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 Le cuirasse Richelieu

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naga
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MessageSujet: Le cuirasse Richelieu   Mar 30 Déc - 1:25


Le Richelieu connu à l'origine sous le numéro de PN196 est mis en chantier dans le bassin n°4 au Salou le 22 octobre 1935 à peine trois semaines après que la coque du Dunkerque eut été mise à l'eau depuis cette forme.

Le Richelieu mesurant 248m de long soit 39m de plus que le Dunkerque et que ce dernier fût construit en plusieurs éléments, il était évident que le Richelieu serait construit selon le même modèle.

Le bassin n°4 au Salou, long de 200m, n'accueillit donc que la partie centrale de la coque mesurant 197m (tranche F-S). En dépit d'un contexte international tendu et où tous les grandes marines s'étaient engagés dans la construction de «35000 tonnes», la construction des Richelieu fût des plus lentes, accumulant les retards. A cela plusieurs raisons : contexte économique peu favorable au réarmement, mouvements de grève liés au Front Populaire, mauvaise volonté britannique qui espérait toujours limiter la course aux armements navals.

L'échec du second traité naval de Londres signé le 25 mars 1936 mais non ratifié par la France permis l'accélération des travaux sur le Richelieu à partir du début 1937.

Le 17 janvier 1939 au matin, l'élément de coque principal quitte le bassin du Salou après avoir pris contact avec l'élément liquide la veille. La cérémonie terminée, le bassin est vidé et les tains nettoyés pour permettre la mise sur cale du troisième cuirassé de la classe (financé à la tranche 1938bis) et baptisé Clémenceau.







Parallèlement à l'élément central, deux autres éléments de coque sont construits : la proue longue de 43m (tranche A-E) et la poupe longue de 8m (tranche T) qui sont assemblés et soudés à la partie centrale de coque au printemps 1939 au moment où est nommé son premier commandant, le capitaine de vaisseau Paul Jean Marzin âgé de 45 ans, sorti de l'école navale en août 1914.

Le déclenchement de la guerre le 3 septembre 1939 et la mobilisation générale associée perturba les travaux du Richelieu. Rapidement les travaux s'accélérèrent, les britanniques craignant que le Bismarck ne soit prêt avant leurs propres King George V, demandant à la France de presser les travaux des Richelieu et Jean Bart.

En novembre 1939, Churchill reçut des assurances de l'amiral Darlan, chef d'état major de la marine que le Richelieu serait achevé en mai 1940 et opérationel au plus tard en juillet de la même année.

Cela n'empêcha pas le commandant en chef de la marine français d'envoyer un tacle bien senti au premier lord de l'amirauté :

-Nous sommes en retard avec le King George V, nous comptons sur le
Richelieu. Quand sera-t-il prêt ?

- Il le serait aujourd'hui, si le gouvernement de sa Majesté ne nous avait pas freiné en 1937


Travaillant 84h par semaine, les ouvriers de l'Arsenal permirent ainsi au Richelieu de pouvoir réaliser ses premiers essais statiques de machine en rade-abri le 15 janvier 1940. Le 16 janvier 1940, le cuirassé fût mis au bassin n°8 au Laninon pour vérifier la coque et installer les hélices quadripales.

C'est durant ce passage au bassin que fût installé le 21 janvier 1940 le dernier canon de 380mm. Le 24 janvier 1940, le président de la République Albert Lebrun, le ministre de la Marine Cesar Campinchini et l'amiral Darlan visitent le navire largement encore en chantier.

Les premiers essais en roue libre eurent lieu du 31 mars au 7 avril avant de nouveaux travaux notament l'installation des canons de 100mm dont les trois premiers furent mis en place le 11 avril 1940. Devant la difficulté de mettre au point le canon de 152mm efficace en tir antisurface mais totalement inefficace en tir antiaérien, il est décidé de sacrifier les deux tourelles triples latérales avant de 152mm pour être remplacés par six affûts doubles de 100mm provenant du cuirassé Lorraine pour quatre d'entre-eux ( installés lors de la modernisation de 1935) et de la batterie du Niolon près de Marseille pour les deux derniers.

Le 13 avril 1940, la catapulte tribord est installée et le lendemain, le Richelieu réalise ses essais d'acceptation. Lors du test d'une heure, au déplacement en début d'essais de 40927 tonnes, le Richelieu dévellopa une puissance de 123080 tonnes pour une vitesse maximale de 30.11 noeuds.






Les premiers essais en haut mer du Richelieu

Les essais qui eurent lieu en baie de Douarnenez le furent sous la protection vigilante des contre-torpilleurs Albatros et Vautour. Les servants des canons de 100mm et de la DCA légère effectuèrent des écoles de feu durant cette journée.

Le cuirassé fût mis au bassin du 19 au 27 mai 1940 pour permettre notament l'installation des trois derniers affûts doubles de 100mm. Les télémètres pour l'artillerie principale et l'artillerie secondaire furent installés du 1er au 4 juin 1940 et les canons de 152mm installés dans les tourelles prévues à cet effet le 5 juin.

Les essais à pleine puissance étaient prévus le 15 juin 1940 mais devant l'avance allemande, ils furent avancés de deux jours. Le 13 juin à 8.00, le Richelieu quitta Brest pour la baie de Douarnenez pour voir «ce qu'il avait dans le ventre». Au cours des essais «3h30 à puissance maximale», au déplacement de départ de 43800 tonnes, le Richelieu dévellopa une puissance totale de 155000ch pour une vitesse maximale de 32 noeuds.

L'après midi même lors d'un essai d'une demi-heure à puissance forcée et un déplacement de départ de 43800 tonnes, le Richelieu dévellopa une puissance totale de 179000ch pour une vitesse maximale de 32.63 noeuds.

Les 13 et 14 juin, chaque canon de 380mm et chaque canon de 152mm tirèrent six obus sans incident même si le chargement de l'artillerie principale posa quelques problèmes. De retour de la baie de Douarnenez, le Richelieu mouilla dans la Grande Rade puis le 15 juin gagna la Rade Abri.


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naga
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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Mar 30 Déc - 1:33

Un départ de Brest pour le moins précipité (18 juin 1940)

Mouillé dans le Rade-Abri, le Richelieu embarqua munitions, fournitures diverses et fit le plein de ses soutes soit 6000 tonnes de mazout. Depuis le début de la bataille de France et l'invasion du territoire national, il était envisagé un départ pour la Clyde mais devant l'avancée allemande et d'éventuelles négociations, la flotte était un atout de choix et les autorités françaises prièrent les commandants des navires de gagner l'Empire plutôt que l'Angleterre.

Le 18 juin 1940 à 9h12, l'amiral Darlan ordonna au commandant en chef de l'escadre de l'Atlantique, l'amiral de Laborde de préparer le départ du Richelieu pour Dakar en Afrique Occidentale Française. Cela posait des problèmes au capitaine Marzin car les soutes à munitions étaient loin d'être pleines au niveau des gargousses car il esperait recompléter ses soutes en Grande Bretagne.


Le capitaine de vaisseau Marzin





Le 18 juin à 16h00 alors qu'une Panzerdivision approchait à grande vitesse, le Richelieu appareilla, aidé par quatre remorqueurs. Des avions allemands furent rapidement dispersés par la DCA du cuirassé. Embouquant le goulet, il fût escorté par les torpilleurs d'escadre Le Fougueux et Le Frondeur.

Les Richelieu avec des machines encore en rodage parvint à monter à 22 noeuds même si un incident de chaudière et des problèmes de servo-moteurs obligea un temps à reduire la vitesse à 18 noeuds.
A 17.00 le 20 juin alors qu'il était à la hauteur de Casabianca, le Richelieu fût abandonné par ses torpilleurs d'escorte à cours de carburant, relevés par le torpilleur d'escadre Le Fleuret (classe Le Hardi) qui était arrivé à Casablanca le 15 juin depuis Toulon. Le Richelieu et Le Fleuret arrivèrent à Dakar le 23 juin à 17.44.

La situation du Richelieu était inconfortable, d'autant plus inconfortable que dans la nuit du 23 au 24 juin, le capitaine de vaisseau Marzin avait reçut un télégramme de l'amiral Darlan l'informant d'une possible attaque britannique sur Dakar qui servait également de base aux navires britanniques engagés dans la chasse aux raiders allemands. Le 25 juin 1940, nouveau télégramme : le Richelieu apprend la signature de l'Armistice.

L'annonce de l'Armistice poussa le capitaine Marzin à envisagé une fuite de Dakar qui semblait devenir une souricière. Il fixa ainsi à 14.30, le départ de tous les navires basés à Dakar qu'il s'agisse du torpilleur Le Fleuret, du croiseur auxiliaire Charles Plumier, de l'aviso antédéluvien Calais et des deux sous marins Le Glorieux et le Heros, le premier devant également surveiller le porte-avions Hermes et le second devant patrouiller à l'extérieur de Dakar pour intercepter le croiseur lourd Devonshire dont l'arrivée à Dakar était prévue pour 16.00.

