Le Forum du Front de l'Est

Tout savoir sur le Front de l'Est
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 L'érosion au Cap-Ferret : 800 mètres en 47 ans

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 4828
Age : 51
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: L'érosion au Cap-Ferret : 800 mètres en 47 ans   Ven 25 Déc - 7:40

31/12/2010 article du journal sudouest.fr

La première image date de 1963, la seconde de fin 2010. La pointe perd en moyenne 17 mètres par an




Lors du week-end de Noël, une dune s'est totalement effondrée à l'ouest de la pointe du cap Ferret. Sur 700 mètres de long et 15 mètres de large. Certes, tout n'est pas parti à l'eau, mais l'incident relance le débat sur l'érosion qui mine la côte.

Entre 2004 et 2008, on avait cru pourtant à une certaine stabilisation, puis tout a redémarré. Entre 2008 et la tempête Xynthia, 35 mètres de terrain ont glissé et disparu dans les flots.


15 à 17 mètres par an

La première image date de 1963, la seconde de fin 2010. La pointe perd en moyenne 17 mètres par an


1963-2010 : ces images ne sont pas exactement à la même échelle, mais montrent que la presqu'île a perdu sa tête. PH. Michel le collen


ftgmLors du week-end de Noël, une dune s'est totalement effondrée à l'ouest de la pointe du cap Ferret. Sur 700 mètres de long et 15 mètres de large. Certes, tout n'est pas parti à l'eau, mais l'incident relance le débat sur l'érosion qui mine la côte.

Entre 2004 et 2008, on avait cru pourtant à une certaine stabilisation, puis tout a redémarré. Entre 2008 et la tempête Xynthia, 35 mètres de terrain ont glissé et disparu dans les flots.


15 à 17 mètres par an

« À la pointe, on perd de 15 à 17 mètres par an ; à l'ouest, côté Océan, 2 à 3 mètres », précise Jean-Pierre Duval, ingénieur, responsable de l'Office national des forêts (ONF) sur la presqu'île du Cap-Ferret. Pour l'ONF et le Conservatoire du littoral (propriétaire des dunes), il surveille l'évolution du phénomène.

Nul besoin pour lui d'avoir un décamètre pour évaluer les dégâts. « Ça se voit à l'œil nu », dit-il en évoquant les repères indiscutables que sont les blockhaus. Les abris allemands étaient plantés tout en haut des dunes, à plusieurs centaines de mètres des premières vagues. Aujourd'hui, tous sont atteints par l'eau, et certains ne sont même plus visibles car totalement recouverts par les flots, aussi bien à marée haute qu'à marée basse.

2010



Des repères plus récents démontrent la poursuite de l'érosion : les épis (troncs de bois) plantés ces dernières années à l'extrémité de la pointe pour retenir le sable. Dorénavant frappés par les vagues, ils se déracinent et partent au large.

Les images aériennes de Michel Le Collen, ancien pilote-photographe d'hélicoptère (1), illustrent de façon encore plus spectaculaire (et même angoissantes) l'ampleur du problème.

Au fil des années, Michel Le Collen a photographié la pointe. Il nous offre aujourd'hui deux photos exclusives. À gauche, le cap Ferret en 1963. À droite, la pointe en septembre dernier. En quarante-sept ans, la presqu'île a perdu 800 mètres !

Jean-Pierre Duval, de l'ONF, apporte une preuve : « En 1963, la station pétrolière Esso [NDLR : photo de gauche, sud-est de la pointe] était à 800 mètres du trait de côte. Aujourd'hui, on ne peut même plus la situer. Son point d'ancrage est sous l'eau. Même à marée basse, on ne le voit plus. »


Différentes heures de marée

Les observateurs ne manqueront pas d'observer que les photos ne sont pas faites aux mêmes heures de marée. C'est vrai. L'image de 1963 a été réalisée à marée haute, celle de 2010 à marée basse. Mais cela ne fausse pas le jugement. Au contraire, ça lui met un bémol. À marée équivalente, la perte de terrain serait encore plus visible, plus frappante.

Quoi qu'il en soit, les experts confirment ce retrait. Ils ont des outils exceptionnels dorénavant pour faire des calculs ultra-précis comme les images fournies en permanence par les satellites et le GPS.


(1) Michel Le Collen présente ses photos dans plusieurs DVD. En vente en librairie. lecollen.m@club-internet.fr
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 4828
Age : 51
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: L'érosion au Cap-Ferret : 800 mètres en 47 ans   Ven 25 Déc - 7:50

Le Mur de l’Atlantique et le Secteur Arcachon

En décembre 1941, après l’entrée en guerre des Etats-Unis, Hitler ordonne la construction d’une ligne de défense sur la côte Atlantique afin de repousser un débarquement des alliés. Une soixantaine de positions seront installées sur le secteur Arcachon qui s’étend de Vendays-Montalivet dans le Médoc jusqu’à Contis-les-bains dans les Landes. Ce n’est qu’à partir de l’année 1943 que des blockhaus seront construits pour abriter hommes et matériels.

