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 Pearl Harbour

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naga
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MessageSujet: Pearl Harbour   Mar 11 Déc - 11:16



Pearl Harbour, version 2.0, une série de négligences et de dysfonctionnements


Le 7 décembre 1941, en effet, le choc fut tellement grand pour l’Amérique que l’on peut difficilement imaginer une quelconque duplicité : en fait, c’est un laxisme généralisé qui est responsable de ce terrible événement, côté américain, et une chance inouïe, servie par une excellente préparation dans le temps, côté japonais, qui ont permis à ces derniers d’entrer en guerre avec cette victoire écrasante par KO.
Une victoire qui allait se montrer bien amère quatre années après... Hiroshima et Nagasaki leur rappelleront qu’il ne fallait pas réveiller un Oncle Sam vivant à l’abri de son immense « îlot », et désireux de garder une relative neutralité : Roosevelt, de sensibilité « anglaise » dirons-nous, suivait de très près la Bataille d’Angleterre et était sur le point déjà d’intervenir. L’Amérique entra en guerre le jour même, à la suite d’un discours présidentiel fédérateur. Les japonais viennent de se mettre à dos un pays dont ils ont largement sous-estimé la puissance militaire et industrielle.


Les Etats-Unis n’ont rien vu venir, en effet, car ils n’observaient rien depuis dix ans au moins, certains d’être protégés... par leur isolement.
Hélas, à l’époque, en 1922, les amiraux américains, comme les européens, ne rêvaient encore que de super-cuirassés. Les américains ont signé un traité très représentatif de cette pensée qui allait leur coûter si cher. Le Traité de Washington, signé entre les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon la France et l’Italie, était destiné à limiter l’armement naval, entérinait de fait une simple diminution et un contrôle des cuirassés, alors toujours aussi redoutés (2). C’est une erreur de jugement stratégique fondamental. Car le Japon en fut le principal bénéficiaire : ses stratèges avaient déjà choisi le "tout porte-avions", prôné par... l’amiral américain Harry E. Yarnell (voir épisode précédent) : il quitta le Traité dès 1936.


A la veille de la guerre du Pacifique, le Japon qui disposait de 10 porte-avions et de 2 992 aéronefs rattachés à la marine, dont 700 embarqués, était la première puissance aéronavale du monde. Sa marine bénéficiait, en outre, d’un atout maître ses chefs, ayant foi en la capacité offensive des porte-avions, étaient persuadés de la supériorité de ces derniers sur les bâtiments de ligne" nous dit le "Fana de l’Aviation" de Décembre 1997.
Les japonais avaient en effet un atout majeur de plus : la concentration de leur forces dans le Pacifique : "certes, par le nombre de ses unités et leur tonnage, la Marine impériale n’était pas véritablement plus forte que l’US Navy et la Royal Navy, mais elle bénéficiait d’un personnel qualitativement supérieur et possédait surtout l’avantage d’avoir à engager ses10 porte-avions sur un seul océan, autour de leurs bases principales. De fait, ses chefs étaient en mesure d’appliquer, à tout moment, le principe du « Schwerpunkt » (concentration de forces supérieures en un point donné). En 1941, par la nature de ses forces et leur doctrine d’emploi, la Marine impériale était théoriquement imbattable dans le Pacifique" nous dit le même magazine. Avec eux, la BlitzKrieg chère à Hilter serait navale : logique chez un pays fondamentalement tourné vers la mer.


