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 Frontstalag 325 Rawa Ruska (2012)

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naga
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MessageSujet: Frontstalag 325 Rawa Ruska (2012)   Ven 13 Juil - 14:22


Ni KZ, ni camp d'extermination,
Rawa-Ruska est un camp de représailles pour prisonniers de guerre évadés.


Les conditions de vie des détenus de Rawa-Ruska n'ont rien de commun avec celles des prisonniers de guerre. Elles se rapprochent de celles existant dans certains KZ. Mais les pertes humaines ne sont pas comparables. Plusieurs milliers de Français y seront emprisonnés. Pour les nazis, la désignation officielle de Rawa-Ruska est " Frontstalag 325 ".


HISTORIQUE

Rawa-Ruska est une petite localité située au nord-ouest de Lvov (Lemberg), dans la Galicie, province de l'Ukraine. La région, donnée à la Pologne par le traité de Riga de 1921, a été annexée par l'URSS conformément au traité germano-soviétique du 28 septembre 1939. Après l'attaque de la Wehrmacht contre l'URSS, la région est rattachée au Gouvernement général (dans lequel seront construits les camps d'extermination de Belzec, Maïdanek, Treblinka et Sobibor).


Le climat est continental. Les étés sont très chauds et les hivers très froids (moins 30 degrés) et très longs (plus de cinq mois). Le site est fait de marécages et de tourbières. En 1939, la population de Rawa-Ruska s'élève à 20 000 habitants. Dès juin 1941, la Wehrmacht implante dans cette zone nouvellement conquise des camps pour les prisonniers de guerre soviétiques: ceux de la série 300. L'URSS n'ayant pas adhéré à la Convention de Genève, la Croix-Rouge n'est pas autorisée à visiter ces camps. Les nazis, sûrs de l'impunité, infligent un traitement terrible aux détenus. Si bien que les pertes sont effroyables: 35 000 morts au camp 336, 30 000 au 350, 124 000 au 340. Le camp 325 a reçu, pour sa part, 20 000 à 24 000 prisonniers russes. Quand les premiers Français y arrivent en avril 1942, ils ne trouvent que 400 survivants.





LE CAMP 325

Le 12 novembre 1965, le président des anciens de Rawa-Ruska M. Albert Guerlain, a remis aux autorités un mémoire en vue de la reconnaissance de la qualité de " déportés résistant " à ceux qui avaient été détenus dans ce camp. Ce document officiel apporte des précisions sur le camp et sur le sort des Français incarcérés. Voici sa description du camp:

« Le camp était constitué par des Blocks, des écuries et des baraques sommaires... Il s'agissait d'une ancienne caserne de cavalerie russe en cours de construction.
Les Blocks, au nombre de quatre, étaient en maçonnerie. Deux d'entre eux étaient inachevés et dépourvus de fermeture (portes, fenêtres). L'un des deux autres Blocks abritait les services généraux du camp; quant au quatrième, constitué par de grandes pièces vides de tout mobilier, il était appelé " infirmerie " quelque temps après l'arrivée des premiers convois.
La plus grande partie des détenus étaient logés ou plutôt entassés dans les écuries (au nombre de six), constructions en bois sur petit soubassement en briques et dans les baraquements.
Aucun des bâtiments n'était pourvu d'eau, de lumière, de chauffage, de latrines. Seuls le bâtiment des services généraux (un des Blocks), la cuisine (installée au milieu du camp) et l'infirmerie bénéficiaient de l'électricité: la lumière était cependant supprimée dans la soirée à l'infirmerie.
Il n'y avait ni paillasse, ni paille, ni couverture. Les hommes couchaient à même le sol ou sur des bat-flanc à trois ou quatre étages entre lesquels ils pouvaient à peine se tenir assis.
Les latrines étaient constituées par de grandes fosses à ciel ouvert. Les jours de pluie, ou à la fonte des neiges, la cour n'était qu'un vaste bourbier. »






Une affiche placardée dans tous les stalags le 21 mars 1942 précise ceux qui iront rejoindre le camp disciplinaire de Rawa-Ruska:

« Tous les prisonniers français et belges évadés et repris depuis le 11 avril 1942 ; tous les prisonniers français et belges refusant de travailler; les prisonniers français et belges particulièrement soupçonnés de préparer une évasion; les sous-officiers qui, jusque-là volontaires, refusent de travailler, doivent compter sur un départ vers l'est; aucun égard pour la profession ne sera pris pour le travail effectué à l'est; toute tâche devra être exécutée . »

Le 13 avril 1942 arrive à Rawa-Ruska le premier convoi de Français. Ils sont 2 000. D'autres suivront rapidement.
Le mémoire décrit les conditions des transferts de ces prisonniers

« Le voyage s'effectuait dans les mêmes conditions: six à sept jours et nuits (ou plus) dans des wagons à bestiaux verrouillés, sans paille, sans couverture, avec 50, 60, 70 ou 80 personnes (quelquefois) par wagon. En cours de transfert, il n'était distribué qu'une ou deux soupes innommables, d'un volume d'environ un quart à un demi-litre, servies dans des récipients de fortune (vieilles boîtes de conserve rouillées) fournis par les convoyeurs à qui il fallait les rendre, et que les hommes se repassaient entre eux car ils étaient en nombre insuffisant. Bien souvent, les hommes ne pouvaient faire leurs besoins que dans un coin du wagon. Il arrivait qu'en raison du grand nombre de personnes, certaines ne pouvaient que se soulager sur place. »


LA VIE QUOTIDIENNE

Elle est décrite dans le mémoire.

