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 Le Tour du monde des Autos Canons Mitrailleurs belges

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naga
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MessageSujet: Le Tour du monde des Autos Canons Mitrailleurs belges    Ven 29 Jan - 14:04

Histoire assez incroyable!

Le premier conflit mondial voit l’apparition de l’automobile sur le champ de bataille. L’enlisement dans les tranchées diminue de beaucoup le potentiel de cette nouvelle arme. Cependant, la longueur du front de l’Est s’accommode mal avec la guerre de position. En effet les hommes requis pour le garnir de la même manière qu’à l’Ouest seraient trop nombreux. Aussi les opérations pendant lesquelles s’opposent les armées du Tsar et des Empires centraux sont beaucoup plus mobiles. Elles permettent aux autos blindées d’y gagner leurs lettres de noblesse. Une unité belge s’y distingue sur le front de Galicie, son périple aventureux est digne d’un roman de Jules Verne.

L’agression allemande d’août 1914 trouve une armée belge qui sort à peine d’une réorganisation voulue par le Roi Albert. Ses soldats sont encore équipés à la mode de la belle époque avec entre autres des shakos en cuir bouilli et des mitrailleuses sur chariots à traction canine. Parmi les officiers qui les commandent, il en est quelques-un qui ont l’esprit moderne. Ces derniers arment leurs propres voitures de tourisme et lancent des reconnaissances armées, véritables raids désorganisateurs dans les arrières des lignes allemandes. Dans le même temps, en Angleterre, Churchill prend la décision de mettre sur pieds un détachement terrestre du Royal Naval Air service afin de mener des missions de récupération d’aviateurs abattus à l’arrière des lignes ennemies. Ces expériences se montrent particulièrement concluantes et démontrent le potentiel que peuvent avoir les autos blindées. Aussi les alliés, Britanniques en tête, se lancent dans la création d’unités autonomes équipées de ces engins motorisés. La Belgique suit le même raisonnement que ses deux puissants voisins.

En août 1914, le lieutenant Charles Henkard fait blinder ses deux voitures privées, de marque Minerva, par l'usine Cockerill & Co d'Hoboken et les met à la disposition de l'Armée Belge. Il se distingue jusqu'au 14 septembre quand il est tué dans un combat dans les faubourgs d'Anvers.









Caracteristiques:
4,90 m de long, 1,80 m de large, poids de 4 tonnes, blindage 4 mm, une mitrailleuse Hotchkiss, équipage 3-4 hommes.

Après avoir produit des autos blindées Minerva, la Belgique charge sont attaché militaire à Paris, le Major Collon de créer un corps d’autos canons mitrailleuses. Cet officier avait conçu lors de l’automne de 1914  l’idée d’un corps blindé autonome dont la mission serait d’opérer par percées profondes, avec leur propre appareil de reconnaissance et de ravitaillement. Tous les pays alliés, leur moral rechargé pour longtemps par la victoire de la Marne, mettent tous leurs espoirs dans la future grande offensive de printemps, par laquelle les armées franco -anglo-belges doivent bouter hors de leurs territoires, l’enva­hisseur teuton. Ils comptent sur ce qu’on appelle alors le rouleau compresseur russe, matérialisé par l’armée tsariste pour avancer sur Berlin tout en obligeant l’Allemagne à se battre sur deux fronts. Dans cette reprise de la guerre de mouve­ment, quel ne pourrait pas être le rôle de pareilles colonnes cuirassées, pénétrant profondément dans les lignes pour aller occuper les points stratégiques, couper les liaisons et le ravitaillement, semer le désordre et la panique loin à l’ar­rière de la bataille d’infanterie ? Le char n’ayant pas encore été inventé, ce rôle est dévolu aux autos  blindées.  Le corps des autos canons belges est créé dans ce but précis.

Corps d'autos-canons-mitailleuses (A.C.M.)




Cette unité, au sein de laquelle trois cent cinquante officiers et soldats servent d’équipage, se compose organiquement de cinq batteries. Les deux premières sont équipées des véhicules cuirassés et forment l’arme de combat par excellence. Chacune d’elles comprend cinq véhicules blindés, suivis de caissons à munitions, de caissons à vivres, d’un atelier roulant et d’une autoambulance. Une troisième batterie, dite de parc ou de ravitail­lement, assure la subsistance de la troupe et l’entretien du matériel. Quant à la quatrième dite cycliste, elle compte une compagnie de 120 vélos et un groupe de moto­cyclistes. On confie généralement aux premiers les missions de reconnaissance et de patrouille, les seconds excellent aux postes d’estafette et de liaison.