La Pointe

Située à l'extrême sud du Cap Ferret, cette position du Mur de l'Atlantique codée Ar.34, comptait une dizaine d'ouvrages importants. De nos jours, ces blockhaus se trouvent essentiellement en zone intertidale. Ils sont difficilement accessibles et souvent très ensablés.
Le site de plongée appelé "La Pointe" par les membres du GRAMASA ne comporte donc que trois blockhaus accessibles en scaphandre autonome, baptisés :
La Cloche :  Abri de type 634 avec cloche blindée (Ar.34/17 - EA 3703).
Le Projecteur : Abri de type L411A pour projecteur de DCA de 60 cm (Ar.34/21 - EA 3704).
Le Skoda :  Casemate de type 506d pour canon Skoda de 4,7 cm anti-char (Ar.34/18 - EA 3705).

1944



2015





Une de ces batteries, codée Ar.47 dans le Mur de l'Atlantique et usuellement appelée « les Gaillouneys » (du nom de la maison forestière située à proximité) a la particularité d'être aujourd'hui, en très grande partie, immergée dans la passe sud du Bassin d'Arcachon sous l'effet de l'érosion atypique du trait de côte.

1944




1959




Ils furent sur les dunes du bord de plage mais sont aujourd'hui profondement iummergés, ces vestiges du Mur de l' Atlantique n'en sont pas moins accessibles par les eaux.

Marc Mentel, plongeur amateur, est intarrissables sur ces blockhaus, inattendu dans la périphérie de la dune du Pyla.

"Ces bunkers immergés sont spécifiques au bassin. Vous ne trouverez ça nulle part ailleurs. Il s'est produit dans cette zone, à l'entrée du bassin, une érosion atypique et violente qui explique cette situation unique", affirme ce professeur de physique-chimie devenu spécialiste de "bunker archéologie".

Selon ses calculs, la côte a reculé de plus de 150 mètres depuis la fin de l'occupation, "précipitant" ces bunkers au beau milieu d'un chenal d'entrée du bassin alors qu'ailleurs, sur le "Mur de l'Atlantique", les blockhaus ont plus souvent seulement les fondations dans l'eau.....c'est ce qui en fait leurs particularités.

"Ces bunkers immergés sont spécifiques au bassin. Vous ne trouverez ça nulle part ailleurs." nous affirme le professeur plongeur

Plus d'une vingtaine de structures (casemates, abris pour munitions ou pour hommes) sont aujourd'hui enfouies par 5 à 20 mètres de profondeur -- seules trois demeurant encore visibles -- sur les sites dits des Gaillouneys et des Sablonneys. Des structures désormais précisément localisées, identifiées et mesurées par Marc Mentel qui, pour la première fois, présentera au public ses recherches lors des Journées du patrimoine.

"Tout le monde connaissait l'existence de ces bunkers. C'est comme pour les cèpes, chaque plongeur avait son coin mais personne n'imaginait le site dans son ensemble car c'était complètement oublié", explique-t-il.





Ce ne sont pas les bunkers qui ont bougés mais "C'est simplement le sol qui s'est retiré et la côte qui a reculé avec l'érosion", note-t-il. Une fois la recherche théorique terminée, il a pu sans difficulté les retrouver sous l'eau, aux endroits mêmes où l'armée allemande les avait érigés entre 1943 et août 1944.

"Souvent, on les voit mieux que sur terre, les fondations sont plus dégagées. On peut encore traverser les casemates. Les moules et les anémones recouvrent des pans entiers, c'est multicolore", décrit le plongeur, moniteur brevet d'Etat.

Pour les plongeurs, ces "récifs artificiels" sont d'une "densité extraordinaire" avec "des congres, araignées, étrilles, poulpes", ajoute-t-il.


source
bassinarcachon.org


Dernière édition par naga le Ven 25 Déc - 8:35, édité 6 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 4828
Age : 51
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: L'érosion au Cap-Ferret : 800 mètres en 47 ans   Ven 25 Déc - 7:59

Bassin d'Arcachon :2015

Le Groupement de recherches archéologiques du mur de l’Atlantique (Gramasa) édite une nouvelle carte sous-marine des blockhaus engloutis.





Lundi matin, Marc Mentel, le président du Groupement de recherches archéologiques du mur de l'Atlantique, secteur Arcachon (Gramasa), et Michel Daverat, le président du syndicat mixte de la dune du Pilat, ont présenté, à La Teste-de-Buch, la nouvelle carte sous-marine des blockhaus immergés au sud de la dune.

« La dune n'est pas seulement un belvédère, elle fait partie des grands sites et fait l'objet de tout un programme de valorisation culturelle », rappelle le conseiller régional Europe écologie en expliquant le partenariat naturellement établi avec le Gramasa.

