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 Le convoi des Tatoues

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naga
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MessageSujet: Le convoi des Tatoues    Sam 12 Jan - 3:07

Fin de vie de mon arriere grand-oncle:

Le 14 février 1944, Cluny se réveille sous la neige, l’armée allemande quadrille la ville de bonne heure, les clunisois ont interdiction de sortir de leurs maisons.

Dans la journée, plus de 73 personnes, hommes et femmes sont arrêtées sur dénonciation en raison de leur participation à la Résistance et de leur opposition au régime de Vichy. Elles sont interrogees a la Kommendantur de Cluny puis transferees et re- interroges par la Gestapo de Lyon.Elles sont incarcérées une dizaine de jours à la prison de Montluc à Lyon.

Les hommes sont transférés au camp de Compiègne Royallieu, les 22 femmes au camp de Romainville.




Camp de Royallieu

La publication, en 2008, de la première étude historique réalisée sur le camp d'internement de Royallieu, a enfin permis d'établir et de faire connaître son histoire. Jusqu'ici peu connu, ce camp fut pourtant l'un des plus importants rouages du système totalitaire et génocidaire sur le sol français pendant la guerre.

Plus de 54 000 résistants, militants syndicaux et politiques, civils raflés, Juifs y ont été internés. 50 000 d'entre eux ont été déportés dans les camps de concentration et d'extermination d'Auschwitz, Ravensbrück, Buchenwald, Dachau, Sachsenhausen, Mauthausen, Neuengamme[3]. Le Frontstalag 122 s'est caractérisé notamment par l'internement et la déportation des « politiques » et personnalités « otages » : communistes, syndicalistes, résistants et civil. Le « camp C », ou le camp juif, tenu au secret, était déjà, vu les conditions d'internement qui y régnaient, un lieu d'extermination par la faim et la maladie.


Camp de Royallieu en 1940




Devenu « quartier Royallieu » après la guerre, ce camp a servi de centre d'instruction (CI) de l'Armée de l'Air pour les appelés du contingent dans la fin des années 1950 et au-delà. Formé au combat militaire terrestre en 60 à 70 jours, chaque contingent d'appelés d'environ 1 000 recrues par trimestre quittait ce centre d'entraînement à l'issue de la formation. Les appelés de chaque contingent étaient alors dispersés dans les diverses bases aériennes (BA) tant en France qu'en Algérie. Le présentateur de télévision Michel Drucker y a fait son service national.

Il a ensuite hébergé le 58e régiment de commandement et de transmissions dans les années 1970 et le 51e régiment de transmissions dans les années 1980.

L'Armée se retirant, un Mémorial de l'internement et de la déportation a pu être créé dans les trois bâtiments conservés du site. Il a été inauguré et ouvert au public le samedi 23 février 2008. De plus, un chantier est mis en œuvre à proximité des voies de la gare, présentant deux wagons de déportation d'époque.


Le camp aujourd hui






Mon arriere grand-oncle y restera une quarantaine de jours,il avait 52 ans en 1944.





Le Convoi des Tatoues le 27 Avril 1944 vers Auschwitz

Parti de Compiègne dans la matinée du 27 avril 1944, à cent par wagon à bestiaux, c'est le troisième convoi de non-juifs qui, directement, est allé à Auschwitz. Il y arrive le 30 avril au soir. 1655 détenus sont immatriculés, des numéros " 184936 " à " 186590 "
. D'après les recherches effectuées dans les registres reconstitués de Compiègne, une quinzaine de déportés supplémentaires partent dans ce transport sans qu'on puisse les retrouver ensuite : ils sont donc décédés avant l'arrivée au camp. Le nombre de partants devait donc être de 1670. Il n'y eut aucune évasion connue pendant le transport. Un déporté, Louis Boverie, au moins décède avant d'avoir été immatriculé, exécuté par un SS à la descente du train alors qu'il a tenté de s'évader en prenant une moto.

Il faut quatre jours et trois nuits de voyage dans des wagons à bestiaux pour arriver, le 30 avril, en fin d'après-midi, à la gare d'Auschwitz-marchandise, la ligne de chemin de fer conduisant les détenus à l'intérieur du camp n'étant pas encore opérationnelle. "La première journée, de Soissons à Charleville-Mézières, les villes se succédaient en direction du nord-est alors que la matinée de la seconde journée marquait une descente vers le sud-est, jusqu'à Metz, suivie l'après-midi d'une remontée nord/nord-est qui faisait pénétrer le convoi en Allemagne, par Trèves. Les troisième et quatrième jours, l'itinéraire s'incurvait à travers l'Allemagne : Giessen, Weimar, Dresde, puis le train filait à toute vapeur vers (…) la Pologne."
Les déportés sont d'abord parqués dans deux baraques du camp Canada de Birkenau, sur la terre nue, tout près du complexe chambre à gaz-crématoire IV. Après le tatouage (sur l'avant-bras gauche) et le passage à la désinfection, ils sont transférés au camp BIIb au bout de quelques jours.