Enfin la cinquième batterie de dépôt, dispose des pièces de rechange, renouvelle l’habillement et con­serve les archives.

A suivre...
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naga
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MessageSujet: Re: Le Tour du monde des Autos Canons Mitrailleurs belges    Sam 30 Jan - 1:30

Le détachement A.C.M. s'installe provisoirement à Paris pour compléter son équipement. C'est ainsi que le grand couturier parisien Paquin leur confectionne un uniforme spécial, de couleur noire (rapport au cambouis!) ; la tenue de combat comprend une veste et des pantalons de cuir.

Major Collon au centre





Pendant que les nouveaux cavaliers motorisés s’entraînent dans les plaines de Satory, le front se stabilise. Les armées s’enterrent et tout un réseau de tranchées barre le champ de bataille. Les nouvelles unités mécanisées créées voient leur potentiel gaspillé dans l’inaction et sont réduites à attendre une hypothétique percée, permettant aux opérations de redevenir mobiles, afin d’y démontrer leur potentiel. La nouvelle formation belge subit le même sort, ses équipages sont pour le moins désœuvrés. Après une période faste à Paris, où la discipline est particulièrement relâchée, elle est enfin transférée dans la zone des combats. Son nouveau cantonnement se situe en arrière du secteur belge, à proximité immédiate de Dunkerque dans un endroit dénommé les Moeres. Une seule alerte vient émailler une attente de cinq mois. Le médecin du corps, Victor Brassine, décrit l’état d’esprit qui anime alors l’unité : « Le 28 avril, deux jours après notre arrivée. On demande l’intervention de nos autos­ blindées pour la reprise du village de Lizerne, à 10 kilo­mètres au nord d’Ypres. Nous partons le matin, avec un moral d’acier, prêts à en découdre avec les premiers Allemands qui se dresseront dans notre champ de tir. Mais lorsque nous arrivons. Après une heure de route, à Oostvleteren, c’est pour apprendre que nos fantassins ont pu conquérir leur objectif… sans notre secours et nous rentrons, la tête basse, le cœur déçu, sans avoir tiré un seul coup de canon. Dans l’inaction, le moral de la troupe baisse rapi­dement. Le bel esprit qui animait les A.C.M. disparaît au fil des jours et le mitrailleur indiscipliné de Paris remplace bientôt le combattant décidé d’hier. »




L’état-major belge ne sait que faire de cette unité, quand arrive une délégation russe. Celle-ci se montre très impressionnée par la formation. Le 20 juillet 1915, les cavaliers et cyclistes du corps des ACM apprennent leur affectation sur base volontaire sur le front russe. Il est impossible de savoir ce qui a réellement motivé l’envoi des autos canons, la légende veut que le Roi Albert ait voulu faire un cadeau au Tsar. La réalité est probablement toute autre, toujours est-il que, c’est sur le front de l’Est, où les opérations sont beaucoup plus mobiles, que son potentiel sera le mieux exploité.


Un voyage éprouvant :

Le voyage des soldats belges commence le 21 septembre 1915. La croisière arctique sur le cargo britannique Wray-Castel met à rude épreuve les hommes embarqués. Marcel Thiry, relate son pénible voyage : « il y eut gros temps. Ces hamacs qui montent au plafond de la cale et ne s’en détachent qu’après un long arrêt qui vous décroche de vous-même… Des douze bœufs embarqués à Brest pour l’approvisionnement en viande fraîche, plusieurs avaient-ils été reconnus impropres à la consommation, sacrifiés, et leur dépouille jetée à la mer, comme le bruit en courut? Avait-on si mal calculé les quan­tités des autres vivres? Les rations, maigres dès le premier jour, devinrent insuffisantes. Nous étions nourris de patates gelées – à présent il gelait ferme – et d’une marmelade faite de biscuit, de mélasse et de vin, car l’intendance française nous avait largement dotés en pinard. Nous avions contourné les Îles britanniques, la mer du Nord étant infestée de sous-marins, et nous naviguions dans le haut de l’océan Glacial, pour descendre ensuite droit au sud vers le goulet de la mer Blanche. Une tempête nous attendait dans ces parages. Et il n’était pas question de poursuivre vers Arkhangelsk : entre les presqu’îles de Kanin et de Kola la mer était barrée de champs de mines, et nous devions attendre des canonnières pour nous y piloter. Six jours à croiser sur la mer démontée, dans les tourmentes de neige, au large de la côte déserte où un séma­phore s’obstinait à répéter l’ordre d’attendre. La disette était devenue grave ; il y eut, ma foi, un petit soulèvement, que les trois officiers sacrifiés pour faire la traversée avec nous apaisèrent tant bien que mal. La troupe obtint qu’à la première accalmie un canot soit mis à la mer pour aller chercher des vivres au poste du sémaphore. Juste au moment de recourir à ce moyen désespéré, le matin du 11 octobre, les petits bâtiments d’escorte appa­rurent et entourèrent notre marche aussitôt reprise en avant. Parfois ils s’égaillaient rapidement et partaient d’une joyeuse canonnade; une haute gerbe d’eau s’élevait dans un majestueux tonnerre : c’était une mine démarrée qu’on faisait sauter. Le lendemain, nous crûmes d’abord à une vision dans le ciel glacial et redevenu très pur. De vastes mosaïques d’un bleu plus pâle et cerné d’or apparaissaient, à grande hauteur sur les murs blancs et les clochers bulbeux des églises : Arkhangelsk. »



