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 Les femmes de l'Armée Rouge

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Vorobeï
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Nombre de messages : 108
Date d'inscription : 20/11/2010

MessageSujet: Les femmes de l'Armée Rouge   Jeu 12 Sep - 1:08

Introduction :
La grande guerre patriotique fut une catastrophe démographique sans précédant pour l'URSS. Le pays perdit en tout 27 millions de ces citoyens, militaires et civils. La première année, celle de 1941, est terrible pour l'URSS : la surprise de l'attaque allemande, auquelle Staline n'a pas voulu croire en dépit des nombreux avertissements, entraîne des pertes immenses au sein de l'Armée rouge. En février 1942, en plus des trois millions de prisonniers, l'Armée Rouge a perdu 2663000 soldats au combat. (source : Catherine Merridale, Les Guerriers du Froid, Ed. Fayard, p. 175). Il faut donc recréer des divisions entières pour remplacer les pertes !
Le potentiel humain de l'Union Soviétique est certes énorme, le pays compte 180-190 millions d'habitants mais face à certaines pénuries en hommes, la seule solution est donc de recruter des femmes pour remplacer les hommes. Celles-ci les remplacent déjà aux champs et à l'usine.

Depuis 1925, les jeunes femmes soviétiques suivent une formation, ou plutôt un “enregistrement militaire” permettant d'établir un livret militaire consignant tous les renseignements nécessaire à une éventuelle réquisition en cas de conflit. Tous les femmes entre 18 et 40 ans sont concernées et constituent donc une réserve.

Dans les premières semaines du conflit, les volontaires féminins dans l'Armée Rouge restent peu nombreux dans la mesure où on les a souvent dissuadées de s'engager dans l'armée, mais la situation catastrophique de l'URSS change la donne.

C'est en avril 1942 que Staline et le GKO (Государственный комитет обороны = State Defense Committee = Comité de Défense de l'Etat) approuvent le recrutement de femmes à des postes de combat masculins (source : Catherine Merridale, Les Guerriers du Froid, Ed. Fayard, p. 462).

800000 femmes vont alors servir au front pendant la guerre. C'est bien plus que dans les autres pays engagés dans la guerre. Si certaines d'entre elles sont radios ou infirmières, à priori des postes de non-combattants, d'autres seront aviatrices ou tireurs d'élites...
La présence de femmes soldats au front dans l'Armée Rouge constitue un fait unique dans l'histoire.

Les causes :
La première cause du recrutement de femmes dans l'Armée Rouge est la plus immédiate, il s'agit de pallier au manque d'hommes sur le front à cause des immenses pertes de 1941.

Ensuite, l'objectif était de faire honte aux soldats pour les inciter à redoubler d'efforts. Il faut savoir que l'Armée Rouge ne connait presque que la défaite depuis le début de la guerre (si on excepte la contre-offensive de décembre 1941).

Enfin, on peut rechercher la cause du recrutement des femmes dans l'Armée Rouge dans l'idéologie communiste : étant en principe l'égale de l'homme, la mobilisation de femmes au front à des postes de combats ne pose pas de problèmes, au contraire de l'Allemagne nazie et des démocraties occidentales.

Florilège de parcours :
Certaines femmes soldats sont affectées à des postes qui, à priori, d'après leurs fonctions, ne font pas d'elles des combatantes. C'est notamment le cas des radios ou des infirmières. Le personnel médical au front est constitué de 40% de femmes (référence non retrouvée, donc à vérifier).

Mais vu la violence des combats sur le front russe, il était parfois nécessaire pour elles de se défendre.
On peut ainsi prendre l'exemple de l'infirmière Goulia Koroleva, 20 ans, de Moscou et mère d'un enfant qui servait dans la 214e division de fusiliers au sein de la 24e armée en 1942. Décorée à titre posthume de l'Ordre du Drapeau rouge, elle fut citée pour avoir “ramené de la ligne de feu plus d'une centaine de soldats blessés et tué de sa main quinze fascistes” (score peut-être exagéré mais qui contient sans doute une part de vérité !). Une autre infirmière, Natalia Kachnevskaïa, membre d'un régiment de fusiliers de la garde, ramena 20 blessés en une journée et “lança des grenades sur les Allemands”. (Source : Antony Beevor, Stalingrad, éd. De Fallois, Collection Le Livre de Poche, p. 220)

