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 Noirmoutier/Fromentine 1944

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naga
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MessageSujet: Noirmoutier/Fromentine 1944   Sam 1 Déc - 3:29


Temoignage


Les Allemands sont arrivés sur l'île de Noirmoutier le 20 Juin 1940. Jusqu'en 1942, les Noirmoutrins sont tranquilles. Les Allemands gardent le passage du Gois côté île et côté continent, mais de façon bon enfant. Ils ne se sentent pas menacés, pour eux tout va bien. Mais arrive le 28 Mars 1942 et " l'Opération Chariot" mené par un Commando Britannique sur Saint-Nazaire.

A partir de là, les Allemands s'énervent: ils se rendent compte que Noirmoutier est une presqu'île à marée basse. L'ennemi pourrait alors être tenté d'y organiser un débarquement partiel. De plus, le nord de l'île se trouve devant l'embouchure de la Loire, quasiment en face de Saint-Nazaire, grand port de l'Atlantique d'une part, mais surtout base sous-marine de la Kriesmarine d'autre part !

Pour les Noirmoutrins, c'en est fini de leur tranquillité. Désormais, il faut montrer patte blanche pour traverser le Gois. Et puis l'ennemi n'est pas dupe: il sait très bien que la Résistance s'organise sur l'île. Elle est menée par les quatre transporteurs principaux qui assurent le ravitaillement et le transport des voyageurs.

En 1943, une visite inattendue va encore accentuer l'apreté des contrôles: il s'agit de celle de Rommel, venu en tounée d'inspection du mur de l'Atlantique. Et ce que voit le maréchal ne lui plaît pas: les côtes noirmoutrines sont sans défense, notamment la côte nord. Pas pour longtemps. Une ceinture de blockauss est rapidement érigée sur le trois-quart des côtes.









A partir de 1944, les Allemands accentuent la pression. Sortir de l'île devient de plus en plus difficile, d'autant plus que des évadés des camps de travail de la Todt ou des personnes traquées par la Gestapo y ont trouvé refuge. Les courageux transporteurs ont plus d'une fois des sueurs froides en passant au nez et à la barbe de l'ennemi des clandestins cachés sous des bâches, enterrés sous des monceaux de colis, repliés dans le coffre des cars et même pour certains juchés sur le chassis des camions sous la carrosserie! Jean est un spécialiste: il réussit à passer des évadés dans la cabine ou dans des sacs, recouvert de bois scié en courts et petits rondins destinés à l'alimentation de son gazogène.

Avril 1944. Un camion allemand secoué et cahoté sur les pavés du Gois perd deux caisses de fusils lors d'une traversée nocturne. Le lendemain matin, c'est un cantonnier qui découvre les deux caisses contenant chacune douze fusils de la marque belge Hertal. Le danger est trop grand, il décide donc de les cacherdans un trou d'eau. Huit jours plus tard, elles sont repèrées par un pêcheur. Il est grand temps de les sortir de là. Mais comment faire pour les sortir au nez et à la barbe de l'occupant? Jean a alors une idée: il faut organiser une partie de pêche au filet.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Dès le lendemain matin, deux pêcheurs et quatre complices, poussant devant eux une voiturette, passent devant les gardiens indifférents. Arrivés près du trou où sont immergés les caisses, ils mouillent leur filet, récupèrent en douce leur butin et chargent le tout dans la voiturette en les recouvrant d'algues de toute sorte. Retour à l'entrée du Gois ou les sentinelles allemandes n'ont pas bougé. Mais en voici une qui s'approche ... - " Alors pêche bonne ? Gut!" . Julienne, la soeur de Jean, qui les accompagne, n'hésite pas un seul instant: elle grimpe sur la voiturette et s'installe sur le tas de filets et sur les caisses. Mais elle pèse plus de cent kilos et la montée vers la route est difficile...

C'est alors que les deux sentinelles allemandes voyant peiner les gars dans la rampe de sortie, éclatent de rire et vont leur prêter main-forte pour pousser la voiturette, sous les hourras et les merci de Julienne qui bat des mains, mais qui avoura ensuite avoir connu là la peur de sa vie!.
Quant aux fusils, ramenées dans l'île sans encombre, ils resteront bien cachés jusqu'à la Libération.

17 Juin 1944. Les nouvelles du Débarquement sont excellentes. Loin d'être rejetés à la mer, nos Alliés avancent à grands pas, malgré de durs combats et de lourdes pertes. Fernand qui, avec son car, fait la ligne Noirmoutier-Nantes, est chargé de renseigner la population. Aussi, le soir, lorsque le gazogène se gare au terminus, devant le port, il se trouve toujours deux ou trois personnes à l'attendre. On l'aide à décharger le ravitaillement tout en discutant:

- "Alors Fernand quoi de neuf aujourd'hui?
- Je suis bien content, j'ai su que la cousine de ma femme allait bien!
- Ah! Tant mieux! Et elle habite où la cousine de ta femme?
- A Carentan!"

Deux heures plus tard, le bouche à oreilles ayant parfaitement fonctionné, les Noirmoutrins savent que Carentan a été libéré. Il ne reste plus qu'à aller discrètement voir André l'instituteur, qui sur la carte de France de l'école, épingle religieusement l'avancée des Alliés.
Et c'est ainsi qu'en peu de jours, les Noirmoutrins ont appris que le frère de Georges était marié avec une fille de Quinéville et que l'oncle de René qui lui s'appelle Charles était facteur à Bayeux!

Donc tout va bien: Quinéville est libéré et Charles de Gaulle est à Bayeux.
Mais il y a des nouvelles moins bonnes: Le petit Jacques de Caen n'a pas encore été retrouvé, et Mimi cherche toujours son chien dans Cherbourg. Merde! Ca veut dire que Caen et Cherbourg sont toujours aux mains des Allemands.
Le 17 au soir, Jean vient trouver ma mère pour lui demander un coup de main:

- " Camille...Demain je passe les deux derniers clandestins sur le continent. Mais les sentinelles au Gois ont changé. Demain ce ne sera pas nos deux vieux habituels qui seront là, mais deux nouveaux arrogants et fiers. Dangereux quoi. Tu peux m'aider?
- Bien entendu. Que veux-tu que je fasse?
- Les distraire pendant que je passe avec le gazogène.
- Compte sur moi!"

Le lendemain, dès sept heures, Jean passe chercher Camille et son amie Fifine. Il charge les vélos dans le gazo et en route. La marée sera basse vers dix heures, ils vont pouvoir traverser le Gois quasiment à pieds secs. Les deux femmes se serrent dans la cabine du camion. Pas un mot sur les clandestins qui sont cachés là, quelque part. Un kilomètre avant le Gois, et à l'abri des regards indiscrets, Camille et Fifine descendent du camion, enfourchent leur vélo et partent en avant. Camille, avant de descendre, a juste murmuré à Jean:

-"J'ai mon plan. Quoiqu'il arrive, passe et ne t'occupe pas de nous
- D'accord."

Voici le passage. Les deux femmes mettent pied à terre. En effet ce sont deux nouvelles sentinelles, la quarantaine, apparemment très imbu de leur personne.

- " Halt! Papieren! "

( à suivre)

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greg ace
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Sam 1 Déc - 15:20

Pour plus d'infos sur les fortis de l'ile, voir le livre d'Alain Chazette sur le sujet.

greg
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naga
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Dim 2 Déc - 2:18







Fifine montre son permis de circuler la première:

-" Gut ! Vous passer " .

Très bien . C'est au tour de Camille:
- " Ja! Vous passer aussi ! "

Ma mère remet son permis dans sa poche, mais ne bouge pas. L'arrogante sentinelle s'énerve:

- " Vous quoi attendre ? Aller !
- C'est que ... J'avais emporté quelque chose pour les deux gardes qui sont là habituellement.
- Ah ?
- Oui. Ils sont très aimables et je tenais à les en remercier.
- Mais eux partis rejoindre leur unité. Nous là à présent.
- Bon. Et bien puisque c'est vous qui êtes là maintenant, je vais vous donner ce que ..."