L'habillement

« Presque tous les hommes avaient les pieds nus dans des sabots ou des claquettes en bois, et étaient vêtus de haillons. Ils n'avaient aucun récipient pour manger et boire, aucun ustensile pour se servir, aucune cuillère, aucun couteau, aucun rasoir, aucun nécessaire de toilette. Tous ces objets avaient été confisqués lors des fouilles effectuées avant le transfert à Rawa-Ruska. On avait affublé les déportés des plus mauvais uniformes dépareillés de l'armée française; plusieurs portaient aussi des vieux uniformes étrangers. Très nombreux étaient ceux qui n'avaient même plus de chemise, ni de sous-vêtement. Sur les uniformes français, il avait été peint une marque dans le dos, souvent un triangle ou un disque de même couleur. »

La nourriture

« Il y eut jusqu'à 12 à 15 000 détenus en même temps dans le camp, et il n'y eut toujours qu'un seul robinet d'eau. Encore faut-il souligner que celle-ci était polluée en raison de la présence de charniers dans le voisinage immédiat du camp. L'eau provenait par pompage, et sans filtrage, d'une rivière voisine charriant souvent de nombreux immondices. Il fallait faire la queue pendant plusieurs heures pour obtenir une ration d'eau qui excédait rarement un litre par homme pour la boisson et la toilette.
La quantité d'aliments distribuée était nettement insuffisante et d'une qualité déplorable. Une soupe par jour constituée par du liquide dans lequel on remarquait un peu de millet, des fanes de choux, et quelquefois pour changer des cosses de pois. De temps en temps, il y avait une distribution de margarine, ou graisse synthétique, de marmelade (constituée par des tourteaux). Le pain ? Sa distribution était bien irrégulière en raison des mauvais arrivages. Très souvent, la boule pesant 1 kilogramme était à partager entre trente ou trente-cinq détenus. Il est arrivé de rester deux ou trois jours sans en avoir. Une tisane était servie matin et soir. Elle était à base de décoction de feuilles ou de bourgeons de sapin. La quantité réservée à chaque homme était d'environ un quart à un demi-litre. Il y eut quelquefois de la pomme de terre dans la soupe. Les Allemands eux-mêmes estimaient que théoriquement la ration journalière n'atteignait pas 1 200 calories. »

Le travail

« Les détenus étaient envoyés au travail, soit en corvées extérieures, ou en kommandos (exploitation de carrière, tourbière, travaux forestiers) où ils étaient mêlés aux kommandos de juifs, sous la surveillance de SS ou de mercenaires ukrainiens ou mongols de l'armée Vlassov. Le travail se faisait sous la contrainte, accompagné de coups de bâton, de coups de crosse, sous la menace de la baïonnette.
Le nombre des déportés arrivant au camp de Rawa-Ruska augmentant, des kommandos ont été créés, certains très loin vers l'est. L'effectif des kommandos variait de 50 à 500 détenus. Ces kommandos étaient installés de façon précaire et pour la plupart pire qu'au camp même. Certains se trouvaient dans des citadelles, sous un régime très dur. »






Les exactions

« Des brimades quotidiennes étaient imposées aux détenus qui, toujours pieds nus dans les sabots, devaient courir, sauter, se coucher, ramper en portant souvent des charges (poutres, pierres, etc.). Et ce par n'importe quel temps. Des rassemblements étaient ordonnés à n'importe quelle heure, le jour et la nuit, et duraient de nombreuses heures. Il y avait aussi d'interminables fouilles. De plus sévissaient les exactions de toutes natures: appels, fouilles interminables à n'importe quelle heure, par n'importe quel temps. »

L'état sanitaire

« Au camp de Rawa-Ruska avait été créée, après l'arrivée des premiers convois, et devant l'augmentation incessante du nombre des malades, une infirmerie.
Le personnel du service médical, composé de détenus au même titre que tous, ne disposait pas des médicaments indispensables pour soigner les malades. Quelques suppléments de soupe, obtenus à force de patience et de persuasion, pouvaient seuls être distribués aux plus faibles. Avitaminose, cachexie, décalcification, dysenterie bacillaire, gastro-entérite, typhus, maladies pulmonaires, rhumatismes, névralgies et bien d'autres maladies non décelées et susceptibles de détruire des êtres sous-alimentés furent le lot de ces hommes.
Les détenus perdirent tous de 15 à 20 kilogrammes au cours des premiers mois de leur détention. »

Le moral

Les prisonniers de Rawa-Ruska peuvent écrire, mais moins souvent que dans les stalags. Ils reçoivent quelques rares colis... préalablement visités et pillés. Ils ne reçoivent aucune solde. Pour maintenir leur moral, ils organisent quelques distractions, surtout des conférences.
Des évasions sont signalées dans le mémoire:

« Il y eut de nombreuses tentatives d'évasion. Si quelques-uns ont pu réussir, ceux qui ont été repris ont fait l'objet de graves sévices allant jusqu'à la mort. De nombreux camarades ont été abattus au moment de leur évasion. Si certains évadés ont pu réussir à rejoindre la résistance polonaise ou les partisans russes, si d'autres ont pu arriver en Hongrie ou en Roumanie pour rejoindre ensuite les armées françaises libres, beaucoup ont disparu sans laisser de trace... Ces évasions ne pouvaient avoir lieu qu'à l'occasion de corvées, de travail en kommando, en profitant de la moindre inattention d'une sentinelle. »

En dépit de la dureté de leur condition et de la brutalité des gardiens, l'esprit de résistance a continué à animer ces prisonniers. C'est ainsi que le mémoire signale que ces hommes en haillons et en sabots ont organisé un défilé dans le camp à l'occasion de la fête nationale, le 14 juillet 1942. Ce qui leur valut de nouvelles brimades.