Les pertes parmi le personnel médical au front était lourdes, notamment lors de la bataille de Stalingrad.
La 308e division de fusiliers, composé de Sibériens, avait fait venir un certain nombre de ses femmes médecins. Quand le correspondant de guerre Vassili Grossman a intérrogé l'une d'entre elles qui s'appelait Liolia Novikova, celle-ci lui a répondu : “Sur dix-huit filles infirmières, nous ne sommes plus que trois”. (Vassili Grossman, Carnets de Guerre, Col. Le Livre de Poche, p. 281)

Toujours pendant la bataille de Stalingrad, ou plus exactement au début de celle-ci, lorsque la Luftwaffe bombarda la ville le 23 août 1942, la plupart des batteries antiaériennes étaient servies par de jeunes femmes, souvent issues des jeunesses communistes (Komsomol). Elles avaient été recrutées après avoir répondu une question qui ne pouvait comporter qu'une réponse : “Voulez-vous défendre la Mère Patrie ?” (Antony Beevor, Stalingrad, p.144) Peu d'entre elles avaient déjà tiré au canon, faute de munitions d'instruction. Lorsque les premiers chars allemands qui appartenaient à la 16e division blindée, elles cessèrent de tirer sur les bombardiers pour tirer sur les chars, alors qu'aucune d'entres elles n'avait été entraînée à viser des objectifs terrestres. Rapidement remis de leur surprise, les chars attaquèrent les batteries, soutenus par des stukas (Antony Beevor, Stalingrad, p.155). D'après le capitaine Sarkissian, qui commandait un bataillon soviétique de mortiers lourds, “elles (en parlant des femmes) refusaient de se mettre à l'abri”. L'une d'elles, nommée Macha, fut créditée de neuf coups au but. Le bilan était peut-être exagéré mais la bravoure des femmes des batteries est confirmée par les rapports de la 16e division blindée allemande : “Jusqu'à la fin de l'après-midi, déclarait l'un de ceux-ci, nous avons du rendre coup pour coup à trente-sept positions de canons antiaériens servis par des femmes d'une remarquable ténacité. Le combat n'a cessé que lorsqu'elles ont toutes été détruites” (Antony Beevor, Stalingrad, p.157). Les survivantes furent évacuées le 25 septembre au-delà de la Volga et affectées à d'autres batteries sur la rive orientale du fleuve (Antony Beevor, Stalingrad, p. 223).

Si certaines femmes de l'Armée Rouge servaient comme radios, infirmières ou servants de DCA, d'autres ont servi comme aviatrices ou tireur d'élites.

Dans l'aviation, suite aux immenses pertes de l'armée de l'air soviétique, trois régiments d'aviation entièrement féminins furent constitués. L'un d'entre eux était le 588e régiment de bombardiers de nuit qui s'illustra pendant la bataille de Stalingrad. Comme son appelation l'indique, ce régiment était spécialisé dans les bombardements de nuit. Les femmes pilotes étaient aux commandes de biplans Po-2 obsolètes (ou U-2 selon les références) et avaient pris l'habitude de les faire voler à basse altitude au-dessus des lignes allemandes pendant la nuit, et de couper leurs moteurs au moment de larguer leurs chargements de bombes de 400 kilos. Le passage des avions prenaient alors une allure fantomatique et s'effectuaient dans un chuintement sinistre. On n'entendait plus que le froissement de l'air sous les ailes vu que l'avion planait. Etant donné que les bombardements de nuit usaient les Allemands et les empêchaient de se reposer, ceux-ci surnommèrent les femmes pilotes les “sorcières de la nuit”, surnom qui fut repris plus tard par l'autre camp (Antony Beevor, La Seconde Guerre Mondiale, Calmann-Lévy, p. 440). Sinon, deux régiments de chasse, les 586e et 587e, furent créés pendant la guerre. Au 586e s'illustra notamment Lydia Litviak, qui descendit 12 avions. Les deux régiments de chasse intégrèrent des hommes dans leurs rangs après la mort de Marina Raskova, fondatrice des 586e et 588e régiments, dans un accident.

En ce qui concerne les femmes tireurs d'élite, même si c'est la création d'une école de snipers pour femmes qui provoqua un véritable aflux en 1943, un certain nombre de femmes snipers étaient déjà connu pour leurs talents meutriers. C'est notamment le cas de Lioudmila Pavlichenko qui abbatit 309 soldats ennemis de juin 1941 à juin 1942. Sinon, on peut citer par exemple Roza Chanina qui tua 54 soldats ennemis en 1944 et 1945. Les femmes étaient considérées comme résistant mieux au froid que les hommes et comme ayant la main plus sure (Antony Beevor, La Seconde Guerre Mondiale, p. 494).