Au même instant, un bruit de moteur se fait entendre. C'est Jean avec le gazogène. Il s'arrête à la hauteur de ma mère:

- " Des ennuis Camille?
- Bonjour Jean. Non, pas d'ennuis, simplement j'avais emporté quelques cerises pour les offrir à nos gardes habituels, mais monsieur me dit qu'ils sont partis avec leur unité.
- Et bien laisse-lui tes cerises.
- C'est ce que je vais faire.
- Très bien. Allez à bientôt Camille. Bonne journée messieurs."

Le gazogène repart tranquillement et ma mère, tout sourire, tend un cornet de papier à l'ennemi qui l'entrouve d'un air soupçonneux. Mais non, ce sont de belles cerises bien rouges, et ma mère croit bon de préciser:

- "Elles sont toutes fraîches, cueillies d'hier au soir."

Le fridolin murmure un vague merci. Ma mère enfourche son vélo et rattrape Fifine qui l'attend un peu plus loin. Jean et son gazogène sont déjà à la moitié du Gois. Arrivée à la hauteur de son amie, ma mère lui murmure:

- "Ce soir ... Tu reviendras toute seule
- Quoi ? Mais pourquoi?
- Parce que dans pas longtemps, les frisés vont avoir une dent contre moi ! Et ceux du continent ce soir me laisseront pas rentrer"

Elle refuse d'en dire plus. Direction la ferme du père Alfred à Châteauneuf, là où elles se ravitaillent en beurre.
A l'heure de la marée du soir, Fifine se présente la première au poste de Beauvoir.

- "Ah! Vous rentrer chez vous! Gut! Aller !"
Ma mère est juste derrière.
- " Vous neine! Neine! Mauvaise Française. Vous rester ! Vous peut-être fusillée !"
Il ne reste plus qu'à mettre pied à terre et rester là sans bouger,tandis que l'allemand lui tourne autour:
- "Vous rapporter beurre?
- Oui.
- Et vous où mettre beurre? "

Elle n'a pas d'autre choix que de soulever sa longue jupe, qui en laisse apparaître une autre en-dessous, ornée de trois lourds volants confectionnés dans de la grosse toile. Dans ces volants, il y a ...quarante livres de beurre !
D'un geste brusque, l'ennemi en fait tomber quelques-unes. Il oblige ma mère à les ramasser et ricane:

- " Vous cirer bottes à nous en attendant de partir!
- Mais monsieur, si je ne prend pas le Gois tout de suite, la mer va monter et je ne pourrais plus passer!
- Silence! "

Les larmes pleins les yeux et la rage au coeur, elle se voit obliger de cirer les bottes de l'ennemi avec du beurre qu'elle étale avec ses doigts, puis les lustre avec un coin de sa jupe, sous les ricanements et les quolibets des fridolins.
Mais l'heure tourne. La mer revient et commence à lécher les bords du Gois. L'allemand la relève d'un coup de pied dans le derrière, et lui intime l'ordre de partir. Mais avant qu'elle n'enfourche son vélo, il retire la selle!
Ma mère sait qu'elle ne pourra pas franchir les cinq kilomètres avant que la mer n'ait recouvert la chaussée. Elle va se noyer!

Elle reste là sur le bord de la route, pétrifiée, incapable de faire un pas. Mais l'ennemi devient menaçant. Il lève son arme ... Il va tirer !
Entre mourir noyée ou fusillée, elle h'hésite pas longtemps: elle prend son vélo, inutilisable, et commence sa descente vers la chaussée submersible. Les premières centaines de mètres se font à pieds secs. Mais au bout d'un kilomètre, la mer lui bat déjà les chevilles ... Au deuxième kilomètre, l'eau lui arrive à mi-cuisse. La force du courant l'oblige à lutter pour avancer et avancer encore. Elle se cramponne à son guidon de bicyclette, alourdie par tout le poids du beurre qui reste dans la doublure de sa jupe, et dont elle ne songe pas un seul instant à se débarasser. Elle chante, prie, jure pour se donner du courage. Ah! Voici la balise qui annonce la moitié du trajet ... Encore deux kilomètres et demi à parcourir ... En cet instant, elle se trouve à l'endroit le plus creux du passage. L'eau lui affleure la taille ... Elle lâche sa bicyclette ...
C'est fini.
Un dernier regard vers Noirmoutier, là-bas, loin, trop loin, et tout à coup ... Elle croit voir un point noir qui semble flotter comme un bouchon! Non! C'est pas possible!
Un bateau!
Elle a de l'eau jusqu'à l'estomac. Le point noir grossit, enfle, s'anime. C'est bien une barque à bord de laquelle des bras s'agitent pour l'encourager à tenir bon. Vite! Vite!

- " Alors ma vieille ? T'avais décidé de prendre un bain de pieds ?"
Jean et Fernand ! La première chose qu'elle demande, c'est:

- " Les clandestins?
- A l'abri à Nantes. Sauvés.
- Et bien moi les gars, j'ai sauvé le beurre! "

Fifine, en larmes, les attend près du poste des sentinelles, vide à cette heure, les Allemands ne restant pas sur place à marée haute. Le retour dans le gazogène est joyeux. Mais coincée entre Jean qui conduit et Fernand qui a Fifine assise sur ses genoux, Camille doit s'expliquer:

- " J'ai pensé aux cerises parce qu'hier au soir on en a mangé!
- On a bien compris, mais ça ne nous dit pas pourquoi ils t'ont arrêtée ! T'avais pas mis une grenade sous les cerises tout de même!
- Non bien sûr, mais ..."

Elle se met à rire:

- " Figurez-vous qu'hier au soir, j'ai récupéré toutes les queues et tous les noyaux qui étaient restés sur la table. J'ai tout mis dans un cornet en papier, une dizaine de cerises par-dessus et hop! Le tour était joué !
- Bon Dieu ! Tu aurais pu te faire fusiller!
- J'aurais pu surtout me noyer !
- Heureusement que Fifine nous a prévenu tout de suite. Mais on ne pouvait rien faire tant que les gardes étaient à leur poste.
- L'emmerdant maintenant c'est que je n'ai plus de vélo.
- Camille ! L'emmerdant maintenant c'est que tu ne peux plus sortir de l'île! Tu n'imagines tout de même pas te représenter devant le chleu de garde non!
- Mais comment je vais faire pour aller au ravitaillement ? Qu'est-ce que je vais donner à manger à mes beaux-parents et à mes deux petits ?
- Des cerises!

à suivre
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naga
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Lun 3 Déc - 1:32



8 août 1944. Camille qui a récupéré un autre vélo ( et volé la selle d'un Italien par la même occasion ! ) décide de retourner sur le Continent pour le ravitaillement. Seulement, pas question de sortir de l'île par le Gois. Le docteur de Noirmoutier lui conseille alors de passer par la Fosse, pointe extrême sud de l'île. Là, Francis et ses deux bons vieux marins assurent, quotidiennement, au nez et à la barbe des Allemands, la liaison La Fosse-Fromentine par le Goulet.
Accompagnée de Fifine ( qui dit toujours - " Je meurs de peur, mais pour rien au monde je ne raterai ça ! " ) elle enfourche son vélo et direction La Fosse et l'estacade, à côté de laquelle Janine tient une buvette. Mais dès leur arrivée, elles trouvent Francis inquiet. C'est que les nouvelles ne sont pas bonnes:

Dans la nuit du 7 au 8, quatre dragueurs de mines allemands ont quitté la base sous-marine de Saint-Nazaire pour rejoindre le port de La Pallice. Ils avancent à vitesse réduite pour avoir le temps de repèrer les mines flottantes posées par les Alliés. Le 8 vers les 7 heures du matin, ils atteignent sans problème le Goulet de Fromentine, lorsqu'un message radio leur signale la présence d'une flotte anglaise au large, en pleine mer. Les quatre commandants décident alors de rester à l'abri entre la pointe de La Fosse et Fromentine. Vers 8 heures 30, les ancres sont jetées et les Allemands se retrouvent dans la buvette de Janine pour se restaurer et discuter de ce qu'il convient de faire. Finalement, ils décident de rebrousser chemin et de rentrer à Saint-Nazaire.