Conclusion

Sans pouvoir être comparé aux camps de concentration et encore moins aux camps d'extermination, le camp de représailles de Rawa-Ruska a infligé aux prisonniers de guerre et aux insoumis des conditions de vie extrêmement pénibles. Situé à plus de 1 200 kilomètres de la France, et bien que déclaré en mars 1942 au Comité international de la Croix-Rouge, il était implanté dans une région exclue du champ d'application de la Convention de Genève, ce qui permettait tous les abus. Là ont souffert 20 à 25 000 Français d'après le mémoire, 23 000 d'après l'article d'Historia. Les pertes ont été sévères. En outre, bon nombre d'entre eux devaient trouver la mort dans les mois qui suivirent leur rapatriement du fait du délabrement de leur santé. 14 % survivent aujourd'hui.
Le caractère terrible de leur détention est symbolisé par le fait qu'il n'existait qu'un seul robinet d'eau pour les 12 à 15 000 hommes du camp. La radio de Londres, la BBC, devait dénoncer cette barbarie en surnommant Rawa-Ruska " le Camp de la goutte d'eau ".


Memorial




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naga
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MessageSujet: Re: Frontstalag 325 Rawa Ruska (2012)   Ven 13 Juil - 14:34


Raisons qui motivèrent la décision de transférer des prisonniers de guerre français à Rawa-Ruska


Il convient de se remémorer la déclaration faite par le Général de Gaulle, le 28 juin 1940, annonçant la formation d'une force française terrestre, aérienne et navale, concourant d'abord à toute résistance française où que ce soit, dans l'Empire Français. Tous les militaires français de terre, de mer et de l'air étaient invités à s'y joindre, tous les jeunes gens et tous les hommes en âge de porter les armes étaient invités à s'y enrôler.

Cet appel soulignait encore que "tous les officiers, soldats, marins, aviateurs, français où qu'ils se trouvent, ont le devoir de résister à l'ennemi".

Répondant à l'Appel du Général de Gaulle, Chef de la France Libre, parvenu jusque dans les stalags et kommandos, informés enfin d'une lutte entreprise par des mouvements de Résistance, de nombreux prisonniers de guerre français s'évadèrent. Ils n'hésitèrent pas à prendre des risques sur le territoire même de l'ennemi.

En mars 1942, un avis était apposé dans les stalags, d'après lequel, et suivant un ordre de l'O.K.W. de Berlin, en date du 21 mars 1942, des mesures étaient prises contre les prisonniers français et belges évadés récidivistes et coupables de sabotages ou de refus de travail réitérés.

"Ces prisonniers seront transférés dans le Gouvernement Général, à Rawa-Ruska, au nord-ouest de Lemberg.

Malgré cette menace, des prisonniers de guerre français n'hésitèrent pas : ils récidivèrent dans l'évasion, le refus de travail, s'exposant délibérément à la déportation à Rawa-Ruska.

Les tièdes s'abstinrent. Les seuls désirant reprendre le combat s'acharnèrent. Sur plus de 1 500 000 prisonniers de guerre français qui furent internés en Allemagne, 24 à 25 000 furent dirigés sur Rawa-Ruska et ses sous-camps.

Rawa-Ruska, camp 325, retenu par l'ennemi pour son extrême éloignement de la France, l'était aussi par le fait qu'il était situé sur un territoire soustrait aux garanties de la Convention de Genève.


Le camp de Rawa-Ruska était situé dans une vaste zone d'extermination, à 19 kilomètres de Belzec, à proximité de Lublin-Majdanek, Tréblinka, Sobibor, Chelmno, etc. (en Pologne) et les camps d'extermination implantés sur le territoire russe.

Les S.S. et leurs acolytes S.S. ukrainiens pouvaient se livrer à toutes les exactions, et ne manquaient pas d'en abuser (cf. comptes rendus des différents procès des criminels de guerre).

Le Général Rudenko a déclaré au procès de Nuremberg, que les troupes russes furent horrifiées lorsqu'elles délivrèrent cette contrée en remarquant avec quelle cruauté, quel sadisme, les S.S. avaient agi contre des êtres humains.

Le Colonel Pokrovski (Procureur Général soviétique au Tribunal de Nuremberg) a prouvé :

- "qu'à Rawa-Ruska, les hitlériens avaient organisé un camp où furent détenus et où périrent un grand nombre de prisonniers soviétiques et français, qui moururent de maladies contagieuses" ;

- "nous avons le témoignage des bestialités innombrables et des outrages de toute nature que devaient subir les prisonniers de guerre à Rawa-Ruska" ;

- "le Ministère public soviétique dispose d'une quantité importante de documents qui accusent les envahisseurs hitlériens d'innombrables autres crimes contre les prisonniers de guerre dans la région de Lwow. Nous y avons trouvé des fosses contenant des cadavres de prisonniers de guerre belges, français et russes".