Ce projet d'évasion se transformant rapidement en farce, le gouverneur général craignant un effet moral dévastateur sur la population civile tandis que Darlan pensant que le navire devant gagner l'Angleterre lui ordonna de rester à Dakar.

C'est ainsi que le cuirassé qui avait appareillé à 14.30 le 25 juin et après avoir fait des ronds dans l'eau à une quinzaine de miles au large de Dakar. Il reçut alors l'ordre de gagner une position à 120 miles au nord du Cap Vert avec le torpilleur d'escadre Le Fleuret pour couvrir l'arrivée des croiseurs auxiliaires chargés d'or.

«La flotte de l'or» se composait de six croiseurs auxiliaires qui avaient quitté Brest le même jour que le Richelieu le 18 juin 1940. Les croiseurs auxiliaires El Kantara, El Mansour, Ville d'Oran, El Djezaïr et Ville d'Alger étaient chargés de 726 tonnes d'or de la Banque de France tandis que le Victor Schoelcher avait embarqué 200 tonnes d'or belge et 40 tonnes d'or polonais.

Après une escale à Casablanca le 24 juin pour se ravitailler, ils appareillèrent pour Dakar, arrivant à destination le 4 juillet........sans avoir retrouvé le Richelieu qui de guerre lasse (il ne disposait pas d'hydravions pour retrouver les croiseurs auxiliaires) fit demi-tour arrivant à Dakar le 28 juin.


Le Richelieu au mouillage à Dakar.




Opération Catapult

Au moment où la France s'effondrait et que le gouvernement français replié à Bordeaux ne savait plus à quel saint se vouer, l'amiral Darlan agacé par l'amiral Pound _chef d'état major de la marine britannique_ qui l'exhortait à envoyer les navires français en Grande Bretagne répondit que "La Flotte ne sera à aucun autre pays que la France. En dernière extrémité, les commandants d'unités ont I'ordre de saborder leurs navires."

Churchill n'à jamais eu confiance en Darlan veut montrer que la Grande Bretagne résiste et espère ainsi l'aide américaine. L'idée que la flotte française puisse se joindre à l'Allemagne et l'Italie lui donne des sueurs froides même si avec le recul, cette idée paraît totalement absurde.

Dès le 25 juin 1940, les navires marchands français présents en Egypte et en Grande Bretagne furent interdits d'appareillage et le 27 juin 1940, la décision fût prise de bloquer le détroit de Gibraltar pour empêcher des navires français de regagner leur port d'attache, tous à l'exception de Toulon se trouvant en zone occupée.

L'opération Catapult fût déclenchée le 3 août à l'aube. En Angleterre, sur les coups de 3h45 du matin, des unités des Royal Marines s'emparent des navires français par surprise. Il y à quelques affrontements mais dans l'ensemble l'effet de surprise joue en faveur des britanniques. La plupart des navires capturés resteront désarmés tout le long du conflit, seule une poignée sera remise en service au sein des FNFL, de la Royal Navy ou de diverses marines alliées.

A Alexandrie le 4 juillet, un gentleman agreement est conclu entre l'amiral Cunnigham et le vice-amiral Godeffroy, commandant de la force X composée du cuirassé Lorraine, des croiseurs lourds Tourville et Duquesne, le croiseur léger Duguay Trouin, les torpilleurs Fortune Forbin Basque et le sous marin Protée.

Les navires français furent internés à Alexandrie, devant vidanger leurs soutes, débarquer les percuteurs de leurs canons et les cones de leurs torpilles. Ces navires restèrent ainsi jusqu'en février 1943 quand ils rallièrent le gouvernement d'Alger.

Malheureusement, tout cela se passa beaucoup moins bien à Mers-El-Kebir où était concentré l'essentiel de la Force de Raid soit les croiseurs de bataille Strasbourg et Dunkerque, les cuirassés Provence et Bretagne, le transport d'hydravions Commandant Teste et les contre-torpilleurs Mogador, Volta, Tigre, Lynx, Le Terrible et Kersaint.

Après des négociations ardues qui échouent, la force H ouvre le feu détruisant le cuirassé Bretagne, endommageant gravement le cuirassé Provence et le croiseur de bataille Dunkerque ainsi que le contre-torpilleur Mogador, ce sinistre tableau étant temperé par la fuite du Strasbourg et de quatre croiseurs de bataille.

Dakar avec son cuirassé flambant neuf et prêt au combat ne pouvait échapper aux «griffes» britanniques. Aussi le 3 juillet, le croiseur Dorsetshire qui surveillait la capitale de l'AOF fût rejoint par son sister-ship, le HMAS Australia et le porte-avions Hermes.

Les ordes étaient clairs : il fallait barrer la route à tout prix au Richelieu et dans ces conditions, toutes les idées furent étudiées comme la pose de grenades sous marins sous la coque du cuirassé ou l'éperonnage du Richelieu par le Dorsetshire (on peut se demander qui aurait eu le plus mal).

Le 4 juillet au matin, le contre-amiral Plançon, commandant des forces navales en AOF ordonna aux sous marins Le Glorieux et Le Héros d'appareiller pour repérer et attaquer le Dorsetshire pendant que les batteries de 240mm du Cap Manuel (deux affûts doubles) et de l'île de Gorée (deux affûts doubles auxquels s'ajoutent 4 canons de 138mm et 4 canons de 90mm) avaient ordre d'ouvrir le feu si les navires britanniques s'approchaient à moins de 7.5 miles (environ 15km) du port.

Le Dorsetshire garda ses distances avec le port de Dakar et avertit de la présence de deux sous marins manoeuvre habilement empêchant les sous marins de s'approcher à moins de 6000m et surtout à se mettre en position de tir.

Le Richelieu fût mouillé hors du port en Grande Rade, protégé par un alignement de cargos et des filets anti-sous-marins.

A l'origine, la force H devait une fois la Force de Raid neutralisée à Mers-El-Kebir gagner Dakar pour une opération semblable le 4 juillet mais comme le Dunkerque n'était pas totalement hors de combat, l'amiral Sommerville reçut l'ordre de remettre le couvert et de lancer une attaque de Fairey Swordfish lancée le 6 juillet. Pour le Richelieu ce n'était que partie remise


A suivre...

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vania
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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Mar 30 Déc - 11:28

Bel article sur un lamentable gâchis ... Rolling Eyes
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naga
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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Mer 31 Déc - 1:19

L'attaque du 8 juillet 1940

Le commandant du porte-avions Hermes, le capitaine Onslow fît temporairement promu contre-amiral, pouvant ainsi commander une force composite commposée du porte-avions Hermes et des croiseurs lourds Dorsetshire et Australia. Comme à Mers-el-Kebir, les britanniques voulurent faire porter un ultimatum par le sloop Milford le 7 juillet mais les français lui interdirent l'accès au port et l'ultimatum fût transmis par signaux lumineux.







Les ordres du contre-amiral Onslow étaient clairs : neutraliser le Richelieu et les contre-torpilleurs Epervier et Milan. Le capitaine de vaisseau Marzin prépara l'appareillage du Richelieu, bien décid& à couler le Hermes pendant que le Milan et les sous marins patrouillaient à l'extérieur de Dakar et que les batteries côtières étaient en alerte. A Dakar même, la situation était tendue, certains réservistes ne comprennant pas que les alliés de la veille se déchirent.

Après une tentative d'attaque par une vedette chargée d'explosifs manoeuvré par des Royal Marines, le CA Onslow décida de mener une attaque aérienne à la torpille. Six Fairey Swordfish décollèrent à 4h15, venant du sud à une altitude de 700m, longeant l'île de Gorée puis arrivée à la hauteur de l'aviso colonial Bougainville mirent cap à l'ouest, cinq attaquèrent du Nord-Est tandis qu'un sixième attaqua le Richelieu par le Sud-Ouest.







La torpille de ce sixième appareil fût la seule à aller au but. Elle toucha le cuirassé au niveau de la tranche P à tribord. L'urgence primant, les marins du Richelieu colmatèrent les brèches avec les moyens du port avant que le remorqueur Buffle ne hale le cuirassé dans le port, l'installant au quai des pétroliers à 12.45. Entouré par des filets anti-torpilles, le Richelieu avait embarqué 2400 tonnes et la poupe semblait bien basse sur la mer.

La charge explosive de la torpille avait provoqué une brèche de 9.3m de long et 8.5m de haut. Les tranches O,P et Q furent immédiatement envahies par un mélange d'eau et de mazout. Les deux moteurs principaux de la barre-électrique sont mis hors service tout comme la ligne d'arbre tribord centrale tandis que la ligne tribord extérieur ne tourne que difficilement.

