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 Films de la Grande Guerre Patriotique

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naga
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MessageSujet: Films de la Grande Guerre Patriotique   Mer 15 Aoû - 1:51


Comment sont regardés les films sur la Grande Guerre patriotique dans la Russie actuelle ?



En ce début de XXIe siècle, la commémoration de la victoire dans la Seconde Guerre mondiale est devenue un dispositif essentiel dans la construction « par en haut » d'une mémoire collective glorieuse. Dans le même temps, le cinéma a vu le retour de l'Etat dans une industrie culturelle qui avait été glorieuse mais sombrait totalement, supplantée dans les salles par la production étrangère, notamment américaine. La convergence de ces deux mouvements a contribué au retour sur les écrans russes d'un genre florissant à l'époque soviétique : les films sur la Grande Guerre patriotique.

La réception de ces films par le public russe aujourd’hui devient dès lors un objet intéressant à de multiples égards : elle permet de voir dans quelle mesure la société russe adhère aux modèles d'identification qui lui sont proposés, quelle mémoire de la guerre l'habite, quelles formes esthétiques la touchent, enfin quelles sont les lignes de faille qui la traversent, sachant que les réponses aux questions qui viennent d'être posées ne sauraient être univoques.

Les sites que j’ai le plus utilisés sont http://www.kinopoisk.ru/, www.megacritic.ru et http://rusk (...)



Quelles émotions, quelles critiques, quelles constructions discursives suscite la production filmique sur la Grande Guerre patriotique ? J’ai tenté de puiser des éléments de réponse à ces questions en analysant les commentaires que laissent les internautes sur quelques sites dédiés au cinéma2. Cette source n’est pas sans défaut : on ne connaît généralement pas le profil socio-démographique des « scripteurs », les énoncés sont habituellement limités ; mais les dialogues virtuels qui parfois se nouent, le plus souvent à l’occasion de désaccords, esquissent des polémiques, permettant de repérer les fractures dans l’opinion. On ne saurait prétendre donner, à partir de ce corpus, une projection représentative de l’opinion publique globale (ne serait-ce que parce que les internautes sont un groupe spécifique, non homothétique de la société) ; on peut néanmoins tenter d’y identifier des évolutions concernant la perception de la Grande Guerre patriotique : comment doit-on raconter, filmer la guerre, à quelles fins ?

Une commande d’État

Site de cette fondation : http://www.patriotfilm.ru. (...)

Commençons par ce qui ne sera pas l’objet de cette réflexion mais qui s’inscrit néanmoins dans la toile de fond : l’injonction étatique promouvant la production d’un cinéma patriotique. En 2004 a été créée une fondation dite « de soutien au cinéma patriotique », elle-même soutenue, selon l’information donnée sur son site et dans l’ordre où ils sont mentionnés, par l’Administration présidentielle, la Douma, le Conseil de la fédération, le gouvernement et le FSB. Parmi les objectifs énumérés, mentionnons la propagande des idéaux patriotiques, la formation d’une image positive du défenseur de la Patrie, le soutien aux cinéastes pour créer des films de guerre patriotiques. Notons également cette formulation que nous reproduisons sans « adapter » sa phraséologie particulière : « l’intégration dans le marché international du cinéma de films faisant la propagande de valeurs spirituelles et humanistes ». Voici également un extrait de la lettre aux visiteurs du site, laquelle se présente sous la forme non seulement d’une déclaration d’intention mais aussi d’un appel à la mobilisation :

« Nous construisons une société dans laquelle être honnête n’est pas simplement indécent mais également stupide et pénalisant d’un point de vue matériel. Mais nous pouvons changer tout cela ! Et quel art est plus apte que le cinéma pour faire passer de l’information ? Le cinéma montre, il donne la possibilité de sentir et d’en tirer des conclusions. Avec un sentiment patriotique développé, les jeunes ne tomberont pas dans la délinquance, ne se retrouveront pas dans la lie de la société. L’amour de la Patrie donne force et assurance, il aide à réussir dans son pays ».

La dimension éducative du projet est par ailleurs développée dans un texte programmatique qui explique que la formation de sentiments patriotiques doit contribuer à l’élimination d’autres sentiments, aujourd’hui répandus, comme l’indifférence, l’individualisme, l’agressivité, le non respect des institutions sociales. Retenons de ces deux déclarations, la dimension éthique explicite… associée par ailleurs à une conquête de marché. Nous aurons l'occasion de voir des échos de ces objectifs dans les réactions des internautes. Plus récemment, à l’instigation de V. Sourkov (idéologue du Kremlin, concepteur notamment de la « démocratie souveraine »), a été lancée une réforme du financement du cinéma, avec la création, à l’occasion du 90e anniversaire du VGIK5 en novembre 2009, d’un Conseil de développement du cinéma national, présidé par V. Poutine, qui se substitue au ministère de la Culture dans la répartition des subventions aux studios de cinéma, dont le volume a considérablement augmenté. Là encore, l’enjeu patriotique est clair : il faut relancer, sous la houlette de l’État, un cinéma qui fut naguère prestigieux.