D'autre part, il y aurait lieu également de se référer à des extraits parus dans les "Cahiers de Traits" (Edition des Trois Collines à Paris-Genève), numéro double 6/7 de juin-juillet 1945 et relatifs aux résultats d'enquêtes effectuées par une "Commission extraordinaire d'Etat pour l'investigation et la recherche des crimes commis par les envahisseurs germano-fascistes et leurs complices dans la région de Lwow (Lemberg) en Ukraine soviétique".

Il s'agit d'un document traduit du "Soviet War News Weekley" du 4 janvier 1945, dans lequel figurent de nombreux témoignages que n'a pu recueillir le Service international des recherches d'Arolsen n'ayant pu enquêter sur le territoire soviétique.

C'est la raison principale pour laquelle la visite du camp de Rawa-Ruska ayant été refusée à la Commission d'Arolsen, Rawa-Ruska n'a pas figuré sur la liste A 160 des Camps de déportation.

Il faut encore souligner que Rawa-Ruska, situé dans une région à climat continental, très froid et très long (5 mois de gel de - 20° à -30°), et très chaud l'été, est environné de marécages et de tourbières infestés de moustiques. Typhus, typhoïde, diphtérie, dysenterie bascillaire, diarrhée cholériforme, y régnaient de façon endémique.


source
Rawa-ruska.net

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MessageSujet: Re: Frontstalag 325 Rawa Ruska (2012)   Ven 13 Juil - 14:37


RAPPORT du 24-30 septembre 1944 - Ville de Rawa-Ruska


Composition de la Commission de District établie pour procéder à l'enquête sur les crimes des envahisseurs fascistes-allemands commis dans le district de Rawa-Ruska :



Président de la Commission : CAVRILENKO Maxime, fils de Sidor.

Secrétaire de la Commission : ROBOTA Halina, fille de Michel.

Membres de la Commission : SOKOLIAN Nestor, fils de Karp, MALYCHEW Paul, fils de Jacob, STEPANOW Michal, fils de Timothé.



avec la participation du Commandant KOUPRIACHKINE Thikhon, fils de Efim, l'instituteur STRAZENIK Ivan, fils de André, le Curé de l'Eglise catholique-romaine GRZEGOSZ, fils de Pierre KADULA, le Curé de l'Eglise catholique-romaine Jacob, fils de François INIARA, le premier substitut du Procureur de la Région de Lwow, KRZYZANOWKSKI P.Z., en présence de l'Adjoint du Président de la Commission Régionale des Députés du Soviet Suprême de l'Union Soviétique KOZYREW P.Z. et du représentant de la Commission Extraordinaire d'Etat KOUZMINE. Cette Commission a inspecté le camp allemand de la ville de Rawa-Ruska, les lieux conservés, où de paisibles citoyens ont été torturés de façon bestiale et fusillés. Elle a interrogé 42 personnes, témoins oculaires des atrocités hitlériennes perpétrées dans le district et la ville de Rawa-Ruska et elle a décidé que :

Les autorités fascistes-allemandes, aussitôt après l'invasion par les armées allemandes (le 27.6.1941) du territoire de Rawa-Ruska, sur l'ordre du gouvernement criminel hitlérien organisèrent l'extermination massive de groupes de la paisible population, qui les gênaient, ainsi que des prisonniers de guerre qui se trouvaient au camp (Stalag de Rawa-Ruska).

Au cours de l'enquête de la Commission de District aux environs de Rawa-Ruska, il a été découvert de grandes tombes collectives de cadavres enterrés dans les lieux suivants :

1. Au cimetière juif situé à environ 480 mètres du centre de la ville, dans 4 grandes fosses, où il a été enterré plus de 5 000 cadavres d'hommes, de femmes et d'enfants torturés et fusillés.

2. Dans la forêt de "Borowe", à environ 3 km du centre de la ville et à quelques 250 mètres de la forêt de Borowe dans une fosse d'une dimension de 13 x 8 mètres, il a été inhumé plus de 1 500 cadavres d'hommes, femmes et enfants.

3. A environ 1 000 mètres au sud du centre de la ville de Rawa-Ruska, à côté du cimetière juif, il a été inhumé plus de 4 000 cadavres.

4. A la lisière de la forêt de Wolkowice, situé à environ 2 km au sud de Rawa-Ruska, le cimetière français contient 23 tombes individuelles. Sur ces tombes des monuments en bois ont été édifiés, sous forme de croix, avec des inscriptions des noms et prénoms des prisonniers de guerre français inhumés. Cimetière d'une dimension de 35 x 15 mètres. [Lire ou revenir au commentaire sur ce point, en introduction à la Liste des militaires décédés à Rawa-Ruska]

5. Dans la forêt de Wolkowice, à environ 3 km au sud de la ville de Rawa-Ruska, à quelques 200 mètres de l'hôpital, au cimetière représenté par une fosse de 20 x 15 mètres, il a été enterré plus de 8 000 prisonniers de guerre soviétiques torturés et fusillés.

6. Dans la même forêt de Wolkowice, à environ 2 km au sud-est de la ville de Rawa-Ruska et à quelques 100 mètres de l'hôpital, il a été enterré plus de 7 000 cadavres de prisonniers de guerre torturés et fusillés.