Le Richelieu embarque immédiatement 1500 tonnes d'eau et sa poupe s'enfonce de 70cm avec une légère gite sous tribord. La proue se soulève légèrement d'une cinquantaine de centimètres. Le rejet de 200 tonnes de mazout à la mer et le remplissage des balasts avant permet de rétablir la situation.

Suite à cette attaque, les batteries côtières auraient pu riposter mais l'ordre tarda à venir et le porte-avions Hermes comme le Dorsetshire et l'Australia s'étaient retirés en direction de Freetown.

La marée basse à 16h, l'arrière du Richelieu s'échoue dans la vase du port pendant que les remorqueurs s'activent à mouiller les filets de protection tandis qu'une citerne à mazout accoste pour pomper le combustible et alléger le bâtiment. A 22h au soir, profitant de la marée haute, le CV Marzin donne l'ordre de virer l'ancre de détroit pour écarter le cuirassé du quai et éviter un nouvel échouage qui risquerair d'endommager les hélices et le safran.

Malgré les efforts acharnés de pompage, le Richelieu à embarqué 2400 tonnes d'eau de mer qui envahissent les compartiments voisins : les cloisons étanches sont ébranlées, les presse-étoupes sont détériorés qui laissent s'infiltrer l'eau.

Le 10 juillet 1940, les conditions météorologiques se dégradent et à 4h, une tornade provoque la rupture des aussières. Deux ancres sont mouillées à l'arrière ainsi que des aussières en acier fixées au quai.

Il faut songer aux réparations ce qui ne va pas sans poser de problèmes car Dakar en dépit de sa position stratégique ne dispose d'aucune forme permettant la réparation d'un navire de cette taille.

Un «pansement de métal» de 11.5m² est fabriqué avec les moyens du bord (pas pour rien que les français soient les rois du système D). Fixé par dix torons en acier verticaux et trois torons horizontaux, il fût installé le 10 septembre 1940 permettant ainsi l'évacuation des 500 mètres cubes d'eau restant. Ce n'était cependant qu'une situation transitoire, un véritable coffrage fût achevé en octobre et installé en décembre 1940.

Sur le plan militaire, le déficit en personnel oblige à faire des choix. C'est ainsi que seule la tourelle n°2 de 380mm est armée et prête à tirer, le personnel de la tourelle n°1 étant affecté à des batteries à terre. Sont égalements armées la tourelle axiale de 152mm, six affûts doubles de 100mm et la totalité de la DCA légère composée en juillet 1940 de 4 affûts doubles de 37mm modèle 1933, 4 affûts quadruples et deux affûts doubles de 13.2mm. A noter que le stock de gargousses SD21 à été complété par un reconditionement des gargousses SD19 de 330mm.
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naga
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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Mer 31 Déc - 1:23

Operation Menace (23-25 septembre 1940) : échec aux anglo-gaulistes !

En septembre 1940, le général de Gaule, chef des forces françaises libres réussit à convaincre Churchill d'attaquer le port de Dakar sous le contrôle de Vichy et d'y installer les «Free French».

Pour cela, les britanniques mirent sur pied la force M qui appareilla de Gibraltar le 13 septembre 1940. Cette force M se composait du porte-avions Ark Royal, des cuirassés Barham et Resolution, des croiseurs lourds Australia, Devonshire et Cumberland, des croiseurs légers Dragon et Delhi, de 10 destroyers, de 6 escorteurs dont les navires FNFL Commandant Dominé, Commandant Duboc et Savorgnan de Brazza, quatre cargos français et un cargo britannique et enfin six paquebots dont le Westermland sur lequel se trouvait le général De Gaule, le Pennland (pavillon néerlandais) et le Sobieski (pavillon polonais).

Face à ce déploiement de force, les forces françaises fidèles à Vichy déployaient le cuirassé Richelieu; les croiseurs légers Georges Leygues et Montcalm; les contre-torpilleurs Le Fantasque, Le Malin, Le Hardi et Le Malin; les sous marins Ajax, Bévéziers et Persée; des escorteurs et des navires auxiliaires.

Le 22 septembre au matin, des avions de reconnaissance basés à Dakar furent envoyés dans le nord pour couvrir l'arrivée du paquebot Banfora qui amenait des obus de 380mm pour le Richelieu. Aussi quand la force M apparu au sud de Dakar à l'aube du 23 septembre, la surprise fût totale.

A 6.00 du matin, deux Caudron Luciole décollèrent du porte-avions Ark Royal et se posèrent sur la base aéronavale de Ouakham avec leur bord quatre français libres qui tentèrent de rallier la base aux FFL. Un Fairey Swordfish largua des tracts pendant que deux vedettes à moteur venant de l'aviso FNFL Savorgnan de Brazza tentaient de s'infiltrer dans le port pour gagner ensuite la résidence du gouverneur général Buisson à 6.55.

Les hommes de la BAN de Ouakham furent capturés tandis que les vedettes portant les parlementaires furent victimes de tir de mitrailleuses mais parvinrent à regagner le large. L'alerte fût donnée à Dakar à 7.00. L'aviso colonial Savorgnan de Brazza s'approcha du port mais s'en éloigna bien vite après des tirs de semonce des canons de 100mm du Richelieu.

Les avisos FNFL Commandant Dominé et Commandant Duboc se présentèrent ensuite avec 120 fusiliers marins qui essayèrent de forcer l'entrée du port à 8.10 mais ils furent obligés de se replier sous un écran de fumée après les tirs de semonce des canons de 100mm du Richelieu entre 8.18 et 8.22. Les forces navales fidèles à Vichy ordonnèrent aux forces anglo-gaullistes à rester à plus de 20 miles nautiques des côtes de l'Afrique Occidentale Française (AOF) à 10.41.






La force M se rapprocha de Dakar pour bombarder le port. C'est alors que le sous marin Persée qui revenait de sa patrouille en surface tenta d'intercepter les navires britanniques. Les britanniques qui l'ont repéré envoient les destroyers Inglefield et Foresight au devant du «1500 tonnes» à 10.50 mais ils sont engagés par les canons de 240mm de la batterie du cap Manuel (les canons de 240mm avaient une portée maximale de 24000m «avec la grâce de dieu et le vent arrière» selon les mauvaises langues).

Le Foresight est touché par un obus de 240mm pendant que le Persée lance deux torpilles de 550mm par ses tubes avant mais seule la première part au milieu des gerbes de 120mm. Alors qu'il manoeuvre pour rendre battants ses tubes arrières, le Persée est touché par un obus de 152mm à l'arrière puis par au moins cinq autres coups. Le sous marin désemparé est évacué à 11.05 couvert par les batteries côtières qui envoient quelques obus pour chasser les navires anglais trop pressants.

L'aviso La Surprise recueille les survivants du Persée qui s'enfonce toute doucement dans les eaux dakaroises à 11h37 à 2500m dans le 65 du Cap Manuel par -22m.

Depuis 11.05, la force M avait ouvert le feu, un bombardement de plus de 20 minutes. Le Richelieu est cependant gêné par sa position, obligeant les remorqueurs Buffle et Appliqué à manoeuvré le «35000 tonnes». Le croiseur Montcalm retrouva en baie de Hann le Georges Leygues et les Contre-torpilleurs Le Malin et l'Audacieux à 12.12.

Dans l'après midi, un avion de reconnaissance français repéra une petite force navale qui s'apprêtait apparement à débarquer à Rufisque. Non seulement le débarquement échoua devant les tirs des canons de 95mm mais l'Audacieux envoyé au renseignement fût matraqué par le croiseur lourd Australia et désemparé, le contre-torpilleur s'échouant sur la plage de Rufisque provoquant la mort de 81 marins pendant que 70 étaient blessés.

Les hostilités reprirent le lendemain matin, 24 septembre 1940 avec une visibilité plus importante passant de 6000 à 13/18000m. De 6.25 à 8.00, l'Ark Royal lança deux attaques (à chaque fois de six avions) avec ses avions-torpilleurs Fairey Swordfish et ses bombardiers en piqué Blackburn Skua. La DCA des navires français riposta, le Richelieu étant frôlé par deux bombes.

A 9.10, une troisième attaque fût lancée, six Fairey Swordfish et six Blackburn Skua mais cette attaque aussi infructueuse que les précédentes se heurta à une DCA hargneuse et aux patrouilles de Curtiss Hawk basés à Ouakham descendant ou endommageant trois Swordfish et trois Skua, la DCA du cuirassé revendiquant la destruction de trois appareils plus un endommagé.

Quinze minutes après la première attaque à 7.30, un Loire 130 annonça que les cuirassés et les destroyers britanniques s'approchant à grande vitesse du port. La batterie de l'île de Gorée riposta, tirant trois obus de 240mm contre les destroyers britanniques.