Transfert vers Buchenwald le 12 mai 1944

Le vendredi 12 mai, un train est formé près de la porte principale du camp. Il emmène 1561 de ces déportés, à 60 par wagon, vers le KL Buchenwald où il arrive le 14 mai au matin. Sur les 92 malades restés à Auschwitz-Birkenau, 17 rejoignent Buchenwald quelques jours après et 12 autres y sont transférés le 1er octobre 1944. Au moins 41 des 63 personnes restées à Auschwitz ne rentrent pas de déportation ; 19 décèdent en mai 1944.
A leur arrivée au KL Buchenwald, après un nouveau passage obligé à la désinfection et l'attribution de matricules (de 52401 à 54029), les déportés sont entassés, pour la plupart, au block 57 du petit camp.





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MessageSujet: Re: Le convoi des Tatoues    Sam 12 Jan - 3:19



Transfert vers le camp de Flossenburg le 24 mai 1944

Le 24 mai, 1000 d'entre eux partent au KL Flossenbürg où ils sont à nouveau immatriculés de 9312 à 10311, puis répartis dans divers Kommandos : Flöha, Janowitz, Hersbruck, etc. Sur ce groupe, 618 ne reviennent pas.
Les 590 autres, restés au camp de quarantaine de Buchenwald, soit montent au grand camp, soit sont éparpillés dans une quinzaine de Kommando et de camps extérieurs : Dora, Schönebeck, Langenstein, Weimar, etc. Sur ce groupe, on compte 160 décès, soit un pourcentage deux fois moindre que dans le groupe parti à Flossenbürg.
Pour l'ensemble de ce transport, il y eut 819 décédés. Précisons, par ailleurs, que deux déportés sont libérés de ces camps de concentration : le premier l'est le 7 juin 1944 du KL Buchenwald et il rentre en France parce que son absence est préjudiciable à la bonne marche de son usine ; le second l'est le 9 octobre 1944 du KL Flossenbürg pour être mis au travail à Erbendorf, sans que l'on connaisse les raisons de ce régime de faveur.



Le convoi des Tatoues

Ce transport est surtout resté célèbre sous le nom de " Convoi des tatoués " à cause d'une polémique concernant les raisons pour lesquelles il avait été envoyé à Auschwitz : soit pour que les déportés y soient exterminés, soit par manque de place à Buchenwald, soit enfin pour qu'ils y soient versés dans des Kommando de travail comme le seront des Français d'autres transports venant de Dachau ou de Mauthausen en novembre 1944.
Aucun document n'a été trouvé confirmant ou infirmant l'une de ces thèses, mais les déportés ayant été tatoués dès leur arrivée à Birkenau, la première hypothèse est à écarter car les SS ne tatouaient pas ceux qui étaient destinés à la chambre à gaz.
Quant à la seconde, celle d'un manque de place à Buchenwald, la longue attente en gare de Weimar et le court séjour à Auschwitz, comme en transit, la rendent plausible[9]. Un autre fait plaide en faveur de cette thèse : les listes. En effet, à l'arrivée d'un transport, une liste des arrivants est dressée par l'administration du camp et renvoyée au Befehlshaber der Sicherheitspolizei (BDS) de Paris, qui s'est chargé de la déportation des détenus, comme une sorte de reçu. Pour ce transport, un exemplaire a été retrouvé, dressé le 6 juin 1944 à Buchenwald et numéroté de 100 à 1677. Cette liste comporte 1578 noms ; les 99 manquants ayant été remplacés par des détenus polonais ou tchèques qui n'ont rien à voir avec le transport, mais qui permettent d'avoir une comptabilité " en règle ". Ainsi, pour le BDS Paris, un convoi de 1677 déportés parti de Compiègne est arrivé à Buchenwald, comme si l'épisode d'Auschwitz n'avait jamais existé.
Par contre, dans le dossier complet d'un détenu ayant été libéré à Flossenbürg, retrouvé au siège de la gestapo de Berlin et conservé au bureau des archives du monde combattant à Caen, figure sur sa fiche d'entrée à Auschwitz le tampon " Meerschaum " (Ecume de mer) qui était le nom de code des transports de déportés destinés au travail. Cela viendrait confirmer la dernière hypothèse.