Dans les blindés, il y eut peu de femmes mais on peut citer tout de même Mariya Oktyabrskaya et Alexandra Samusenko qui furent respectivement sergent de la Garde dans la 26e brigade blindée de la Garde et capitaine de la garde dans la 1ère brigade blindée de la Garde et qui, malheureusement ne virent pas la fin de la guerre.

Manshuk Memetova, originaire du Kazakhstan, s'illustra comme servant de mitrailleuses. Elle aussi mourut pendant la guerre.

La bravoure et les compétences dont les femmes firent preuve, en particulier au cours de la bataille de Stalingrad, encouragèrent les autorités soviétiques à en recruter davantage, et il y eu plus de femmes dans l'Armée Rouge que dans n'importe quel autre armée régulière pendant la guerre (Antony Beevor, La Seconde Guerre Mondiale, p. 494).

En tout, 800000 femmes s'engagèrent dans l'Armée Rouge pendant la guerre. Il est possible que ce chiffre ne comprennent pas celui des femmes qui s'engagèrent chez les partisans dans les territoires occupés.

En tous cas, les Allemands apprirent rapidement à perdre leurs illusions sur le sexe réputé faible. “Il est complètement faux, écrivit un officier, de parler de “soldats en jupons” pour les femmes russes. Elles ont été préparés de longue date au combat et sont capables d'occuper tous les emplois militaires qu'elles sont physiquement en mesure d'assumer. Les soldats russes les traitent avec la plus grande prudence” (Antony Beevor, Stalingrad, p.157).


Relations avec les hommes :
Il y avait déjà eu des femmes sur le front dans d'autres guerres de la Russie, mais elles n'avaient jamais été aussi nombreuses. Cela n'allait pas sans poser un certain nombre de problème de tout ordre. D'un côté, les jeunes recrues féminines étaient atrocement gênées quand elles découvraient les latrines militaires (ou parfois l'absence de latrines). Leurs uniformes, qui étaient au départ de coupe masculine, ne leur allaient pas. Elles avaient plus de mal à entrer dans le moule que constituait l'Armée Rouge et à se considérer comme des guerrières. Devaient-elles par exemple, se réjouir de leurs nouveaux muscles et de la crasse qui rapprochaient leurs corps de ceux des soldats ? Mais surtout, ce qui était très difficile pour elles, c'est que leur présence éveillait parfois des sourires narquois et une certaine condescendance officielle que l'on retrouve ainsi par exemple dans les écrits du maréchal Tchouïkov qui les considéraient comme de simples filles (Tchouïkov, The Beginning, p. 221-234). Les vieux soldats ne savaient donc pas s'il fallait les traiter en camarades ou en femmes (Catherine Merridale, Les Guerriers du Froid, p. 196).

De plus, tout au long de la guerre, Elles durent faire face aux attentions de leurs camarades et surtout de leurs supérieurs. “Ces filles évoquaient le souvenir du bal de fin d'année, des premières amours, écrivit Ilya Ehrenbourg. Presque toutes celles que j'ai rencontrées au front arrivaient directement de l'école. Elles grimaçaient nerveusement : il y avait trop d'hommes autour d'elles qui les dévoraient des yeux”. Plusieurs se retrouvèrent contraintes de devenir “l'épouse de campagne” d'un officier, souvent supérieur, ou PPJ (pokhodno-polevaya jena) parce que ça sonnait comme PPSH, le pistolet-mitrailleur standard de l'Armée Rouge.
Elles pouvaient être victimes d'une coercition brutale. Un soldat a raconté comment un officier avait ordonné à une jeune femme dans leur section de transmissions d'accompagner une patrouille de combat, tout simplement parce qu'elle avait refusé de coucher avec lui. Celles qui tombaient enceintes étaient souvent renvoyées à l'arrière. L'ami et collègue d'Ehrenboug, Vassili Grossman, fut consterné par le fait que certains abusaient ouvertement de leur position hiérarchique pour obtenir des faveurs sexuelles. Il considérait ce phénomène comme le “grand pêché de l'Armée Rouge” (Antony Beevor, La Seconde Guerre Mondiale, p. 494-495).