Vue arrière du Richelieu avec les trois tourelles triples de 152mm





Le sous marin Ajax tenta d'attaquer les navires britanniques mais sévèrement secoué par les charges de profondeur tenta d'échapper aux destroyers britanniques en plongeant le plus profondément possible mais le fond de l'océan n'était que de -52m. Le sous marin fit surface puis évacué coula à 10.15 à 23000m au sud-sud est du Cap Manuel.

A 9.30, les cuirassés Barham et Resolution plus les croiseurs lourds Devonshire et Australia ouvrirent le feu contre Dakar à 9.35, les canons de 15 pouces visant le Richelieu, les canons de 8 pouces visant les croiseurs de la force Y tandis que les canons de 6 pouces matraquaient les batteries côtières de l'île de Gorée.

Le Richelieu riposta mais à 9.40, un obus explosa dans le canon n°7 (tourelle II, demi-tourelle tribord) tandis que le canon n°8 victime d'un retour de flamme fût également mis hors de combat. A 9.57, le Richelieu toucha le Barham avec ses canons de 152mm alors que le «Cardinal» n'était que légèrement endommagé. Les croiseurs et les contre-torpilleurs français manoeuvraient également dans la rade, protégés par des écrans de fumées et les batteries côtières.

Les britanniques cessèrent les tirs à 10.07. Appuyé par le torpilleur Le Hardi qui étendit un écran de fumée en ouvrant le feu avec ses canons de 130mm à partir de 12.53 quand les tirs britanniques reprirent. Manoeuvrant à 15500m du port, le Resolution et le Barham tirèrent 160 coups de 15 pouces avant de cesser le feu à 13.20 sans avoir touché autre chose que les navires marchands mouillés en Grande Rade.

Une dernière attaque des croiseurs français par neuf Swordfish armés de torpillés et escortés par trois Skua eut lieu à 15.34 mais les manoeuvres de déception et la DCA descendirent deux appareils sans coup au but.

Le 25 septembre à 6.00 eurent lieu des vols de reconnaissance britanniques au dessus du port de Dakar. La visibilité était excellente et la mature des Barham et Resolution était visible à 40000m à 7.50. Le Richelieu ouvrit le feu à 20000m, la tourelle I de 380mm visant le Resolution, les tourelles axiales et tribords de 152mm le Barham à 9.04 pendant que le Le Hardi étendait un écran de fumée.

C'est alors que le Resolution fût gravement endommagé par le sous marin Bévéziers tandis qu'à 9.10, la tourelle de 152mm axiale était hors service par l'impact d'un obus de 15 pouces qui endommagea aussi la coque. Les cuirassés se repliant derrière un écran de fumée après avoir cessé le feu à 9.25, les croiseurs cessant de tirer à 9.28.

La force M ne tarda pas à se replier, les anglo-gaullistes renonçant à s'emparer de la ville. Au total en deux jours, le Richelieu avait tiré 24 obus de 380mm, 102 obus de 152mm, 501 de 100mm, 456 de 37mm et 3060 cartouches de 13.2mm.


A suivre...



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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Jeu 1 Jan - 3:26

Reparations

Les mois qui suivirent l'opération Menace furent des plus calmes et mis à profit pour réparer les dégâts de l'attaque du 8 juillet et ceux de Menace bien plus limités. Le patch provisoire fût remplacé par un véritable coffrage en acier haut de 12m, large de 13.5m et profond de 11m qui fût installé en décembre 1940.

Les travaux furent achevés le 27 mars et les essais à la mer le 28 mai 1941, essais menés en catamini de peur de tomber à nouveau sur les britanniques. Le 5 juillet, le cuirassé s'amarra au quai des Escales avec les canons orientés vers la mer. Trois Loire 130 furent envoyés de Brest pour dôter le cuirassé d'une capacité de reconnaissance et de réglage de tir, le premier catapultage ayant lieu le 7 octobre 1941.

Entre octobre 1940 et novembre 1942, le Richelieu resta ancré à Dakar. Il y eut peu de véritables événements, le plus important étant le changement de commandant, le CV Mazin cédant la place au CV Déramond le 27 février 1941.

Le débarquement en Afrique du Nord (opération Torch) le 8 novembre 1942 puis l'invasion de la zone libre par les allemands le 27 novembre 1942 (opération Attila) provoqua le ralliement des forces navales françaises en AOF aux alliés.
Une mission navale américaine visita les ports d'Afrique du Nord et d'Afrique Noire pour repérer les navires qui mériteraient refonte et modernisation. Le Richelieu était naturellement en tête de liste pour subir des travaux.
Des essais à la mer eurent lieu du 25 au 29 janvier 1943 pour tester un système propulsif qui n'avait pas fonctionné depuis le 8 juillet 1940. Les installations d'hydraviation furent débarquées tout comme la DCA légère qui était de toute façon totalement dépassée.



Refonte et modernisation

Le 30 janvier 1943, le Richelieu appareilla de Dakar en compagnie du Montcalm qui lui aussi devait être modernisé aux Etats Unis. Le cuirassé arriva dans la rivière Hudson le 11 février et une semaine plus tard, entra dans le bassin n°5 du Brooklyn Navy Yard. A noter que pour passer sous le pont de Brooklyn, le directeur de tir supérieur du être débarqué.

Le Richelieu a quai a New-York




Les travaux commencèrent le 24 février 1943, 2000 ouvriers divisés en trois équipes travaillant 24h sur 24h, sept jours sur sept pendant près de cinq mois. L'ensemble de l'équipage du Richelieu fût débarqué et logé dans des préfabriqués à proximité du chantier.

La coque fût grattée et sablée, étant dans un état remarquable après deux ans et demi immobilisé en milieu tropical, seule une petite partie des fonds du être changée. Les sections O,P et Q furent totalement dépouillées, les lignes d'arbre tribord débarquées et le bulkheads débarqué, étant remplacé par un modèle produit par Bethlehem Steel Corporation.

Tous les équipements jugés obsolètes et encore présents à bord furent débarqués. Ce qui fût le hangar aviation fût arrasé et transformé en soute à munitions pour une artillerie légère considérablement renforcée. Les embarcations d'origine furent remplacées, des radars également installés.
Le système propulsif (turbines et chaudières) fût entièrement remis à niveau avec le retubage des chaudières, le cablage électrique refait tandis qu'un cable de dégaussage était installé.

Des essais à la mer eurent lieu le 26 septembre 1943, le Richelieu parvenant facilement à 26.5 noeuds durant un essai de 6h au déplacement normal de 43600 tonnes. Lors d'un essai de 2h, le Richelieu fila à 28.9 noeuds tandis que l'essai de cinq minutes, le cuirassé atteignit la vitesse de 30.2 noeuds (31.5 noeuds pendant 30 minutes). Ces performances étaient d'autant plus impressionantes que le Richelieu s'était alourdit de 3000 tonnes.

Les modifications les plus importantes furent celles concernant l'armement. Les canons 5, 7 et 8 furent débarquées et remplacés par trois canons du Jean Bart immobilisé à Casablanca (le quatrième étant utilisé pour produire des munitions et réaliser des tests au sein du Naval Surface Weapons Center Dahlgren, les premiers obus étaient livrés à Scapa Flow en mai 1944).






L'armement secondaire (canons de 152mm) fût maintenu, les tubes simplement changés. La DCA fût profondément modifiée, les canons de 100mm furent conservés mais les canons de 37mm et les mitrailleuses de 13.2mm remplacés par 14 affûts quadruples de 40mm (56 canons) et 50 canons de 20mm Oerlikon. Des essais de tir eurent lieu en baie de Chesapeake à partir du 29 août et jusqu'à la mi-septembre, montrant l'efficacité des Bofors en dépit de problèmes au niveau du ravitaillement en munitions.

Avant de quitter le Brooklyn Navy Yard, le Richelieu reçut un camouflage type Measure 32 composé de gris foncé, de gris clair et gris clair, les ponts étant peints en bleu, le roof et les tourelles en gris clair. Quelques modifications eurent lieu en Europe.






A suivre...
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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Ven 2 Jan - 13:14

Le cuirasse Richelieu retourne au combat (1943-45)

Après les essais et les modifications idoines, le Richelieu quitta Boston le 14 octobre 1943 pour Gibraltar, escorté par les destroyers USS Tarbell (classe Wickes) et USS Ellet (classe Benham). A la hauteur des Açores, les destroyers américains cédèrent la place aux croiseurs légers (ex-contre-torpilleurs) Le Fantasque et Le Terrible, filant à Mers-El-Kebir.

A l'origine, il était prévu que le Richelieu soit déployé en Méditerranée sous le commandement de la Mediterranean Fleet (amiral Andrew Cunnigham) mais la rédition de la marine italienne poussa les britanniques à demander le redéploiement du Richelieu au sein de la Home Fleet.