L'étude des registres reconstitués d'entrée au camp de Compiègne permet de donner un premier aperçu de la composition de ce transport, et notamment de l'origine géographique des déportés. Un cinquième d'entre eux environ, arrive à Compiègne en provenance des prisons parisiennes et de la Seine. Proches de la capitale, les prisons de Rouen (représentant un peu plus de 7% des déportés de ce transport) et de Blois (avec notamment des arrivées importantes vers le 20 février 1944 entre les matricules " 27600 " et " 28000 ") se distinguent dans ces listes. Un quart des déportés sont originaires du grand ouest français : ce sont surtout les prisons du Finistère, du Morbihan, de Loire-Inférieure, de Gironde et de Haute-Garonne, qui les envoient vers Compiègne.
A l'inverse, ils sont moins de 20% à provenir de l'Est de la France (dont un groupe de Savoie). Enfin, et en dehors des arrivées diverses et de celles non identifiées, mais en continuant de suivre les points cardinaux, il faut noter l'arrivée d'une cinquantaine de personnes de la prison de Marseille et de soixante-dix autres du Pas-de-Calais. Au total, on le voit, les origines sont diverses et elles couvrent, avec des écarts numériques qui peuvent toutefois être importants, l'ensemble du territoire. En cela, la composition de ce transport s'inscrit parfaitement dans celles des autres qui partent durant cette période du camp de Compiègne.
L'étude des dates d'arrestation semble indiquer que ces prisons se vident au fur et à mesure que les arrestations s'accélèrent sur le territoire. En effet, près de 80% des déportés de ce transport sont arrêtés dans les six mois qui précèdent le départ. Environ 4% le sont en 1940, 1941 et 1942, et 7% entre janvier et juin 1943. Par ailleurs, la courbe se modifie surtout nettement à partir de janvier et de février 1944, ces deux mois concentrant 45,5% des arrestations ; contre 21,5% ensuite et 22% précédemment, de juillet à décembre 1943. Les arrivées au camp de Compiègne ont donc surtout lieu en mars-avril 1944.
Cette chronologie est évidemment à rapprocher de celle de l'évolution du conflit mondial et de l'occupation allemande en France. Les actions menées contre cette dernière s'accélèrent en effet à partir de la fin de l'année 1943, et les arrestations se multiplient d'autant. Parmi celles-ci et à titre d'exemple, une étude menée à partir de listes de l'amicale des déportés de ce transport, portant sur plus de 20% d'entre eux, permet de faire ressortir la part importante des résistants représentant plus de 70% des motifs connus. On y retrouve, pour moitié des membres de réseaux de résistance et, pour un quart, des membres de mouvements ; le dernier quart étant constitué de résistants liés au parti communiste et au Front National. Se distinguent notamment, pour les réseaux, ceux dits Buckmaster, liés aux services britanniques, ou les réseaux Turma-Vengeance, Jade, Brutus, Castille, Marie-Odile ; et pour les mouvements de zone Nord, Ceux de la Résistance, Libération-Nord ou l'Organisation civile et militaire, sans oublier le Front National.
Notons également qu'un certain nombre de personnalités marquantes de la Résistance, dont plusieurs devinrent ministres ou grands serviteurs de l'Etat, font partie de ce transport. Et si l'on se replace au moment de son départ, rappelons qu'il emmène en déportation, notamment, Marcel Paul, ancien conseiller général de Paris et résistant dans l'Organisation spéciale du parti communiste ; le responsable des FTP de la région Ile-de-France, Robert Darsonville, ainsi qu'un certain nombre de ses adjoints ; les parlementaires François Beaudoin, député de la Moselle, résistant dans le réseau Cahors-Asturies, et Louis Destraves, ancien député-maire de Houilles dans les Yvelines ; le journaliste au Temps Rémy Roure ; le propriétaire de L'Indépendant de Perpignan, Georges Brousse ; le polytechnicien et neveu de l'amiral, Georges Thierry d'Argenlieu ; le comte Paul Chandon-Moët ; les poètes Robert Desnos et André Verdet ; le peintre Léon Delarbre, conservateur du musée des Beaux-Arts de Belfort ; etc. Trois " tatoués " ont par ailleurs été nommés Compagnons de la Libération : Rémy Roure, André Boulloche, délégué militaire de la France Libre pour Paris et sa région ; et son adjoint Ernest Gimpel. Arrêté au début du mois de janvier 1944, André Boulloche, blessé par balle au cours de son interpellation, est opéré à l'hôpital de la Pitié avant d'être interrogé et déporté par les Allemands.


