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 La Marine Sovietique (2012)

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naga
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MessageSujet: La Marine Sovietique (2012)   Mar 21 Aoû - 14:05


La marine Soviétique en 1941

Lorsque la seconde guerre mondiale éclate en septembre 1939, la marine soviétique est en cours de constitution: Le plan de 1933 succède au plan quinquénal de 1926. Elle part pratiquement de rien: Depuis 1917, les unités de la flotte Tsariste se voient immobilisés dans les ports ou désactivés. La guerre civile que se livrent blancs et rouges n'améliore rien, et les matelots comme les ouvriers des chantiers navals prennent les armes dans l'un des deux camps. En 1921, l'URSS naissante en émerge avec une situation économique catastrophique, des infrastructures détruites, un manque de personnel compétent. Les cadres de la flotte, fidèles au Tsar pour la plupart, ont disparus dans la tourmente. De cette flotte impériale, la troisième au monde en 1905, avant Tsushima, il ne reste rien, que des épaves ou des coques inachevées... et quelques unités en Baltique, qui sans entretien ni personnel depuis des années, sont plus des épaves à flot que des unités mobilisables.

En 1921, le parti décide de reconstituer une flotte, en comptant des unités existantes en relatif bon état, étant donné le temps que prendrait pour rendre opérationnels les chantiers dévastés. Le bilan est fait des unités à conserver. Et il est lourd: Plus de 75% des navires survivants encore à flot sont dans un tel état et d'une telle ancienneté, que l'on décide de les envoyer à la casse, notamment en Allemagne. Mais les efforts portent leurs fruits et en 1922, en se concentrant sur les unités de valeur, on parvient à mettre sur pied une "flotte" de la baltique comprenant 1 cuirassé ( classe Marat ), 1 croiseur, 8 destroyers et 9 submersibles; mais également 1 croiseur, 2 destroyers et 2 submersibles pour la mer noire.

En 1926, avec la remise en fonctionnement des chantiers, 2 autres cuirassés peuvent être remis en service, de même qu'1 croiseur, 13 destroyers, 14 submersibles. Le plan de reconstitution de la flotte marchande avait été entamé en 1925 et on se préparait naturellement à faire de même pour la flotte soviétique. Approuvé en novembre 1926, ce plan quinquénnal prévoyait la construction de 12 submersibles, 18 gardes-côtes, 36 VLT, ainsi que la modernisation de deux croiseurs, 4 destroyers et quelques autres unités. Ce plan fut révisé en 1929, avec l'autorisation de construction de trois destroyers lourds, 10 submersibles, 16 VLT et deux monitors fluviaux. La refonte des trois cuirassés et d'un croiseur était également à l'étude. Le second plan quinquénnal de 1933 commençait un virage alors même que la stratégie de défense navale, comptant sur un grand nombre de submersibles et de vedettes lance-torpilles, de gardes-côtes et de monitors fluviaux, avaient les faveurs de l'état-major. Ce plan mettait l'accent sur les submersibles, dont 355 étaient programmées, de même que 194 VLT et 4 monitors fluviaux, mais aussi 10 destroyers lourds conducteurs d'escadre et 20 destroyers. Il fut remanié pour s'établir finalement à 155 submersibles, 248 VLT, 49 destroyers et 9 conducteurs d'escadre, mais aussi 4 croiseurs lourds.

Techniquement, les soviétiques étaient très demandeurs de conseils et d'aides d'ingénieurs Français, Allemands, Anglais, et surtout Italiens. ces derniers conçurent intégralement, à défaut de les construire, les premiers croiseurs soviétiques modernes (Kirov), apportèrent leur savoir-faire sur la nouvelle classe de destroyers (Gnevnyi), et délivrèrent pour son compte le destroyer lourd Tashkent. Les Français furent consultés pour la conception des destroyers lourds de la classe Kiev, et les Allemands, sous couvert de leur bureau installé à la Hague, étudièrent des designs qui furent repris par les Russes pour leurs sous-marins, construisant même les premières unités de la série IX.