En face, on table sur la vieille notion Hollywoodienne de Fort-Alamo : Pearl-Harbor, au milieu du Pacifique, a été conçu comme une forteresse imprenable. Interviewé le 7 avril 1941, le commandant des forces d’Hawaï, le commandant Short déclare en effet : "ici, à Hawaï, nous vivons dans une citadelle ou dans une île terriblement fortifiée". Canons défense côtière, DCA et même 35 forteresses volantes B-17 sont prévus pour s’attaquer aux cuirassés qui s’approcheraient. Pas un n’a écouté Yarnell, visiblement.
Pour "protéger" les cuirassés américains, on les fait ranger en rang d’oignon deux par deux au beau milieu de la rade, avec les dépôts d’essence qui sont tous près. Ce qui est plutôt hasardeux en cas d’attaque aérienne. Comme autre protection, on a des filets anti-torpilles qui ne sont pas installés à demeure, pour ne pas gêner les évolutions en rade. Les américains ne redoutent pas un torpillage par avion, car les leurs, quand ils lancent leur torpille, celle-ci plonge jusqu’à vingt mètres de profondeur (davantage que dans la baie) avant de remonter.
Ce qu’ils ne savent pas, c’est que les japonais ont fait modifier les leurs en leur adjoignant des ailerons de bois qui leur évitent de plonger autant, et qu’elles seront lancées par des avions quasi en rase-mottes, qui ont longuement testé les largages. Ils ignorent qu’ils mettaient au point aussi l’usage en bombardement d’obus perforants de croiseurs de 400 mm qui provoqueront des dégâts considérables . Coup de chance, néanmoins, le 7 décembre, les deux porte-avions de la base, l’Enterprise et le Lexington sont de sortie, partis vers Wake et Midway pour y renforcer la présence US pour y transporter des avions. Les japonais pensaient les y trouver.

Après la DCA et les filets anti-torpilles , le radar modèle SCR-270, installé à Point Opana (3), est la troisième protection de la base. Mais le commandant Short ne croit pas à son utilité : on découvrira plus tard qu’il ne s’était jamais tenu informé de la Bataille d’Angleterre où il avait eu un rôle primordial : pour lui c’est un moyen d’instruction, pas de défense note le numéro de "l’Histoire" de juin 1987. L’engin est pourtant neuf, mais il est mal réglé, car son formateur, le commandant Taylor, de l’US Navy, est encore sur place pour instruire les recrues à son maniement. Le 7 décembre, il possède deux opérateurs pourtant aguerris, Eliott et Lockard, qui vont bien détecter quelque chose et en avertir leur hiérarchie : une énorme tâche inhabituelle (la première vague de bombardiers composée de 183 avions !) mais là ils vont tomber sur Le lieutenant Kermit Tyler, qui vient de finir sa formation au nouveau Fighter Control Center, et qui pense qu’il s’agît d’un vol de B-17 de livraison de matériel qu’il attendait.







L’histoire sera racontée par George E. Elliott Jr. "Qu’est-ce que c’est ? "Lui ai-je demandé. Lockard pensait que l’appareil a soit mal fonctionné ou a nous donnait une fausse lecture. Il a rapidement testé l’équipement et déterminé que tout fonctionnait parfaitement. Nous avons interprété le "blip" comme étant un grand groupe d’avions approchant rapidement à partir de 3 degrés est à environ 137 miles au large. J’ai suggéré à Lockard que nous devons informer notre centre d’information. "Ne soyez pas fou !"a-t-il dit en riant. « Notre problème, a pris fin à sept heures. "Cependant, j’ai été insistant et après une longue discussion, il a dit : « Eh bien, allez-y et envoyez-le donc, si vous le voulez. " Le radar notait pourtant ce qui sortait et ce qui arrivait de Pearl Harbour, et la méprise est saisissante.
Mais les deux jeunes opérateurs n’avaient alors que fort peu pratiqué le nouvel appareil, et n’avaient aucun élément de comparaison devant eux. Deux opérateurs radars avaient fait ce qu’il fallait faire, mais personne ne les avait écoutés. "À 07H20 un lieutenant a pris l’appel de Lockard (c’est Kermit Tyler). Le lieutenant savait qu’une douzaine de B-17 Flying Fortress étaient prévus à partir de San Francisco dans presque la même direction que notre blip mystère. En fait, il écoutait la radio d’Honolulu, la station de radiodiffusion KGMB qui diffusait à fond de la musique hawaïenne tôt ce matin, si bien que les bombardiers pouvaient accorder leurs détecteurs directionnels dessus. Ironiquement, les avions de l’attaque japonaise étaient maintenant fixés sur la même fréquence". Les japonais se laissant guider par de la musique hawaïenne !