Paul Le Goupil





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naga
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MessageSujet: Re: Le convoi des Tatoues    Sam 12 Jan - 3:30

Le camp de Flossenburg

L'emplacement de Flossenbürg a été choisi à cause du granit qui s'y trouve. Les plans colossaux de construction de Hitler, que devait réaliser l'architecte Albert Speer, exigent d'énormes quantités de matériaux de construction, notamment de granit. Ces plans prévoient le réaménagement de Berlin et de plusieurs villes, la construction d'édifices imposants pour les congrès du parti nazi à Nuremberg, des projets autoroutiers...

Pour cela Himmler crée une entreprise commerciale, propriété des SS et dirigée par eux : la « Deutsche Erd und Stein Gesellschaft », ou DEST (la Société allemande Terre et Pierre). Fondée en avril 1938, la DEST achète des carrières de pierre et des briqueteries dans le cadre de ce programme. Les camps lui fournissent une main-d'œuvre gratuite immédiatement disponible. Au cours de sa première année d'activité, le DEST achète des carrières à Flossenbürg et à Mauthausen, tandis que des camps sont créés à proximité. La DEST achètera plus tard d'autres carrières de granit à Gross-Rosen en Silésie en 1939 et à Natzwiller en Alsace en 1942.

Flossenbürg est prévu pour produire annuellement 12 000 mètres cubes de pierre de taille.







Le 4 mai 1938 arrive du KZ de Dachau une centaine de détenus. D'autres suivent, envoyés par les camps de Buchenwald et de Sachsenhausen. Fin décembre 1938, ils sont 1 500 « Häftlinge ». Tous portent le triangle vert des criminels de droit commun.

De 1938 à 1942, les déportés aménagent le KZ dont le portail porte la même inscription qu’à Auschwitz : « Arbeit macht frei ». Les prisonniers creusent la terre, charrient des roches qu'ils transportent sur leur dos, déblayent des plates-formes en escalier sur le versant de la montagne et y bâtissent des Blocks.



À partir de 1943, le travail à la carrière passe au second plan (à la fin de 1944, 1 000 déportés seulement y seront employés). En effet, à cause de l'évolution de la situation militaire, les SS accordent la priorité à la production de guerre. Messerschmitt, la plus importante entreprise d'armement de l'Allemagne du Sud, cherche à utiliser la main-d'œuvre des déportés de Flossenbürg et de Mauthausen pour développer sa production d'avions.

Des bâtiments industriels sont aménagés sur le domaine de la carrière de Flossenbürg. Le 5 février 1943, 200 déportés y sont employés à des travaux de tôlerie. Après le bombardement allié du 17 août 1943 qui détruit une grande partie des usines Messerschmitt à Regensburg (Ratisbonne), le transfert vers les KZ de Flossenbürg et de Mauthausen est développé : les déportés travaillant pour la firme sont 800 à Flossenbürg fin août 1943, 1 500 en décembre 1943, 2 200 en mars 1944. À part les moteurs et les gouvernes, Pratiquement la totalité du chasseur ME 109 est construite à Flossenbürg. Deux équipes travaillent jour et nuit, onze heures et demie chacune. En septembre et octobre 1944, 5 000 déportés de Flossenbürg auront construit 180 carlingues de ME 109.

Le sort des déportés travaillant pour Messerschmitt est bien meilleur que celui de ceux qui sont affectés à la carrière. En effet, les halls de l'usine sont chauffés, les contremaîtres et ingénieurs de l'entreprise se comportent en général correctement et la firme parvient même à obtenir une augmentation des rations alimentaires pour les déportés. Mais l'encadrement par les kapos verts signifie toujours violence et exactions.



Outre les kommandos classiques intérieurs à tous les camps (cuisine, latrines…) Flossenbürg comporte deux grands Kommandos :

La Carrière

La carrière, propriété de la SS, est distante d'environ 300 mètres du camp de concentration. Elle comporte l'exploitation de la taille proprement dite et l'entreprise attenante de façonnage du granit où, dans de grands halls, on façonne les pierres brutes au ciseau et au marteau pour obtenir des pierres de taille. Le travail consiste surtout à casser les roches, pousser les wagonnets, transporter les pierres, le tout au Laufschritt (pas de course).