Le troisième plan quinquénal de 1938 était de loin le plus ambitieux, sous la direction personnelle de Staline, plus soucieux que jamais de donner à l'URSS une stratégie maritime passant de défensive à résolument offensive. Les tenants de la stratégie de défense au sein de l'amirauté ne se faisaient plus entendre... Les purges étaient passées par là. En fait, Jusqu'en 1943, ce plan prévoyait pour la première fois des cuirassés et croiseurs de bataille rapides, de ceux qui seront programés et construits peu après la conférence navale de londres en 1936, mettant fin au moratoire initié à Washington. Il s'agissait exactement de 19 navires de ligne, 20 croiseurs, 18 destroyers conducteurs d'escadre, 145 destroyers, 341 submersibles, 514 VLT, et 44 monitors fluviaux. Ces chiffres furent réduits par la suite, et afin de pallier le manque de crédits, les classes étaient standardisées, en vue de simplifier la production.


Navires de ligne:

Les forces soviétiques pouvaient compter en 1941 sur trois cuirassés dreadnoughts complètement reconstruits et modernisés, les Gangut ( Octyabrskaya Revolucya ), une solution économique à laquelle auront recours toutes les nations. En effet, en 1941, le nombre de nouvelles unités du type "super-dreadnought" ou cuirassé rapide, en service dans le monde était assez limité. Traité de Washington oblige. A l'époque où ce dernier était signé, la Russie en était naturellement exclue, étant encore en plein chaos. Ce fut ensuite le manque de budgets et d'infrastructures qui l'empêcha de se lancer dans ce type de projet. Mais à partir de 1935, l'Union Soviétique avait enfin la volonté et les moyens de concevoir de nouveau des navires de lignes. Aucunement bridée par un traité qu'elle n'avait jamais signée, elle était donc totalement libre de constituer une flotte sans limites de tonnage et des unités individuellement bien au-delà des standards de l'époque. Mais tel ne fut pas le cas.

L'URSS avait prévu ses navires de ligne, assez tardivement ( voir plus loin ). La flotte aurait pu être renforcée des vieux dreadnoughts Imperatritsa Mariya ( ancien nom Tsariste, lancés en 1913-14 ), mais des trois unités de la classe, seul le Volya survécut à la grande guerre, entra dans le camp des "blancs" durant la guerre civile et fut désactivé en 1925 et démoli en 1936, sous contrôle Français. Le grand cuirassé imperator Nikolai I, entamé en 1915, lancé en 1916, fut capturé incomplet et démoli par les Allemands pour éviter qu'il ne tombe aux mains des "rouges" en 1919. Les quatre puissants croiseurs de bataille de la classe Borodino, auraient également dû entrer en service en 1917-18, mais furent tous démolis annulés à cause de la révolution et démolis en 1923, sauf l'Izmail, sur lequel on continua à travailler quelques temps, et qui fut démoli, alors pourtant presque terminé, en 1931.

Premiers projets: Les cuirassés de la classe Sovietskiy Soyuz: Ces trois unités mises sur cale en 1938 et 1939 au titre du premier plan restèrent inachevées du fait des hostilités. les coques furent démolies dans les années 40. Les croiseurs de bataille de la classe Kronstadt, mis en chantier en 1939, n'étaient guère plus avancés.

Seconds projets: Au titre du plan de 1943-47, et revu pour le plan de 1950-56, les trois grands croiseurs de bataille de la classe Stalingrad, vit leur construction reportée aux années 50 et finalement furent démolis, priorité ayant été donnée à des navires plus raisonnables et modernes après la mort de Staline.