Le corps des ACM parcourt ensuite 1000 km en train pour rejoindre Petrograd. C’est là qu’il hiverne tout en préparant ses véhicules, pour les combats qui s’annoncent au plus tôt pour le printemps. De toasts en dîners de gala, les Belges sont présentés à tout le gotha militaire russe. Le point d’orgue du séjour aux bords de la Baltique a lieu le 6 décembre 1915, quand le Tsar Nicolas II en personne passe l’unité en revue. Collon exulte, gonfle l’opération manquée dans les Moeres en une bataille rangée victorieuse tandis qu’il fait défiler ses véhicules deux fois de suite devant le monarque par un froid polaire. La température qui frôle les –30°Celsius surprend les soldats belges qui ne sont pas suffisamment équipés en vêtements chauds pour faire face rigueurs de l’hiver russe. Grippes et bronchites sont légion.

A suivre...


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MessageSujet: Re: Le Tour du monde des Autos Canons Mitrailleurs belges    Dim 31 Jan - 2:50

Les soldats commencent à se lasser d’une hospitalité qu’ils ne peuvent réciproquer faute d’une solde insuffisante. Ils attendent l’action avec impatience. Le 5 janvier, le major Collon annonce à ses hommes qu’ils partent combattre en Galicie. Les Belges arrivent dans le secteur des opérations le 21 janvier 1916.


Les opérations sur le front de l’Est.

Pour comprendre la situation militaire dans laquelle les Belges vont être impliqués en Galicie, il est nécessaire de faire un petit retour en arrière. Le premier août, Guillaume II déclare la guerre au Tsar et à sa Sainte Russie. Il est imité peu après par son allié austro-hongrois l’Empereur François-Ferdinand. Cette situation, véritable chaîne de domino, qui entraîne toute l’Europe dans la guerre, est la conséquence funeste du jeu des alliances, auquel se sont livrées les nations européennes.

À la demande pressante de la France, qui souhaite être soulagée d’une partie de la pression germanique, le mastodonte russe se porte très rapidement aux frontières du territoire du Kaiser. Il surprend les Allemands, qui ne s’atten­dent pas à une prise de position aussi rapide. Le souverain russe lance directement son armée dans la mêlée. Celle-ci est minée par les effets dévastateurs de la corruption et incomplètement mobilisée. D’un point de vue strictement militaire, les troupes des empires centraux sont mieux équipées et entraînées que leurs alter ego slaves. De plus elles bénéficient d’un excellent réseau de chemin de fer qui permet de concentrer très facilement les formations dans un endroit donné de son dispositif. Cependant, l’avance russe menace très rapidement Königsberg, en Prusse orien­tale. Elle oblige le Kaiser à dresser devant elle certaines divisions qu’il destine au front occidental, décision heureuse à l’Est, mais qui sera de lourde de conséquences dans la Marne. Survient alors la victoire de Hindenburg à Tannenberg, le 28 août 1914, qui permet desserrer l’étreinte de l’armée de Nicolas II et stabiliser le Nord du front Est.