La carrière par H. Margraff

« Fin février était arrivé de Buchenwald un convoi de 750 Français, parmi lesquels Jacques Michelin, par un hiver qui à Flossenbürg est toujours particulièrement rigoureux, hiver que les anciens du camp ne voyaient jamais s'approcher qu'avec une indicible horreur. Ils furent envoyés à la carrière où, exposés à un vent terrible et glacial, et ne recevant à manger que leur pain noir et des pommes de terre pourries ou gelées, ils durent briser des pierres, pousser des wagonnets, glissant avec leurs mauvais sabots sur la pente escarpée, continuellement harcelés par les kapos qui, à la moindre défaillance, les achevaient à coups de pierres et de barres de fer. Ils souffrirent à tel point que, lorsque nous arrivâmes, la moitié d'entre eux étaient morts et l'autre moitié pratiquement en train de mourir. »
« En 1942, un SS paria une somme de 300 marks avec un de ses collègues qu'en l'espace de trois mois tout un pan de rochers d'une colline serait enlevé et que trois nouveaux Blocks (les Blocks 9, 10 et 11) y seraient construits. L'autre tint le pari. Pendant trois mois, le matin de 5 à 6 heures et le soir de 7 à 9 heures, les prisonniers durent produire un effort supplémentaire à peine imaginable. Au bout de trois mois le SS avait gagné le pari, mais il coûta la vie à environ 2 000 détenus. »


Henri Margraff, Témoignages strasbourgeois ; Paris, Les Belles-Lettres, 1947.






L’usine Messerschmitt

La carrière passe au second plan à partir de 1943 (il y aura environ 1 000 détenus en fonction à la carrière en 1944) : Messerschmitt va exploiter la main d’oeuvre de Flossenbürg et de Mauthausen pour développer sa production d’avions. On aménage des bâtiments industriels sur le terrain de la carrière, ateliers destinés à la tôlerie, où travaillent les détenus. Après la destruction par bombardement des ateliers de Ratisbonne (17 août 1943), on développe les ateliers : fin août, 800 détenus travaillent pour Messerschmitt ; ils sont 1 500 en décembre, 2 200 en mars 44, et près de 5 000 en octobre. A part le moteur et les gouvernes, tout le fameux ME 109 est monté à Flossenbürg. Les détenus de l’usine sont bien mieux traités que ceux de la carrière, effort de guerre oblige. Cela n’empêche pas les brutalités des kapos et de l’encadrement.








L’usine par H. Margraff

« La vie d'usine était par elle-même harassante. Plusieurs kapos s'étaient fait une habitude de tuer chacun leur homme tous les jours : à la moindre incartade (homme surpris à être assis ou en train de fumer), quinze jours de Strafkompanie d'où on ne revenait que par miracle... »
« En outre, le travail à l'usine de Flossenbürg présentait un danger supplémentaire : nous ne travaillions que des alliages spéciaux en duralumin dont la moindre égratignure provoquait un début d'empoisonnement ; chaque blessure nous obligeait à tenir pendant plusieurs semaines le doigt bandé, avec du papier, et souvent, en nous rendant à l'infirmerie pour nous faire soigner, nous étions obligés de repartir sans que l'on se soit occupé de nous étant donné le nombre considérable de blessés. D'ailleurs, l'odeur nauséabonde se dégageant des plaies de toute cette foule qui attendait l'application d'un malheureux pansement était absolument indicible, et ne nous encourageait pas à rester. »


Henri Margraff, Témoignages strasbourgeois ; Paris, Les Belles-Lettres, 1947.





Dernière édition par naga le Sam 12 Jan - 3:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le convoi des Tatoues    Sam 12 Jan - 3:32

Les Kommandos extérieurs

À partir du printemps 1942, dans le cadre de l'intensification de la production de guerre, le nombre des kommandos se multiplie à l'extérieur du KZ. Ils sont appelés « kommandos extérieurs », « camps extérieurs » ou « camps annexes », mais tous dépendent administrativement du KZ de Flossenbürg. Le premier est installé en février 1942 à Stulln pour l'exploitation de la fluorine, importante pour l'armement. Puis un immense réseau de kommandos extérieurs se développe. Ils seront 6 en 1942, 17 en 1943, 75 en 1944, 92 en 1945. Leur taille est très variable, allant de quelques déportés employés dans une boulangerie à 6 000 détenus dans les plus grands kommandos. Ils s'implantent souvent loin de Flossenbürg, en Bavière, Saxe, Tchécoslovaquie, Haut-Palatinat, Thuringe. Les SS louent les déportés aux entreprises. Ils en retirent des profits considérables : 3,7 millions de Reichsmarks en décembre 1944, plus de 10 millions de Reichsmarks pour toute l'année 1944.

Les principaux sont kommandos sont :

Saal sur le Danube : usine souterraine d’armement, Organisation TODT
Helmbrecht dans l’Oberpfalz ;
Freiberg : Messerschmitt


Hiver au camp de Flossenburg







Je fais des recherches pour savoir ou travaillait mon arriere grand oncle.

VERGAT Antoine No matricule 186528 Lournand (71) decede le 14/12/1944 a Flossenbürg.




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MessageSujet: Re: Le convoi des Tatoues    Lun 14 Jan - 3:46




NEUNBURG VORM WALD,Baviere,a quelques kms du camp de Flossenburg.