Entre-temps, la marée a baissée et les quatre navires, (appelés les " 4 As," cause à leur nom respectif:" l'As de Pique," " l'As de Trèfle, " " l'As de Coeur" et " l'As de Carreau " ) sont à présents posés sur le sable, chaudières éteintes. C'est ce qui fait monter l'inquiètude chez Francis et ses hommes. Il sait en effet qu'en cas d'attaque aérienne, ils seront aux premières loges. De fait, son inquiètude se transforme en angoisse lorsque vers 10 heures, un avion de reconnaissance anglais vient rôder dans le secteur ! Mais il repart très vite, et les heures continuent à défiler longues comme des siècles.

15 heures 30. La mer remonte rapidement, et les Allemands qui ont regagnés leur bord se préparent à partir. Les chaudières sont de nouveau sous pression.

16 heures. Francis demande à Camille et à Fifine d'embarquer: - " Allez-y tout de suite. Comme ça, dès que les chleus auront effectués leurs manoeuvres, nous traverserons."
Elles prennent leur vélo et commencent à parcourir l'estacade au moment ou ...








Venant de la mer, dix-huit chasseurs bombardiers Beaufighter se ruent sur les 4 As pour éliminer sous un déluge de rafales de mitrailleuses les servants de la DCA. Puis, ils reviennnent presque aussitôt à l'attaque par le travers bâbord, en bombardant de roquettes les navires qui éclatent et explosent. L'As de Trèfle et l'As de Carreau chavirent sur le côté, tandis que l'As de Pique et l'As de Coeur coulent à pique. C'est l'enfer.



l estacade de Fromentine







Les deux femmes, qui sont arrivées à la moitié de l'estacade, se jètent à plat ventre, persuadées tout à coup que leur dernière heure vient de sonner ! Elles lâchent leur bicyclette et parviennent à ramper jusqu'à la buvette où elles se laissent tomber dans la cave là où Janine, Francis et ses marins sont déjà. Au deuxième passage des Beaufighter, une roquette coupe en deux la ligne à haute tension ce qui occasionne un mémorable feu d'artifice. L'enfer n'en finit pas.
Lorsqu'ils réussissent enfin à sortir de leur abri, nos amis ne peuvent que constater l'ampleur des dégâts. Très vite, la buvette est transformée en hôpital de fortune, où tous les médecins de la région sont réquisitionnés pour apporter les premiers soins aux blessés, la plupart ayant été affreusement brûlés. C'est une véritable catastrophe maritime pour les Allemands qui comptent au moins cinquante morts et plus de quatre-vingt-dix blessés. Miraculeusement, aucun habitant de l'île n'a été blessé.
Pour ma mère, le ravitaillement sur le Continent est terminé. Heureusement, c'est la fin. Le 4 septembre, les Allemands quittent définitivement l'île de Noirmoutier.












La première photo a été prise pendant l'attaque par un avion anglais. On voit les 4 As se faire bombarder. Au premier plan, on peut voir la fameuse estacade et tout au bout, la petite tache noire qui est le bateau de Francis.
On peut traduire la légende par : - " Quand les avions attaquent les bateaux ennemis sur la côte française. Quatre dragueurs de mines allemands de la classe M sont attaqués avec des roquettes au mouillage de Fromentine, dans la baie de Bourgneuf sur la côte de Biscaye et trois d'entre-eux sont incendiés par des roquettes. " (Les Anglais ne savaient pas encore qu'en fait, les quatre navires étaient détruits ) Source: collection I.W.M. Londres )

La seconde photo montre les épaves telles qu'on peut les voir encore aujourd'hui. Source : collection privée.


sources
us.army.39.45.xooit.com






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vania
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Lun 3 Déc - 14:00

j'ai traversé le Gois à une époque.
J'aurais pas pensé qu'il y eut ces évènements.
Merci les gars pour ces anecdotes... Wink
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mar 4 Déc - 3:13

La fin brutale de quatre dragueurs allemands dans le goulet de Fromentine.

Dans la nuit du 7 au 8 août, quatre dragueurs lourds de la 10ème Flottille de Saint-Nazaire, les M366, 367, 428 et 438 appareillent pour La Pallice, à vitesse réduite tellement les eaux côtières sont truffées de mines.

Vers 6 h 45, ils ont atteint sans encombre les passages sud de Noirmoutier, quand un message leur signale la  présence d'un groupe ennemi, au large, sur leur tribord. Le Commandant du convoi, embarqué sur le M438, décide alors de venir mouiller entre la pointe de la Fosse, sur le continent et l'île, afin d'échapper aux vues et radars adverses. Le cap est mis sur Fromentine.


Minensuchboot 1935




Sources

404squadron.com



Vers 8 h 30, l'ancre est jetée dans le goulet, devant l'estacade. Les Commandants des dragueurs se concertent au restaurant de l'Océan, font le point, décident de poursuivre leur route vers le nord en empruntant le chenal du côté de la terre, devant passer à marée haute sur le Gois. Ils requièrent un marin, Monsieur Baizeau, qui pourra les guider à travers les bancs de sable qui jalonnent le chenal.

Entre temps, la mer a baissé, les unités allemandes se retrouvent posées sur le fond, chaudières éteintes. Une situation extraordinairement dramatique. Les heures s'écoulent chargées d'angoisse pour les équipages des navires immobilisés, d'autant plus que vers 10 h un avion de reconnaissance ennemi a fait une brève apparition. Peu à peu cependant, la marée monte, les chaudières sont de nouveau sous pression. Monsieur Baizeau a pu regagner son domicile vers 13 h 00 pressentant un danger. Il confie à ses enfants : «Tout à l'heure ça va barder ».

Aux environs de 16 h 15 en effet, les événements se précipitent. La marée est haute, les navires allemands vont pouvoir appareiller. Les Commandants sont encore à terre à se concerter quand dix-huit chasseurs bombardiers Beaufighter se ruent sur les dragueurs, remontant la ligne des navires pour éliminer sous un déluge de rafales de mitrailleuse, les servants de la DCA. Une habile manœuvre, seules peuvent être mises en œuvre les pièces avant des navires. Les assaillants reviennent ensuite à l'attaque par le travers bâbord où leurs roquettes perforent les coques, éclatant dans le compartiment. Les chaudières sous pression explosent, la vapeur libérée ébouillante les chauffeurs. Les survivants se jettent à l'eau. En peu de temps les quatre unités sont détruites : les M366 et 367 ont chaviré, tandis que les M428 et 438 ont coulé à la verticale.






Le M428 sous les tirs de roquettes des Beaufighters canadiens





Trente morts et quatre-vingts blessés sont relevés parmi les allemands et rassemblés à Fromentine sur la place du marché où ils sont pris en charge par des renforts de personnel médical de l'armée de terre.


Deux épaves témoignent encore aujourd'hui de cette attaque.



Vue du M 428 coule,des M 366 et M 367 couche sur le flanc
photo prise quelques jours apres l attaque



Dernière édition par naga le Mer 31 Déc - 14:45, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mar 4 Déc - 3:24



4 août 1944, début de l’opération Kinetic.

Peu de temps après le débarquement sur les côtes normandes, Winston Churchill lança l’opération Kinetic visant à chasser les bâtiments allemands de la côte Atlantique Française. A partir du 4 août 1944, une partie des forces navales alliées naviguent en patrouille le long de la côte Atlantique, aidé par l’aviation anglo-canadienne. En moins d’un mois, l’opération Kinetic aura permis de détruire ou de faire fuir les navires allemands des côtes vendéennes. Les navires qui n’auront pas été détruit seront abandonnés ou sabordés par les allemands dans des endroits pouvant gêner la navigation.


