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 La tragédie du Struma (2012)

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naga
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MessageSujet: La tragédie du Struma (2012)   Mar 26 Juin - 1:18


Le port roumain de Constanza, sur la Mer Noire, était un lieu d’embarquement important pour les Juifs qui tentaient de quitter l’Europe pour la Palestine. Des milliers de Juifs, cherchant désespérément à échapper aux Allemands, se rendirent en bateau de Constanza en Palestine en passant par la Turquie, malgré les restrictions britanniques à l’immigration.





Le 12 décembre 1941, le Struma quitte le port roumain de Constanta pour Istanbul. Le moteur tombe plusieurs fois en panne, le navire doit retourner à Constanta, repartir, et le voyage de 176 milles marins, qui normalement dure 14 heures, dura 4 jours. Le 16 décembre, le Struma arrive dans le port turc de Büyükdere, au nord du Bosphore, mais les autorités turques interdisent tout débarquement, à l'exception de 8 passagers qui avaient déjà des visas britanniques pour la Palestine, obtenus à Bucarest, et d'une femme sur le point d'accoucher. Puis le Struma est mise en quarantaine. En dehors des soldats turcs devant garder le bateau, seules trois personnes seront autorisées à monter à bord : Simon Brod et Rifat Karako, personnalités de la communauté juive d’Istanbul, et N.G. "Dan" Malioğlu, représentant du Service maritime roumain à Istanbul (et membre de l'"Étoile du Danube"). Mais même ces personnes durent attendre dix jours pour être autorisés à distribuer aux passagers la nourriture chaude, achetée par elles grâce aux 10 000 dollars envoyés par le Comité juif américain au grand rabbinat d’Istanbul.


Avec l'aide de la Croix-Rouge, Brod, Karako et Malioğlu ravitaillent les passagers et tentent d'obtenir une solution, démarchant les pays neutres, les Soviétiques et les Britanniques, mais les conditions de vie à bord se détériorent. Il y avait parmi les passagers des médecins, et Malioğlu a pu leur fournir certains médicaments. Le 10 janvier, le capitaine Garabetenko envoie une lettre alarmée aux autorités turques et à l'ambassade britannique, et le 19 janvier, l'Agence juive demande aux autorités mandataires britanniques d'accepter les réfugiés. Après soixante-trois jours d’une terrible attente, le 13 février, Moshe Shertok obtient des Britanniques l'octroi de 28 titres de voyage pour les enfants âgés de 11 à 16 ans. Mais les autorités turques refusèrent de lever la quarantaine.






Mais les autorités turques refusèrent de lever la quarantaine.

Mis au courant de ce refus, les passagers du Struma pendirent des deux côtés du bateau de grands draps où étaient écrits (en grandes lettres et en français) “Immigrants juifs”. Ils hissèrent également un drapeau blanc sur lequel était écrit : “Sauvez-nous”. Le 23 février, environ 200 policiers maritimes turcs encadrèrent le Struma, menaçant de tirer sur quiconque tenterait de se jeter à l'eau, et arrachèrent les draps. Les autorités portuaires ordonnent au navire d'appareiller, mais après que les mécaniciens eurent saboté la machine de manière à rendre ses pannes irréparables, la marine turque remorqua le Struma en Mer Noire .





Le 24 février 1942, à 2 heures du matin, il fut coulé par un sous-marin soviétique. Lorsque des canots de sauvetage arrivèrent sur le lieu du naufrage, il ne restait plus des passagers que quatre corps qui flottaient. David Stoliar, un jeune homme âgé alors de 19 ans, fut le seul survivant de cette tragédie. Après avoir reçu des soins dans un hôpital militaire turc, Stoliar fut emprisonné dans une cellule de la direction de la police turque à Istanbul et interrogé pendant deux semaines. Lorsqu’il demanda ce qu’on lui reprochait, on lui répondit qu’il était “entré en Turquie sans visa”. Il fut finalement remis en liberté et Simon Brod, qui l’avait accueilli, lui expliqua que c’était un miracle d’avoir survécu à ce naufrage, mais qu’en réalité le véritable miracle, c’était qu’il soit ressorti vivant des griffes des autorités officielles turques alors qu’il était l’unique témoin de ce drame..