Plus au Sud, les troupes austro-hon­groises pénètrent le 10 août en Russie. Dix jours plus tard, leur commandant en chef, Hotzendorff, ordonne une offensive en direction du nord pour affronter les forces tsaristes aventurées en Galicie, une province qui se situe aux confins de la Pologne et de l’Ukraine actuelle. À leur tour, les armées de l’Empereur autrichien François-Joseph sont défaites suite à la rapidité de la mobilisation adverse. Dans la journée du 28 août, la 27e division austro-­hongroise tombe dans une embuscade et perd plus de 8000 hommes. Deux jours plus tôt, l’avance des armées du Tsar est telle que les troupes de l’allié de Guillaume II sont prises de panique et s’enfuient à Lem­berg où la présence de ces soldats contribue à saper le moral de la population civile. En outre, les combattants slaves de l’armée austro-hongroise manifestent leur désapprobation de la politique des Habsbourg en se constituant volontairement pri­sonniers des Russes ou en fournissant à ces derniers des renseignements sur le dispositif autrichien. Heureusement pour les Austro-Hongrois, les armées tsaristes du sud-ouest, sous le commandeme­nt d’Ivanov, surestiment la puissance des troupes qui s’opposent à elles dans la région de Lemberg. Elles ne se pressèrent donc pas pour profiter de l’avantage acquis par la récente victoire. Les soldats de Nicolas II perdent deux journées précieuses pendant lesquelles l’ennemi a tout le temps de reconstituer ses forces. Toutefois, des informations erronées fournies par la reconnaissance aérienne qui n’en est qu’à ses balbutiements induisent en erreur les Autrichiens et le 30 août, les forces russes commandées par Broussilov parviennent à percer les lignes de la 2e armée autri­chienne. Lemberg, la capitale de la Galicie, quatrième grande ville du royaume des Habsbourg et centre de communications vital, tom­be entre les mains des Russes. Le 10 septembre, après quelques assauts mineurs, les deux armées s’affrontent sur un très large front. Nicolas II, très influencé par les résultats désastreux de Tannenberg, décide de concentrer ses forces pour battre en priorité l’Autriche-Hongrie avant de s’attaquer à l’Allemagne. Le 11 septembre, Hotzendorff se trouve dans l’obligation de cesser les combats et d’effec­tuer une retraite au-delà du San. La victoire de Lemberg laisse une Russie triomphante au Sud qui permet d’atténuer la honte de la défaite de Tannenberg.

L’Autriche-Hongrie quant à elle a perdu 250 000 hommes, dont 100 000 prisonniers. La retraite de ses troupes se fait dans un désordre chaotique qui dure plus de trois semaines. Le coup porté à l’armée de François Ferdinand est grave et sa tentative d’in­vasion de la Russie se termine d’une façon pitoyable. À Berlin, on murmure dans l’entourage de Guillaume II que le Vaterland s’est «allié à un cadavre ». Ainsi, soumise à des dissensions internes et privée d’un grand nombre de ses éléments les plus valeu­reux et les plus sûrs, l’armée austro-hongroise est vaincue et presque toute la Galicie est aux mains des Russes. Par la suite, en mars 1915, l’impor­tante forteresse de Przemysl est capturée et permet au Tsar d’y faire 120.000 prison­niers de plus et d’y saisir plus de 1.000 pièces d’artillerie.

Cette brillante situation militaire du prin­temps 1915 souffre bientôt de la désorganisation intérieure qui agite le pays. Mal conseillé, Nicolas II s’isole dans un sursaut d’absolutisme. Ses armées, abandonnées par une admi­nistration gangrenée, manquent de munitions, de nourriture et de soins.

Le général allemand Mackensen lance douze Corps d’armée à la conquête des Carpates, reprend Przemysl et franchit le Dniester. Pendant la retraite, des compagnies entières de soldats russes sous-équipées se battent avec des bâtons ! C’est l’époque où le corps des ACM débarque à Arkhangelsk.




Les Belges dans l’action :

Le terrible hiver russe et le dégel donnent du répit à l’armée du Tsar. Mais le beau temps revenu ranime l’esprit belliqueux des monarques engagés dans le conflit. À la fin du printemps 1916, les Belges sont intégrés au sein du 6e corps d’armée commandé par le général Goutor. Le 12 mai, dans la matinée, la nouvelle vole de chambre en chambre : Le Major Semet remplace Collon rappelé en Belgique…


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MessageSujet: Re: Le Tour du monde des Autos Canons Mitrailleurs belges    Dim 31 Jan - 2:56