On sait que le dernier film de N. Mikhalkov Soleil trompeur 2 (qui porte sur la Seconde Guerre mondiale) a été très généreusement subventionné par l’État. Il ne s’agit pas seulement de libéralités dues à la proximité du réalisateur avec le Kremlin. Il y avait également un calcul économique, l’espoir d’un « retour sur investissement », avec notamment un succès escompté auprès du public étranger comme cela a été le cas pour Soleil trompeur 1, permettant une redistribution de la manne et alimentant le soutien à une production cinématographique nationale. Ce ne fut pas le cas, loin s’en faut, et les autorités semblent avoir changé de stratégie pour assurer la pérennité du cinéma russe : le modèle à suivre pour assurer la survie d’un cinéma russe serait désormais le modèle français, la France se distinguant par sa capacité à garder dans les salles une part de cinéma national et à résister à la domination américaine à cet égard.

7Pour en finir avec le positionnement de l’État russe par rapport à la Grande Guerre patriotique, rappelons l’accent qu’il met sur la célébration de la Victoire, surtout depuis le 60e anniversaire : dans la quête d’un passé « rassembleur », susceptible de mobiliser la société derrière un symbole glorieux commun de la nation, cet événement est appelé à jouer un rôle central.

8Telle est l'injonction étatique. Les films qui y correspondent n'en sont pas moins très différents les uns des autres, aussi bien par les messages qu'ils véhiculent, que par les esthétiques qui les portent. Ces messages et esthétiques appellent à leur tour des réactions, elles aussi contrastées, et complexes, qui ne se laissent pas réduire à une simple opposition « réactionnaire / libéral » : je m'appliquerai à esquisser les méandres de ces logiques.

La production des nouveaux films sur la Grande Guerre patriotique a déjà fait l’objet de descriptions, et comme mon objectif est la réception des films et non leur mode de narration, je partirai des réactions des internautes (et non du récit des films), me limitant à mentionner en note le synopsis du film, tel qu’il est donné sur les sites dédiés, pour que le lecteur puisse se faire une idée du récit-scénario qui suscite les émotions ou commentaires examinés.

Notons pour finir que les diverses strates temporelles de la production de films sur la Grande Guerre patriotique restent vivantes, ne serait-ce que parce que la télévision russe les mélange dans les programmations du 9 mai, qui juxtaposent grands classiques et « nouveautés ». Le lendemain de cette commémoration, on constate d’ailleurs un afflux de commentaires des internautes et ces témoignages attestent que le visionnage chez soi, en famille, de ces films, éventuellement regardés à la suite les uns des autres, fait partie de la célébration domestique de cette fête nationale. Cette association contextuelle des œuvres appelle des commentaires comparatifs, que ce soit pour déplorer une dégradation de la représentation de la guerre, ou au contraire pour saluer une libération du carcan idéologique permettant de mieux comprendre ce que fut la guerre. Parfois aussi les internautes, pénétrés de l’idée qu’il est essentiel de transmettre à la jeune génération des valeurs qui se sont manifestées dans cette guerre ou ont été exaltées par elle, s’interrogent sur la « stylistique » propre à favoriser cette transmission. Tels seront les blocs que nous examinerons successivement : les récriminations suscitées par les films récents, puis les émotions et réflexions suscitées par cette production chez ceux qui l’accueillent favorablement, avant de finir par les considérations sur les valeurs à transmettre aux jeunes générations et les modes stylistiques appropriés de cette transmission.



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naga
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MessageSujet: Re: Films de la Grande Guerre Patriotique   Mer 15 Aoû - 2:03


Les « patriotes » en colère


L’indignation contre les films nouveaux opposés aux classiques du cinéma soviétique tourne autour de quelques « disparitions ». Où est la Victoire ? Où sont nos héros ? Quelle est cette guerre qui nous est montrée ? Pour mieux comprendre cette réaction, il faut rappeler que le succès du film Il faut sauver le soldat Ryan a été une blessure narcissique : dans le contexte d’une obsession de la falsification de l’histoire, beaucoup de Russes cristallisent leur rancœur sur ce film qui aurait contribué à les priver – en l'attribuant aux Américains - d’une victoire qu'ils ont conquise au prix de leur sang et de leur héroïsme. Voici comment un internaute résume clairement l’enjeu, après avoir vu Pearl Harbour, qui, trois ans après le film de Spielberg, vient réactiver le « traumatisme » : « Les vainqueurs de la guerre seront ceux qui emportent la victoire dans les films ». Nikita Mikhalkov déclare d’ailleurs explicitement avoir voulu faire une réplique au Soldat Ryan avec son Soleil trompeur 2. Il s’agit de rendre au peuple russe sa victoire, quand nombre de commentaires amers disent au contraire la spoliation « On vole au peuple son histoire, sa fierté ».