-Croiseurs:

En 1941, la flotte comprenait 8 croiseurs, les plus anciens étant le Komintern (ex-Pamiat Merkurya, 1904), navire-école; l'Aurora très célèbre, car avant d'avoir été conservé comme musée flottant de la révolution à partir de 1948, il fut remis en service en 1923, en tant que navire-école des cadets jusqu'en 1931, et resta en rade à Leningrad, jusqu'à l'invasion, bombardé par la Luftwaffe puis sabordé pour éviter d'être capturé. Il fut renfloué en 1944 et réparé, remis dans son état initial de 1917. Il est toujours visitable et constitue l'une des attractions touristiques Kitsch de Leningrad aujourd'hui.

Plus récents et donc de valeur militaire plus évidente, les croiseurs de la classe Svetlana, construits à partir de 1913 et d'une première classe qui devait comprendre 6 unités, subit les vicissitudes du conflit et seules les trois unités les plus avancées entrèrent en service, le Chevronya Ukraina (ex-Admiral Nakhimov) en 1927, le Krasny Krim (ex-Profintern, ex-Svetlana) en 1928, et le Krnasny Kavkaz (ex-Admiral Lazarev) en 1932. ce dernier, complètement reconstruit, n'avait plus rien à voir avec les deux autres. Les deux premiers avaient un valeur militaire toute relative de par leur conception surannée.

Les croiseurs les plus efficaces et les plus récents de la marine Russe étaient ceux de la classe Kirov et Maxim Gokiy. les premiers avaient étés construits comme les seconds en Union soviétique, mais leur conception était presque intégralement Italienne. De fait, ils rappellent certains navires de cette marine. Toutefois ils comportent certains particularismes comme l'adoption pour l'artillerie principal de tourelles triples de 180 mm, configuration inusitée ( standard 203 mm - ou 8 pouces, de croiseurs lourds ou 152 mm - ou 6 pouces, de croiseurs légers). Mais par leur tonnage et la comparaison avec des unités plus anciennes, ils entrent dans la catégorie des croiseurs lourds. Les deux Kirov étaient terminés en 1938 et 1940, le Maxim Gorkiy en 1940 et le Vyacheslav Molotov en juin 1941, le 6, presque 15 jours avant l'invasion Allemande (22 juin). Les deux autres unités de la classe, le Kaganovitch et le Kalinin, ne seront prêts qu'en 1943 et 1944. Enfin, les croiseurs de la classe Chapayev, mis en chantier en 1938-39-40, lancés en 1940 pour les premiers, ne seront terminés que bien après la guerre.

-Destroyers:

La flotte soviétique héritait du cheptel impressionnant de la marine Tsariste, dont la lignée des formidables unités dérivées du Novik de 1904, à l'époque le destroyer le plus puissant du globe. En réalité pratiquement toutes les unités anciennes avaient étés perdues dans la tourmente de la guerre civile. Toutefois, la flotte remit en état un certain nombre d'unités: En 1941, elle pouvait compter sur quelques navires de la classe Donskoi Kazak, ainsi que d'autres destroyers pré-Tsushima ( reclassés comme canonnières ) et 16 de la classe Novik. Les derniers dataient de 1914-16, les premiers de 1904.

Les destroyers lourds en service en 1941 étaient aussi appelés "conducteurs d'escadre", et il s'agissaient d'unités de fort tonnage et et grande puissance dans leur catégorie, parfois assimilés à des croiseurs légers. Il s'agissait des 6 unités de la classe Leningrad, et du Taschkent. Ce dernier, contemporain des Kirov, était également conçu par les Italiens, mais il fut même construit en Italie, à Livourne. Il fut salué comme étant le plus "beau" navire de guerre de l'époque. D'autres destroyers lourds du même modèle que le Taschkent devaient êtres produits en URSS, les Kiev, mais il restèrent inachevés.

La plupart des destroyers standard étaient les unités du plan de 1936, de la classe Gnevnyi, qui comprendra 31 unités, et ceux de la classe Storozhevoi (20 unités), et l'unique Opytnyi. La classe Ognevoi était beaucoup plus moderne, mais les unités furent lancées en 1940, dont deux terminées en 1944 et les autres en 1945-48. Cette classe devait comprendre un premier groupe de 24 unités, mais il semble que seules 14 aient vu le jour.