7. Dans la forêt de Sedliska, près du village de Selysko, à 4 km de Rawa-Ruska :

a) A Woronka, dans un entonnoir d'obus, il a été enterré 5 cadavres.

b) Au quartier 53, dans une fosse de 1,5 x 1,5, d'une profondeur de 17 mètres, il a été enterré 50 cadavres humains.

c) Au quartier 52, dans une fosse d'une dimension de 5 x 7 mètres, d'une profondeur de 3,5 mètres, il a été enterré 350 cadavres humains.

d) Au quartier 51, dans une fosse d'une dimension de 15 x 10 mètres, d'une profondeur de 7 mètres, il a été enterré près de 7 000 cadavres d'hommes, femmes et enfants, fusillés.

e) Sur la route de "Jalynka", à environ 400 mètres, dans une fosse d'une dimension de 4 x 5 mètres, d'une profondeur de 2,5, il a été enterré 60 cadavres d'hommes et de femmes.

f) Sur la route de "Jalynka", à environ 450 mètres, dans une fosse d'une dimension de 6 x 8 mètres d'une profondeur de 3 mètres il a été enterré 80 cadavres humains.

g) Sur la même route, à 100 mètres, dans une fosse d'une dimension de 8 x 7 mètres, d'une profondeur de 4,5 mètres, il a été enterré 3 500 cadavres de personnes fusillées, hommes, femmes et enfants.

Au total, dans cette forêt, il a été enterré plus de 11 000 cadavres humains.

Par l'enquête, à laquelle il a été procédé, par la voie d'interrogatoires de témoins oculaires et l'examen des documents, la Commission de district a établi les faits suivants sur les crimes et atrocités fascistes-allemandes, commises dans le district de Rawa-Ruska.

I. EXTERMINATION DE MILITANTS SOVIETIQUES

Après l'invasion des armées allemandes-fascistes sur le territoire du district de Rawa-Ruska, les agents de la Gestapo et les gendarmes, sous la direction de bourreaux sanguinaires, du Chef de la Gestapo, l'Oberscharführer SS. STEIN et du Chef de la Gendarmerie, Commandant de la ville de Rawa-Ruska KLEIN, les bourreaux ont commencé à procéder à l'arrestation de militants soviétiques, qu'ils fusillaient sans aucun jugement et les cadavres des militants fusillés, ils les enfouissaient dans la forêt de Wolkowice. De cette manière, jusqu'à la fin de 1942, il a été supprimé 380 militants soviétiques et leurs biens ont été pillés. (Déposition des témoins : STIAGOZA Paulina, fille de Ivan, dt à Rawa-Ruska, Rue Mickiewicz N° 70, et TENCER Simon, fils de Pinkos, dt à Rawa-Ruska, Rue Typographia et autres).

2. LE "GHETTO" JUIF.

Les atrocités et les brigandages allemands-fascistes et la liquidation physique de la population juive du district de Rawa-Ruska, procédaient d'un plan prémédité à l'avance.

Les bourreaux fascistes de la ville de Rawa-Ruska, le Kreishauptmann HAGER, le Bourgmestre LASKI, les Commissaires aux Affaires juives STRUCHHOIZ et HOLZ ont organisé un comité juif, dans la ville, appelé "Juden-Rat", à l'aide duquel, ils traquaient la population juive, la taxaient, lui soutirant, de cette manière, tout son argent et des objets de valeurs.

A la moindre désobéissance ou dissimulation d'objets de valeurs, les coupables s'exposaient à être fusillés.

Dans le processus de ces exactions, les gendarmes, les policiers et la gestapo exerçaient leurs sévices sur des gens innocents et s'acharnaient sur eux.

Le témoin CWIKLA Piotr, fils de André, habitant de Rawa-Ruska, à ce sujet a déclaré :

"Les Allemands avaient organisé dans la ville un Comité juif, dit "Juden Rat". Les autorités allemandes rançonnaient les juifs tous les mois. Une de ces rançons était fixée à la somme de 2 millions de zlotys. Le "Juden Rat" recueillait l'argent et les objets de valeurs et les remettait au Commandement allemand de la ville".

Sur l'ordre du Kreishauptmann HAGER, dans les premiers jours du mois de septembre 1941, tous les juifs des villages environnants furent rassemblés dans la ville de Rawa-Ruska. Après avoir procédé à l'enregistrement de la population juive, les barbares fascistes allemands procédèrent à l'extermination de la paisible population.

Le 19 mars 1942, la gendarmerie et la police fasciste ukrainienne, sous la direction du Chef de la gendarmerie, de la ville, l'adjudant KLEIN procédèrent à une rafle (action) monstre, dans la ville. Au cours de la rafle on garda plus de 2 000 personnes, hommes, femmes et enfants, que les barbares allemands envoyèrent dans les "Usines de la mort", dans la ville de Belzec, à 20 km de Rawa-Ruska, en territoire polonais en vue d'extermination.

La seconde rafle (action) de la Gestapo, conjointement avec la police "Schupo" et la police ukrainienne, fut effectuée le 30 juillet 1942, sous la direction du chef de la Gestapo, l'Oberscharführer SPEIT. Au moment de la rafle, on arrêta et envoya à la ville de Belzec, à "l'Usine de la mort", plus de 2 000 personnes, hommes, femmes et enfants. Les biens des juifs détenus, étaient pillés par les bourreaux allemands-fascistes.

En été 1942, les autorités allemandes de la ville de Rawa-Ruska, organisèrent un camp juif, dit "GHETTO". Dans la partie centrale de la ville de l'édifice de la Poste à la Place du Marché on délimita quelques quartiers, où l'on proposa à tous les juifs des autres quartiers de la ville de s'installer. En même temps dans le même "Ghetto", on rassembla la population juive des villes : Nemirow, Uhnow, Magierow. De cette manière, on réunit plus de 18 000 personnes dans le Ghetto.