Symétriquement, les énoncés du type « Il faudrait plus de films comme cela en réponse (c’est moi qui souligne) à Pearl Harbour », sont une forme d’approbation qui se répète dans les avis positifs sur les films. Pour une partie du public russe, il est essentiel que la production actuelle « certifie » la victoire russo-soviétique, la montre dans toute sa grandeur. Aussi s’insurgent-ils quand ils voient une armée désorientée, pour ne pas dire en déroute : « Comment le ramassis de canailles représenté dans le film a-t-il pu vaincre la Wehrmacht ? »

La grandeur des héros doit être déclinée même dans la description de leur « après guerre », leurs nouvelles luttes doivent être dignes des « vainqueurs » qu’ils sont, et l’obstination farouche du héros du film Krai à « ressusciter » une locomotive, qui plus est avec l'aide d'une jeune Allemande, ne correspond apparemment pas à l’opinion de l’internaute qui s’insurge : « Où est le patriotisme ? Où est la fierté pour notre peuple qui a remporté la victoire dans une guerre terrible ? ».

Pour ce public, il est également important que la victoire soit remportée par le peuple « légitime » et non par la « racaille » (sic) : la série Le bataillon disciplinaire a ouvert à cet égard une brèche en montrant le rôle des « éléments criminels » (selon les critères de l'époque, visiblement toujours vivants pour certains)dans la victoire, ce qui appelle par exemple le commentaire suivant : « la romantisation de la criminalité est une marque du patriotisme des nouveaux Russes ». Entendons, c’est parce que les nouvelles élites ont pillé à leur profit le patrimoine industriel soviétique – et méritent donc d’être qualifiées de « criminelles » - qu’elles favorisent la réhabilitation de leurs semblables.

Ce rejet des héros « troubles » peut neutraliser la volonté de gagner la « guerre des images », évoquée ci-dessus. Ainsi, la récompense octroyée au film Svoi lors du 26e Festival International du Film de Moscou, avec les compliments de Sir Alan Parker pour « avoir su montrer les individus à l’intérieur des grands événements historiques », donne lieu non à l’expression d’une satisfaction, mais à une série de critiques dans lesquelles s’affiche un rejet du pouvoir en place.


Le film est ainsi qualifiée de « film fait par l’élite pour l’élite », illustrant un « patriotisme démocratique » (sic), autrement dit un ensemble de valeurs dans lequel ne se reconnaît pas le public représenté par cet internaute, « peuple » dont les sondages nous disent qu’il se sent coupé des « élites » davantage qu’à l’époque soviétique. « Fais une ordure sur la Russie et tout de suite tu as un tas de prix », commente un autre internaute. Avec moins de hargne mais tout autant d’amertume, un autre encore déplore une narration « politiquement correcte », des concessions aux codes mondialisés qui vont de pair avec un renoncement à l’originalité du cinéma russe : « notre cinéma va continuer à perdre sa spécificité, et « ramer » en cherchant à rattraper et dépasser l’Amérique. Où sont les nouveaux Tarkovski, Paradjanov et Choukchine ? ». Réactions qu’il est intéressant de mettre en résonance avec les commentaires au film emblématique Quand passent les cigognes. Un film « absolument pas patriotique », écrit un internaute qui ajoute « pas étonnant qu’il ait remporté plein de prix », tandis qu’un autre affirme qu’il faut être fier des films de cette facture – ce en quoi il exprime un sentiment patriotique - qui rappellent aujourd’hui que le cinéma soviétique a été à la pointe et a « subjugué les spectateurs du monde entier ». Nous aurons l’occasion de voir plus loin un autre épisode de la polémique sur ce qui doit primer dans la délivrance du « certificat de patriotisme », la forme ou le contenu des films.

Le film Svoi cristallise un autre des reproches faits aux films récemment produits : de quelle guerre s’agit-il ? Qui fait la guerre à qui ? Dans ce film, « on voit surtout des Russes tuant d’autres Russes », s’insurge un internaute. Le brouillage des camps, l’impossibilité d’identifier de façon univoque des bons et des méchants, agace certains et suscite symétriquement l’éloge des films où l’ennemi est clairement identifié : « Le film est simple et clair, comme les insurpassables films soviétiques. Il y a les nôtres, et il y a les fascistes ». Le fait que le NKVD soit souvent montré comme un « ennemi » (des Russes) tout aussi féroce que les nazis révolte bien des internautes qui soulignent que dans ces films le soldat russe se retrouve « seul contre tous », contre sa hiérarchie et les services spéciaux tout autant que contre l’envahisseur. Pour certains il n’en est au contraire que plus héroïque, mais ces différences de lecture montrent bien à quel point l’association de la guerre et de la dénonciation du totalitarisme est un facteur de scission du public.