L’assaut japonais impliquera aussi un bon nombre de sous-marins dont le rôle ne sera pas négligeable. Là encore, les américains avaient minimisé les capacités d’attaque japonaise, en n’imaginant pas la taille de ceux auxquels ils seraient confrontés : dix sous-marins de la 6ème flotte japonaise, partis de leur base navale de Yokosuka ont été en effet du trajet, rejoints à Kwajalein par cinq autres plus spéciaux : des sous-marins mères, porteurs de cinq mini sous-marins, tous sous les ordres du commandant Isawa. L’arme secrète japonaise est là : dans les sous-marins de poche, chargés de s’approcher de la rade et de tirer leurs énormes torpilles. Là encore, il y aura une faille US qui jouera en leur faveur : le 7, à 3h42 du matin, le minuscule dragueur de mines US Condor (AMC-14) détecte un des mini engins, ce que confirme l’Antares (AKS-14). Le navire de patrouille de la base, le destroyer Ward (DD-139) en est averti. A 6h45, le Ward le repère à nouveau, lui lance des grenades et le coule. Son commandant , très réactif, envoie aussitôt un message en morse à la base, indiquant que selon lui, il s’agît bien d’une attaque coordonnée. C’est le seul responsable à avoir eu les bons réflexes du côté américain léthargique.


Mais il est déjà trop tard, l’attaque générale aérienne à déjà commencé (4) : à 8h02, l’un des quatre restants, largué par l’I-16, torpille le West Virginia et l’Oklahoma. A 8h33, on détecte un deuxième sous-marin, le minisub largué par l’I-22. Il enverra une torpille sur le ravitailleur Curtiss (AV-4). A 10h04, le St. Louis (CL-49) évite de peu deux torpilles lancées d’un autre minisub, qui ratent leur cibles. De 11h27 à 10h04, le Cummings (DD-365), le Breese (DM-18), le Gamble (DM-15), le Chew (DD-106) et le Blue (DD-387) n’arrêterons pas de balancer des grenades, coulant au final deux sous-marins de poche, sous le feu des avions japonais. L’USS Monaghan (DD-354) coulera le sien. Un autre s’échouera.
C’est celui du seul marin capturé, piloté par le Lt.Sakamaki, qui sera étroitement surveillé pour ne pas qu’il se suicide comme le veut la tradition de guerre à la japonaise. Il se brûlera le visage avec la cigarette qu’on lui avait tendue. Il donnera en 1948 un témoignage poignant sur l’attaque, affirmant même au final avoir été heureux d’être le premier prisonnier de guerre japonais aux USA : le mythe de mourir pour l’empereur avait vécu. Son compagnon d’infortune, Kiyoshi Inazaki, s’était lui noyé en s’échappant de leur submersible touché par les charges. Le 9 septembre 2009 seulement, on retrouve le dernier submersible manquant des cinq envoyés par les japonais, les quatre autres ayant été relevés depuis.. Il avait bien coulé après avoir lancé ses torpilles. Chacun lançait deux torpilles meurtrières de Type 97 "Long Lance", avec 350. Le 19 octobre 1945, dans un dock, à Kure, les américains découvrent une 84 mini sous-marins en cours de finition, presque prêts à servir. Les japonais avaient prévu de harceler les navires qui viendraient attaquer le pays avec la même méthode qu’à Pearl Harbor. On en retrouvera quelques autres disséminés un peu partout. Mais aussi des "torpilles pilotées" comme les modèles Kaiten, pour des kamikazes sous-marins.