Les quartiers du "Ghetto" étaient entourés de fils barbelés et à partir de décembre 1942, le "Ghetto" était gardé par la police. L'entrée et la sortie du "Ghetto" étaient interdites. Les contrevenants à ce régime étaient fusillés sur place.

La population du "Ghetto" se trouvait dans des conditions effrayantes et pénibles. Les gens vivaient dans une exiguité incroyable, à raison de 20 familles dans une seule pièce, les produits alimentaires étaient inexistants. Tous les jours les gens mouraient d'épidémies, de maladies et principalement du thyphus.

Les exactions des Allemands-fascistes s'acharnaient d'une manière extraordinaire sur la population innocente, qui se trouvait au "Ghetto".

Les témoins oculaires des bestialités fascistes allemandes, habitants de la ville de Rawa-Ruska, KLAGER Moïse, fils de Juda et WEINFELD Abram, fils de Dawis ont raconté :

"En été 1942, le Chef de la Gestapo, l'oberscharführer SPEIT, alors Commandant du "Ghetto", fit conduire dans la rue Sobko, des jeunes femmes et des jeunes filles, là il les fit entièrement déshabiller, ensuite ils photographiaient les femmes et les jeunes filles nues dans différentes poses obscènes. Finalement, les fascistes fusillaient chacune de ces femmes et jeunes filles, en tirant dans les organes sexuels. Des scènes de ce genre, le bourreau SPEIT en organisait souvent et il a fait ainsi exterminer plusieurs centaines de jeunes femmes et de jeunes filles."

Le témoin WEINFELD Abram, fils de Dawid, a raconté encore que :

"En 1942, dans la ville de Rawa-Ruska, le gendarme MAERT, sous mes yeux fusillait les gens de la façon suivante : il plaçait cinq hommes l'un derrière l'autre et dans le but d'essayer la force de tir de son pistolet, il tirait dans le visage du premier. Quand il avait fusillé un groupe de cinq, le bourreau MAERT replaçait à nouveau cinq autres innocents".

La 3ème rafle qui a duré du 7 décembre au 10 janvier 1943, était le plus cruel des massacres sanguinaires. Au cours d'un mois, il a été exterminé plus de 14 000 personnes, hommes, femmes et enfants et sur ce nombre près de 2 000 personnes étaient envoyées dans la ville de Belzec, à l' "Usine de la mort", quant aux autres, elles étaient fusillées.

Pour procéder à ce massacre sanglant, de la ville de Lwow à la ville de Rawa-Ruska, étaient venus : l'Obersturmführer SS. HILDEBRAND, l'Obersturmführer SS. WIELHAUS (Commandant du Camp de Janow, à Lwow). Le Sturmführer ROKITA, qui avec six chefs fascistes SPEIT, KLEIN, HAGER, HOLZ, STRUCHHOLZ, LIASKI, GROMIKITA, et d'autres, pendant la durée d'un mois entier fusillaient la population juive et en définitive le "Ghetto" fut entièrement liquidé. A cette opération ont pris part environ 800 hommes de la police et de la gendarmerie.

Au cours de ce massacre les rues étaient jonchées de cadavres et le sang coulait à flots. Pour fusiller les gens, on les transportait principalement en auto dans la forêt de Sedliska, près Selysko, où il a été fusillé près de 10 000 personnes et au cimetière juif, où il a été fusillé environ 2 000 personnes et en outre à ce cimetière, il a été amené, pour être enterrés, environ 1 000 cadavres fusillés au "Ghetto".

Après la liquidation du "Ghetto", il a été placé au camp de "Rata" 630 personnes, qui ont été également fusillées au mois de mars 1943. En avril 1943, le camp de la ville de Mosty Wielkie, dans lequel se trouvaient plus de 1 200 personnes juives fut transféré dans la ville de Rawa-Ruska. Dans la nuit du 10.XI.1943, les bourreaux fascistes ont entouré le camp et ont transporté tous les gens, à "Borowe", au soviet rural politique, où ils ont tous été fusillés et les cadavres ont été enterrés dans une grande fosse.

En outre, il se trouvait près de 1 500 personnes juives au camp de Kamionka-Lipcyk, district de Rawa-Ruska. Les Allemands les ont également tous fusillées et ont enterré les cadavres dans des fosses dans la forêt de Sedliska, près Selysko.

Tout cela a été confirmé par l'interrogatoire de 20 personnes, témoins et témoins oculaires.

Au nombre des témoins oculaires interrogés, CWIKLA Piotr, fils d'André, a raconté :

"En 1943, au printemps, dans l'établissement de bains, où se trouvait le Commandant du "Ghetto", le Chef de la Gestapo SPEIT, la police ukrainienne a amené 3 juifs : WASSERMAN, GOBERMAN et une femme. WASSERMAN et GOBERMAN ont demandé à SPEIT de leur laisser la vie sauve. Le bourreau SPEIT, s'adressant à WASSERMAN, lui a dit : "Voilà, je te donne la vie" et d'un fusil automatique il lui a tiré dans les yeux. WASSERMAN est tombé et s'est relevé ensuite, alors SPEIT a déchargé sur lui deux rafales de fusil à répétition. Aussitôt après SPEIT a fusillé GOBERMAN et la femme. En février 1943, je suis passé près de la maison du juif SCHAFEL. A ce moment les policiers ont découvert dans la cour de SCHAFEL un coffre, où se trouvaient cachés 4 enfants. Le policier prenait les enfants par les pieds et les tuait un par un, contre le mur".