Submersibles:

Les stratèges de l'amirauté soviétique envisageaient une forme de défense navale proche des théories Françaises de la jeune école, comprenant peu d'unités lourdes mais beaucoup de vedettes lance-torpilles, de mouilleurs de mines, de submersibles et de gardes-côtes.

La flotte de submersibles Russes en 1941 était la plus importante au monde, devant l'Allemagne. Elle se classait en trois catégorie, les océaniques, les moyens (côtiers), et les légers (côtiers). Il y avait en outre des effectifs anciens en service, les 4 de la classe AG (1916-23), d'origine américaine, et le Bezbozhnik, un ancien submersible Britannique de la classe L, coulé par des destroyers "rouges" à Konstadt, puis capturé et remis en service en 1931.

Les plus anciens "croiseurs" étaient ceux de la série I, comprenant 6 unités (1928-29), suivi par la série II (6), la série XI (6), la série XIII et XIII bis (7 et 6). Ces derniers, assimilés en une seule grande classe "L", mouilleurs de mines furent terminés peu de temps avant, pendant ou après l'invasion. La série IV (1934) était une expérimentation malheureuse de "submersibles d'escadre", comprenant 3 unités, la série XI, d'océaniques du modèle standard (38 unités), et la série XIV (12), la dernière de ces grandes classes, achevée durant la guerre.

Les submersibles côtiers moyens ( classe générale Schch ), comprenaient les 4 unités de la série III, les 40 de la série V,V bis et V bis-2, les 33 de la série X et les 12 de la série X bis ( terminés durant la guerre ). La flotte de submersibles côtiers légers ( classe générale M ) comprenait les 50 de la classe VI et VI bis, et les 50 de la classe XII et XII bis dont les derniers entrèrent en service en 1942. Les unités de la série XV était entrés en service bien après l'invasion Allemande, les 3 premiers en 1941-42, et 3 autres après la guerre.

-Divers:

En 1941, la flotte Russe alignait un grand nombre de frégates garde-côtes, navires légers mais puissants: Il s'agissait des classes Yastreb (Cool, Albatros (12), Dzerzhinsky (2), Uragan (18) et Rubin (4). Ces derniers étaient apparentés aux dragueurs de mines côtiers de la classe Tral. Cette classe comprenait 48 unités, dont les dernières étaient en service juste au moment de l'invasion Allemande. les Russes disposaient aussi de 4 unités ex-lituaniennes capturées (T297), de vieilles unités comme l'Amur, les Minrep, Kluz et Udarnik, et le moderne T301. Suivront les navires du type T371, mais ces derniers n'entrent en service qu'à partir de 1943, et leur série se poursuivra jusqu'en 1956 à hauteur de 250 unités.

Elle mettait en ligne également des canonnières, les plus vieilles étant le Krasnoye Zamya, reconstruit, et 3 monitors fluviaux de la classe Shkval. Il y avait aussi le Korall, ex-lithuanien, intégré en juin 1941, les monitors fluviaux de la classe Udarnyi (2), Zheleznyakov (6), et les 1124/1125BKA et MBK, armés de tourelles de chars standard et dont 85 étaient en service en juin 1941, 68 en cours d'achêvement, et 110 rapidement terminés, au grand total 270 jusqu'en 1945. Des mouilleurs de mines étaient également parmis les effectifs, dont le Marti, ancien yacht impérial Shtandart entièrement reconstruit, et les deux Suurop (ex-estoniens), ainsi que les 2 mouilleurs de filets de la classe Oneya (barges reconverties en 1941). Par ailleurs, leur circulation en Arctique dépendait des quatre brise-glaces armés de la classe Yosif Stalin (1937-39).