Le gouvernement turc ne s’exprima qu’une seule fois sur la tragédie du Struma et ce fut pour dire que la Turquie n’avait “aucune responsabilité dans cette catastrophe” et que la seule chose qu’elle avait faite avait été d’“empêcher des individus de pénétrer illégalement sur son territoire”

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naga
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MessageSujet: Re: La tragédie du Struma (2012)   Mar 26 Juin - 1:28

Un autre article plus detaille sur le sujet.


Un bateau bulgare parti de Roumanie, rempli de réfugiés juifs, le Struma, torpillé par un sous-marin en pleine seconde guerre mondiale, voilà qui est déjà assez intriguant et plutôt resté méconnu à vrai dire. Il y a eu ce jour funeste 769 victimes, toutes juives, et un seul survivant, un garçon de 19 ans, David Stoliar, tombé en mer de son poste de vigie. C'est sans conteste une des plus grandes catastrophes maritimes au cours de la Seconde Guerre mondiale : or, on à longtemps pensé qu'il s'agissait d'un acte délibéré des nazis. Dès 1964, un historien découvre en dépouillant des archives soviétiques l'auteur réel du méfait : un sous-marin, mais.... russe, le ShCh-213, de la classe Schuka, coulé un mois après avoir heurté une mine, selon les autorités. Son épave sera localisée en 2008 seulement. Et ne sera "certifiée" comme étant bien le SC-213, que deux ans plus tard, avec des plongées supplémentaires de vérifications dans un environnement hostile, l'eau a cet endroit étant particulièrement opaque. Le 24 février 1942, il ne peut y avoir de sous-marin allemand dans le secteur.

Ce jour-là, donc, dans la matinée du 24 Février 1942, une énorme explosion retentit à bord du cargo grec Struma arborant pavillon panaméen : à bord étaient montés 769 juifs, dont 269 femmes et 103 enfants, qui souhaitaient ainsi fuir les menaces et représailles d'un des pires groupes fascistes européens, ceux de la Garde de Fer Roumaine. La seule organisation fasciste résolument... chrétienne, qui persécutait donc des juifs, voilà qui est à noter.

Le bateau coulé, annoncé comme "neuf" était une vieille coque de noix rouillée, dont le moteur repêché provenait d'un navire déjà coulé. Parti en direction d'Istanbul sans aucuns visas, les expatriés espéraient bien rejoindre la Palestine, mais les autorités turques ne l'entendaient pas ainsi : ils retinrent le navire pendant près de 10 semaines (71 jours exactement), laissant les occupants affamés. Ils seront nourris par une organisation juive turque, du nom de Simon Brod, qui travaillait avec le Red Crescent et d'autres juifs installés à Istanbul. Plus personne ne voulait d'eux, en quelque sorte (nous sommes en février 1942, et en Allemagne, au même moment à la Conférence de Wannsee (Berlin) : les Nazis avaient réglé les derniers détails de la solution finale sous la direction de Reinhard Heydrich). C'était donc pour eux soit tenter Haïfa, et se faire refouler par les anglais, ou repartir vers la Mer Noire en remorque, leur moteur étant sur le point de rendre l'âme. Les autorités turques tranchèrent, en remorquant à 10 miles le vieux rafiot, en traversant à nouveau le Bosphore, sans aucune provision à bord. Le lendemain, le navire explosait, tuant tous ses occupants, sauf un rescapé, comme on l'a déjà précisé.