Les gens de cette ville,belle et laide qui étaient ici pendant les derniers jours de la deuxième Guerre mondiale entendent toujours le sanglotement,les cris d'hommes squelettiques un souffle de mort.
Ils entendent les coups de feu,entendent le silence assourdissant,alors que la claque douce des corps tombant sur le gravier et l'herbe et le sable refroidi de sang...


Le camp de concentration Flossenburg et ses camps satellites dans les collines avaient environ 100,000 prisonniers. Au moins 30,000 personnes sont mortes là autour,le double peut-être.

En Bavière,le 2ème US Cavalerie,mené par Colonel Charles Reed, s'approchait de Flossenburg avec d'autres éléments de la 3ème armée US,commandé par le général George S. Patton.


Le 21 avril 1945,un samedi soir,des gardes SS ont abattu 161 hommes le long de Neunburg vorm aux bords de la route de Wald et des fermes, sur les pelouses de l'église de la ville et dans les cours d'école,
on les a tué par balle ou frappe avec des crosses de fusil,pas comme une certaine tactique désespérée pour gagner la guerre,mais parce qu'ils savaient qu'ils l'avaient déjà perdu.


Les soldats américains sont arrivés en ville de flossenburg et ont découvert 161 corps déposés comme des ordures dans des tombes peu profondes sur une colline.
Malgré l'échelle des meurtres dans la Deuxième Guerre mondiale,les soldats US ne permettaient pas à 161 hommes assassinés d'être banalisés.










Les soldats ont forcé les citadins - tous les 2,500 villageois sauf les enfants de moins de 5 ans et les très vieux - de déterrer les corps,de pleurer les hommes assassinés et de les enterrer avec une certaine
mesure de dignité.


En fait,il apparaît maintenant clair que beaucoup de personnes dans cette ville n'ont pas su ce qui arrivait en haut de la route,au camp Flossenburg,ou à n'importe lequel des autres camps.
Mais il est aussi clair que beaucoup d'allemands avaient fait le pas.

"Qui voulait savoir pouvait le faire.Mais personne n'a voulu savoir."
"Bien sûr il y avait des chuchotements," ont dit les personnes âgées comme Hastreiter,qui a travaillé pour l'administration locale pendant la guerre. Mais personne n'a voulu savoir.on n'avais pas osé."
Beaucoup avait la crainte qu'eux-mêmes deviendraient des prisonniers ou etre tué par les SS -ce
n etait pas simplement des prisons dures, mais des endroits où des centaines de milliers de gens marchaient vers la mort.


Un message des Américains a été lu à l'assemblé en allemand.
Par ces mots,il est maintenant apparent que,au moins pour ces soldats américains,les obsèques n'étaient pas simplement pour les 161 hommes assassinés dans cette ville,mais aussi pour ceux tués dans les camps.
Il etait egalement clair que les gens de Neunburg étaient tenus responsables non juste pour les meurtres sur leur terre, mais pour les péchés commis par l'Allemagne d Hitler.



The Road to Neunburg
par Todd Richissin 2005

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MessageSujet: Re: Le convoi des Tatoues    Lun 14 Jan - 3:56



Malgre que le camp et toutes les horreurs passees,il apparait que certains nouveaux(?) habitants,et bien sur la mairie, ne s embarrassent pas avec la dignite des lieux et ont construits sur les emplacements anciens des barraques des deportes autour de la place d appel.




Je me demande comment font les gens pour dormir la meme ou des gens sont morts dans d atroces souffrances.(voir la tour de garde a l extreme droite)




En 1945





Vue aerienne,au centre le batiment des SS entoure de maisons recentes





En 1944




LA COLONIE DES OFFICIERS SS

Sur le flanc ouest de la colline, avoisinant le camp de concentration, avec une vue sur le village et le château fort, se trouvait le quartier résidentiel des officiers SS. Les officiers y avaient aménagé et bâti leur propre logement avec leurs familles. Les femmes et les enfants et leurs maris habitaient ainsi à un jet de pierre du village et de leur « lieu de travail ».

Toutes les maisons en bois ont été épargnées après la guerre et elles se trouvent actuellement dans un environnement paisible et vert. Rien ne rappelle au visiteur ce qu'elles ont été jadis.



Villas a la construction du camp





Villa aujourd hui




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MessageSujet: Re: Le convoi des Tatoues    Ven 18 Jan - 8:19

Elements de reponse a ce qui est pose ci-dessus:


"Mais où donc se trouvait exactement le camp ?" Voilà le genre de questions que se sont posés les visiteurs successifs pendant le demi-siècle qui a séparé sa fermeture de sa réhabilitation.
Cependant, un nouveau regard commence à apparaître et à s'enraciner dans l'esprit des près de cent mille visiteurs qui, à présent, viennent annuellement avec la soif de savoir. Il faut en effet souligner
qu'aucun élément, à la Libération, ne militait en faveur de la préservation du camp.” Ces chiffres éloquents sont le résultat d'un long travail de mémoire.

réalisé par Henri Margraff.