Le témoin SOCHA Maria, fille de Abram, a déposé comme suit :

"Au mois de décembre 1942, j'ai vu personnellement comme un agent de la gestapo a fusillé une juive SCHEIFER Anna. Quant à son bébé de 3 mois le gestapiste l'a saisi par les pieds et en lançant sa tête contre le mur, l'a tué.

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MessageSujet: Re: Frontstalag 325 Rawa Ruska (2012)   Ven 13 Juil - 14:39


LE CAMP DES PRISONNIERS DE GUERRE.

Dans la banlieue de la ville de Rawa-Ruska, dans les anciennes casernes de l'Armée Rouge, au mois de juin 1941, le commandement allemand a créé un camp pour les prisonniers de guerre soviétiques. Du mois de juillet 1941 au mois d'avril 1942, d'après les éléments des dépositions des témoins, il se trouvait dans ce camp, plus de 18 000 hommes, prisonniers de guerre soviétiques.

Les installations du camp, le régime et les conditions étaient calculés pour exterminer systématiquement les prisonniers de guerre.

A l'entrée des prisonniers de guerre au camp, on leur enlevait chaussures et vêtements. On ne donnait presque pas de nourriture aux prisonniers de guerre. Rarement on leur donnait une soupe d'épluchures de pommes de terre ou on les nourrissaient avec des pommes de terre gelées, pourries. Les prisonniers de guerre tombaient d'inanition de faim. Les prisonniers n'ayant plus la force d'avancer, étaient obligés d'avancer sous les coups de bâtons, de fusils à répétitions pour se rendre au travail. La plupart d'entre eux, mouraient là, sous les coups reçus. En période d'hiver, les prisonniers de guerre, sous escorte, se rendaient au travail, sans vêtements et sans chaussures. Beaucoup allaient au travail pieds nus, dans la neige et gelaient en route et ces malheureux les Allemands les fusillaient.

Etant affamés, les prisonniers de guerre se jetaient sur les cadavres de leurs camarades, dépeçaient les cadavres, faisaient cuire la chair humaine et la mangeaient.

Un témoin, habitant de la ville de Rawa-Ruska, GOLUBENKO Piotr, fils de Ivan, qui s'est trouvé pendant 5 mois, dans ce camp, comme prisonnier de guerre, a fait savoir :

"Au camp de Rawa Ruska, où je me trouvais, les régimes et les conditions étaient affreusement pénibles. Les prisonniers de guerre étaient enfermés dans des baraquements, dont les Allemands, en hiver, laissaient spécialement les portes et les fenêtres ouvertes pendant toute la journée, afin que les gens, dans ces baraquements, meurent gelés. De la nourriture on ne nous en donnait presque pas, les prisonniers de guerre de faim, dépeçaient les cadavres des prisonniers de guerre, morts de faim, ils faisaient cuire et mangeaient cette chair humaine. Les officiers allemands voyaient tout cela et s'en gaussaient de rire.

Moi-même j'ai vu de mes yeux, cuire 12 cadavres de prisonniers de guerre. Les fusillades et les coups emportaient 150 à 200 hommes par jour. Les cadavres des prisonniers de guerre étaient enlevés sur des remorques de tracteurs dans la forêt de Wolkowice, où ils étaient jetés dans une fosse spécialement creusée par les prisonniers de guerre, eux-mêmes".

Les faits d'anthropophagie au camp des prisonniers de guerre sont confirmés par les témoins oculaires : STIAGOWA Paulina, fille de Ivan, domiciliée dans la ville de Rawa-Ruska, rue Mickiewicz N° 70 et LANGE Joseph, fils de Jacob, domicilié dans la ville de Rawa-Ruska, rue Fredo N° 23 et d'autres.

Quant aux tortures que les Allemands infligeaient aux prisonniers de guerre, de nombreux citoyens-témoins oculaires en ont fait part à la Commission. Par exemple :

KOCZAK Basile, fils de Stéphane, domicilié au village de ENICZA, district de MAGIERCW :

"J'ai travaillé au camp des prisonniers de guerre soviétiques du mois de décembre 1941 au mois d'avril 1942. Au cours de cette période, les Allemands ont exterminé par la faim, le froid et les fusillades près de 15 000 hommes, prisonniers de guerre.

Les cadavres des morts et des fusillés étaient emportés sur des remorques de tracteurs, dans la forêt de WOlkowice. Les prisonniers de guerre affamés et épuisés, quand on les ramenait sur le terrain du camp, se jetaient sur les tas de pommes de terre pourries et gelées, ce pourquoi les convoyeurs les fusillaient sur place.

J'ai vu faire sortir des prisonniers de guerre, entièrement nus, les ligoter à l'aide de ficelles, à un mur ou à un poteau et les tenir là, en hiver jusqu'à ce qu'ils meurent, gelés.

Le témoin ENYCZ Trophime, fils de Basile, du village de ENYCZA, district de Rawa-Ruska, a rapporté que :

"Pendant la période où j'ai travaillé au camp des prisonniers de guerre, j'ai vu exterminer, de façon bestiale les prisonniers de guerre. Parmi de nombreux cas, j'en citerai un : lorsque les prisonniers de guerre allaient manger et qu'ils arrivaient à un angle, ils recevaient brusquement un coup de planche sur la tête. De cette manière en un jour, on tuait plusieurs dizaines de prisonniers de guerre".