Mais revenons à l’attaque aérienne proprement dite. Les japonais ont dès le départ tenté un coup de maître : attaquer par le Nord, dans une route même plutôt très au Nord, que pas un stratège n’aurait tentée (sauf l’américain Yarnell !) : des creux de huit mètres et une météo exécrable les y a attendaient. C’est pourtant ce qui va marcher, "car les Japonais disposent de moyens considérables.
Entourés par 2 cuirassés, 2 croiseurs lourds, 2 croiseurs légers, 11 destroyers, 3 sous-marins, 8 navires ravi-tailleurs, les 6 porte-avions de l’amiral Nagumo sont parvenus à moins de 400 km de la pointe nord d’Oahu. C’est de là que vers 6 h s’envole la première vague : 49 bombardiers chargés du bom-bardement horizontal, 40 avions lance-torpilles, 51 bombardiers en piqué, 43 chasseurs, soit 183 appareils. Une heure plus tard, envol de la deuxième vague168 appareils (...) Pearl Harbor, c’est le k.o. au premier round", nous dit le magazine l’Histoire. C’est l’application à la lettre du plan d’Harry E. Yarnell, l’effet de surprise en plus : les responsables américains sont atterrés. Mais ont eux-mêmes facilité le désastre, en ne suivant pas les recommandations d’un visionnaire. Le Japon a joué gros (il a engagé les 6/10eme de sa flotte de porte-avions !), mais il gagné son coup de poker.



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naga
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MessageSujet: Re: Pearl Harbour   Mar 11 Déc - 11:32


Le désastre, inimaginable, est bien là, et il est indéniable : les américains ont pris les menaces de guerre des japonais à la légère. Leur mode de vie déjà tourné vers la société que l’on appellera plus tard de consommation les a rendus plutôt insouciants, jusque dans l’armée : l’attaque japonaise a eu lieu un dimanche, et les 3/4 des troupes sont ce jour-là au repos dominical. Les services secrets US ont minimisé le rôle des espions japonais, qui ont transmis à Tokyo toutes les failles du système : il n’y a que sur la présence des deux porte-avions qu’ils se tromperont ! Dans cet îlot perdu d’Hawaï, rien ne pouvait leur arriver, pensaient-ils ! Très vite, pour absorber le ce choc, on va tenter de trouver une autre explication que leur incompétence généralisée.
Au lendemain même de la catastrophe, les thèses conspirationnistes vont fleurir autour d’un Roosevelt pas toujours apprécié dans les milieux militaires. Celui qui va alimenter la thèse n’est autre que le principal responsable du fiasco, l’amiral Kimmel, qui va s’évertuer sa vie restant à minimiser sa responsabilité. Aurait-on pu l’éviter, cela reste une question qui aujourd’hui possède une réponse : oui, mais il n’y a pas eu intention de le faire. Une suite d’incompréhension et de laxismes à tous les étages en sont les seuls responsables. Un autre visionnaire, le commandant Logan C.Ramsey Sr, pilote de PBY Catalina, avait lui aussi prévenu de la dangerosité d’exposition de la rade de Pearl Harbour. "une magnifique cible, parfaite pour une attaque hostile à la torpille" avait-il écrit à ses supérieurs en 1937... or quatre ans après il serait aux premières loges, ne comprenant pas tout de suite qu’il s’agissait bien d’une attaque.


Lui même était présent sur place en effet et raconte sa totale surprise : "nos avions de patrouille couvraient les zones d’intervention avaient à bord des charges de profondeur et avaient reçu l’ordre spécifique de couler les sous-marins immergés vus en dehors du sanctuaire et sans escorte rapprochée. À environ 7H30 dans la matinée du 7 décembre, j’ai reçu un appel téléphonique de l’officier de service du personnel qui m’informait qu’il avait reçu un message du 14-Prep-1 (un hydravion PBY du Patrol Squadron 14) annonçant qu’ils avaient coulé un sous-marin à un mile au large de l’entrée de Pearl Harbor. Je lui ai demandé si le message était authentifié correctement, parce qu’il y avait dans mon esprit le sentiment qu’il était tout à fait possible qu’il s’agissait d’une erreur, un faux message en quelque sorte qui était sorti par accident. J’ai donc commandé immédiatement à l’agent une authentification du message.
Toutefois, cela ne m’empêchera pas d’aller faire tout de suite un apport d’information au commandant en chef de la Flotte du Pacifique (...). Je suis allé immédiatement au Command Center et sans raison que je sache, j’ai élaboré un plan de recherche pour nos avions dans les conditions en vigueur ce jour-là. Je l’ai préparé sous la forme d’un ordre de déploiement. Pendant ce temps, j’étais toujours en attente d’une authentification de ce message. Il y avait un léger retard, et environ 5 ou 10 minutes après je suis arrivé au centre de commandement, j’ai alors vu, avec l’officier de service du personnel, un avion isolé effectuer une plongée sur l’île de Ford. Le seul appareil apparut, à l’officier de service et à moi-même comme un d’un jeune aviateur faisant du"flathatting" (volant à basse altitude d’une manière imprudente) et nous avons tous deux essayé d’obtenir son numéro pour faire un rapport sur la violation des règles de vol. Il a complété son plongeon, remonté et s’en est allé. Nous étions en train de commenter sur le fait que ça allait être difficile de savoir qui était le pilote, quand la bombe à retardement qu’il avait laissé tomber, et que nous n’avions pas vue tomber, a explosé, et j’ai dit à l’officier de service du personnel, « on laisse tomber,c’est un Jap. "Je me suis précipité dans la salle dans la salle radio, et j’ai ordonné une émission en langage clair sur toutes les fréquences,"Air Raid, Pearl Harbor. Ceci n’est pas un exercice." La détonation de la bombe larguée par cet avion a été mon premier contact avec une attaque ennemie avérée. "