“Isolé à l'écart des grands axes près d'un village pauvre, le camp fut d'abord peuplé,dès sa création en 1938, par quelques deux mille détenus de droit commun,condamnés en récidive à de longues peines et ramassés dans les prisons du IIIème Reich. Longtemps la population environnante, depuis que régnait la
censure nazie, resta persuadée que tous les prisonniers étaient des criminels. Il paraît superflu d'ajouter que pendant tout ce temps la longue période de guerre froide n'arrangea pas la situation.
Ainsi, lorsqu'en 1957, je me suis rendu,rejoint par Guillemin, à Weiden, pour témoigner en
Cour d'Assises dans la procédure intentée contre le Rapportführer du camp Kubler, et poussant jusqu'au site du camp, nous avons pu voir encore subsister le poteau de pendaison et le rouleau
compresseur de la compagnie disciplinaire,et remarquer que les cellules du Bunker
(prison intérieure du camp) étaient habitées par des Allemands sudètes chassés de Bohême en 1945.

De même en 1965, pour les vingt ans de notre Libération, rejoint par Louis Martin, Jean Valet, Guy Goutbessis,rendus sur les lieux pour reconstituer le trajet de notre évacuation d'avril 1945, il nous est arrivé, en nous faisant reconnaître comme rescapés, que les gens montrent leur frayeur, esquissant un mouvement de recul car ils nous considéraient toujours comme des criminels.

Pourtant, dès cette époque, certains indices laissaient entrevoir une lueur de rapprochement : d'importants aménagements avaient été réalisés à l'extérieur du camp proprement dit, à la limite de son enceinte, pour évoquer un cimetière alors qu'au point approximatif où se trouvait le "Revier" (l'infirmerie, ondevrait dire le mouroir du camp) près d'une fontaine, notre attention se trouvait spécialement attirée par une maquette en
bois qui donnait en réduction une image frappante de ce qu'était le camp,pratiquement sans erreur notable ; mais ce dispositif était exposé aux intempéries et finit par disparaître. J'éprouvais un profond regret de voir subsister erreurs et maladresses, comme de constater dans la chapelle une addition sur les blasons nationaux de plus de 70 000 morts, de voir
pourrir les étendards dans l'humidité du crématoire, ou d'avoir laissé transformer
une tour de sentinelles en WC publics, …
pour ne citer que quelques exemples.



Un travail de mémoire essentiel

En 1974, renseigné sur ma personne par la responsable du Centre de Documentation
de Dachau, le jeune journaliste du "NeueTag" de Weiden, Toni Siegert, prit contact avec moi et sollicita mon aide pour préparer une relation complète sur le camp dans le cadre d'un travail historique sur la vie en Bavière pendant la période du IIIème Reich nazi. Il me fit part du manteau de silence recouvrant les vérités de cette époque et l'empêchant de progresser à
peine ses recherches amorcées.
Dès nos premières entrevues, je réalisai avoir en face de moi une personnalité capable et
décidée à mener à bien un tel travail, mais je le mis de suite en garde sur l'ampleur et
la complexité de la tâche ; je n'avais certes vécu directement avec mes camarades que
les derniers onze mois de l'existence du camp mais, outre mon bilinguisme et une
mémoire que l'on m'indique être hors du commun, je m'étais efforcé de recueillir
inlassablement auprès des anciens détenus du camp, slaves ou allemands, voire même
auprès des Kapos (les quelques rares allemands triangles verts ayant accédé à la chiourme), un maximum de renseignements de toutes sortes concernant les conditions évolutives de la vie du camp.
Cela me permit notamment d'expliquer à Toni Siegert de scruter tout particulièrement tous les éléments ayant trait au nombre de morts pour éviter, en raison de la mauvaise tenue ou de la destruction des fichiers de transfert des SS, que beaucoup de victimes ne se trouvent inscrites à plusieurs reprises en décès ou par contre oubliées d'être réinscrites à bon escient. Nous nous rencontrions ainsi tant chez lui que chez moi, Toni enregistrant dans son
ordinateur de multiples indices que je lui fournissais. Puis il obtint l'autorisation des autorités américaines de se rendre aux USA, consulter avec sa jeune épouse les archives transférées d'Arolsen. Il me fit part de la facilité, grâce à mes indications,avec laquelle il retrouva, point par point,qu'il s'agisse de dates, de nombres ou d'événements, tout ce que j'avais pu lui
livrer avec une stupéfiante exactitude.