Des chasseurs de sous-marins faisaient aussi partie de ses effectifs, les 6 du type MO2 et 80 du type MO4, 17 unités de la classe BO2, plus grands. Un des fers de lance de sa défense côtière était constituée d'une large flotte de vedettes lance-torpilles, les classe Sh4 (52), G5 (292), et D3, les derniers en grande partie construits pendant le conflit, dont une dizaine (sur 139) étaient en ligne en 1941. Les derniers, de la classe Komsomolec, ne seront construits qu'en 1944-45, et affectés contre le Japon.

Bilan ( sur ces bases sujettes à caution ): 44 garde-côtes, 57 dragueurs de mines, 98 canonnières dont 93 fluviales, 3 mouilleurs de mines, 126 chasseurs de submersibles et 400 VLT.

Nombres d'unités en 1941:

Navires de ligne 3
Croiseurs 9
Destroyers 78
Submersibles 240
Divers 830


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naga
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MessageSujet: Re: La Marine Sovietique (2012)   Mar 21 Aoû - 14:06


La marine Soviétique durant la "Grande Guerre Patriotique" ( 1941-45 )

Durant la guerre, la flotte soviétique reçut un certain nombre d'unités de la part des alliés: Le cuirassé Arkhangelsk (ex-Royal Sovereign, classe Resolution) était arrivé en renfort en août/septembre 1944, de même que le croiseur Murmansk, ex-USS Milwaukee, classe Omaha, en avril 1944. L'URSS reçut également un groupe de 8 destroyers ex-Britanniques ex-Américains, les fameux "four-pipers" des séries de 1917-19, sous le nom de classe Dostoinyi. 4 destroyers Roumains furent capturés par les Russes et intégrés en 1944 à la flotte de la mer noire. Il s'agissait des Letuchyi, Likhoi, Logkiy, Lovkiy, ex-Regele Ferdinand et Regina Maria, Marasti et Marasesti, de même que trois submersibles Roumains (S3, 4 et TS4 ex-Requinul, Delfinul, Marsuinul.). Elle intégrera à la flotte 4 autres submersibles ex-Lettons et ex-Estoniens (Ronis, Spidola, Kalev, Lembit), et reçut 4 submersibles Britanniques de la classe S et U, portant le nom de V1 à V4.

Des unités plus modestes furent également transférées, 28 escorteurs classe EK1 (ex-américains, classe Tacoma) en 1945, pour le front du Pacifique; 34 dragueurs de mines T111 (ex-américains, classe Admirable), dont 10 en 1943 et les autres en 1945; 15 dragueurs de mines côtiers ex-Britanniques en 1944-45; 43 dragueurs de mines légers (ex-classe YMS, américains) en septembre 1945, auxquels s'ajoutèrent les VLT de type Vosper (Britanniques, 90 délivrés en 1944-45), Higgins (Américains, 43 livrés entre 1943 et 1945), et Elco (Américains, 60 livrés en 1944-45, 202 autres livrés dont 53 en tronçons et pièces détachées). Les Américains livrèrent en outre à l'URSS 138 chasseurs de submersibles des classes SC, OTC et RPC à partir de la mi-1943.

Durant le conflit, les constructions gourmandes en hommes, comme celle des unités lourdes, cuirassés, croiseurs, furent abandonnées ou reportées, et les unités légères eurent la priorité ( d'autant queles grands ports, du côtés Occidental en majorité, furent très vite capturés lors de l'avance Allemande ): Outre les croiseurs Kalinin et Kaganovich (classe Gorkiy) suffisamment avançés pour être terminés, il y eut aussi deux destroyers de la classe Ognevoi, quelques submersibles de la classe Schch, M et K. Elle construisit également des dragueurs de mines de haute mer, de la clase Polukhin ( 6 unités entre 1942 et 1945 ), et les côtiers de la classe T301, 145 unités au total, 250 après la guerre. A la fin de la guerre, une vingtaine de VLT du type Komsomolec furent également délivrées pour affronter le Japon, 15 chasseurs de submersibles de la classe BO2, une vingtaine de monitors fluviaux de la classe MBK, un millier de vedettes légères de draguage de mines classes R, K et MSV, KM4 et KM5, ainsi qu'une centaine de vedettes de patrouille de la classe PK et MKM.