Le témoignage du lieutenant-colonel Ken Gatward de la RCAF.

Une formation de dix-huit Beaufighter des 404th et 236th Squadrons à14 h 30, de la base de Strubby, en Cornouailles, en vue de "shipping-strikes" - attaque de navires- le long de la côte française. Les avions volent vers le sud et viennent d'atteindre la Baie de Bourgneuf quand ils localisent 4 dragueurs de mines, à 16h 20.










Les "buffaloes" obliquent à bâbord, se divisent en trois sections et passent à l'attaque. La flak terrestre (canons anti-aériens) est très intense. Les navires ouvrent le feu à leur tour jusqu'à ce que le mitraillage des avions les fasse taire à 16 h 27. Pendant cette opération, l'un des avions est atteint : R.S. Forestell en était le pilote et J. C. Robbie le navigateur, tous deux Canadiens. Ils heurtent un poteau électrique en ciment à la Pointe de la Fosse. L'appareil tombe sur le bout du banc de "Piau", à peu de distance des dragueurs. Les deux corps ont dérivé jusqu'à Barbâtre.

Un autre Beaufighter est touché : il perdit son moteur droit mais put rentrer à sa base avec son deuxième moteur.




F/O Robert Samuel Forestell Pilot Service # J/24962





ROBBIE IAN CRICHTON
Canadian Flying Officer (Nav.) Royal Canadian Air Force 404 Sqdn J/17247


Les 2 pilotes reposent au cimetiere de La Barbatre a Noirmoutier






Dernière édition par naga le Mar 4 Déc - 5:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mar 4 Déc - 3:38

Annees 50,l epave du M-428 en photo dans le goulet de Fromentine






Idem vue des dunes







En 1956 et 1958,les epaves du M-428 et M 438 qui avaient coules debout sont renfloues pour permettre une meilleure navigation en baie de Bourgneuf.(develloppement de la liaison maritime Fromentine/Ile d Yeu)




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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mar 4 Déc - 5:03


Apres recherche,les epaves des 4 as sont des Minenshuchboot M40 et non pas 1935.


Caractéristiques :

Il s’agit de quatre dragueurs de mines type M40 construits à partir de 1940 pour remplacer les M35 propulsés par des diesels, plus onéreux et difficiles à construire. Ces dragueurs de mines étaient à la fois très bien conçus pour leur rôle et également capable d'assurer toutes sortes de missions d’escorte, ou de chasse aux submersibles.

Déplacement : 775 tonnes.
Longueur : 62,30 mètres;
Largeur : 8,90 mètres;
Hauteur de la coque : 2,82 mètres.

2 hélices, 2 chaudières, 2 machines triple expansion, vitesse maximale 17 Nœuds.

Armement :
1 canons de 105 mm,
1 canons de 37 mm,
2 canons anti-aériens de 20 mm.

Equipage : 54 à 75 personnes
















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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mer 5 Déc - 2:58


Une autre epave au large de Noirmoutier






L'Ostmark gît par 65 mètres de fond à 30 milles au large de l'île de Noirmoutier.
Long de 110 mètres, construit en tôles épaisses et bronzes de qualité, il tranche selon ses découvreurs avec les "boîtes de conserve" que sont souvent les navires de guerre de l'époque. L'épave recèle encore une grue et d'énormes bombonnes d'air comprimé, qui alimentaient la catapulte. Deux ponts, un sun-deck, transformé par les chantiers Germaniawerf en 1942 pour être aménagé en porte hydravion de la compagnie aérienne Lufthansa a été lancé en 1936 pour les besoins de la ligne aéropostale Berlin/Buenos-Aires. Son utilisation au large de la Gambie permettait aux hydravions Dornier Do26 chargés de courrier d'être révisés et ravitaillés à moindres frais.









Les hydravions amerrissaient près du bateau. Ils étaient ensuite hissés sur le pont, révisés, rechargés en carburant et catapultés. L'opération permettait de gagner 1000 km de rayon d'action, selon les documents de l'époque. La Lufthansa avait équipé cinq autres navires pour accomplir les mêmes tâches, mais seul l'Ostmark fut conçu dès l'origine dans ce but. Il effectua plus de 500 missions jusqu'à la déclaration de guerre de 1939. En septembre 1940, il prit la route de Brest. Il n'y parvint jamais, coulé dans la nuit du 24 septembre par le sous-marin britannique HMS TUNA. 23 hommes d'équipage furent recueillis à bord des navires d'escorte et sauvés, seul un matelot trouve la mort.




HMS Tuna






source
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vania
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mer 5 Déc - 13:27

Excellent article.
Il me semble qu'en 1978, il y avait encore une épave émergée à cet endroit ...
Etait-ce un des navires allemands ? scratch
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naga
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mer 5 Déc - 13:38



Devant l embarcadere de Fromentine,on voit toujours une epave de l un des dragueur de mine allemand couche sur le cote pendant les grandes marees.



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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mer 5 Déc - 13:48

C'est bien ça, ma mémoire est encore bonne !
Merci Naga ... Wink
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mer 5 Déc - 21:52

Ca devrait être bien une plongée sous marine dans l'épave Very Happy
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naga
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Jeu 6 Déc - 2:46

Un U-boot,le U 976 coule au large de l Ile d Yeu



Sous-marin allemand de type VII-C, construit aux chantiers Blohm & Voss de Hambourg et mis en service le 5 mai 1943 : il mesure 67,1 mètres de long pour 6,2 de large.
Armé de 4 tubes lance-torpilles à l'avant et 1 à l'arrière, d'un canon de 37 mm et de 2 doubles canons de 20 mm, il est propulsé en surface par un moteur diesel en surface (vitesse max : 17 noeuds) et un moteur électrique en plongée (vitesse max : 7,6 noeuds) et peut atteindre la profondeur de 220 mètres.

Equipage: 44-52 hommes.





Le U 976 est du meme type que le U 995 ci-dessous





Au cours de sa brêve existence, ce sous-marin n'a effectué que deux missions et n'a remporté aucun succés. Jusqu'en octobre 1943, il est en phase d'entrainement en Allemagne.
De novembre 1943, à la fin de janvier 1944, il est affecté à la 7ème Unterseebootsflottille basée à St Nazaire et effectue sa premiére patrouille en Atlantique Nord, mission durant laquelle il échappe miraculeusement et sans trop de dommage aux grenades des navires alliés lancés à ses trousses.


Le 25 mars 1944 :

Parti depuis quelques jours de Saint Nazaire pour une mission dans l'Atlantique Nord, le U 976 vient d'être rappelé à sa base. On soupçonne l'imminence d'un débarquement allié et on a besoin de toutes les forces disponibles pour tenter d'enrayer l'opération. Le message a été envoyé par Enigma, la machine de codage supposé inviolable.
Le rendez-vous en surface avec les bateaux d'escorte est quelque part au large de Saint-Nazaire, ce 25 mars 1944 à 9h00 du matin. Quand il approche des côtes, en surface, un sous-marin a besoin d'une escorte car la profondeur est insuffisante pour qu'il opère une immersion d'urgence en cas d'attaque, il se se trouve alors à la merci d'une attaque ennemie.

A 8h00, le sous-marin fait surface au point de rendez-vous. Le convoi n'est n'est pas en vue. Il faut attendre. A 9h00, le convoi est en vue. Tout se passe selon le plan prévu. Mais tout à coup, les vigies du sous-marin signalent six avions qui approchent droit sur eux, volant à 20 mètres au dessus de l'eau. Personne ne pense à l'éventualité d'une attaque aérienne. Personne ne sait encore que le fameux codage de la machine Enigma a été découvert par les Anglais et que ceux-ci sont au courant de tous les mouvements allemands grâce à leurs propres communications.