Il suffira donc que l'image négative des bras armés du pouvoir, topos très répandu dans les films actuels, soit absente pour justifier le label de « patriotique » aux yeux de certains internautes. Dans une logique symétrique, ils verront une négation du patriotisme dans les films qui montrent des combattants défendant leur pays, en dépit de leur hostilité aux « émissaires » de l’État qui les (mal)mènent au combat : « on essaie d’enterrer le patriotisme : chaque homme défendait sa maison, sa famille, il crachait sur l’État et il avait bien raison, nous dit-on »

Autre sujet de déploration : la disparition des héros, ou du moins leur non représentation. « Svoi, Polumgla : il n’y a que des traîtres, des poltrons et des marginaux. Dans Polumgla il n’y a même pas du tout de combattants-vainqueurs ». Dans le film Le pope, les soldats russes n’apparaissent que sous les traits de prisonniers de guerre avilis par la faim, se lamente un autre internaute.

Au final, ces divers griefs aboutissent à l’affichage d’un rejet, plus ou moins explicite, du pouvoir actuel, comme on a pu le percevoir dans l’expression, visiblement infamante dans son contexte, « patriotisme démocratique » déjà citée. Ces films, largement subventionnés, sont stigmatisés comme répondant à une « commande d’État », leurs auteurs sont accusés de « confondre leur amour pour le pouvoir avec l’amour pour le peuple », d’écrire des synopsis « pour les fonctionnaires d’État ». Le patriotisme « d'en bas » ne se reconnaît pas dans le patriotisme « d'en haut ». Tout compte fait, un cinéma qui avait pour but de créer du consensus autour de représentations héroïques communes est au contraire facteur de scission. Le récit de la Grande Guerre patriotique divise plus qu’il ne rassemble et rares sont les voix qui appellent à l’apaisement, au nom des combattants : « Ils sont morts pour que notre pays ait un avenir radieux. Et nous, nous continuons à ferrailler autour du sombre passé, menaçant tant et plus l’avènement de cet avenir radieux »



La guerre « retrouvée »

Face à ceux qui se sentent « spoliés » de leur guerre, il y a ceux qui disent leur satisfaction de la « trouver » enfin dans sa vérité. Un premier motif de reconnaissance exprimé aux cinéastes est symétrique d’un reproche mentionné ci-dessus : la représentation de la guerre n’est plus manichéenne. Les nouvelles déclinaisons apportées à cette représentation sont alors saluées comme une recherche louable de la vérité, vérité parfois certifiée par la référence aux récits transmis aux internautes par leurs aïeux.

Il convient de souligner le rôle central que les aïeux jouent dans la polémique. Il y a ceux qui s'insurgent, dénonçant des films qu'ils jugent comme « une offense » à ces aïeux, l’internaute déclarant éventuellement la guerre au cinéaste en leur nom : « au nom des mes grands-pères et oncles, il est maintenant mon ennemi ». Inversement, ceux qui se réjouissent d’une évolution du discours sur la guerre, y voient l’accès à l’espace public de récits de leurs aïeux (sur les Allemands, comme sur certaines circonstances des combats) qui n’avaient jusqu’ici circulé que dans la mémoire familiale.

Au reproche évoqué ci-dessus (« Où sont les ennemis ? »), répond la satisfaction que l'image de l'ennemi soit désormais nuancée. Certains spectateurs se disent touchés par le fait que soit montré à l’écran un Allemand qui fait pitié. « Aurions-nous enfin appris à filmer la guerre !», s’exclame une internaute. Et d’ajouter : « ce n’est pas un film sur l’amour d’un homme pour une femme, mais sur l’amour d’un être humain pour un autre être humain ».

Cette quête d’une image plus équilibrée de la guerre est assez souvent attestée. Et elle sera éventuellement présentée comme une forme supérieure de patriotisme. Ainsi, tout en s’affirmant patriote, l’auteur du film Svoi, tant décrié comme nous l’avons vu, explique « Ce n’est pas bon d’être un patriote raide et borné ». La guerre a de multiples facettes et nécessite de multiples éclairages. Voici la proposition d’un internaute pour en rendre compte : « Si l’on veut montrer la guerre de façon honnête, sans les hallucinations soi-disant dues au soleil, avec lesquelles on farcit la tête de la génération montante, il faudrait montrer à la télévision le 9 mai « Sur la hauteur sans nom » et « Polumgla » le 8, et on aurait une relative harmonie ».