Même avec les premiers moyens "pré-informatiques" (les calculateurs à cartes perforées du recensement US, réquisitionnés pour l’occasion !) de l’époque, utilisés par l’armée américaine au même titre que les nazis pour dénombrer les juifs, la surveillance des japonais s’était montrée défaillante. Car "depuis l’été de 1940, le service des transmissions de l’Armée a brisé le plus secret des codes diplomatiques japonais. Le système Pourpre est déchiffré par une machine spéciale qui, aux États-Unis, existe en 8 exemplaires (4 à Washington, 1 aux Philippines, 2 à Londres ; la huitième, destinée à Pearl Harbor, est échangée en octobre 1941 contre une machine anglaise). Les télégrammes japonais qui ont été déchiffrés, les "Magics", ne révèlent pas tout, puisque la Marine japonaise dispose de codes spéciaux, très souvent renouvelés, que les Américains ne déchiffrent pas. Mais quand même..."note le magazine déjà cité.... Les japonais encodaient leurs messages avec une Enigma, d’origine allemande. Leur "Purple" était similaire.


En fait c’’est une femme, et non une machine, qui avait cassé le code japonais. "Mais ce nouveau code, "Purple", n’était pas facile à briser. Pendant dix-huit mois l’équipe a été aux prises avec ce difficile code diplomatique Japonais. Puis, un jour en Septembre 1940, Geneviève Grotian a fait une découverte qui allait changer le cours de l’histoire. En analysant et en étudiant les messages codés et intercepté, elle a trouvé une corrélation que personne d’autre n’avait encore détectée. Cette percée a permis aux autres "cryptanalystes" de trouver des liens similaires.
Puis, William Friedman et les membres du S.I.S. (Signal Intelligence Service) a construit un modèle brut, qui était une imitation remarquable de Purple. Bientôt ce produit du génie américain et des mathématique a permis de reproduire et de surveiller les communications Purple. Ça a tellement impressionné un contre-amiral qu’il a appelé le processus "Magic", et le surnom lui est resté". Le 14 eme message reçu le 7 décembre 1941 et décodé signifiait la rupture des négociations avec les américains, mais rien d’autre. La flotte japonaise était déjà en route depuis des semaines.... Il fût reçu et décrit aux autorités à 7H30 à Washington : l’heure à laquelle l’attaque a commencé !