Le Richelieu quitta Mers-el-Kebir le 14 novembre 1943, escorté par le destroyers Muskeeter et Scourge, arrivant le 24 novembre 1943, s'ancrant entre le King George V, le Duke of York, le Howe puis quelques temps plus tard, le Anson, le Valiant, le Nelson et le Rodney (une sacré flotte n'es-t-il pas).

Manquant de pièces détachées et de munitions, le Richelieu passa l'hiver 1943-44 à l'ancre à Scapa Flow. La première et seule opération du Richelieu au sein de la Home Fleet fût l'opération Posthorn. Du 10 au 12 février 1944, les cuirassés Anson et Richelieu; le porte-avions Furious; les croiseurs légers Nigeria et Belfast et sept destroyers appareillèrent des Orcades pour attaquer la navigation allemande dans le nord de la Norvège. Les résultats furent des plus décevants : les navires allemands présents en Norvège ne bougèrent pas et seul un cargo de 3000 tonnes fût coulé par les avions du Furious qui descendirent également un Me109.
Après un carénage de dix jours à Rosyth, le Richelieu aurait du mener une opération semblable à la fin du mois de février mais lors de l'appareillage, deux destroyers entrèrent en collision provoquant l'annulation de l'opération

Devant l'agonie de la Kriegsmarine avec un unique cuirassé encore opérationel en mer du Nord, les alliés purent alléger leur dispositif, seul un King George V étant maintenu à Scapa Flow au cas peu probable où le sister-ship du Bismarck sortirait de son fjord. Le Richelieu aurait pu participer au débarquement en Normandie mais en l'absence d'obus explosifs pour son artillerie principale, sa participation fût rapidement écarté.

Le conflit s'achevant en Europe, les britanniques préparaient la reconquête de leurs colonies d'Asie du Sud Est. Il fallait pour cela renforcer l'Eastern Fleet de l'amiral James Sommerville. Le Richelieu fût donc choisit pour gagner Trincomalee (Ceylan).


Le Richelieu en transit dans l'Océan Indien




Le 15 mars 1944, le Richelieu gagna Greenock où il remplit ses soutes en mazout et munitions en à peine six heures. Il appareilla en compagnie de trois destroyers le même jour, faisant escale à Alger _la capitale de la France en exil_ le 26 mars, longeant les côtes lybiennes et egyptiennes, franchissant le canal de Suez avant d'arriver à Trincomalee le 10 avril 1944 après une escale technique à Aden pour des problèmes de chaudières. Il y retrouva le croiseur de bataille Renown, les cuirassés Queen Elizabeth et Valiant ainsi que les porte-avions Illustrious et Saratoga sans parler des croiseurs et des destroyers.

Le 16 avril 1944, Sommerville lança une première opération baptisée Cockpit pour détourner l'attention japonaise des opérations américaines en Nouvelle Guinée. L'Eastern Fleet fût divisée en deux forces, la Task Force 70 composée des porte-avions Saratoga et Illustrious, du croiseur de bataille Renown, du croiseur lourd London et de sept destroyers et chargée de l'attaque sur Saband sur l'île de Sumatra tandis que la Task Force 69 composée des cuirassés Richelieu, Valiant, Queen Elizabeth; des croiseurs légers Nigeria, Ceylon, Newcastle, Tromp et Gambia et de 8 destroyers était chargée de la couvrir.

A l'aube du 19 avril, les porte-avions lancèrent des attaques aériennes massives : l'Illustrious catapulta 17 Fairey Barracuda et 13 Change-Vought Corsair tandis que le Saratoga lançait 11 Grumman Avenger, 18 Douglas Dauntless et 24 Grumman Hellcat soit un total de 83 appareils. Les avions regagnèrent tous le bord à 9.00 sans réaction japonaise et avec des résultats assez modestes.
Dans la nuit lors du transit, le Richelieu tira au canon de 100mm et au Bofors de 40mm pour disperser des avions japonais.


Opération Transom (6-27 mai 1944)

La seconde opération du Richelieu au sein de l'Eastern fût l'une sinon la plus ambitieuse menée par les forces de l'amiral Sommerville, toujours en diversion des opérations américaines dans le Pacifique. La TF65 (croiseur de bataille Renown et cuirassés Valiant et Richelieu, les croiseurs Kenya et Tromp plus 7 destroyers) couvrant la TF66 (porte-avions Illustrious et Saratoga, les croiseurs Gambia et Ceylon ainsi que 6 destroyers) chargée de l'attaque sur Soerabaya dans l'île de Java.

La flotte se ravitailla auprès de la TF67 dans le Golfe d'Exmouth (Australie), task force composée de six pétroliers, d'un transport d'eau escorté par les croiseurs lourds London et Suffolk plus trois destroyers le 15 mai.

Le 17 mai 1944, l'Illustrious lança 21 Grumman Avenger et 15 Chance Vought Corsair et le Saratoga 20 Douglas Dauntless et 25 Grumman Hellcat soit un total de 81 appareils qui retournèrent à bord à 10.50. Le lendemain, le Saratoga et trois destroyers quittèrent l'Eastern Fleet pendant que le Richelieu et les navires britanniques se ravitaillaient en baie dans le golfe d'Exmouth avant de regagner Trincomalee le 27 mai 1944. Le Richelieu après avoir ravitaillé trois destroyers arriva à Trincomalee avec encore 25% de son combustible alors que les britanniques n'avaient plus que 20% de leur mazout. Le 29 mai 1944, le Richelieu le Queen Elizabeth et six destroyers quittèrent Trincomalee pour Colombo pour dix jours de repos.



Opération Pedal (19-23 juin 1944)

Le Richelieu participa ensuite à l'attaque de la base japonaise de Port Blair dans les Andamans. Le glaive était l'Illustrious, le croiseur léger Phoebe et leurs huit destroyers d'escorte, le Renown, le Richelieu et les croiseurs Nigeria, Kenya et Ceylon formant un puissant bouclier. La TF60 appareilla de Ceylan le 19 juin pour une attaque aérienne menée par 15 Barracuda et 14 Corsair lancée le 21 juin, un appareil étant abattu pour des dégats non négligeable. La TF60 rentra à Trincomalee le 23 juin.


Opération Crimson (22-27 juillet 1944)

Pedal ne fût qu'un amuse bouche par rapport à l'opération qui allait suivre. Sous le nom de code Crimson, l'Eastern Fleet déploya les grands moyens pour bombarder Sabang à l'entrée du détroit de Malacca. En effet, la Task Force 70 déploya les cuirassés Richelieu, Valiant et Queen Elizabeth, le croiseur de bataille Renown; les porte-avions Victorious et Illustrious; le croiseur lourd Cumberland, les croiseurs légers Tromp, Nigeria, Ceylon, Kenya, Gambia et dix destroyers pour une opération combinée d'attaques aériennes et de bombardement naval.

La Task Force 70 appareilla de Trincomalee le 22 juillet arrivant au large de Pulau Weh _l'île où se trouvait la ville de Sabang_ à l'aube le 25 juillet 1940. Après un bombardement aérien, les navires de surface ouvrirent le feu sur le port et les installations pétrolières de Sabang, le Richelieu tirant par salves de quatre coups avec une demi-tourelle à chaque fois en vingt minutes pas moins de 81 obus de 380mm en vingt salves soit une salve toutes les 50s, le double des cuirassés britanniques.

La tourelle axiale et la tourelle babord de 152mm fût également de la partie, frappant une batterie côtière de 120mm qui avait engagée les destroyers et le croiseur léger néerlandais Tromp. Les opérations s'achevèrent bientôt et la TF70 regagna Trincomalee, échappant facilement aux attaques aériennes japonaises.




A suivre....
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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Ven 2 Jan - 13:53

Citation :
s'ancrant entre le King George V, le Duke of York, le Howe puis quelques temps plus tard, le Anson, le Valiant, le Nelson et le Rodney (une sacré flotte n'est-il pas).
Fichtre en effet, quelle belle collection! ... Shocked
Citation :
le Richelieu tirant par salves de quatre coups avec une demi-tourelle à chaque fois en vingt minutes pas moins de 81 obus de 380mm en vingt salves soit une salve toutes les 50s, le double des cuirassés britanniques.
Belle performance, dommage que ce magnifique navire n'ait joué au final qu'un rôle d'appoint ... Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Lun 5 Jan - 2:34

Refonte à Casablanca

Le Richelieu avait besoin d'un carénage mais Ceylan était mal équipé. Il y avait bien le dock flottant AFD28 arrivé d'Australie mais le commandant du Richelieu déclina l'invitation craignant que le dock-flottant n'était pas assez gros. Présentiment justifié : le 8 août 1944, l'AFD28 avec le Valiant chavira endommagea gravement le cuirassé britannique.