Alors où est la vérité ? C’est une question qui court dans les échanges, parfois venimeux, entre internautes. Il y ceux qui relèvent les « fautes dans la reconstitution historique » (lapy), certains s’en faisant même une spécialité et inondant les sites de leurs « rectificatifs » : sera pointée ainsi la présence anachronique d’armes ou de décorations, déploré au passage que les cinéastes ne fassent pas appel au savoir des clubs « patriotico-historiques » spécialisés dans l’histoire de la Grande Guerre patriotique. Et il y a ceux qui s’accommodent de ces « erreurs », affirmant que la vérité des sentiments prime sur celle des faits et qu’à cet égard, les films actuels les comblent.

La disparition des grandes scènes de bataille et de l’emphase (pafos, plakatnost’) au profit du « vécu » des combattants est, dans ces énoncés, bienvenue et non dommageable.
« La guerre traverse des âmes humaines qui souffrent ». Cette « intimisation » de la guerre, à rebours de l’héroïsation, est tout à fait compatible avec l’émotion patriotique, comme l’atteste la citation suivante d’un internaute qui, après s’être réjoui de ce changement de focale, affirme : « C’est un film pour les vrais amoureux du cinéma de guerre patriotique. Il reproduit réellement des scènes qui illustrent la perte de la femme aimée, la trahison du commandement ».

La présence d’éléments (« la trahison du commandement ») qui étaient dénoncés comme « falsification » de l’histoire et donc « anti-patriotiques » dans les énoncés précédents est ici marquée comme patriotique. Nouvelle preuve, s’il en était besoin, de l’absence de consensus patriotique.

Les émotions positives sont également portées par la mise en résonance de la guerre avec le temps présent. « La guerre est montrée non du point de vue de l’idéologie mais de celui des hommes, c’est plus actuel », se réjouit un internaute. Les films de guerre deviennent un répertoire d’émotions intemporelles. « On peut tout transposer au temps où nous vivons, ce sont les mêmes joies et les mêmes tristesses », dit un spectateur du film Krai, critiqué ci-dessus pour l’absence d'héroïsation du vainqueur. C’est au nom de la justesse des sensations décrites que sont loués deux films par ailleurs souvent décriés, Svoi et Le dernier train d’Aleksei Guerman junior : « ils ont été créés sur la base du matériau historique de la guerre, mais ils mettent en lumière notre perception du monde aujourd’hui. Les meilleurs films dits « de guerre » sont des films non pas sur la guerre, mais sur les rapports humains, la guerre n’étant qu’un prisme ». Les films de guerre deviennent des illustrations de l’art d’être homme, ils sont loués parce qu’ils montrent qu’« on peut rester un être humain même à la guerre ».

A cette préoccupation d’un humanisme universel peuvent s’adjoindre des questionnements plus marqués par le temps présent (et sa grammaire libérale), comme celui sur les « droits de l’homme », en l’occurrence ceux de la femme. Voici un exemple d’interrogations suscitées par le film Polumgla:

« Des femmes que leurs moujiks de chefs ont réduites à une vie de chien, et que leurs moujiks de maris n’ont pas défendues, sont-elles obligées de se soumettre aux dogmes établis par ces moujiks ? Qu’est-ce qui doit primer, le devoir ou la soif de vie ? L’appel de la chair ? Pourquoi cet appel est-il perçu comme une trahison et non comme un droit sacré de la personne humaine ? »

Dans ces perceptions, la guerre n’est pas un prétexte à exalter l’héroïsme ; situation extrême, elle est un catalyseur – ou un filtre – qui révèle les valeurs fondamentales ; la grandeur inspirée des films qui la racontent tient, aussi pour les uns - avant tout pour les autres, aux questionnements qu’elle suscite. La guerre est une leçon de vie, pas (seulement) un récit de morts.




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naga
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MessageSujet: Re: Films de la Grande Guerre Patriotique   Mer 15 Aoû - 2:16


Que dire à travers la guerre ? Comment ?


C’est parce que la guerre a une valeur didactique, quelle que soit par ailleurs la sensibilité idéologique des internautes, qu’émerge souvent la question de ce qu’il faut transmettre à la jeune génération et des stylistiques propres à remplir cette mission. Il faut « montrer le courage du soldat russe, contaminer les jeunes d’aujourd’hui avec l’héroïsme patriotique et le pathétique (pafos) romantique de nos aïeux », dit un chroniqueur en présentant le programme télé du 9 mai 2010. A quels messages les internautes quant à eux se montrent-ils attachés ? Quels modes de transmission approuvent-ils, ou au contraire critiquent-ils ?