Tout d'abord, on les confond avec des avions allemands. Pourtant on déchante très vite, quand les avions attaquent le convoi. Il est 9h10, la riposte des bateaux est immédiate. Un combat sans merci s'engage alors.











A 9H20, les six avions se détournent du convoi et se dirigent vers le sous-marin. Un avion de type Mosquito, spécialement équipé pour la lutte sous-marine attaque alors le U976 par tribord. Le commandant du submersible Raimund Tiesler, alors âgé d'à peine 25 ans, ordonne une contre-attaque par la batterie anti-aérienne du bord. Le Mosquito tire avec un canon spécial de 57mm anti-char, chargé d'obus perforants.Les dégâts sont terribles. L'équipage allemand compte déjà un mort et plusieurs bléssés. Le convoi qui aurait dû assurer la protection du U976 est lui-même pris à partie, et le sous-marin est bloqué en surface, dans l'impossibilité de plonger. S'il tentait une immersion d'urgence, il n'aurait pas le temps de redresser la barre et irait se fracasser sur le fond, quelque 60 mètres plus bas.

Une mitrailleuse de 20mm du U976 est détruite, alors que les avions lancent plusieurs attaques par tribord, du côtédu soleil, pour aveugler les défenseurs. Les obus perforants sont insuffisants pour faire exploser le sous-marin, mais ils sont suffisamment puissants pour perforer le blindage et le faire couler, troué comme une passoire. Après la troisième attaque, le canon anti-aérien de 37mm du sous-marin est détruit. La situation devient critique. Le U976 commence à s'enfoncer lentement par l'arrière. Une des chambres d'immersion est touchée et se remplit d'eau. La salle des machines est elle aussi envahie.

A 9H30, une voix qui vient des profondeurs du sous-marin annonce: "cuisine innondée !". Le commandant Tiesler comprend alors que les choses tournent mal. Il donne l'ordre à tout l'équipage de monter sur le pont, y compris les blessés. Les attaques d'avions continuent. L'équipage tente de se protéger tant bien que mal derrière le kiosque.

Encore trois attaques. Le U976 s'enfonce de plus en plus par l'arrière et commence à s'incliner par tribord. Une trentaine d'hommes sont projetés à l'eau par une vague. Le reste de l'équipage se trouve encore sur le pont, à l'avant su sous-marin.

9H40: L'ordre du commandant fuse à travers le vrombissement des avions: "tout le monde quitte le bateau!" Les derniers hommes de l'équipage sautent à l'eau. Le dernier officier encore sur le pont, accroché à l'avant,esquisse un dernier salut avant de plonger.



Stéphane Feuillet (Octopus n°9 Aout-Septembre 1997)




Les avions anglais qui ont coule le U-976

2 Mosquito Mk FB XVIII "Tsé Tsé"du squadron 618 équipés de canon sans recul Mollins de 57 mm (seuls 27 appareils en furent équipés)
4 Mosquito d'escorte du squadron 248.





L impressionnant canon de 57mm









Dernière édition par naga le Jeu 6 Déc - 3:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Jeu 6 Déc - 2:50



La Plongée:

L'épave de ce sous-marin a été découverte en 1993, par les plongeurs du GREM, à plus de 20 milles au large de l'Herbaudière.

Elle repose entre 50 et 55 mètres sur un fond de sable. Le U-976 repose à plat sur le fond, fortement penché sur son côté tribord, dans un bon état général, bien que cassé en 3 : une première cassure sépare la poupe et le kiosque de la partie avant, la seconde très récente ayant lié à un chalutage, qui a arraché l'étrave du reste de l'épave.





Le kiosque est emmailloté dans de nombreux filets et cordages, mais il présente encore ses périscopes et antennes L'orifice présent au niveau de la cassure permet de jeter un coup d'oeil à l'intérieur du sous-marin, bien vaseux et encombré de fils électriques : pas la peine de s'attarder, encore moins d'y pénétrer ! En progressant vers l'arrière, on survole le pont qui présente de très nombreuses ouvertures sur toute sa longueur, ce qui permet d'apercevoir, entre autre, les très nombreuses bouteilles d'air comprimé qui servaient à remplir les ballasts du submersible, le support du canon de 37 mm désormais tombé au fond et quelques écoutilles, toutes fermées. Chaque trou est habité par un congre, un homard ou un tourteau. La poupe, bien qu'abîmée par le choc lié au naufrage, constitue certainement le point de vue le plus extraorinaire de l'épave : l'hélice et la barre de plongée tribord sont intactes, et toute la zone est intégralement recouverte de corynactis multicolores et d'énormes éponges blanches. Une grande ouverture, juste au dessus du sable, sert de cachette à un "fagot" de congres. Hallucinant...

L'exploration continue vers l'avant, où on trouve une écoutille ouverte (ici encore, pas grand chose à voir) avant d'arriver au niveau de la cassure, où la coque disparaît dans le sable juste après les tubes lance-torpilles (les tubes supérieurs ont été dégagés lors du chalutage de l'étrave).

Dimanche 25 septembre 2011 : Yannick, Yvan, Guillaume et moi arrivons à 7h30 à l'Herbaudière pour rejoindre Fabien et Florian ("La Bulle d'Her" et "Aquaflo", voir rubrique "liens"). Malgré l'heure matimale, tout le monde semble très motivé, voire impatient d'aller rendre visite au fameux "Loup gris" de Donitz. Après 1h30 de navigation un peu "tape-cul" malgré un soleil radieux, nous arrivons sur site accompagnés par 3 bateaux d'Europlongée.
La gueuse est lancée, le mouillage assuré (merci François et Séb), et Guillaume et moi entamons une longue descente. A 30 mètres, la luminosité décroît fortement, et il fait nuit noire au delà des 40 mètres. La visi est d'environ 5 à 6 mètres. Nous arrivons enfin sur la gueuse, par 53 mètres de profondeur, à proximité de quelques tôles, puis nous tombons sur le kiosque, au volume particulièrement impressionnant. Après l'avoir survolé, nous partons vers la poupe en longeant le pont : l'hélice et de la barre de plongée tribord sont roses, pas par la narcose mais par les anémones bijoux qui les colonisent. Dément ! Retour vers le kiosque, visite (rapide) de l'avant (sans voir l'étrave arrachée malheureusement) avec ses tubes lance-torpilles, puis demi-tour vers le mouillage. Un quart d'heure au fond, les paliers se sont accumulés et nous remontons avec regret (cool, il y a du Nitrox au pendeur).



Superbes photos de la plongee

http://www.regardelamer.com/article-u-976-un-loup-gris-dans-l-eau-claire-57402807.html




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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mer 23 Jan - 5:07

Autre histoire a Noirmoutier.



Michel Lugez,Président de l'Association du Memorial Americain de Saint Nazaire,a envoyé une lettre daté du 5 Janvier 1997 parlant de l acceuil des habitants de la ville de Noirmoutier en ile a l occasion de la visite de John Roten et sa femme Jeanne le 13 septembre 1997.
John etait navigateur sur le B-17 "Panhandle Pogie" qui a ete abattu le 3 janvier 1943.
L avion s est ecrase en mer,mais John a pu sauter et guider son parachute pour tomber sur la terre ferme et a fini sur le toit d'une maison a Noirmoutier,8 Rue Beaulieu.



"Panhandle Dogie" abattu -St Nazaire 03/01/43

Tous les gens de la ville de Noirmoutier en L'ile attendaient John Roten et sa femme Jeanne alors qu ils venaient specialement des U.S.A le 13 Seprembre 1997 pour l inauguration d une plaque commemorant son atterrissage sur le toit d une maison 8 rue Beaulieu ou il a ete sauve.
Cette cérémonie a été arrangée par M. Maurice Chardonneau,Maire de Noirmoutier en L'ile.
Mr Michel Lugez a rendu hommage aux aviateurs du B-17 de l escadron 323 du 91e Groupe de Bombardement le "Panhandle Dogie" et son dernier vol ayant pour mission le bombardement de la base sous-marine allemande de St Nazaire.