Le 6 septembre 1944, le Richelieu reçut l'ordre de gagner Alger, appareillant le 7 septembre escorté par trois destroyers qui laissèrent seul le cuirassé français en mer Rouge avant qu'en Méditerranée le relais ne soit pris par les croiseurs légers Le Terrible et Le Fatansque, les trois navires arrivant à Alger le 23 septembre 1944.

Il gagna alors Toulon le 1er octobre 1944 pour célébrer la libération et accessoirement être caréné mais les bassins Vauban étant tous en ruine, il fût décidé de le refondre à Casablanca où il arriva le 10 octobre. Les chaudières furent changées, le Jean Bart cédant les siennes à son sister-ship, la suite radar fût complétée, le Richelieu recevant également un HF/DF et un système de contre-mesures contre les armes radiocommandées allemandes. L'équipage fût également renouvelé à 60% ce qui nécessitait un intense entrainement.

Le Richelieu quitta Casablanca le 24 janvier 1945 pour gagner Gibraltar le 25 janvier, les ouvriers britanniques grattant et repeignant la coque avant que les munitions soient embarquées. Après remise en condition, le Richelieu quitta Mers-el-Kébir pour Trincomalee où il arriva le 20 mars 1945.


Second déploiement dans l'Océan Indien

Opération Sunfish (9-20 avril 1945)

Le 8 avril 1945, la Task Force 63 (cuirassés Richelieu et Queen Elizabeth, croiseurs lourds London et Cumberland, porte-avions d'escorte Emperor et Khedive et cinq destroyers) appareilla de Trincomalee avant de se diviser à l'aube le 11 avril en deux forces : un groupe de bombardement composé des deux cuirassés, du croiseur lourd London et trois destroyers et un groupe de couverture avec le groupe des navires. Le Queen Elizabeth et le Richelieu bombardèrent Sabang à 17000m.
Le bombardement achevé, la TF63 retrouva un pétrolier pour permettre le ravitaillement des destroyers avant de lancer des attaques dans le sud de la Malaisie puis de rentrer à Trincomalee le 20 avril après un ravitaillement le 17 avril.


Opération Bishop (27 avril-7 mai 1945)

La fin des opérations en Europe libéra de substansiels moyens pour l'Asie du Sud Est notament pour la 14ème armée britannique engagée en Birmanie. Pour couvrir le débarquement dans la région de Rangoon (opération Dracula), l'East Indies Fleet fût chargée d'une mission d'interdiction contre les îles Andamans. Nom de code «Bishop», cette opération vit l'engagement de la TF64 (cuirassé Queen Elizabeth, croiseur lourd Suffolk, croiseur léger Suffolk et trois destroyers) et de la TF63 composée du cuirassé Richelieu, du croiseur lourd Cumberland, du croiseur léger Ceylon et de deux destroyers, les porte-avions d'escorte Empress et Shah assurant la couverture aérienne des deux Task-Force.

Les navires engagés appareillèrent de Trincomalee le 27 avril, arrivant au large de Nicobar le 29 avril à l'aube pour un bombardement particulièrement dévastateur sur Nicobar suivit le lendemain par un autre sur Port Blair. La dotation en munitions de 380mm étant épuisé, ce furent les 152mm qui ouvrirent le feu sur Port Blair tirant un total de 120 obus le 2 mai sur Port Blair. Le Richelieu et les autres navires rentrèrent à Trincomalee le 8 mai 1945.


Opération Dukedom (15-16 mai 1945)

L'opération Dukedom est lancée quand le système «Ultra» détecte l'appareillage du croiseur lourd Haguro chargé de l'évacuation avec d'autres navires dont le destroyer Kamikaze des garnisons japonaises des îles Andaman et de Car Nicobar.

Un important dispositif allié est mis en place. La Force 61 se compose ainsi du groupe 1 avec le cuirassé Queen Elisabeth et les destroyers Tromp (Pays Bas) Rotherham et Eskimo; du groupe 2 avec les porte-avions d'escorte Shah Hunter Emperor et Khedive, du croiseur léger antiaérien Royalist et des destroyers Nubian et Tartar; du groupe 3 avec le Richelieu, du croiseur lourd Cumberland et de la 26ème flottille de destroyers composée des destroyers Venus Virago Saumarez Verulan et Vigilant. La Force 62 se compose du croiseur léger Nigeria, des destroyers Rocket, Redoubt Racehorse et Roebuck alors que des sous marins sont placés en sentinelle (Subtle, Statesman Scythian Strongbow et Seadog).

Le Haguro tente d'échapper à la traque en mettant cap au sud-est. Il passe alors à portée de tir des sous marins britanniques dont le Subtle qui lance le 12 mai à 7h06, une gerbe de six torpilles de 2200m. Le Haguro abat brutalement sur babord évitant aisement les torpilles, laissant le soin au destroyer Kamikaze de grenader l'assaillant pendant trois jours, provoquant des avaries empêchant l'envoi d'un message mais un autre sous marin hors de portée l'aperçoit et previent sa hierarchie à 8h45 mais le message ne parvient qu'à 15h. Les conditions météorologiques (mousson) sont dantesques, une véritable partie de cache-cache s'organise entre les deux forces. Dans la journée du 14 mai, le Haguro longe la côte est de Sumatra.

Le 15 mai 1945 à 3h40, la 26ème flottille de destroyers du capitaine Power qui assurait l'escorte ASM du Cumberland et du Richelieu est relevée par le Tartar et l'Eskimo pour gagner le détroit de Malacca et intercepter un transport japonais et son escorte mais bien vite en apprenant le détachement du Cumberland et du Richelieu pour les soutenir, les destroyers comprennent que derrière le transport pourrait se cacher le croiseur lourd.


Croiseur Haguro





Le 16 mai à 0h45, le Haguro avec le Kamikaze à bâbord était à 10 miles (16km) du centre de la ligne britannique et s'en approchait, quand son radar révéla la présence de destroyers mais il hésita sur la couleur du pavillon, les navires venant de Singapour.

Le combat commença à 1h30 quand les deux assaillants lancèrent des fusées éclairantes. Le Saumarez fût baigné d'une lueur verdâtre à seulement 2745m du Haguro qui ouvrit immédiatement un feu violent.

Le destroyer fût tout de suite touché dans une de ses chaudières se déroba en tournant à tribord et lâcha sa pleine bordée de torpilles. Presque en même temps, le Virulam attaquait dans un secteur proche sans rencontrer d'opposition, le feu japonais était concentré sur le Saumarez.

En dépit de ses manoeuvres énergiques, le Haguro fût touché trois fois à l'avant, ses tourelles de 203mm se turent et le croiseur donna de la bande. Il reçut encore un ou deux impacts à la hauteur des machines. Le croiseur lourd à l'agonie fût harcelé par l'artillerie des destroyers pendant que le Venus et le Virago lancèrent onze torpilles.

Seul le Volage n'avait pas pris part à l'attaque. A 1h50, il reçut l'ordre d'expédier par la fond la coque du croiseur déjà très incliné et enfoncé, brûlant à l'avant. A 1600m seulement, le destroyer rata sa cible et c'est le Venus avec ces deux dernières torpilles qui achevèrent le croiseur qui coula à 2h06 à 45 miles au sud est de Penang. le Kamikaze récupéra 320 survivants mais ni le commandant du navire, le contre-amiral Sugiura ni le vice-amiral Hashimoto ne figurent parmis ces survivants. Le Haguro est rayé des listes navales le 20 juin 1945.

Le Richelieu n'eut donc pas l'occasion d'affronter un grand navire de surface partageant ce sort peu enviable avec le Cumberland qui avait déjà manqué la bataille du Rio de la Plata contre le Graf Spee. Le cuirassé français était de retour à Trincomalee le 18 mai 1945.


Refonte à Durban et fin de guerre

Devant la réduction des besoins de l'East Indies Fleet, le Richelieu gagna Durban pour un carénage après une escale à Diego Suarez pour débarquer les deux «non-blancs» de l'équipage (un martiniquais et un indochinois) _requête qui choqua profondément l'équipage du Richelieu_. Arrivé à Durban le 18 juillet 1945, il subit un petit carénage qui l'y immobilisa jusqu'au 10 août.

La coque fût grattée et repeinte (durant l'opération Dukedom, le Richelieu ne pu dépasser 28 noeuds bien loin de ses performances optimales), la rouille du pont principal fût éliminée, les chaudières 10 et 11 réparées grâce à des pièces détachées amenées de Diego Suarez par le croiseur lourd Suffren.

L'armement fût également modifié avec le débarquement de 13 canons de 20mm totalement inefficaces contre la nouvelle menace kamikaze furent remplacés par 11 canons de 40mm en affûts simples.