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naga
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MessageSujet: Re: Le convoi des Tatoues    Ven 18 Jan - 8:37


Il rédigea et intégra sa thèse qui, dans l'ouvrage global sur la période bavaroise du IIIème Reich, allait être le dernier grand chapitre de celui-ci. Il fit carrière et se trouva être, à présent, un des principaux
présentateurs au "Bayerischer Rundfunk", en fait, la télévision de Munich. Par la suite, de nombreux articles parurent dans la presse, justifiant l'intervention des autorités fédérales et du Land en vue de contribuer au renouveau du camp. La Ministre de la Culture du Land de Bavière, Monika Holmeier (fille du feu Président bavarois FJ Strauss) se rendit plusieurs fois sur place pour montrer son intérêt au cours des années 90. Je m'entretins plusieurs fois avec elle et le Président Perrot de la FNDIR put
également lui confirmer sur place l'intérêt du Mouvement pour la Mémoire lors d'une rencontre européenne des survivants.


Des célébrations au nom du souvenir

Mais le facteur impulsif se dessina déjà en 1994 pour ensuite ne cesser de se développer :
KH Schötz, le pasteur (luthérien) du village de Flossenbürg m'appela un soir pour m'informer de la prévision pour le 9 avril 1995 de la célébration, pour le 50ème anniversaire de son exécution, de la
Mémoire de Dietrich Boenhofer ainsi que de celle des conjurés, dont l'amiral Canaris, du 20 juillet 1944, qui furent exécutés le même jour. Il me sollicita pour le rejoindre en vue de la préparation de ces journées en compagnie des militants responsables de leur réalisation. Je saisis de suite tout l'intérêt de
participer à cette manifestation qui ne manquerait pas de renforcer la justification des pouvoirs publics fédéraux à prendre en main la réhabilitation du camp.
Ces journées d'avril 1995 furent exemplaires : je m'y suis rendu avec un message oecuménique du cardinal Lustiger,archevêque de Paris, et pris ensuite la parole en mon nom propre devant six cents militants en présence des autorités civiles et militaires, dont le Général en chef de la Bundeswehr.

En 1997, je fus à nouveau pressenti par la Télévision de Munich pour le montage,avec mes dialogues, d'un film qui depuis lors, est projeté en témoignage pour les visiteurs. Je pus également prendre
directement contact avec le Directeur de l'Institut des Sciences Politiques de Bavière, Monsieur Rupp, et son adjoint Monsieur Karg, chargés de créer et d'organiser l'équipe du Centre de Documentation qui
se trouve à l'oeuvre sous la responsabilité de l'informaticien Jörg Skribleist, qui se dépense sans compter. Celui-ci a formé une équipe très motivée par le devoir de Mémoire et se trouve toujours ouvert à toutes suggestions qui pourraient être faites pour rendre à nouveau le camp plus "parlant", en dépit de toutes les altérations ou destructions qui ont eu lieu depuis l'après-guerre. Il faut souligner dans ce contexte que la remise en place de vestiges retrouvés aux points précis de leur existence
initiale n'est pas toujours évidente.


Les Journées européennes

C'est avec un grand plaisir que je pus constater, lors des Journées européennes de 2001, que la
délégation française de Flossenbürg venait pour la première fois, à l ’occasion de son pèlerinage annuel, aux Journées des survivants d'Europe. André Bessière s'y trouvait avec moi. Les Journées de 2002 marquèrent un progrès exceptionnel dans la prise de conscience de l'importance du Mémorial de Flossenbürg dans le développement de l'Allemagne de la troisième génération, et dans sa connaissance
de l'histoire de son pays.
Effectivement, dès l'ouverture de ces journées, et pour la première fois, Gunther Beckstein, Ministre
de l'Intérieur de la Bavière, se rendit sur le site pour s'en faire expliquer les vestiges et les projets de réhabilitation. Ce fut pour lui une révélation ! Avec une émouvante sincérité, il reconnut dans son allocution de clôture qu'au cours de toute sa scolarité et de ses études universitaires, il n'eut jamais la
moindre indication de ce qui se passa dans son pays depuis 1870.
Me cédant ensuite la parole, j'ai sobrement souligné l'exemplarité des rares survivants, qui ont su à la fois pardonner et se souvenir. C'est cet "esprit de camp" (Lagergeist) qui constituera le vivier au sein duquel se développera l'esprit des témoins subséquents : "l'esprit européen" (Europageist). Venu également sur place le lendemain, le Ministre de la Défense belge,André Flahaut, s'exprima dans le même sens.



Henri Margraff
186.011
Flossenbürg 10.016





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