Toutes ces unités prirent une part active au conflit, et ce malgrés le caractère principalement terrestre des opérations, car les monitors fluviaux étant l'une des cartes originales de l'arsenal Russe avec les trains blindés.

De nombreuses pertes furent à déplorer, aussi bien en mer noire qu'en Baltique, et surtout en Arctique où les U-Bootes faisaient un carnage, et ce malgré l'escorte considérable allouée aux transports d'armement et de ravitaillement vitaux pour l'URSS consentis à partir de 1942. Ces pertes concernent aussi bien les submersibles que les destroyers (plus d'un tiers), et des unités lourdes comme le cuirassé Marat, victime de la Luftwaffe, comme le croiseur Chervona Ukraina. La majeure partie de la flotte Russe fut victime de forces terrestre, parfois de l'artillerie sur rail ou tractée mise en oeuvre par la Wehrmacht, et servant elle-même d'appui-feu des places-fortes de la mer noire comme Sébastopol, ou de la Baltique comme Leningrad. Le paradoxe de cette guerre était comme pour la campagne de France, l'inutilité d'une flotte dans les opérations principales de défense. Les seules unités massivement déployées et au contact direct de l'ennemi furent ainsi des centaines de canonnières fluviales blindées ( Sur la Volga, la Dvina, l'Amur et le Prut occidental, le Dniepr et le Don. ).

Les alliés critiquèrent vivement l'inefficacité ou pire, l'inaction des forces navales soviétiques présentes en Arctique. Les convois de Mourmansk et Arkhangelsk n'étaient en effet escortés que par des bâtiments Britanniques qui devaient en principe passer le relai à des unités Russes arrivées à mi-chemin. Or, pas plus la marine que l'aviation Russe, n'ayant aucune coordination et leurs initiatives individuelles freinées par une bureaucratie pesante, ne se montrèrent à la hauteur de leur tâche en face de la Kriegmarine et de la Luftwaffe opérant depuis leurs bases de Norvège. Il n'y eut sur place d'ailleurs que peu d'unités de valeur, ni croiseur, ni cuirassé, pour s'opposer aux navires de ligne et croiseurs Allemands avant le transfert de deux unités transférées au titre de la loi prêt-bail ( portant le nom des ports concernés par ces opérations ). Ces derniers étaient d'ailleurs âgés ( les USA comme la Grande-Bretagne répugnaient à confier aux "rouges", alliés de circonstance, des navires puissants, craignant sans doute de devoir les trouver en face d'eux plus tard ) et leur confrontation avec le Tirpitz ou même aux croiseurs de poche aurait étée sans doute désastreuse. La Royal Navy préférait ne pas aventurer ses unités lourdes par peur de la Luftwaffe, ce qui fait que la défense des convois reposait sur des corvettes, frégates et destroyers, ou d'économiques porte-avions d'escorte.

Quand aux opérations en Finlande, elles reflétaient bien la défense opiniâtre et diablement efficace des Finlandais sur mer: Le golfe de Botnie, et le lac Ladoga entre autres, étaient truffés de champs de mines sur lesquels vinrent exploser un nombre considérable d'unités russes, la marine Finlandaise ayant étée depuis 1939, capturée ou mise hors de combat pour sa plus grande partie. Le 8 août 1945, une courte offensive soviétique se déclencha avec les forces libérées du front occidental et transférées en Orient depuis le mois de Mai. La modeste flotte du pacifique y prit une part active. Le Maréchal Vassilievski engageait contre le général Otozo au Kuangtung plus de 1 200 000 hommes, 5500 chars et 4000 avions avec pour objectif une reconquête de la Mandchourie, de l'île de Sakhaline Nord, des Kouriles et du nord de la péninsule Coréenne, avant que la paix ne soit signée. En quelques jours, elle avança et encercla avec le concours de Tchang Kai chek depuis le sud, le gros des forces Nippones, qui capitulent le 19. Mais la campagne continua encore sur d'autres fronts -( notamment aux Kouriles, jusqu'au 1er septembre, date de la fin de la guerre.).