Par delà les diverses fractures pointées jusqu'ici, il est un point commun qu'il convient de noter : il est communément admis qu’on peut, voire doit, pleurer en regardant un film sur la Grande Guerre patriotique, verser des « larmes de reconnaissance et de mémoire », comme les qualifie un internaute. Voici un exemple d’explication causale de ces larmes : « J’ai pleuré parce que cela parle de nous. C’est notre victoire, nos grands-pères, notre terre. J’espère qu’il y a encore parmi nos jeunes des gens qui sont prêts à se lever et défendre leur Patrie ». Les larmes disent l’attachement à la terre, à ceux qui l’ont défendue, à ceux qui la défendront. L’élan patriotique impulsé est dès lors projeté, par cette même internaute, sur le cinéma russe en général, la citation ci-dessus se poursuivant par l’injonction : « Gardez le cap ! Nous croyons dans le cinéma de notre pays ! ». Les larmes disent le lien intergénérationnel et certains en font même un impératif : « Que les spectateurs sanglotent et se pénètrent du sentiment de fierté de leurs pères et grands-pères ! ». Le film qui suscite ces commentaires est un remake d’un classique soviétique. C’est aux films soviétiques que les larmes sont le plus souvent associées. Il n’est pas rare qu’un internaute laisse un commentaire plutôt positif d’un film récent, et ajoute, visiblement un peu déçu, « mais je n’ai pas pleuré comme avec les films de jadis ». Mentionnons cette réflexion, toujours à propos du remake de Zvezda : l’internaute, après s’être réjouie d’avoir pleuré en regardant le film, comme elle pleurait à l’époque soviétique en voyant à l’écran la Grande Guerre patriotique, constate, dépitée, que cet effet n’est produit qu’au premier visionnage ; elle se console en disant : « J’ai compris que ces films, il ne faut les voir qu’une seule fois et s’en souvenir ».


Là où il y a désaccord, c’est sur le mode d’écriture cinématographique utilisé pour susciter l’empathie. Tous se gaussent des films où les héros sont trop « clean », bien rasés et propres sur eux ; mais la monstration des souffrances de la guerre est un objet de polémique. Quand une internaute s’épanche sur la profonde douleur ressentie en voyant la Forteresse de Brest(la sensation de tourments partagés avec les aïeux s'accompagnant de reconnaissance à leur égard, au nom de son sentiment de sécurité actuel), un autre pourfend ce qu’il appelle une « clownerie sanguinolente ». Les corps écrasés de Soleil trompeur 2 suscitent le même type d’émoi, ces images étant souvent qualifiées de « pornographiques ». Ce qui est montré, c’est de la viande, pas des hommes souffrant, disent de nombreux commentaires.

Cette polémique ne tient pas seulement à une question de sensibilités. Elle transpose la question du patriotisme sur le terrain de la stylistique : peut-on emprunter les codes hollywoodiens pour faire passer un message « patriotique » ? Rappelons que Soleil trompeur 2 se veut une réplique au Soldat Ryan, avec une volonté affichée de compétition dans l’usage des effets spéciaux cinématographiques pour dire la grandeur des exploits et souffrances, ... le vainqueur de la guerre étant celui pour lequel l'horreur de la guerre est la plus grande ?, se demande-t-on. Voici comment un internaute avalise la reprise des modèles occidentaux. Après avoir discerné dans le film commenté un écho à Terminator (ce qui semble être un compliment ambigu), il conclue, disant que c’est un film « dans les meilleures traditions des films d’action occidentaux (boevik), mais sur un thème à nous ». Le « mais » est essentiel : il dit à la fois l’ambivalence et la justification. La greffe étrangère est patriotique si elle sert la glorification nationale. Certains donnent explicitement comme patriotique le fait de s’approprier des formes non russes pour y injecter des contenus russes, ce qui est une façon de faire accéder ces contenus à l’espace public globalisé, et d’enrichir la culture mondiale d’éléments russes nouveaux, comme elle a été jadis fertilisée par Dostoïevski et autres géants russes. Tel est le raisonnement qui est développé par les scénaristes d’un dessin animé qui raconte les faits héroïques de pionniers pendant la guerre, sur un mode très fantasy. Avec ce raisonnement, le fait d’avoir fait réaliser le film par des spécialistes japonais du manga n’altère nullement leur sentiment d’avoir fait « œuvre patriotique » : ils ont servi leur patrie en traduisant sa grandeur dans une langue accessible à un public plus large. Pour certains cinéastes et spectateurs, la fin justifie les moyens et la sacralisation de la Grande Guerre patriotique s’exprime non dans une sacralité iconique de sa représentation mais dans la volonté de recourir à tous les modes d’expression susceptibles de toucher le public jeune. Cette concession aux codes nouveaux n’est pas sans grincements de dents. Voici la forme qu’elle prend à propos d’un film, comique, « sans un seul coup de feu, pratiquement sans cadavre » avec un personnage central esquimau, ce qui permet de jeter sur la guerre un regard à la « comment peut-on être persan », autrement dit un film très loin des canons usuels :

« En tant que patriote, il m’est désagréable que le temps obscurcisse les souvenirs et que de nouvelles versions des événements, influencées par le cinéma occidental, suscitent le « hourrah » de nos jeunes. Mais j’accepte l’idée qu’ils voient ce film car il est imprégné d’amitié, d’honnêteté, de sens du devoir et des responsabilités, de dévouement à la patrie et d’amour du travail ».