Extrait ar 47







Balades sous-marines

Regroupant des cadres de la plongée, le Gramasa a été créé en 2008 afin d'améliorer les connaissances sur les fortifications du mur de l'Atlantique et ce, dans une démarche de valorisation et de transmission. Dès 2005, Marc Mentel, à l'origine du groupement éditait la première carte consacrée aux dix hectares des Gaillouneys. Ce plongeur et professeur de lycée entendait proposer des balades entre le patrimoine historique et biologique sous-marin.

La carte présentée hier est consacrée aux Sablonneys, un site plus petit que celui des Gaillouneys mais dont l'intérêt est aussi important en terme de plongée, avec notamment une très bonne visibilité. Éditée une première fois en 2008, elle est aujourd'hui actualisée.


Dernière édition par naga le Ven 25 Déc - 8:30, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 4828
Age : 51
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: L'érosion au Cap-Ferret : 800 mètres en 47 ans   Ven 25 Déc - 8:01

Cette image date de 1947 et représente l'un des six blockhaus, aujourd'hui englouti, qui trônait auparavant sur la dune.© Photo photo service historique



La plongée modifiée

Parmi les nouveautés : les profondeurs maximales et minimales des six ouvrages du site. Ouvrages, qui, en 1945, se trouvaient tous sur la dune du Pilat. « Ce qui permet de multiplier les portes d'entrées », explique Marc Mentel qui voit dans ces cartes un outil de régularisation permettant d'éviter les conflits d'usage.

« La première carte sous-marine de 2005 a vraiment modifié la façon de plonger sur ce site », assure-t-il. Destinée aux plaisanciers et aux plongeurs cette carte se veut un « outil de référence sécurisé ». Lundi matin, représentants de l'État, gendarmes et membres d'associations, étaient présents lors de sa présentation. L'occasion aussi, et surtout, de présenter toutes les actions menées par les bénévoles de Gramasa.
Pour un parcours cohérent

En juin 2015, le groupement éditait pour la première fois un rapport de ses activités destiné au grand public. À cette même période, il participait avec la ville d'Arcachon à la présentation du blockhaus découvert enterré sous le parking de la gare. « Sa restauration va débuter en février », précise Marc Mentel.

Après avoir participé à un inventaire des ouvrages visibles avec l'Observatoire de la côte Aquitaine, le Gramasa continue son travail de recensement, point par point, des témoignages bétonnés de la Seconde Guerre mondiale. « Notre idée serait en effet de connecter tous les sites et de proposer un parcours cohérent. Ce qui va faire l'objet d'une thèse conduite au Gramasa », poursuit le président.

Le groupement est également souvent appelé en renfort lorsque des ouvrages existants et présents sur le domaine privé se trouvent menacés par des projets de construction. Ou de déconstruction.

source
sudouest.fr
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 4828
Age : 51
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: L'érosion au Cap-Ferret : 800 mètres en 47 ans   Sam 26 Déc - 2:16

Pas sur que ce soit les memes bunkers mais c est au meme endroit.

2005




2015




2005




2015

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
naga
Feldmarshall
Feldmarshall
avatar

Nombre de messages : 4828
Age : 51
Localisation : Bangkok(Thailande)
Date d'inscription : 02/02/2009

MessageSujet: Re: L'érosion au Cap-Ferret : 800 mètres en 47 ans   Sam 26 Déc - 2:19

2005




2015

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
vania
Modo-Felfgendarme
Modo-Felfgendarme


Nombre de messages : 4555
Date d'inscription : 30/07/2008

MessageSujet: Re: L'érosion au Cap-Ferret : 800 mètres en 47 ans   Sam 26 Déc - 11:47

Excellent cet article, avec photos et plans.
Dommage de voir tout cela englouti mais au moins, ça n'engendre pas de pollution si toutes ces bestioles y prospèrent.
Si vous voulez voir un bunker à ... Paris, il en reste un assez costaud juste à droite derrière l'ambassade Russe Boulevard Lannes.
Mais là aussi, il y a quelques années on a démoli tout un complexe (il parait que c'était le P.C. de la F.L.A.K du "Gross Paris") juste en face de ce bunker, avant de construire à la place des immeubles d'habitations...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: L'érosion au Cap-Ferret : 800 mètres en 47 ans   

Revenir en haut Aller en bas
 
L'érosion au Cap-Ferret : 800 mètres en 47 ans
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Entre océan, érosion, bassin et mimosa (Rando Cap Ferret - 23/02/14)
» Statue du Christ de 36 mètres
» L'érosion du temps
» 1 unité astromique=149 597 870 700 mètres désormais
» Le Saut de l'Ange, à 39,000 mètres d'altitude

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Forum du Front de l'Est :: Multimedia :: Photographies-
Sauter vers: