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 Tragique destin de Mireille Balin

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naga
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MessageSujet: Tragique destin de Mireille Balin   Lun 8 Juin - 10:59

Mireille Balin (1909 - 1968)

Blanche Balin, dite Mireille Balin, née le 20 juillet 1909 à Monte-Carlo, Monaco, morte le 9 novembre 1968 à Clichy, France Considérée comme une des plus belles actrices du cinéma français des années 1930, elle mourut dans l'anonymat et la misère.




Mireille Balin naît prématurément le 20 juillet 1909 dans une clinique de Monte-Carlo. Son père, journaliste, lui fait suivre des études secondaires dans un pensionnat pour jeunes filles, à Marseille. Elle suit des cours de piano et d'équitation. Ses parents s’installent ensuite à Paris, espérant sortir de leurs difficultés financières.

Contrainte de gagner sa vie, elle travaille un temps comme vendeuse, puis elle est recrutée comme secrétaire par le couturier Jean Patou. Elle devient vite son mannequin vedette haute couture. Le cinéaste Maurice Cammage l'aurait découverte en 1932 et lui aurait confié un petit rôle dans Vive la classe !

En 1933, elle s'impose dans Le Sexe faible de Robert Siodmak, aux côtés de Pierre Brasseur, Victor Boucher, Betty Stockfeld et Marguerite Moreno. Ensuite, elle apparaît dans Adieu les beaux jours d'André Beucler, auprès des vedettes Brigitte Helm et Jean Gabin.

En 1936, Mireille Balin a une courte liaison avec Jean Gabin. Julien Duvivier lui confie alors le rôle de Gaby dans Pépé le Moko.





Fin 1937, Mireille Balin signe un contrat avec la firme MGM et part pour les États-Unis. Mais, en conflit avec les producteurs américains, elle reprend le bateau pour la France avec son nouveau compagnon, Tino Rossi.






De retour à Paris, Mireille Balin tournera notamment Menaces, d'Edmond T. Gréville, où elle campe une vendeuse de maison de couture aux côtés d'Erich von Stroheim, John Loder et Ginette Leclerc. Le film, interdit et brûlé pendant l'Occupation, sera restauré et distribué à la Libération. Macao, de Jean Delannoy, sera également interdit par l’occupant en juin 1940, du fait de la présence de Von Stroheim, Autrichien d'origine et anti-nazi notoire. Il sortira deux années plus tard avec un nouveau titre (L'Enfer du jeu) et amputé des scènes tournées avec Von Stroheim, remplacé par Pierre Renoir.


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naga
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MessageSujet: Re: Tragique destin de Mireille Balin   Lun 8 Juin - 11:11

La descente aux enfers

Début 1940, Mireille Balin est sur les plateaux de Cinecittà pour Les Cadets de l'Alcazar d'Augusto Genina, film résolument pro-franquiste, qui comptera dans les sérieux ennuis qu'elle aura à la Libération. Durant la seconde guerre mondiale, elle participe à des galas de bienfaisance pour les prisonniers de guerre. En 1941, sa liaison avec Tino Rossi prend fin. Pendant l'Occupation, elle tourne encore quelques films, dont L'assassin a peur la nuit, de Jean Delannoy, Dernier Atout, de Jacques Becker et Haut le vent, de Jacques de Baroncelli. Éprise de Birl Desbok, jeune officier viennois de la Wehrmacht, Mireille Balin n’échappera pas aux foudres de l'épuration.

En septembre 1944, arrêtée avec son amant allemand par les FFI à Beausoleil, alors que le couple tente de passer en Italie, elle est battue et violée, puis incarcérée à Nice. Nul ne sait ce qu'il est advenu de Birl Desbok, sans doute assassiné lors de son arrestation. Mireille Balin sera transférée ensuite à Fresnes. Devant le tribunal, on lui reproche sa liaison, sa participation au tournage du film Les Cadets de l'Alcazar et aux galas artistiques de l’ambassade d’Allemagne à Paris. Elle est libérée en janvier 1945.

Sa vie, sa carrière et sa santé sont brisées. Ses anciennes relations l'évitent. Le public se détourne également. Malgré une ultime tentative, La Dernière Chevauchée, de Léon Mathot, Mireille Balin retourne dans l’oubli sur la Côte d'Azur.





Dans un dénuement complet, marquée physiquement par la maladie (méningite, typhus, alcoolisme...), elle remonte à Paris en 1957. Prise en charge par l'association chargée d'aider les anciens artistes tombés dans le besoin La roue tourne, elle meurt à 59 ans le 9 novembre 1968, à 5 h 30 du matin, à l'hôpital Beaujon de Clichy la Garenne, dans l'anonymat et la pauvreté.

« La Roue tourne » lui évite l'inhumation à la fosse commune ; elle repose au cimetière de Saint-Ouen dans la division 31, partageant plus tard son caveau avec Jean Tissier, autre comédien mort dans la misère.

Depuis, des historiens comme Pierre Milza et Marc Ferro ont réhabilité Mireille Balin, qui fut sans doute l'une des victimes de l'épuration, ou « épuration féroce », au même titre que les femmes « tondues », étant une simple comédienne, connaissant l'amour avec un militaire allemand.


source
philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com
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naga
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MessageSujet: Re: Tragique destin de Mireille Balin   Lun 8 Juin - 11:28

Et si Mireille Balin avait été un homme ?

Pendant la guerre, Tino Rossi fait fortune. Son seul acte de résistance est de refuser d’enregistrer "Maréchal, nous voilà  !" . A par cela, il ne cesse de se produire sur scène, de tourner dans de multiples films. Il s’affiche dans les lieux les plus sélects fréquentés par les officiers allemands. Dans l’un d’entre eux, le Fouquet’s qui, décidément, n’aura jamais été une cantine de gauche, il retrouve son vieil ami corse Étienne Leandri. Ou encore Paul Carbone, qui envoyait ses tueurs contre les dockers marseillais en grève, fut impliqué dans l’affaire Staviski, fut trafiquant de drogue, gestapiste et mourut exécuté par des résistants.

Tino Rossi est arrêté en octobre 1944, placé en détention à Fresnes, exempté de toutes poursuites par la justice avant de recevoir les excuses officielles du gouvernement. Il est décoré de la Légion d’honneur en 1952, promus officier par le Grand Chancelier Alain de Boissieu (gendre de De Gaulle qui refusera de décorer Mitterrand après l’élection présidentielle de 1981) en 1975 et reçoit la cravate de commandeur des mains de Gaston Deferre en 1982.

De l’après-guerre jusqu’à sa mort, il connaît un succès national et international phénoménal, figurant régulièrement dans le Livre Guiness des records.

Sa mort occasionne un déluge d’hommages de la profession. Seul Pierre Desproges mettra un peu d’acide dans la guimauve : « J’ai pas peur de l’avouer, j’avais quarante ans passés, eh bien, le jour de la mort de Brassens j’ai pleuré comme un môme. J’ai vraiment pas honte de le dire. Alors que - c’est curieux - mais, le jour de la mort de Tino Rossi, j’ai repris deux fois des moules. »

Tino Rossi est inquiété puis honoré. Charles Trénet de même. Maurice Chevalier est très brièvement sur la sellette avant d’être blanchi - on ne saura jamais vraiment pourquoi - par Aragon en personne. Piaf, qui s’était beaucoup égosillée devant les Allemands, peut poursuivre son glorieux. Fernandel qui, lui aussi, travailla à plein régime pendant l’occupation, passe entre toutes les gouttes. On possède de lui cette saisissante photo du bonheur prise quelques jours avant la déclaration de guerre. Nous sommes à Berlin. L’acteur vient de tourner L’Héritier des Mondésir, un film produit par de l’argent nazi de l’ACE (Alliance cinématographique européenne). Il est en habit. Il rayonne, presque beau. A sa gauche, Goebbels arbore un triste sourire et triture des lunettes de soleil. A gauche du ministre de la Propagande, Elvire Popesco, dans la plénitude magnifique de ses quarante-cinq ans.





Pauvre Mireille Balin !

source
legrandsoir.info  2011
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vania
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MessageSujet: Re: Tragique destin de Mireille Balin   Mer 10 Juin - 9:52

Ouais, 2 poids 2 mesures comme on dit.
Ceci étant, ni Fernandel ni Rossi ne se sont affichés avec une "Souris grise" (auxiliaire feminine de la Wehrmacht), ça a peut-être aidé à leur éviter la vindicte populaire ...
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