne ou avant des unités de gardes, ont toujours été meilleurs que la biffe classique dans toutes les armées, l'esprit de corps est autre, l'entrainement, etc... les rendront plus performantes sur le champ de bataille.
La SS était par principe une unité de volontaires. Là ou je ne suis pas d'accord avec toi Vania c'est le matériel. C'est un peu un mythe la sur dotation des SS. Suffit de voir les 9. et 10. Panzer SS en Normandie ou la 7. Prinz Eugen ou même le matériel hors chars des Hitlerjugend et autres divisions SS pour s'en apercevoir. En Normandie, par exemple aucune division, SS ou pas, n'égale ni de près ni de loin la dotation de la Panzerlehr ou même de la 2. Panzer Division. Ce qui est vrai c'est que la SS avait toujours plus d'hommes que la Wehrmacht. Des régiments de Panzergrenadiers et infanterie à 3 bataillons au lieu de 2, plus de compagnies d'appui régimentaire, etc... donc plus de combattants et oui logiquement plus de punch.

Ce qui est en cause, à mon avis, c'est plutôt cettte envie depuis des décennies de glorifier les combattants "sans peur" des Waffen SS et même aussi de la Wehrmacht (Il ne faut pas oublier que les crimes de guerre n'ont pas été l'exclusivité des SS) pour faire oublier justement ces tâches plus sombres et cela consciemment à commencer par les mémorialistes allemands qui s'en sont donné à cœur joie dans ce sens. C'est bien pour cette raison qu'encore aujourd'hui la lecture du front de l'Est se fait à travers des grosses lunettes germaniques et pas seulement vis à vis de l'ennemi soviétique. La contribution roumaine, très grande et souvent utile et efficace est oubliée ou réduite à une débandade devant Stalingrad, la présence au front de centaines de milliers de hongrois jusqu'en Mai 45 est passée comme une anecdote et ainsi de suite. Il ne reste que les allemands et dans ceux-là aussi les "dieux de la guerre": La Waffen SS, certaines unités de panzer et c'est à peu près tout. Qui se préoccupe aujourd'hui de savoir que l'une des meilleures unités allemandes sinon la meilleure dans les Ardennes en 44 a été la 26. Volksgrenadier Division par exemple?

C'est cela que je reproche à ces messieurs de la presse "spécialisée", un biais conscient et malhonnête cachée sous "l'obligation de satisfaire les lecteurs."

Cordialement,
Mathias
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Jeu 8 Déc - 10:47

Citation :
Là ou je ne suis pas d'accord avec toi Vania c'est le matériel. C'est un peu un mythe la sur dotation des SS. Suffit de voir les 9. et 10. Panzer SS en Normandie ou la 7. Prinz Eugen ou même le matériel hors chars des Hitlerjugend et autres divisions SS pour s'en apercevoir. En Normandie, par exemple aucune division, SS ou pas, n'égale ni de près ni de loin la dotation de la Panzerlehr ou même de la 2. Panzer Division.
Si on parle de la Normandie, à cette époque c'est normal, tout est dans l"urgence.
les 9ème et 10ème S.S. reviennent tout juste de Galicie où elles ont été jetées pour contrer les soviets, un bataillon de chars de la Frunsberg étant encore en formation à Mailly le camp.
La 1ère S.S. également se recomplète lentement après les combats de l'hiver et du printemps.
La Hitlerjugend a pratiquement tous ses engins blindés, 20000 personnels, et perçoit petit à petit des camions nationaux en remplacement de ses matériels italiens.
Je parlais plutôt de l'année 43 qui voit la montée en puissance de la Waffen S.S.
La contre-offensive de Kharkov, février / mars, ainsi que la bataille de Koursk voient le S.S. PZ Korps généreusement doté tant en matos qu'en effectifs, ce qui est loin d'être le cas pour la plupart des unités de la Heer...
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Gus Kruk
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Jeu 8 Déc - 11:32


On a surtout vu ça pour l'opération citadelle, mais après, l'industrie allemande n'a plus jamais réussi à suivre et à amortir le poids des pertes.. La logistique aussi a eu de la peine, et cela même si les lignes de ravitaillements se rétrécissaient.
L'Italie mobilisait aussi beaucoup de troupes et de matériel et là-bas aussi, les pertes étaient lourdes.
Je pense que la 12. SS Panzer Division "Hitlerjugend" est un exemple à part, du fait que ces gamins étaient complètement fanatisés et pouvaient être instrumentalisés à volonté.
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MessageSujet: Re: La contre-attaque de Lauban (2012)   Jeu 8 Déc - 22:06

Bonsoir,

En 43 oui, il y a clairement la volonté politique de faire monter la Waffen SS en puissance, je suis d'accord. Qui plus est, après Stalingrad, Hitler est encore plus persuadé du manque de ferveur national-socialiste de la Wehrmacht et pense le compenser par une augmentation exponentielle des ses SS dévoués corps et âmes.
C'est d'ailleurs cet accroissement des unités qui au final diluent leur capacité combative car les 1. , 2. et 3. finissent par donner des cadres à toutes les autres au prix clairement d'une valeur moindre. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Geyr von Schweppenburg dans son rapport de niveau des unités blindés en France avant le débarquement note aussi bien la Leibstandarte que la Das Reich comme des unités de valeur combative très moyenne.

Bien cordialement,
Mathias
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