Le Richelieu appareilla de Durban le 10 août 1945 pour tester sa propulsion et son artillerie avant de gagner Diego Suarez pour charger pièces détachées et munitions mais quand il arriva à Trincomalee le 18 août 1945, le Japon s'était rendu.


Le cuirasse Richelieu en 1945





Après-guerre

Rentré en France au début de 1946, il connut la vie des bâtiments de guerre en temps de paix, rapatria des tirailleurs sénégalais à Dakar, transporta à Portsmouth l'équipage français qui va embarquer sur le porte-avions Colossus, appelé à devenir l'Arromanches, effectua une visite officielle à Lisbonne, transporta le Président de la République dans un voyage en Afrique Occidentale Française, manœuvra avec l'escadre en Méditerranée et en Atlantique.
Mais l'amiral Jaujard, qui y avait sa marque, jugeait que ses installations étaient insuffisantes pour accueillir l'état-major d'une force navale moderne, notamment le PC Transmissions et le Central Opérations.
En 1948, le problème de la dispersion excessive lors des tirs en salve des canons d'une demi-tourelle, en raison d'un effet de sillage entre les obus, fut résolu en décalant la mise à feu des pièces voisines de 60 millisecondes, ce qui correspond à une cinquantaine de mètres entre les deux obus, ce qui divisa la dispersion par trois.





En 1951, au cours d'un grand carénage, il reçut de nouveaux canons de 380 mm, un nouvellement fabriqué, et trois qui avaient été saisis par les Allemands, deux étant installés en batterie côtière en Norvège et en Normandie, et le troisième utilisé au polygone d'essais de Krupp, à Meppen. Mais les moyens budgétaires manquaient, alors qu'il fallait achever le Jean-Bart, pour mettre le Richelieu au niveau des technologies des années 1950, tandis que les avions étaient nettement plus performants qu'à la fin de la guerre. Divers projets, tels que le remplacement des affûts de 100 mm CAD Modèle 1931, soit par des tourelles doubles allemandes de 105 mm/65 SK C/33, dont les installations de direction de tir étaient encore très performantes, soit par les tourelles de 100 mm/55 Modèle 1945, telles qu'on voulait les installer sur le Jean-Bart, n'ont pas pu être mis en œuvre.
Il fut affecté, de 1952 à 1956 au Groupe des Écoles de la Méditerranée, à Toulon. En 1954, ll reçut un nouveau radar, DBRC 10A, de fabrication française pour remplacer le radar d'artillerie britannique. Après avoir manœuvré une unique fois avec le Jean Bart, le 30 janvier 1956, il rallia Brest où il a formé « le groupe école de manœuvre Richelieu » à couple avec un vieux trois-mâts qui sert de logement, le Duchesse Anne. Il fut mis en réserve en août 1959, désarmé en 1967 puis démoli à La Spezia (Italie) en 1968.



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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Lun 5 Jan - 11:09

Citation :
Le Richelieu n'eut donc pas l'occasion d'affronter un grand navire de surface partageant ce sort peu enviable avec le Cumberland qui avait déjà manqué la bataille du Rio de la Plata contre le Graf Spee. Le cuirassé français était de retour à Trincomalee le 18 mai 1945.
Matériel performant mais sous-employé.
La comparaison vaut ce qu'elle vaut, mais l'histoire de ce navire est un peu, entre autre, à l'image de la ligne Maginot.
Technologiquement en pointe, beaucoup de moyens, mais n'ayant pas vraiment eu l'occasion de servir.
La France de 1940 ... Rolling Eyes
Citation :
Le Richelieu gagna Durban pour un carénage après une escale à Diego Suarez pour débarquer les deux «non-blancs» de l'équipage (un martiniquais et un indochinois) _requête qui choqua profondément l'équipage du Richelieu_.
Mise à terre qui apparemment ne se fit pas à la demande des intéressés.
On imagine le tollé aujourd'hui ...
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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Lun 5 Jan - 14:55

Le Yamato chez les japonais a eu le meme probleme,aucune bataille vraiment serieuse a se mettre sous la dent,
avant sa mission suicide vers Okinawa.
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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Mar 6 Jan - 1:18

Caractéristiques

L'artillerie principale

Canons de 380mm modèle 1935


Comme les Dunkerque, les Richelieu sont armés de 8 canons répartis en deux tourelles quadruples qui sont en réalité
deux tourelles doubles accollées.
Le calibre est cependant porté de 330mm à 380mm pour permettre aux nouveaux cuirassés français de rivaliser avec les Littorio.

Les canons de 380 mm/45 calibres Modèle 1935 sont les derniers canons développés en France pour des cuirassés.
Ils connaissent un début de carrière difficile, les huit unités installées sur le Richelieu n'ayant tiré chacune que six coups
lorsque celui-ci fuit la France les 13 et 14 juin 1940.
Lors de la bataille de Dakar en septembre 1940, l'équipage de la tourelle No 1 est à terre. Seule la tourelle No 2 tire,
et les deux canons tribords font long feu à la première salve.
Les autres canons connaissent toutes sortes de problèmes lors de la bataille.






Le canon de 380mm modèle 1935 est construit en acier, auto-fretté et chemisé d'une longueur de 45 calibres pour
un poids total de 94.310 tonnes et une longueur de 17.100m de long.
La culasse qui s'ouvre vers le haut et le canon est assisté par un système hydro-pneumatique.






Les tourelles de 380mm ont été conçues et fabriquées par Saint Chamond. Pesant 2476 tonnes en ordre de combat,
la tourelle modèle 1935 permet aux canons de 380mm de pointer en site de -5° à +35° à raison de 5.5° par seconde et
en azimut sur 156° (142° pour la tourelle II) de chaque côté à raison de 5°.

Comme pour tous les projectiles de ce calibre, les obus de 380mm des Richelieu sont composées du projectile et des gargousses.
L'obus perforant modèle 1936 pèse 890kg avec une charge militaire de 21.9kg et est propulsé par quatre charges SD21
(poids total 288kg). Sa portée maximale varie de 10000m (site +5°) à 37800m (41700m théorique) (site +35°),
pouvant perforer 249mm à 38000m. La cadence de tir est de 1.3 à 2 coups par minute.

Après guerre, un obus explosif à été dévellopé, un obus explosif de 879kg modèle 1949
(portée inconnue mais sûrement proche du précédent)

Les Richelieu peuvent embarquer 832 obus perforants de 380mm.


Le Richelieu en Indochine 1946






L'artillerie secondaire

Les canons de 152mm


Comme pour les Dunkerque, la marine nationale décida d'équiper les Richelieu d'un armement secondaire polyvalent,
les 16 canons de 130mm cédant la place à 15 canons de 152mm en cinq tourelles triples avec une tourelle axiale arrière et
quatre tourelles latérales (deux latérales arrière et deux latérales avant)

Le canon de 152mm modèle 1930 est construit en acier, auto-fretté et chemisé d'une longueur de 55 calibres
pour un poids total de 7.780tonnes et une longueur de 8.860m. La culasse qui s'ouvre vers le haut et le canon est assisté
par un système hydro-pneumatique.

Les tourelles triples de 152mm modèle 1936 ont été conçues et construites par Saint Chamond.
Pesant 228 tonnes en ordre de combat, la tourelle modèle 1936 permet aux canons de 152mm de pointer en site de -6°
(-8° pour la tourelle axiale) à +90° à raison de 8° par seconde et en azimut sur 132° de chaque côté pour la tourelle axiale,
de 170° pour les tourelles latérales arrières et de 180° pour les tourelles latérales avant à raison de 12° par seconde.

La cadence de tir est théoriquement de 5 à 6 coups par minute mais à l'usage, la fragilité du matériel limitant la cadence de tir
à 3 voir 4 coups par minute.

La portée maximale en tir antisurface (site +45°) est de 26960m et en tir antiaérien (+90°) de 14000m avec un obus explosif de 56kg.
La dotation en munitions est de 400 coups par tourelle soit un total de 2000 coups pour le navire






En tir antiaérien, la cadence est de 5 coups par minutes. Toutefois, le tir contre avions ne sera pas possible avant 1943.
En effet le télépointeur supérieur du Richelieu ne sera pas équipé de ses moyens de pointage.
Il sera d'ailleurs démonté lors de la refonte du navire en 1943. Toutefois, les autres télépointeurs seront adaptés pour le tir
contre les avions.






Fin 1944 début 1945, deux radars ABU sont installés qui vont permettre le tir en barrage avec des obus fusants à fusées pré-réglées.
Le tir antiaérien, dans sa conception initiale restera donc impossible.
Des problèmes sur l'artillerie de 130 mm du Dunkerque poussa l'Etat-Major à réduire le nombre de tourelles de 152 mm, de 5 à 3.