Il raconte comment le 3 janvier 1943 etait un mauvais jour pour les divers escadrons de bombardement americain.18 avions B-17 furent abattus et 72 membres d equipages tués ou disparus.
"Après plusieurs années de recherche aux États-Unis et en France - j ai ete capable d identifier l annee derniere avec certitude grace a la collaborarion du Docteur Gouroud,le bombardier américain qui est tombé dans l'océan le 3 janvier 1943 a 11h50 a environ 8 miles du port de l Herbaudiere a "Le Trou de Banche" sur le Plateau de Lambarde.
"L'avion,un B-17,No 42-5084,appartenant a l escadron 323 du 91eme Groupe de Bombardement U.S et baptisé par son equipage " Pandhandle Dogie",etait piloté par le Lieutenant William M. Anderson.Son équipage comprenait 10 aviateurs.
Le 91eme Groupe de Bombardement ensemble avec les groupes 303e,305e,306e,connus comme "les quatre cavaliers" etaient les 4 groupes pionniers des missions de bombardement sur la France et l Allemagne.Ils ont beaucoup soufferts de pertes d appareils et d equipages.




Le Lieutenant Anderson et son B-17






"Il a ete estime,a l epoque,que sur 3 hommes seulement 1 seul avait la chance de survivre aux missions en considerant qu ils devaient effectuer 25 missions sur territoire enemi d affile avant de rentrer en permission aux USA.
Le 91eme Groupe a accompli 9 missions de bombardement sur la base sous-marine de St Nazaire(dont 5 durant le mois de novembre 1942,sans radar,avec peu d aide a la navigation,une couverture aerienne en chasseurs au minima qui ne pouvaient accompagner les B-17 que pendant la traverse de la Manche,pas plus loin)
Le bombardement aerien sur St Nazaire du 23 Novembre 1942 a ete particulierment mortel pour le 91eme Groupe,2 avions abattus,3 serieusement endommages.52 membres
d equipages ont participe a cette mission,27 hommes furent tués et 9 autres serieusemnt blesses.Les pertes ont ete de 70% plus eleve que durant toutes les missions du 91eme Group sur la France et l Allemagne.

"La Flak allemande,tres nombreuse,installee autour du site de St Nazaire avait encore une fois justifie le surnom de "Flak City"!.
Le pilote William M.Anderson avait peu d experience,Il a pris possession de son avion le "Panhandle Dogie" en Septembre 1942 aux USA.Sa carrière en mission etait des plus courte. Sur sa seconde mission sur la France,Anderson a ete capable de retourner
a sa base Bassingbourn en Angleterre mais son avion etait tellement endommage qu il n a pas pu etre repare.Le B-17 a fini sa vie dans un hangar et cannibalise pour fournir les
autres avions en pieces detachees.



Mission sur St Nazaire Novembre 1942






"Le 3 janvier 1943,la base sous-marine de St.Nazaire a été bombardé pour la sixième fois par 60 B-17 et 8 B-24 de la 8ème Air Force.
A ce jour,Anderson pilotait son nouveau "Pandhandle Dogie". 12 bombardiers B-17 du 91eme Groupe decollerent de la base de Bassingbourn a 9h00 dans le direction de " Selsey Bill" ou ils devaient se joindre avec les Groupes de Bombardement 303e,305e,306e a 10h00.

"la formation a survolé Port en Bessin à 10h48,Fougeres à 11h01,le lac de Grand Lieu à 11h20 et sur l'objectif entre 11h30 et 11h39.
"Ces 9 minutes ont ete les plus longues de ma vie",a raconte un aviateur plus tard.


a suivre...




Note:

Le 15 avril 1942,le 91eme.Bomb Group est constitué, par l'arrêté général n°31,3e AF,sous l'autorité de l'ordonnance générale n ° 34, de l'Etats-Major, à la base d'Harding, à Baton Rouge en Louisiane.

Le 16 mai 1942,c'est au tour du 323rd Bomb Squadron de voir le jour à MacDil Field,Tampa,Floride.

Le 5 septembre 1942,le groupe decolle pour l'Angleterre où il débarque le 12 à destination de la base de Kimbolton.

Le 14 octobre 1942,les avions sont stationnés à Bassingbourn,base situé au sud ouest de Cambridge.


L'escadron 323 possède neuf appareils :

DELTA REBEL n ° 2 (# 42-5077)
EAGLES WRATH #41-24524)
VERTIGO (#41-24547)
PENNSYLVANIA POLKA (#41-24544)
CAREFUL VIRGIN (#41-24639)
LIL AUDREY (#41-24523)
STUPEN-TAKET (#41-24549)
TEXAS BRONCO (#41-24589)
PANHANDLE DOGIE (#42-25570)

La première mission de combat est réalisé le 7 novembre 1942 avec pour objectif la base sous-marine de Brest.




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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mer 23 Jan - 9:56



"Pendant le survol de la manche,le temps etait clair avec quelques nuages visibles pres de la cote francaise.La visibilite etait degage jus qu a l objectif avec un vent de 115 mph.A 20.000 ft,il n y avait aucun nuage, le ciel dégagé,froid et sec.
A l'ouest de Nantes,le feu de la Flak etait fort,au sud de la Loire, le feu des batteries Flak de Chateau Bougon etaient encore plus fort, quelques batteries Flak pres du lac de Grand Lieu et une forte defense dans la region de Paimboeuf.
Le vent a ralenti la formation US dans la derniere partie de la mission.
La Flak etait intense et precise lorsque les avions arriverent pres de l objectif: un groupe a rapporte que ce jour la,la Flak etait plus intense que les missions precedentes.



Fw 190






Les chasseurs allemands FW 190 du III./JG 2 ,placés sous le commandement de l'Oberleutnant Egon Mayer décollerent depuis la base de Vannes-Meucon et intercepterent rapidement la formation des bombardiers.
Ils attaquerent en premier,les B17 endommagés par la FlaK.
Trois d’entre eux n’atteignerent pas l’objectif,deux s’écraserent entre Saint-Nazaire et Saint-Brévin (le 41-24526 "Leaping Liz" et le 41-24517 "Kali").


Le troisième est le B-17 du Lieutenant Anderson.Les chasseurs allemands s’acharnerent sur lui(L'attaque est revendiquée par l'Oblt. Egon Mayer / Stab III./JG 2 / 4-6 km. sud ouest St. Nazaire: 6.800 m. a 11H32).
Ces moteurs tribord sont en feu.Immédiatement, 7 à 8 parachutes se déploierent.L’avion explosa et ses débris tomberent au sud du « Trou de la Banche », sur le plateau de la Lambarde à 8 milles environ du Port de l’Herbaudière(Ile de Noirmoutier).
Un parachutiste tombe dans l’océan à l’entrée du port, un autre plus loin en mer et deux près de la tour C.Les pêcheurs se sont précipités pour les recueillir,mais les Allemands leur interdisent.
Quarante-cinq minutes plus-tard,seul le "Georges Paulette" rentre au port.Il porte trois cadavres :
celui du lieutenant Anderson,et ceux des sergents Flint et Odegard.
Les autres membres de l’équipage sont déclarés disparus.

Après avoir sauté,le lieutenant John H. Roten,à l’idée de profiter du vent fort pour chercher à atterrir sur la terre ferme.
Usant de toute son énergie,il dirige sa chute et finalement se pose sur le toit de la ferme de Mr.et Mme Pauvert.

Ses doigts sont gelés et il ne peut pas se débarrasser de son harnais.
Les Allemands sont déjà sur place et l’emmène malgré les supplications de Mme Pauvert qui souhaite lui offrir un café.Quand ils sortent dans la rue,la dizaine d’habitants entonnent,avec l’instituteur M. Pauvert, "La Marseillaise". Les Allemands les font taire en les menaçant avec
leurs armes.