Car des faits demeurent, qui montrent plutôt que Roosevelt n’avait aucune envie de s’engager dans un conflit, car il faisait aussi confiance à ses militaires qui lui disaient que les japonais ne s’aventureraient jamais aussi loin de leurs bases. Ils ont intercepté des messages, les ont décryptés, mais les ont mal interprétés : "Le 24 septembre 1941, par exemple,Tokyo demande à son consulat de diviser la base de Pearl Harbor en cinq secteurs et d’adresser des rapports sur chaque secteur. Étonnant, n’est-ce pas ? A Washington, l’Armée s’inquiète. La Marine fait prévaloir l’opinion que les Japonais, insatiables espions, ont décidé de réduire les coûts et le trafic radio. Bien plus, ni Kimmel ni Short, les principaux intéressés, ne sont tenus au courant. Le 27 novembre, les deux officiers généraux reçoivent de Washington un télégramme faisant état d’une « menace de guerre ». Washington s’attend au pire, mais ne dit pas que les négociations américano-japonaises ont été rompues. En substance, le télégramme signifie "Préparez la défense de la base et ne tirez pas". Roosevelt, jusqu’au dernier moment avait effectivement négocié, sans jamais imaginer un tel coup de sabre dans le dos. Depuis les américains ne peuvent plus que se rendre à Hawaï pour visiter les vestiges du cuirassé Arizona, torpillé le 7 décembre. Il avait bondit de six mètres en l’air après que ça soute à munition ait explosé, provoquant instantanément le décès de 1177 marins (5). Un baromètre à quelques centaines de mètres va se transformer en sismographe des deux énormes explosions ressenties ce jour-là.

Les américains n’avaient pas pris conscience de l’implantation japonaise dans le Pacifique. Pourtant, un événement surprenant survenu en juillet 1937 aurait dû leur mettre la puce à l’oreille.



Notes
(2) "Les porte-avions furent traités à part par le traité. En plus d’une limitation en tonnage global, des règles fixant la taille maximum de ces navires furent fixées. Chaque pays n’avait droit qu’à deux porte-avions de plus de 27 000 tonnes, lesquels ne devaient pas dépasser 33 000 tonnes chacun - cette exception était en fait pensée pour permettre de convertir certains croiseurs en cours de construction en porte-avions, elle donnera naissance à l’un des plus célèbres porte-avions de l’Histoire, le CV-2 USS Lexington. Le nombre de canons de gros calibre portés par chaque porte-avions était sévèrement limité, empêchant qu’un cuirassé soit doté d’un petit avion et désigné comme porte-avions" (source : Wikipedia).


(4) une excellente analyse du film Tora Tora Tora qui a assez bien rendu les événements ici-même. Le titre du film, « Tora ! Tora ! Tora ! », est constitué des trois mots de code dont se servit l’officier Mitsuo Fuchida pour annoncer au haut commandement japonais que l’effet de surprise avait réussi. « Tora » veut dire "tigre" en Japonais, mais « to » et « ra » sont aussi les deux signaux les plus faciles à taper en Morse. « To » était aussi la contraction de "totsugeki" = attaque, et « ra », celle de "raigeki" = torpillage. Le film fait peu d’erreurs, à part quelques fautes dans les uniformes et les usages (...) La décoration des avions japonais est plutôt exacte et on reconnaît bien le Nakajima du commandant Fuchida avec sa dérive rouge rayée de jaune. Mais tous les avions portent la marque de l’ « Akagi » (une bande rouge autour du fuselage située avant la dérive) alors que cinq autres porte avions (Soryu, Hiryu, Kaga, Zuikaku et Shokaku), participaient à l’attaque. En outre, les avions n’ont pas de numéro d’identification individuel. Les « hinomaru » (appelés « meatballs », boulettes de viande, par les Américains !) ou marques de nationalité, n’étaient pas entourés de blanc à l’époque de Pearl Harbour. Enfin, lors des décollages sur porte avions, les cockpits des Val et des Kate apparaissent bien vides, avec le seul pilote à bord, sans mitrailleur, ni observateur..."

(5) l’un des meilleurs documents sur Pearl Harbour est le numéro de décembre 1991 du National Geographic (Vol 180, N°6), dont je vous ai extrait quelques photos. On y retrouve Jimichi Goto, qui conduisait la vague de d’avions torpilleurs, ou Jown Finn, un des héros américains du jour, mitrailleur au sol où Kenneth Taylor, un des rares aviateurs à avoir pris l’air, ou encore Kazuo Sakamaki... qui devint après guerre le président de Toyota-Brésil, posant devant les vestiges de son sous-marin. L’autre source utilisée est le Numéro 101 de juin 1987 du numéro de l’Histoire.






Aujourd hui,l epave musee du cuirasse Arizona





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