Dernière édition par naga le Mar 6 Jan - 1:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Mar 6 Jan - 1:26

Canon de 37mm modèle 1935

Sur les plans d'origine, les Richelieu devaient embarquer six affûts ACAD (Automatique Contre Avions Double) modèle 1935.
Le dévellopement de cet affût double prend énormément de retard et le seul prototype est monté à bord de l'aviso Amiens
qui couvre le cuirassé Courbet à Cherbourg avec apparemment une grande efficacité.

Sur les Richelieu, deux affûts auraient été installés latéralement entre les deux tourelles de 380mm tandis que les quatre autres auraient été installées entre les tourelles de 152mm latérales.

Le canon de 37mm modèle 1935 est un canon de 70 calibres tirant des obus/projectiles de 816g à une distance maximale
théorique de 8000m à raison de 165/172 coups par minute. L'affût double ACAD pèse 8070kg et peut pointer en site de -10° à +85°
et en azimut sur 360°. . La dotation en munitions est inconnue.



Mitrailleuses de 13.2mm modèle 1929

Les canons de 37mm ACAD modèle 1935 devaient être complétés par 32 mitrailleuses de 13.2mm en huit affûts quadruples
(CAQ Contre-Avions Quadruples). Cette mitrailleuse de 76 calibres tire des cartouches de 122g à une distance maximale
de 7200m (+45°) en tir antisurface et de 4200m en tir antiaérien à raison de 200 à 250 coups par minute (pratique).
La mitrailleuse pouvait pointer en site de -10° à +90° et en azimut sur 360°.

Affût CAQ (Contre-Avions Quadruple) de 13.2mm






canons de 100mm modèle 1930

12 canons de 100mm modèle 1930 en six affûts doubles modèle 1931.
Ce canon de 45 calibres tire des obus de 24kg à une distance maximale en tir antisurface de 15900m (+45°) et en tir antiaérien
de 10000m (+80°) à raison de 10 coups par minute (16 théoriquement).

L'affût CAD (Contre-Avions Double) modèle 1931 permet aux canons de 100mm de pointer en site de -10 à +80° et
en azimut sur 80° de chaque côté.






canons de 37 mm modèle 1933

8 canons de 37 mm modèle 1933 en quatre affûts CAD. Ce canon de 50 calibres tire des obus de 730g à une distance maximale
de 8000m (théorique) et de 5000m (pratique) à raison de 15 à 21 coups par minute (pratique).
Le canon peut pointer en site de -15° à +80° et en azimut sur 360°. Ils remplacent les affûts ACAD encore en essais en 1940
(six affûts doubles étaient prévus).




16 mitrailleuses de 13.2mm en quatre affûts quadruples (CAQ Contre-Avions Quadruples)


Les installations de direction de tir

La disposition des installations de direction de tir correspondait, pour l'essentiel à celle de la classe Dunkerque. Sur la tour avant, on retrouvait le même empilement de trois télépointeurs, avec de bas en haut, le télépointeur A pour l'artillerie principale, avec un télémètre stéreoscopique triplex OPL (Optique de Précision de Levallois-Perret) de 14 mètres, et deux télépointeurs pour l'artillerie secondaire de 152 mm, avec un télémètre stéreoscopique duplex OPL de 8 mètres pour les buts marins sur le télépointeur 2, en position centrale, et un télémètre OPL de 6 mètres pour le tir contre avions sur le télépointeur 1 en position supérieure. Sur la tour arrière, un seul télépointeur, le télépointeur 3 pour l'artillerie secondaire avec un télémètre de 6 mètres. Le télépointeur auxiliaire de l'artillerie principale (télépointeur B), avec un télémètre stéreoscopique duplex OPL de 8 mètres, se trouvait entre la tour arrière et la tourelle VII (arrière axiale de 152 mm).Tous les télépointeurs étaient étanches aux gaz et avaient un blindage léger pare-éclats.

Un télépointeur avec un télémètre OPL de 3 mètres installé initialement sur la plate-forme la plus haute de la tour avant, comme sur le Strasbourg, a été réinstallé sur le toit du blockhaus, comme sur le Dunkerque. Deux télépointeurs équipés de télémètres SOM (Société d'Optique et de Mécanique de haute précision) de 3 mètres à l'usage de l'État-major se trouvaient sur les côtés de la passerelle de l'Amiral (étage 3). Lorsque l'on a installé une artillerie antiaérienne de 100 mm, ces deux télépointeurs ont été remplacés par des télépointeurs équipés chacun d'un télémètre OPL de 4 mètres pour le contrôle du tir des 100 mm AA, et sur la passerelle de navigation, à l'étage inférieur, on installa, à l'usage de la majorité, deux télépointeurs équipés eux aussi d'un télémètre de 4 mètres.

Un télémètre stéreoscopique duplex OPL de 14 mètres se trouvait dans chaque tourelle d'artillerie principale, et un télémètre stéreoscopique duplex OPL de 8 mètres se trouvait dans chaque tourelle de 152 mm.

La veille optique se faisait, pour la veille basse, c'est-à-dire les objectifs rapprochés, à partir de la passerelle de navigation, à l'étage 3, pour la veille éloignée, à partir de la plate-forme 6, et pour la veille haute, contre les mines et les torpilles à partir de la plate-forme 8. Pour le combat de nuit, le Richelieu disposait de cinq projecteurs, sur la tour avant, un sur la face avant, et deux de chaque côté.


Les installations d'aviation

Les installations d'aviation (un hangar, deux catapultes et une grue) sont situées à l'extrême arrière, comme sur le Dunkerque, pouvant accueillir quatre hydravions, des Loire 130, deux avec les ailes repliées dans le hangar, un sur chaque catapulte[54].

Les matériels et les installations sont du même type que sur le Dunkerque. Les Loire 130 sont des hydravions à coque monomoteur (un Hispano-Suiza 12 cylindres de 720 CV). Pesant 3 500 kg en pleine charge, leur vitesse maximale est de 210 km/h, leur plafond de 6 500 m, leur endurance de 7h30 à 150 km/h. Ils ont un équipage de trois hommes, sont armés de deux mitrailleuses de 7,5 mm, et peuvent emporter deux bombes de 75 kg. Les catapultes à air comprimé, d'une longueur de 22 m, peuvent projeter un aéronef de 3 500 kg à 103 km/h. Au retour, les hydravions se posent à côté du cuirassé, et sont hissés à bord par la grue qui peut soulever 4,5 tonnes.

A Dakar, Catapultage d'un Loire 130





La différence avec la classe précédente tient à ce que l'espace occupé par les chaudières a pu être réduit de cinq mètres, grâce à une largeur de coque supérieure, et à la disposition des chaudières suralimentées sur deux rangs de trois et non plus trois rangs de deux. Ceci permet de placer la tourelle VII (arrière axiale) au couple 68,85 au lieu de 44,30 sur le Dunkerque, alors que les tourelles V et VI (arrière latérales) sont au couple 54,45 au lieu de 53,30. On observera qu'ainsi les tourelles latérales arrière de 152 mm (V et VI) sont plus à l'arrière que la tourelle VII axiale de quelque 15 mètres, sur le Richelieu, alors que c'est l'inverse sur les Dunkerque. De ce fait le hangar peut être situé plus en avant, d'une part, laissant plus de place sur la plage arrière (37 mètres au lieu de 30), pour installer une seconde catapulte, et, d'autre part, permettant d'avoir un hangar plus long de cinq mètres sur un seul étage, ce qui permet d'y installer deux hydravions à la file, et non pas de les parquer sur les plates-formes, en position basse, d'un ascenseur intérieur dans un hangar à deux étages, comme c'était le cas sur les Dunkerque. Du hangar, les hydravions sont amenés sur des rails à un élévateur qui permet de les hisser sur l'une ou l'autre catapulte, la plus à l'arrière se trouvant dans l'axe du bâtiment, la plus en avant étant alors presque perpendiculaire à l'axe du bâtiment sur tribord.



sources
http://www.netmarine.net
http://forummarine.forumactif.com
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vania
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MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Mar 6 Jan - 13:46

Puissance de de feu phénoménale ! ...
Magnifique bâtiment.
Après toutes ces années, on se demande encore comment la France, avec du matériel aussi performant, a t-elle pu perdre la guerre aussi rapidement ... scratch Rolling Eyes
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franck7002
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Date d'inscription : 20/08/2012

MessageSujet: Re: Le cuirasse Richelieu   Mar 6 Jan - 22:04

En fait le bâtiment n'était pas encore opérationnel en 1940 et il faudra attendre l'après guerre pour que tous les problèmes de son artillerie principale ( cadence de tir trop lente, dispersion excessive des salves diminuant la probabilité de toucher une cible et premier lot d'obus endommageant les canons ) soient résolus : un très bon navire sur le papier mais hélas absolument pas prêt à combattre
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Le cuirasse Richelieu
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