John Roten sera conduit au camp d’Oberusel pour y être interrogé, puis dans un camp polonais de juin à avril 1943 avant de finir sa captivité au Stalag Luft III Sagan au sud de Berlin.
Il a participe à la longue marche vers l’oflag VIIB de Moosburg, près de Munich où il sera enfin libéré en mai 1945,après 28 mois de captivité.

Tot le lundi matin,4 janvier 1943,beaucoup de gens sont venus au cimetiere allies apporter des fleurs et se receuillir mais les corps des aviateurs n etaient pas encore la.
Ce n est que le lendemain que les allemands enterrent les pilotes US pendant le courvre-feu,les habitants ont pu etre presents.


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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mer 23 Jan - 10:04

Le dimanche 3 janvier 1943 a ete un jour noir pour la 8e US Air Forces.
8 bombardiers ne sont pas rentres a la base,2 sont tombes dans l estuaire de la Loire,
un s est ecrase a La Baule, un au croisic, un a Guerande,un pres de Brest et le dernier
a l atterrissage a la Base. 72 aviateurs ont ete tues ou disparus,29 blesses,tous avaient entre 22 et 24 ans.
Mille bombes universelles ont ete largues. Les dégâts aux installations ennemies étaient considérables. Quatre avions de chasse ennemis ont été abattus. T/Sgt. Remmell en a detruits 2;le S/Sgt. Olexa et S/Sgt. Charretier un chacun.










source
archeosousmarine.net


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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Jeu 24 Jan - 7:20

Un autre B 17 a Noirmoutier en 1943


Dimanche 4 juillet 1943, à 11h40 soixante deux bombardiers B17 de la 8ème Air Force, bombardent l'aérodrome de Château-Bougon près de Nantes et l'usine d'aviation SNCASO (AIRBUS aujourd'hui), où sont produits des dérives et des gouvernails de bombardiers Heinkel. Un gardien de l'usine est tué, l'établissement est détruit à 80%, ainsi que deux bombardiers Heinkel177.









Juste avant le bombardement de l'objectif, le B17 N° 42-5053 est touché par la flack, huit des dix membres d'équipage parviennent à sauter en parachute, l'appareil s'écrase sur la commune de St-Colomban.
Ensuite les chasseurs Focke-Wulf 190 de l'escadrille 2/10 Richtoffen attaquent la formation. Le B17 42-29641 « Black Swan » se crashe au large de Belle Ile en mer (aucun survivant). L'appareil No 42-29967 du 92ème Bomb Group ,407th Bomber Squadron,baptisée "Ruthie". , piloté par le lieutenant John Campbell est touché par la flack sur l'objectif, perdant de l'altitude, il est obligé de quitter la formation. Trois Focke-Wulf le poursuivent pour l'achever. Seul, l'appareil n'a plus aucune chance contre ses assaillants qui le mitraillent, il se dirige vers l'île de Noirmoutier.
L'avion est trop bas pour permettre à l'équipage de sauter en parachute, la seule solution est l'amerrissage. La mer est basse et le pilote distingue la plage de la Guérinière, il n'y a pas d'obstacle, par sécurité il sort le train. L'avion se pose sans « casse », c'est un miracle, car personne n'est blessé, les Américains enfilent leur gilet de sauvetage et gagnent le rivage à la nage. Un pilote allemand sans scrupules, continue de les mitrailler, deux hommes sont blessés. Arrivés sur la plage les aviateurs sont aussitôt capturés. Les prisonniers sont conduits à Nantes, puis à Fresnes, ils termineront la guerre dans un camp de prisonniers en Allemagne. Des techniciens de la Luftwaffe profiteront de cette aubaine pour inspecter un B17 intact et récupérer du matériel pour l'étudier.










Equipage :
Pilote : John J. CAMPBELL
Copilote : Hubert V. STEPHENSON
Bombardier : Benedict A. KILGROW
Navigateur : Burt P. HEREFORD
Opérateur radio : Richard K. RASDALL
Mécanicien : Robert H. ETRICK
Mitrailleur de tourelle inférieure : Charles D. CHENOWETH
Mitrailleur de sabord gauche : Lester M. ARLINGTON
Mitrailleur de sabord droit : Maurice J. GUYON
Mitrailleur de queue : Harold L. BURTON


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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Jeu 24 Jan - 7:30

Restes de l epave

L’épave du bombardier fût pillée puis abandonnée. L’empennage émergea quelques temps puis l’avion fût détruit par les vagues et le courant, et ensablée. Pour plus d'éléments sur l'équipage, consultez le livre "La Vendée des avions perdus" de Louis Gouraud.


Située en face de la plage de la Cantine, dans l’anse de la Guérinière et identifiée par une bouée jaune de danger isolé (« bouée de l’avion »), l’épave découvre à marée basse de gros coefficients. Son point le plus haut culmine à 1,7 m. La partie émergente est constituée de 2 sortes de casiers métalliques alignés, de 2 m de long sur 1 m de large, séparés d’environ 1 m et recouverts d’algues et de moules (les parcs à bouchots ne sont pas loin). Des débris reposent de part et d’autre de ces éléments, le plus intéressant étant un cylindre d’environ 50 cm de diamètre (extrémité du poste de tir arrière ?) reposant juste devant le casier le plus haut. Cette zone pourrait correspondre à des restes d’empennage.






"WINGS OF FREEDOM"

L'ultime vol du dernier B17 se fera au dessus de la plage de la Guérinière en présence d'une délégation américaine

Le 30 juin prochain une manifestation de grande ampleur va s'installer à la Guérinière avec le survol de 4 appareils de cette époque : un B17, un Douglas DC2 Dakota, un North American P51 Mustang et un North American T6.

Une reconstitution grandiose avec le passage de ces avions à basse altitude sur la plage de la Cantine, explosions sur l'eau et mise en scène de la capture de l'équipage. Huit parachutistes sauteront du Douglas DC3.

Le clou du spectacle : la présence du B17, avion mythique de la seconde guerre mondiale. L'Europe compte une seule de ces forteresse volante en état. Elle viendra d'Angleterre, de Cambridge et... ce sera son dernier vol !!  







L'évènement intitulé "Wings of Freedom" se déroulera en présence de 17 descendants des membres de l'équipage (beaucoup viendront du Texas), un représentant de la 8e Air Force de Louisiane (corps d'armée de l'équipage du B17) et des américains de Crestview ville jumelée avec Noirmoutier. Une quarantaine d'américains feront le déplacement pour cette commémoration.
Sur la plage de la Cantine, tout un camp militaire sera installé, ainsi qu'une barge de débarquement. Les personnes qui le souhaitent sont invitées à faire partie de cette reconstitution en s'habillant en vêtements de l'époque.

Le blockhaus R627 de la batterie de Tirpitz est aujourd'hui occupé par une équipe de passionnés, la section historique de l'association NVA (Noirmoutier Véhicules Anciens)
C'est tout naturellement qu'ils ont eu l'idée de faire revivre cette page de l'histoire.












Renseignements : O2 51 39 09 43 ou contact@nva-no.com

source
humeurs85ileno.blogspot.com


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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Lun 28 Jan - 2:13


En1940, les ingénieurs allemands mettent au point un nouveau type de dragueur, rapide à construire: le M40. N'ayant pas beaucoup de place à bord, les 96 hommes se sentent oppressés et qui plus est, le bateau est très sale, car chauffé au charbon. Son armement est loin d'être parfait: le canon de 105 mm, placé à l'arrière, ne peut tirer en altitude. L’absence d'un deuxième canon de 105mm à l'avant est durement ressentie. Les postes de tir ne sont pas protégés par des blindages et lors des attaques aériennes, c'est l'hécatombe.

A la suite du débarquement en Normandie, les alliés vont déclencher l'opération Kinetic, qui a pour but d'anéantir la flotte allemande le long de la côte Atlantique. La Kriegsmarine va connaître alors un été terrible: la supériorité des alliés va s'exprimer autant sur mer que dans les airs. Le 5août 1944, la Force26 est en maraude au large de Saint-Nazaire, Composée du croiseur BELLONA, des destroyers britanniques ASHANTI, TARTAR et des canadiens HAïDA et IROQUOIS. Cette terrible armada n'est pas là par hasard; l'Intelligence Service britannique l'a prévenue du passage imminent d'un convoi allemand.