On va longtemps penser à un accident, ou à une rencontre avec une mine, mais on découvrira dans les années soixante seulement, en fouillant les archives soviétiques, que le navire avait été très certainement torpillé par un sous-marin soviétique, le SC-213, de la classe Shchuka : ordre (secret) avait en effet été donné de ne laisser passer aucun bateau pour ravitailler l'Allemagne nazie. Il y aura un seul survivant, un homme de 19 ans, nommé David Stoliar, provenant de Bessarabie, qui a été retrouvé accroché à l'épave, sauvé par l'équipage d'un canot à rames envoyé à partir d'une des tours de guet disposée le long de la côte turque, 24 heures après le naufrage. Stoliar sera emprisonné en Turquie pendant six semaines, puis relâché et admis en définitive en Palestine. Il rejoindra plus tard le Japon puis les États-Unis. Harold Mac Michael, haut commissionnaire anglais pour la Palestine, devint alors la cible des activistes juifs, très virulents, qui l'accusèrent d'avoir provoqué la catastrophe en refusant l'entrée à Haïfa du Struma. Or c'était la deuxième catastrophe après celle du Patria, un paquebot (saisi aux français par les anglais) de 12 000 tonnes, lui aussi porteur de 1800 réfugiés déporté par les anglais vers l'ïle Maurice. Et là c'était la Haganah, mouvement extrémiste juif, qui pour empêcher son départ, avait résolu de mettre une bombe sur ses flancs : l'explosion, mal calculée et beaucoup trop violente, avait tué 260 personnes et en avait blessé 172. Le responsable de la momumentale erreur étant Yitzhak Sadeh, fondateur de la branche armée de la Haganah, le Palmach, né dans l'Empire russe sous le nom d'Isaac Landsberg


La veille du drame, le sous-marin russe s'en était déjà pris au voilier turc Çankaya et l'avait également coulé, aux mêmes motifs que pour le Struma. Mais tout cela était tombé dans l'oubli, depuis. C'est un club de plongée d'origine néerlandaise installé au port de Constanta, habitué à visiter de nombreuses épaves dans le secteur, qui va faire la découverte en 2008 et la confirmer seulement en septembre 2010 : avec à sa tête Harry Bakker, qui déclare que "Le problème est que la coque est entièrement couverte d'algues et de coraux. Nous avons dû faire plusieurs plongées pour nettoyer la coque, puis nous avons commencé à découvrir des éléments qui nous ont permis d'identifier le sous-marin. " Et effectivement, ils étaient bien tombés sur l'épave du sous-marin, porté disparu peu de temps après l'explosion du Struma (le 14 octobre 1942, officiellement) . Le modèle avait sinistre réputation, puisque près de 70% des 200 engins construits a fini par couler tout seul, sans même être attaqué. Avait-il été victime d'un sous-marin allemand ou avait-il heurté une mine ? Pour l'instant, on reste sur l'hypothèse de la mine : car s'il y a bien eu des sous-marins allemands dans le secteur, ils ne sont apparus qu'en mai 1942, soit plus de deux mois après la catastrophe, et par un bien étrange parcours. A se demander comment on avait réussi à accuser les allemands !


Le SC-213 russe




Car si l'on trouve bien des vestiges d'U-Boot en Mer Noire, c'est en raison d'un autre étrange épisode de l'histoire. En mai 1942, six U-boot sont effectivement venus par.... les deux grands fleuves européens, portés par des barges : partis de la Baltique et de Kiel, ils avaient remonté l'Elbe, puis avaient fait Dresde-Ingolstadt... par la route, partiellement démontés, pour rejoindre le Danube et arriver à Constanta : trois ont été depuis retrouvés depuis, l'U19, l'U20 et l'U23. Tous sabordés par leur propre équipage en 1944, quand la Roumanie s'est retournée contre le Reich. Des sous-marins retrouvés par un autre plongeur, turc cette foi, Selçuk Kolay, qui avait révélé leur présence en février 2008 seulement lors d'une conférence en Angleterre. Pour retrouver l'emplacement, le plongeur avait fait appel à Rudolf Arendt, 85 ans, l'ancien capitaine de l'U-23, qui lui avait décrit l'endroit où il pensait avoir sabordé son sous-marin. L'homme avait gardé un excellent souvenir de la côte devant laquelle il avait fait couler son submersible.


sources :

http://www.ushmm.org/wlc/en/article...

le site propose un déchirant témoignage, celui du seul survivant, ici :
http://www.ushmm.org/wlc/en/gallery...



Memorial a Ashdod




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