Nous voyons d’une part que le patriotisme est incrusté dans une palette de valeurs plus large, d’autre part qu’il n’est pas nécessairement crispé.

Un autre film illustre un écart magistral différent par rapport aux codes traditionnels : le film Nous sommes du futur qui fait franchir aux héros une barrière temporelle qui les projette du temps présent jusqu’au cœur des combats. Certes on peut considérer que ces « fantaisies » / cette fantasy ne sont qu’une stratégie marketing pour gagner un public nouveau et « faire des entrées ». Peu importe, ce qui nous intéresse, ce sont les commentaires des internautes, et plus d'un énonce des considérations semblables à celle qui vient d’être citée à propos du film Le transfert. Ils sont beaucoup plus nombreux à se dire heureusement surpris qu’à s’insurger et se réjouissent que soit proposé aux jeunes un moyen pour éprouver la terreur et la douleur ressentis par leurs aïeux (puisque des personnages de leur âge, très typés « temps présent », traversent les atrocités de la guerre).

La question des moyens susceptibles de susciter, notamment chez les jeunes, l’empathie avec les combattants de la Grande Guerre patriotique est de fait souvent soulevée. Beaucoup d’internautes soulignent la difficulté à mettre dans la bouche des personnages un discours qui fasse sens aujourd’hui (où l’emphase ne jouit plus des mêmes faveurs), à éviter la sensation de « surjoué » Faute de trouver une langue capable de transmettre aux jeunes le « vécu » de leurs aïeux, « il n’y a plus qu’à les faire se représenter à leur place », constate un internaute. Cette opération fonctionne comme catharsis, ces héros qui, dans la collecte des traces matérielles de la guerre, ne voyaient que quelque chose de lucratif, reviennent imprégnés du sentiment de dette à l’égard des aïeux. Transfiguration majeure : le skin du groupe, de retour dans le monde d’aujourd’hui, s’applique à gratter avec une pierre ses marques de tatouage.

De façon générale, ce ne sont pas seulement les codes narratifs qui font débat, mais également la nécessité de portraiturer des héros dans les films sur la Grande Guerre patriotique. Question récurrente, positionnements contrastés. Il y a les spectateurs pour lesquels l’héroïsme est entaché par le fait qu’il est « compensatoire » : les soldats russes ont été condamnés à l’héroïsme par l’incurie de leur encadrement. Dans cette perspective, le coût humain de la victoire cesse d’être un motif de fierté. « Il est amoral d’être fier d’avoir gagné la guerre à un tel prix » est un propos souvent repris. Mentionnons quelques échanges emblématiques suscités par le film En juin 1941. Ce film, dont nous avons déjà mentionné qu’il a pu être comparé à Terminator, appelle un débat qui pourrait être ainsi formulé : « les films sur la Grande Guerre patriotique ont-ils besoin de Rambo ? ». Exemple de réponse négative : comparer le preux garde-frontière du film à Rambo, c’est vulgaire (pochlo) car le héros américain est une invention, alors que le héros russe est la réalité, même si elle n’est représentée que de façon « à moitié juste », précise néanmoins l’internaute qui expose ce point de vue.

D’autres au contraire réclament des Rambo russes : « Pourquoi nos gars soviétiques ne seraient pas aussi de bons soldats, pratiquement immortels !». Une internaute va jusqu’à considérer le refus de se doter de héros tels que Rambo comme un manque de patriotisme : « A quel point peut-on ne pas aimer sa patrie !» Cette même internaute affirme que « tout ce qui exalte le patriotisme et la dignité et n’ennuie pas les jeunes est bien ». Et de « militer » pour la diversité, le « pluralisme » en quelque sorte, des films sur la guerre. Cet argument, que l’on pourrait qualifier de « libéral », associé à un impératif patriotique montre bien une nouvelle fois qu’il n’y a pas une équation entre « patriotisme » et crispation sur les codes soviétiques. Preuve que l’héroïsme ne fait néanmoins pas partie des attentes de tous les internautes, ce commentaire, toujours à propos du même film : « J’avais envie de voir un film sur la guerre, et j’ai eu un film sur un Super-héros ».