Les commandants des navires alliés sont sûrs de leur supériorité, ils savent qu'ils peuvent pilonner l'ennemi en guidant leur tir par radar,tout en restant hors de portée de la riposte. De plus, leurs navires sont deux fois plus rapides que ceux des Allemands. A 20heures, le convoi allemand quitte Saint-Nazaire. IL comprend l'escorteur rapide SG3, deux dragueurs, lesM263 et M486, le patrouilleurV414, le câblier HOHEWEG, l'Otto, un remorqueur.

Ces navires chargés d'hommes et de matériel doivent gagner la Pallice pour ensuite les évacuer vers l'Allemagne. Les alliés laissent leurs «proies» s'écarter suffisamment loin de la Loire pour leur couper toute retraite.




Dragueur de Mine M 263





Caractéristiques :

Date de lancement: 17 décembre 1942
Longueur: 62,5m
Vitesse : 15 noeuds
Equipage : 4 officiers et 92 hommes
Machine : Deux machines alternatives de 800CV à triple expansion.

Armement :
- Deux mitrailleuses MG151 de chaque côté de la timonerie.
- Un canon de 37mm et un canon de 20mm à l'avant.
- Un canon de 105mm, un canon de 20 mm et un affût quadruple de 20mm à l'arrière.



Vue de l epave aujourd hui






Le M-486 est construit sur les chantiers Veschure a AMSTERDAN en Hollande en octobre 1942, il est mit en service au sein de la 26 éme flottille le 3 décembre 1942. Il mesure 62, 30 M et 8,9 mètres de large, il est lui aussi propulsé par 2 machines triples expansions et 2 chaudières SCHULTZ, son armement est quasiment identique à celui du M-263.






Dernière édition par naga le Lun 28 Jan - 2:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Lun 28 Jan - 2:21


Autres épaves du convoi 4121.


Le V414 ou Sachsen Wald (« Forêt saxonne ») est construit en 1939. C’est un chalutier à vapeur de 57 mètres de long pour 650 tonnes. Sa carrière civile est très courte, il est réquisitionné par la Kriegsmarine en février 1940 pour être affecté à l’opération « Seelöwe » (« Lion de mer »), nom de code donné au débarquement en Angleterre. Dans ce but, les allemands ont rassemblé près de 3000 bâtiments de toutes sortes, dans les ports de Rotterdam, d’Anvers et du Havre. Mais Hitler change d’avis, et met fin aux préparatifs pour concentrer ses efforts sur l’invasion de la Russie. Il n’aime guère les opérations navales, leur préférant les offensives terrestres de grande envergure. Le Sachsen Wald est employé comme navire météo dans l’Atlantique Nord.

Le 28 août 1941, il devient le V414, pour être affecté dans la 4è flottille de patrouilleurs, basée à Bordeaux. Le climat à bord est plutôt bon, la plupart des officiers sont des réservistes et d’anciens marins pêcheurs. Les navires de la flottille effectuent des missions d’escorte très calmes. Pendant les traversées, les matelots qui ne sont pas de quart bronzent sur le pont…

En 1944, tout change, les attaques aériennes se succèdent et les alliés déclenchent l’opération « Kinetic », qui a pour but d’anéantir la flotte allemande le long de la côte Atlantique. Le 5 août 1944, des navires remplis d’hommes et de matériel quittent Saint-Nazaire. Ils doivent gagner la Pallice pour être évacués vers l’Allemagne. Le V414 fait partie du convoi, qui est attaqué par le croiseur Bellona, les destroyers britanniques Ashanti et Tartar, et canadiens Haïda et Iroquois. A 0h40, un « feu d’artifice » mortel commence ; les obus éclairants de 120 mm illuminent la mer. En moins de trois heures, tous les bâtiments sont détruits. Un seul navire, le SG3, parvient à s’échapper. Il sera coulé plus tard par les bombardiers Beaufighter.

Cinquante années plus tard, Dominique Chauvin, pêcheur professionnel passionné de plongée, découvre le Sachsen Wald en exerçant son activité. Il ignore encore son identité. Les pêcheurs baptisent souvent les épaves qu’ils trouvent en utilisant des noms de personnes qui se trouvent à bord. Ce jour-là, l’équipage de l’Optimiste pêche des lieus et Tonton Michel, un personnage haut en couleurs, sort un poisson énorme. Le nom du vaisseau fantôme est trouvé : « La carcasse à Michel ».



Vue du V414 aujourd hui






L´Hoheweg est un navire cablier baliseur construit par le chantier Scheepswerf "De Merwede", Hardinxvelt en Hollande Sous le n° Bau-nr. 473. Ce navire de servitude a été réquisitionné par la marine allemande en 1944. Il terminera son existence dans le convoi 4121 au large de Yeu et de Noirmoutier.











Source
plongee-anges.com/epaves-atlantique

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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mer 31 Déc - 14:10

Le 17 septembre 1944 est la date officielle de la libération de la Vendée.L été qui a précédé a été un moment charnière
pour lle de Noirmoutier.

Si à l'intérieur des terres, l'occupation s'étendait sur l'ensemble du territoire, avec essentiellement des bases
radars, dans le Nord-ouest Vendée, les points sensibles se trouvaient surtout sur les côtes. Noirmoutier était alors
une base un peu avancée,une île fortifiée qui servait pour la surveillance de Saint- Nazaire. Un territo¡re sensible,
faisant partie du Mur de l Atlantique. Les troupes allemandes y arrivent le 22 juin 1940 et quittent l'île à pied
par le passage du Gois le 4 septembre 1944, pour regagner La Rochelle.

(...)

Des lendemains qui ne chantent pas vraiment.

Si le 17 septembre 1944 est la date officielle de la líbération de la Vendée, les bataillons FFì vendéens qui se sont
battus à Noirmoutier, notamment ceux du 93e Rl, n'en ont pas fini. lls sont ensuite enrôlés pour aller combattre
et défendre la poche de Saint-Nazaire pendant 8 mois, région qui a été la dernière à se rendre.
À la même période, plusieurs bateaux français sont réquisitionnés pour rapporter du matériel de l 'île de Noirmoutier. Pendant þlusieurs journées, ces bateaux vont faire la navette entre Noirmoutier et le port de Pomic,
rapportant matériel et munitions en grand nombre.
Un retour plus ou moins rapide à des activités civiles s'effectue mais le rationneiment subi a laissé des marques.
Et il y a énormément de dégâts au moment du déminage des terres ou beaucoup de jeunes périssent.
La liesse populaire, c'est surtout à lArmistice qu'elle s'exprimera...

Une 402 allemande au passage du Gois en 1941





Le cas de l île dYeu

Les allemands etaient aussi presents sur Yeu.
L operation Rumford,assez meconnue du public,a consiste a l enlevement d un habitant par les allies britanniques.
Ceux-ci ont,en effet,enleve un marin pecheur en pleine nuit,plage des roses,afin de connaitre les forces allemandes
en presence sur l ile.
Celui-ci a repondu bien volontier a leurs questions.Peu de temps apres,les allemands quiterent d eux-memes l ile
sous la pression des navires allies,sans qu il n y ait reellement de combat,mais apres avoir dynamite le phare
et certaines de leurs infrastructures.
L ile s est donc,en quelque sorte,liberee seule,officiellement a la date du 27 Aout 1944.

Aurore K¡ol de l Actu
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vania
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   Mer 31 Déc - 17:03

La 402, sur l'étonnante photo plus haut, ne se remettra pas de son passage sur le Gois, même après un sérieux dessalage.
La corrosion va vite apparaitre et tout bouffer ...
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MessageSujet: Re: Noirmoutier/Fromentine 1944   

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