Les jeunes femmes et jeunes filles choisies pour devenir les maîtrises attitrées des officiers supérieurs étaient habituellement des téléphonistes, infirmières ou secrétaires, qui portaient le béret des auxiliaires plutôt que le calot des combattantes de ligne. Ces dernières semblaient exciter beaucoup moins de convoitises mâles. Le sentiement général était ainsi exprimé : “J'irais sans doute volontiers en patrouille avec une femme de ce genre, mais je ne l'épouserais jamais”.
Le sort d'”épouse de campagne” n'était pas toujours rose. Il fallait avant tout assouvir les instincts des partenaires sans trop rechercher le sentiment. “C'est comme cela, Vera, écrivait à l'une de ses amies une jeune femme-soldat de la 19e Armée appelée Moussia Annenkova. Il faut voir ce qu'est leur “amour” ! Ils paraissent tendres envers toi, mais il est dfficile de savoir ce qui se passe vraiment en eux. Ils n'ont pas de sentiements sincères, mais des passions à court terme ou des instincts bestiaux. C'est difficile, ici, de trouver un homme vraiment fidèle”. (Antony Beevor, La chute de Berlin, Editions de Fallois, p.76). Ceci dit, certaines de ces liaisons étaient de courtes durée, et le plus souvent librement consenties.

On vient de le voir, les femmes soldats de l'Armée Rouge n'avaient pas une vie facile, avec tous ces problèmes, mais en plus, selon une femme officier, les membres féminins de l'Armée Rouge n'en commencèrent pas moins à connaitre des mauvais traitements de la part de leurs camarades masculins dès que les troupes soviétiques pénétrèrent en territoires étranger, en 1944. (Antony Beevor, La chute de Berlin, p. 183).

Les anciens combattants ont souvent rappelé que la guerre était cruelle pour les filles. Elle les faisait vieillir encore plus rapidement que les hommes, surtout si elles choississaient un rôle de combattantes. En ce qui concerne les rapports hommes/femmes, que les femmes du front aient été dépravées ou non, elles étaient en butte à de nombreux préjugés dus à leur mauvaise réputation. L'une d'elles a décrit comment les choses s'étaient passées après son mariage avec son amoureux des années de guerre. Les parents de son nouveau mari était furieux. Ils estimaient qu'il avait terni leur réputation. “Une fille de l'armée, ont-ils lancé. Mais enfin, tu as deux petites soeurs. Qui voudra les épouser maintenant ?” On supposait que les femmes couchaient avec les officiers pour obtenir de l'avancement. Ou pour se retrouver enceintes et pouvoir ainsi s'éloigner du front. Pendant de longues années encore après la guerre, les anciennes combattantes médaillées furent traitées avec méfiance. Sur la poitrine d'une femme, la médaille convoitée “pour service militaire” (za beovie zaslougi) signifiait, disait-on en manière de plaisanterie, “pour service sexuel” (za polevie zaslougi).
(Catherine Merridale, Les Guerriers du Froid, p. 279-280)

Pour aller plus loin, voici un lien intéressant : http://www.youtube.com/watch?v=Vgi-CbES8tk

Sinon, je n'ai pas utilisé cet ouvrage mais je pense qu'il est incontournable sur le sujet : La guerre n'a pas visage de femmes, de Svetlana Alexeievitch. Je n'ai pas lu ce livre, mais j'ai toujours entendu dire du bien à son propos.
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vania
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MessageSujet: Re: Les femmes de l'Armée Rouge   Jeu 12 Sep - 10:06

Citation :
Sinon, je n'ai pas utilisé cet ouvrage mais je pense qu'il est incontournable sur le sujet : La guerre n'a pas visage de femmes, de Svetlana Alexeievitch. Je n'ai pas lu ce livre, mais j'ai toujours entendu dire du bien à son propos.
Excellent ouvrage, uniquement des témoignages ...
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greg ace
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MessageSujet: Re: Les femmes de l'Armée Rouge   Mar 17 Sep - 14:39

Oui Vania superbe livre et pas chère.


greg
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Vorobeï
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MessageSujet: Re: Les femmes de l'Armée Rouge   Dim 22 Sep - 2:54

Etant étudiant, j'ai pu me le procurer à la bibliothèque de l'université où j'étudie.
Je l'ai littéralement dévoré en moins d'une journée et que dire de ce livre ?
Je pensais auparavant qu'il était probablement incontournable et j'en ai eu la confirmation en le lisant.
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