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 Jean Gabin (2012)

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naga
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MessageSujet: Jean Gabin (2012)   Jeu 27 Sep - 12:20


La 2e Division Blindée a compté dans ses rangs bon nombre de personnages qui étaient ou deviendront célèbres après la guerre. L'un des plus connus est très certainement Jean Gabin.

Il est né le 17 mai 1904 à Paris. A l'âge de 20 ans, il effectue son service militaire dans le bataillon de fusiliers marins à Lorient. Afin de pouvoir être aux côtés de sa compagne de l'époque, il l'épouse et se retrouve basé au Ministère de la Marine à Paris.
En 1939, il est rappelé comme quartier-maître et envoyé à Cherbourg. Il divorce et épouse une autre femme. En 1941, il parvient à quitter la France pour rejoindre les Etats-Unis, en passant par l'Espagne et le Portugal. C'est aux Etats-Unis qu'il fait la rencontre d'une femme qui marquera toute sa vie : Marlène Dietrich.

La France lui manque et il désire se battre pour elle. Il se rend à New-York afin de pouvoir rejoindre les Forces Françaises Libres, ce qui lui est refusé, on préfère le voir au cinéma plutôt que dans des unités combattantes ! Ne baissant pas les bras, il part rencontrer le représentant des Forces Navales Françaises Libres et lui exprime son souhait de rejoindre. Il embarque sur l'escorteur ELORN, qui accompagne des convois de cargos et de pétroliers jusqu'à Alger. Il est chef de pièce antiaérienne de 40mm. Une fois arrivé à Alger, il souhaite débarquer de l'ELORN pour intégrer une unité de combat. Il rencontre Louis Jacquinot, Ministre de la Marine qui veut le faire entrer au centre artistique de la France Libre d'Alger, il refuse catégoriquement, et émet le souhait de rejoindre le centre Siroco. Il est finalement accepté. Il aura en charge la formation des jeunes recrues, qui se souviendront de son instruction, menée à la dure !

Marlène Dietrich viendra le rencontrer rapidement à Alger, en uniforme de WAF, elle partira ensuite sur le front Italien pour y rencontrer la 1ere DFL.

Jean Moncorgé apprend qu'un bataillon va être transformé pour devenir le Régiment Blindé de Fusiliers Marins, qui sera ensuite rattaché à la 2e Division Blindée du Général Leclerc. Il souhaite rejoindre cette unité en formation, mais trop tard, l'unité part pour l'Angleterre sans lui. Il obtiendra la possibilité de suivre une formation de conducteur de char. Il embarque alors sur le croiseur GLOIRE à destination de Brest. Une fois arrivé, il rejoint Paris où il y retrouve Marlène Dietrich.






En décembre 1944, par hasard dans un bar, il fait la connaissance d'un lieutenant-Colonel, qui n'est autre que MASSU, il passe la nuit ensemble à boire et écumer quelques bars parisiens (le général Massu se souviendra de cette nuit !). Il rejoint le RBFM en janvier 1945. Il est intégré au 2e Escadron (Enseigne de Vaisseau Gelinet), 2e Peloton comme Chef de Char du TD SOUFFLEUR II (le SOUFFLEUR ayant été détruit quelques jours avant.


L'équipage du SOUFFLEUR II est le suivant :
- Chef de Char : Jean Moncorgé
- Conducteur : Quartier Maitre Legendre
- Tireur : Matelot Gonidec (dit gogo)
- Aide-conducteur : Matelot Thiebault
- Aide-Canonnier : Quartier-Maïtre Chevalier












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naga
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MessageSujet: Re: Jean Gabin (2012)   Jeu 27 Sep - 12:33

En février 1945 il participe à la réduction de la Poche de Royan. Il cantonnera ensuite au Château de Bouges avant de partir pour la campagne d'Allemagne, qui le mènera jusqu'au Nid d'Aigle d'Adolf Hitler à Berchtesgaden.
C'est en Allemagne qu'il retrouve Marlène Dietrich, maintenant Capitaine, qui viendra l'embrasser sur son char lors d'une prise d'armes pour le Général de Gaulle. De retour en France, il demande à être démobilisé, ce qui sera effectif en juin. Il ne participera pas au défilé de la Victoire sur les Champs Elysées, mais verra passer sous les fenêtres de l'hôtel Claridge l'intégralité du RBFM et plus particulièrement son char, le SOUFFLEUR II.


À la fin de la guerre, il est décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre. En juillet 1945, âgé de 41 ans, le « plus vieux chef de char de la France Libre » est démobilisé et revient au monde du spectacle avec des cheveux blancs. Toute sa vie, il restera très attaché à la marine nationale et proche de celui qui fut son chef, le vice-amiral Gélinet et sa famille.


Jean Gabin s'éteint le 15 novembre 1976. Incinéré, ses cendres seront dispersées au large de Brest depuis le pont de l'aviso DETROYAT.


En août 2007,dans la commune de Voisins-le-Bretonneux, 78,une magnifique restauration d'un Tank Destroyer M10 aux couleurs du RBFM et portant le nom SOUFFLEUR II etait la; cette inauguration était un moment tout particulier, car était présent le fils de Jean Gabin, Mathias Moncorgé.












Source:
rbfm-leclerc.com



Dernière édition par naga le Jeu 27 Sep - 12:41, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Jean Gabin (2012)   Jeu 27 Sep - 12:35






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MessageSujet: Re: Jean Gabin (2012)   Jeu 17 Jan - 4:40

Gabin 1939


Lorsque Jean Gabin s'engage dans la guerre, il en connaît les risques et de son propre aveu il a peur des combats et horreur du feu et de l'électricité. Il sera pourtant chauffeur de tank. Dans un milieu du cinéma français plutôt frileux à prendre les armes, Gabin fera preuve d'une grande force morale en bousculant sa nature, pas spécialement casse-cou. << Les Allemands vont prendre la pâtée, la France sera libérée. Alors, je ne me voyais pas débarquer sans avoir personnellement rien fait pour çà. Voilà pourquoi je suis parti la faire, cette putain de guerre, et la trouille au ventre en plus*...>>

Cet engagement sincère sera paradoxalement payé aux prix fort: après la paix, Jean Gabin mettra des années à revenir dans le cinéma. Les années de guerre vont révéler "l'homme" Gabin... et presque briser sa carrière professionnelle! Sorti de cette aventure avec des cheveux blancs et la conscience tranquille d'avoir fait son devoir, le comédien ne sera plus jamais le héros du "réalisme poétique".


Gabin et Michele Morgan "Remorques"





En avril 1939, un sondage de popularité des acteurs, met Gabin en tête, devant Fernandel, Jouvet et Raimu. De 1936 à 1939 il a tourné une série de films éblouissants avec les plus grands réalisateurs de l'époque (Renoir, Carné, Duvivier, Grémillon). Pépé le Moko, La Grande Illusion, La Bête Humaine, Quai des brumes, Le jour se lève, font notamment de Gabin l'acteur le plus demandé en France. Son charme de tendre voyou, il le tient d'un physique de prolétaire viril, adouci par ses yeux bleus très clairs et sa voix gouailleuse.

Le 3 septembre 1939, les sirènes de Brest, annonçant la mobilisation générale, surprennent Jean Gabin et Michèle Morgan sur le tournage du film Remorques de Jean Grémillon. Gabin-Morgan, c'est le couple idéal du cinéma français. Ils se sont connus en 1938 avec Quai des brumes, mais leur liaison amoureuse date seulement du début de l'année 1939. Gabin est mobilisé comme fusilier-marin à Cherbourg. Tout de suite, son statut de vedette du cinéma le distingue. Ses supérieurs militaires ne le voient pas soldat au milieu des conscrits ordinaires. Ils lui proposent plutôt de participer au théâtre des armées. Réaction et refus de Gabin: << Faire le guignol devant des types pour leur remonter le moral avant qu'ils montent au casse-pipe, très peu pour moi*...>>

Pendant la "drôle de guerre", Gabin reste réquisitionné à Cherbourg: << Ce n'est pas que j'avais tellement envie d'y aller à la riflette, mais enfin, pourquoi avoir déclaré cette guerre aux Teutons si c'était pour rester là, à faire les andouilles? Ca ressemblait à une blague, mais j'ai jamais pensé qu'elle se terminerait par une course à pied, à cheval et en voiture, direction le Midi...*>> Il obtient une permission en mai 1940 pour finir à Paris le film Remorques où il retrouve Michèle Morgan. Le couple vit alors ses derniers moments de bonheur. La guerre va précipiter leur rupture qui semblait inévitable. Avec ses 20 ans, Michèle Morgan se sent trop jeune pour poursuivre longtemps une relation avec un homme marié de 35 ans, même s'il s'agit de Gabin "gueule d'amour". L'attaque éclair des Allemands en mai, empêche Gabin de rejoindre son régiment à Cherbourg. C'est la débâcle et Gabin fuit Paris avec sa femme. Leurs relations sont devenues très mauvaises et Gabin va profiter d'un gigantesque embouteillage de réfugiés avant Toulouse pour la quitter définitivement! Piquant sûrement une de ses colères légendaires, il s'enfuit à pied avec son seul accodéon, abandonnant femmes, voiture, bagages et son lingot d'or sous le siège auto.

Sur la Côte d'Azur, il vit chez des amis. Tous les artistes cherchent à se regrouper et à fuir vers les Etats-Unis ou l'Angleterre. Il faut une raison professionnelle pour quitter le pays et c'est Vichy qui accorde les autorisations de sortie du territoire. Commentant cette période, Gabin déclare: << Attendons, comme l'a judicieusement demandé le Maréchal Pétain, des jours meilleurs!! Mais qu'attend-on pour repasser les fumiers qui nous ont mis dans ce Pétain-pétrin? >>*. Il va refuser, au contraire de nombre d'acteurs français, les offres de la firme allemande Continentale de tourner des films à Paris. Il est opposé au gouvernement qui s'est installé à Vichy. D'ailleurs, ses films d'avant-guerre, traversés par l'esprit du Front Populaire, sont interdits de projection en France. Ils sont désignés par le régime de Pétain comme l'exemple d'oeuvres responsables de la défaite française!

Avant lui, de nombreux réalisateurs (René Clair, Duvivier, Lazareff, Renoir...) et acteurs (dont Michèle Morgan) ont émigré aux Etats-Unis. En février 1941, Jean Gabin se décide à traverser l'Atlantique. Il provoque surprise et hilarité en débarquant à New York avec un vélo et son accordéon...


Michel Vigourt
Vie culturelle. La Seconde Guerre mondiale n° 6 - 03

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MessageSujet: Re: Jean Gabin (2012)   Jeu 17 Jan - 4:49


A Hollywood, il signe un contrat avec la Fox et doit apprendre l'anglais "à l'oreille" car il n'aime guerre l'étude. Il y retrouve de nombreux acteurs français: Marcel Dalio, Jean-Pierre Aumont, Charles Boyer et Michèle Morgan avec qui il a maintenant une relation de tendresse. Mais décidément, Gabin ne peut pas avoir une vie sentimentale discrète: il entame une liaison avec Marlène Dietrich.








Celle-ci a fui l'Allemagne et va combattre le nazisme avec vigueur: elle accueille et aide les réfugiés juifs, elle apporte son soutien aux soldats. Le couple s'entend bien car si Marlène a une réputation scandaleuse et fréquente les soirées de star, elle se montre très simple et chaleureuse dans le privé. Gabin, assez perdu aux Etats-Unis, apprécie chez sa compagne ses origines européennes et les soirées à deux autour d'un bon petit plat français. Lorsque Marlène sort, il préfère "gamberger" seul. Rapidement Gabin s'ennuie à Hollywood. Il déclare un jour à Marcel Dalio, au bord de sa piscine, après un long silence, << [i]quand même... c'est beau une vache! >>*. Il rêvait de son retour en France.

Fin 1942, alors qu'il a tourné deux films aux USA, il veut s'engager dans les Forces Françaises Libres: << Je ne pouvais pas rester les mains dans les poches, continuer à faire des grimaces devant une caméra en étant payé en plus, et attendre tranquillement que les autres se fassent descendre pour que je retrouve mon patelin >>*. Il se heurte à nouveau aux réticences de l'armée qui l'envoie d'abord tourner un film de propagande en faveur de la France Libre (L'imposteur de Duvivier). Gabin revient ensuite à la charge et obtient enfin, en avril 1943, d'embarquer comme officier d'armes à bord de l'escorteur Elorn. Il s'agit de d'accompagner des pétroliers jusqu'à Alger. Son convoi sera la cible des avions de la Luftwaffe et il tremble de peur au milieu des flammes: << Quand les bateaux coulaient autour de moi... ce n'était pas du cinéma >>*.

Au printemps 1943, Gabin retrouve Alger bien différente de lors du tournage de Pépé le Moko, en 1936. La ville blanche grouille de politiciens de tous bords et de partisans gaullistes. Les Américains sont omniprésents et préparent le débarquement en Italie. Après avoir à nouveau refusé de faire le "clown" au théâtre des armées, Gabin est affecté comme instructeur au centre Sirocco, l'école des fusiliers-marins. Il voudrait bien faire oublier son statut de vedette de cinéma afin d'obtenir une place dans le combat en Europe. Cette volonté de discrétion est mise à mal avec le passage de Marlène Dietrich à Alger, qui en profite pour aller embrasser son Français préféré. L'actrice, très engagée contre les nazis, retrouvera ainsi Jean Gabin à plusieurs moments de la guerre (à Alger, puis en Alsace et en Allemagne).

Les visites de la star américaine à Gabin, soldat peu gradé, ne passent pas inaperçues et provoquent une violente jalousie de la part de ses supérieurs militaires. Si l'acteur français est gêné par ces effusions publiques, leurs retrouvailles sont heureuses et ils échangeront une correspondance importante jusqu'à la fin de la guerre. Marlène Dietrich fera preuve aussi d'un grand courage en participant à toutes les étapes de la reconquête de l'Europe: considérée comme une traîtresse en Allemagne, elle risquait la mort si elle avait été arrêtée.

Après avoir failli une première fois suivre la 2e DB en France, Gabin enrage de rester coincé à Alger. A force d'insistance, il obtient de suivre une formation de conducteur de tank. Il revient ainsi en France à l'automne 1944 par Brest, pour participer ensuite aux combats en Lorraine comme chef de char "Souffleur II".
En février 1945, Jean Gabin retrouve Paris le temps d'une permission. Emacié, les cheveux blanchis, il entend des commentaires dans le métro: << Tiens c'est Gabin, il a pris un sacré coup de vieux >>. Peu de gens savent qu'il s'est engagé activement dans la guerre et l'acteur, modeste et pudique, ne se vante pas de ses faits d'armes.
Il découvre avec dégoût les règlements de comptes dans le milieu du cinéma parisien. Beaucoup d'acteurs et de réalisateurs ont continuer à tourner pendant la guerre, s'inquiétant plus de leur carrière que de libérer la France.

Engagé pour toute la durée de la guerre, Gabin est envoyé, en avril 1945, avec son unité pour libérer les Résistants FFI assiégés depuis des mois dans Royan. Enfin, il participe avec la 2e DB aux batailles sur le Rhin et en Allemagne jusqu'à la capitulation du IIIe Reich


Démobilisé en juillet, il rentre en France où il est décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre. Refusant de participer au défilé du 14 Juillet sur les Champs-Elysées, il le regarde de la fenêtre de l'hôtel Claridge:
<< J'étais donc aux premières loges pour assister à la parade militaire et j'ai évidemment vu passer mon char "Souffleur II". A sa tête il y avait mon second, Le Gonidec, qui avait l'air content d'être là. C'était con, mais j'ai pas pu m'empêcher de chialer...>>*


Michel Vigourt
Vie culturelle Seconde Guerre mondiale n° 6 - 03





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