Cette question du héros favorise également l'émergence des réflexions sur la spécificité russe. Ainsi, le « simple héros russe » évince-t-il le super-héros américain, avec les traits suivants :

« […] simple, sûr de lui, percevant tout ce que lui donne la vie comme un cadeau, et donc heureux de vivre et tenant bien debout. Dur mais humain, plein de compassion et d’aptitude à l’amour. Ce ne sont pas des Steven Seagal ou des Bruce Willis pleins d’emphase qui sauvent le monde. Ce sont les moujiks de chez nous (nashi muzhiki) qui ont sauvé la Patrie ».

Sur ce fond de discours, le film Polumgla a été un moment de cristallisation d'une polémique sur la nature russe. Le scénariste de ce film, sous prétexte que la fin donnée au film, terrible (des officiers du NKVD « débarquent » et ordonnent que les prisonniers soient fusillés), ne respecte pas son script initial, a accusé le film d’être « anti-russe » et a porté plainte auprès du ministère… de la Défense. Cette fin suscite un débat parmi les internautes : l’exécution ordonnée est-elle vraisemblable ? Pour certains, la vraisemblance interroge une hypothétique cruauté russe. Pour d'autres, la controverse porte sur l'ordre d'exécution des prisonniers allemands, sans procès, ce qui, soulignons-le, est une préoccupation en terme de « droit » et atteste une réelle évolution des mentalités. Toujours est-il que le scénariste mécontent présente comme argument fort en faveur de son scénario à lui le fait que la fin qu’il avait imaginée (l’officier russe chargé de la garde des prisonniers refuse d’exécuter l’ordre reçu et part avec eux, dans une tempête de neige (sic), vers un autre village), « aurait fait un film pacifiste pour la fête de la Victoire ».


Le pacifisme exprimé dans de nombreux commentaires est de fait un dernier trait qu'il convient de relever. Il y a les cas où un film sur la guerre est salué comme hymne à la paix. Ainsi le film Le coucou est commenté comme « modèle de film de guerre sans la présence de la guerre à l’écran. C’est un chant de paix ». Et il y a les cas où est déplorée l’absence de cette incitation pacifiste : « un film de guerre doit être contre la guerre », déclare un internaute dans son commentaire au film La forteresse de Brest, regrettant au passage la débauche d'images sanglantes, et expliquant que les aïeux « se sont battus pas pour que nous pleurions mais pour que nous vivions sans larmes ».

Livrons pour finir un commentaire qui illustre l’horreur qu'inspire la guerre, dont il importe de ne pas oublier qu’elle prend racine dans une tradition soviétique, et qui montre les limites de la volonté de faire de l’anniversaire de la Victoire un moment d’exaltation de la grandeur nationale :

« Il faut se souvenir qu’indépendamment de la nation pour laquelle nous combattons, nous sommes tous des humains et qu’il faut se comporter avec chacun d’abord comme avec un frère, et seulement ensuite comme avec un ennemi. Le 9 mai est un triste jour, celui où l’on rend hommage à la chose la plus horrible que l'homme ait inventé dans l'histoire ».

S'il est usuel que les films produisent des désaccords sur les choix de lignes narratives et de codes esthétiques, dès qu'il s'agit de la représentation d'un événement supposé fédérateur, les débats se font plus vifs et douloureux. Les films russes sur la Grande Guerre patriotique divisent dans un classique affrontement des mémoires ; ils déchirent également la communauté présente : « si c’est ça le patriotisme, moi je suis un ennemi du peuple », déclare un internaute. Ils mettent en évidence un choc entre diverses conceptions du patriotique mais aussi entre un « patriotisme d'en haut » et un « patriotisme d'en bas », l'injonction étatique suscitant souvent, nous l'avons vu, des réactions de rejet, alors même qu'il y a consensus sur la nécessité de réaffirmer la place de la Russie dans une histoire globalisée de la guerre qui aujourd'hui gomme ou disqualifie son rôle. Mais le champ consensuel est étroit et à cet égard l'échec commercial de Soleil trompeur 2 est aussi emblématique que paradoxal : N. Mikhalkov, dûment soutenu par les autorités, est celui qui reconstitue, contre lui, l'unité ; il a réussi à irriter les deux grands groupes de spectateurs que nous avons esquissés, les uns étant heurtés par ses choix narratifs, les autres par ses choix esthétiques.

Néanmoins par-delà les sensibilités idéologiques et artistiques, il existe au moins une convergence : la fonction didactique dévolue à ces films. Attente qu'illustre bien le commentaire « Beaucoup de sang, peu de sens ». Les films sur la guerre ne sauraient être de simples films d'action. Ils doivent contribuer à incarner des valeurs, les transmettre, assurant une communauté intergénérationnelle, les jeunes communiant avec les aïeux, dans la reconstitution d'une collectivité-patrie, par-delà leurs aînés qui eux, continuent à se déchirer sur ce que dit la guerre du passé soviétique.


Myriam Désert



source:
pipss.org

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