Il a été établi par la Commission qu'au camp des prisonniers de guerre, on entretenait les maladies épidémiques, dont 50 hommes au moins, mouraient chaque jour.

De cette manière on établissait un régime de conditions inhumaines, par les massacres, la faim et le froid, sur les 18 000 prisonniers de guerre, qui se trouvaient au camp, seuls 180 hommes, atteints du typhus, furent dirigés sur le camp de prisonniers de guerre de Lwow, quant aux autres, ils furent exterminés au camp de Rawa-Ruska.

Après l'extermination de tous ceux qui se trouvaient au camp de prisonniers de guerre, dans ces mêmes baraquements, au mois d'avril 1942, on plaça des prisonniers de guerre français, qu'on amena au nombre de 20 000 hommes. Les prisonniers de guerre français se trouvaient également dans de mauvaises conditions et mouraient souvent de faim et de froid. En fait foi le cimetière de la forêt de Wolkowice, où de nombreux prisonniers de guerre ont été inhumés (voir dossier d'inspection du cimetière).

Les envahisseurs fascistes allemands obligeaient les prisonniers de guerre français à un travail au-dessus de leurs forces, les faisaient mourir de faim, les tenaient dans des baraquements non chauffés et les punissaient pour la moindre infraction au règlement du camp.

Tout cela a été rapporté par le témoignage de deux prisonniers français : Emile LEGER et Georges LE FOUL, qui étaient détenus au camp de prisonniers de guerre de la ville de Rawa-Ruska, d'où par la suite, ils se sont évadés.

En 1944, à la suite de l'offensive de l'Armée Rouge, les envahisseurs allemands-fascistes ont évacué les prisonniers de guerre français du camp de Rawa-Ruska sur le camp de prisonniers de guerre français de CRACOVIE.

De cette manière, la Commission de District a établi que les envahisseurs allemands-fascistes, dans le district de Rawa-Ruska, au cours de l'occupation, ont exterminé :

a) Populations civiles : 17 500 personnes

b) Au camp de prisonniers de guerre (Stalag N° 325, Secteur Postal N° 08509) : 18 000 personnes

c) Déportés du District de Rawa-Ruska à "l'Usine de la mort", de la petite ville de Belzec : 6 000 personnes.

Au total, il a été exterminé : 41 500 personnes.

La Commission de District a établi que les coupables de tous les crimes décrits et qui doivent en porter les responsabilités, sont :

1. Le Kreishauptman : HAGER

2. Le Bourgmestre-Stadtkommisar : BIASKI

3. Le chef de la Gestapo et Commandant du ghetto, Oberscharführer : SPEIT

4. Le Chef de la Gendarmerie et Commandant de la ville de Rawa-Ruska : KLEIN

5. L'Obersturmführer SS. : MILDEBRAND

6. L'Obersturmführer SS. : WIELHAUS

7. L'Officier de la Gendarmerie : TRIGNER

8. L'Officier de la Gendarmerie, Adjudant : MAERT

9. L'Officier de la Gendarmerie : FREINTOCK

10. L'Obersturmführer SS. : GROMIKITA

11. Le Commandant du Camp de Kamionka-Lipnek Scharführer : GJIMYK

12. Le Commissaire aux Affaires Juives Allemandes : HOLZ

13. Le Commissaire aux Affaires Juives : STRUCHHOLZ

14. L'Obersturmführer SS. : ROKITA

15. Le Commandant de la Police Ukrainienne : OSIDACZ

16. Le Commandant du camp de Prisonniers de Guerre. Commandant : FISCHER

18. Le Commandant-Adjoint du camp de Prisonniers de Guerre. Commandant : BEM

19. Le Commandant du camp de Prisonniers de Guerre. Commandant : FLECKER

20. Le Chef de la Gestapo au camp des Prisonniers de Guerre : NOVARRO

21. Le Président du Tribunal de Police : BRAUER

22. Le Médecin du camp de Prisonniers de Guerre, Lieutenant : NAUMANN

En plus des personnages coupables et responsables de ces atrocités, vient en premier lieu, le criminel gouvernement allemand.

Acte établi en 5 exemplaires.

Le Président de la Commission : Signé : GAVRILENKO

Le Secrétaire de la Commission : Signé KOBOTA

Les Membres de la Commission : Signé : SOKOLIAN - Signé : MALYCHEW - Signé : STEPANOW

Le Représentant de l'Armée, Secteur Postal 18942 - Signé : KOUPRIACHKINE

Le Vice-Président de la Commission Régionale des Députés et Travailleurs de l'URSS. Sceau de la dite Commission - Signé : KOZYREW

Le Procureur Général du District de Lwow - Signé : KRYJANOWSKI

Le Président de la Commission Gouvernementale Extraordinaire - Signé : KOUZMINE

Le Professeur - Signé : STRAJENIK

Les Représentants de l'Eglise catholique-romaine - Curés - Signé : Grzegosz KADOULI - Signé : WINIARA.


source
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MessageSujet: Re: Frontstalag 325 Rawa Ruska (2012)   Lun 16 Juil - 0:13

A propos de Stalag, j'ai une photo sur laquelle on peut lire un panneau qui indique:
Stalag 334
Hiwa Kompanie.
J'ignore ce que cet acronyme signifie. Un membre de ce forum a-t-il une idée?
Hilf....?
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MessageSujet: Re: Frontstalag 325 Rawa Ruska (2012)   

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