La singularité des "opérations navales" Russes n'apporta donc qu'un enseignement réduit à l'amirauté pour définir sa politique d'après-guerre. Elles ne firent que confirmer l'attachement à une politique de défense basée en majeure partie sur les submersibles et des unités légères. Il n'y avait que la volonté expresse de Staline pour persister dans une vision classique, voire passéiste des flottes de ligne, tout comme Hitler ou le Duce. La présence d'un porte-avions aurait étée pourtant d'un grand secours afin, ne serait ce que de protéger ses unités, traquer les U-bootes, repousser la Luftwaffe. Le manque d'une véritable aéronavale se fit cruellement sentir: Cette dernière ne se constitua en tant que force de frappe efficace que dans les années 60. Enfin, le développement naval de l'URSS était encore en phase d'accélération en 1945: Lorsque le plan de réarmement arriva à son terme en 1958, la flotte soviétique se hissait au second rang mondial, passant devant la Royal Navy...



Source:
secondeguerre.net


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MessageSujet: Re: La Marine Sovietique (2012)   Mer 22 Aoû - 13:52

Très intéressant sujet que la Marine soviétique. La Marine se trouve dans une situation analogue à celle de la Marine française en 1789. Une marine moderne, bien équipée qui se retrouve du jour au lendemain sans une grande partie de son encadrement et qui souffre des mêmes problèmes d'indiscipline, de manque de formation et surtout du manque de modernisation des ses materiels.
Il ne faut pas oublier que servir dans la Marine impériale était très apprécié par la noblesse russe et qu'une grande partie des officiers ont émigré ou pire ont été tués avec la prise du pouvoir par les bolcheviks et la guerre civile. Ce qui reste ce sont des sous-officiers ou des bas officiers mécaniciens, beucoup moins compétents. Suite à la désorganisation économique ce n'est vraiment que pendant les années 30 que l'URSS commence à reconstituer sa marine, mais très en retard par rapport aux autres marines.
De plus, le facteur géographique est immense, tous les théatres d'operations maritimes soviétiques sont éloignés et il est presque impossible de coordonner une stratégie maritime à cette échelle. C'est la réédition des déboires de la marine impériale russe en 1905 contre le Japon, trop de distance qui empêche de profiter de la supériorité numérique ou technique. En plus, il ne faut pas oublier que aussi bien la Baltiqueque la Mer Noire sont des mers fermées ou la présence d'unités lourdes est difficile et ou, pendant la 2e Guerre Mondiale la supériorité aérienne fera toute la différence.
La Flotte soviétique souffrira aussi durement des purges staliniennes et sur les 5 amiraux de la Flotte en 1937 il n'en restera que 1 seul en 1939. Il ne faut pas oublier qu'un officier de marine ne se forme pas à la va vite, encore moins qu'un officier de l'Armée de Terre et ce manque de qualité de l'encadrement se vera jusqu'en 1945.
La Marine soviétique part donc avec des handicaps très importants en 1941, encore agravés par l'avance allemande de 1941 qui fait perdre quelques bases navales importantes dès le début de la Guerre et ces faiblesses resteront marquées jusqu'en 1945.
De plus et comme le combat engagé est un combat de vie ou de mort, l'URSS arrête toutes les constructions non essentielles pour la victoire et les navires, gros mangeurs d'acier et d'heures de travail, disparaissent des listes de courses très tôt. De toute façon il ne restera que les chantiers navals d'Extrême Oreint en état de marche à la mi 1942, le reste étant endommagé (Kronstadt) ou carrément détruit ou aux mains des allemands (Sébastopol ou Nikolaev).
Il y a pourtant d'intéressantes opérations navales soviétiques entre 1941 et 1945, même si à petite échelle.

Cordialement
Mathias
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