Le Capitaine Delporte participe à une reconnaissance des lignes avancées. Il rapporte le soir même, la description de ce no man’s land où les blindés évolueront le lendemain. Le champ de bataille est constitué de larges ondulations, entièrement recouvertes d’argile noire. Très boisée avant le déclenchement du conflit, la région n’offre plus au regard qu’un paysage lunaire parsemé çà et là d’arbres mutilés criblés d’éclats et de ruines calcinées d’isbas. Voici planté le décor, où à quelques kilomètres de Tarnopol, tous les « Belgiski » recevront le baptême du feu. Le 19 mai, l’aviation ennemie bombarde la ville de Sbaraz, servant de cantonnement à l’unité. Le lendemain, les Autrichiens passent à l’offensive depuis la grande plaine de Lemberg qu’ils réoccupent depuis leurs opérations de l’année précédente. Leur point de départ est arrosé par deux fleuves : le San et le Bug, ceux-ci se jettent dans la Baltique. Tandis que les armées de Nicolas II s’incrustent dans la plaine du Dniestr et du Sereth dont le cours prend fin en Mer Noire. Une importante crête montagneuse, sillonnée par de rares voies de communication, sépare ces deux bassins hydrographiques. Un col dans ces montagnes peut être considéré comme la voie privilégiée pour une invasion, il s’agit de la route reliant Lemberg, alors aux mains des Autrichiens, et  Tarnopol, position clé dans le dispositif tsariste. C’est vers ce défilé que le Général Brousiloff lance ses armées dans une contre-offensive victorieuse. Début juin, la grande banlieue de Tarnopol se transforme en théâtre d’opérations pour le 6e  Corps d’Armée russe. C’est dans ce secteur stratégique que les Belges prennent position. Dans les deux camps, la lutte se prépare fiévreu­sement. Le choc est imminent ! L’assaut commence le 3 juin 1916. Les Autrichiens sont solidement retranchés dans d’inextricables boyaux, que renforcent de nombreux abris et ouvrages bétonnés protégés par d’épais réseaux de barbelés. Sous le couvert de tout ce système de défense, une artillerie de loin plus puissante que celle du Tsar tient en respect une armée russe sous-équipée dont les officiers avouent volontiers : «  Notre artillerie lourde, c’est le courage du fantassin ». Mais c’est aussi dans un règlement impitoyable, qui accorde aux officiers le droit d’abattre comme un chien, le soldat qui ne se précipite pas à l’assaut, qu’elle puise l’essence de sa force de frappe.



Les deux batteries blindées du corps des ACM sont engagées pour soutenir les vagues d’assaut de leur allié. La première batterie a atteint son poste d’attente à l’orée du bois de Czikari : la seconde a détaché deux canons de 37 mm et ses mitrailleuses dans les tranchées de première ligne en vue de soutenir l’offensive. C’est finalement le 4 juin que l’unité expéditionnaire reçoit son baptême du feu après une préparation d’artillerie de sept heures, d’une intensité croissante. Des pièces de tous calibres crachent leur mitraille par-dessus le fleuve Sereth qui flâne, impassible, entre les deux camps. À 11 heures, c’est l’assaut : Le 16iéme Régiment d’Infanterie russe s’étire en longues files dans la tranchée. Les moujiks, avant d’enjamber le parapet, se tournent vers l’Orient, se signent trois fois, puis s’enfoncent, le dos courbé, dans la plaine marécageuse qui protège leur objectif : le village de Lankowce. Celui-ci est étalé sur un mamelon tout proche. Les petits canons belges arrosent les positions ennemies. L’assaut finit par échouer. La façon dont les autos canons sont engagées dans cette opération montre bien le fait qu’elles ne sont pas utilisées d’emblée dans les missions pour lesquelles elles ont été conçues.



Le Corps des ACM est en effet constitué d’une manière telle, qu’il ne peut être utilisé seul dans les profondeurs du dispositif ennemi, il est d’une taille bien trop réduite pour cela. En outre, si l’étendue du front se prête bien aux opérations telles que l’avait voulu Collon, elles sont encore en contradiction avec les conceptions militaires de l’époque. Les voitures restent donc liées à des unités russes, régiment ou division où elles occupent parfois un rôle d’appui d’infanterie similaire à celui des premiers chars, ainsi qu’en témoigne les carnets d’Oscar Thiry : « Il y a cinq lignes successives de tranchées russes, qui ont été creusées l’une après l’autre, les Russes se rapprochant chaque nuit des positions ennemies. Toutes ces tranchées sont pleines de soldats qui nous font des signes de tête quand nous passons. Le champ de bataille sent la poudre, l’odeur nous en prend à la gorge dès notre arrivée. Il y a sur tout le plateau un affreux déchaînement d’artillerie. Au moment précis où nous traversons la passerelle jetée sur la tranchée avancée, la vague d’assaut bon­dit. Sans l’attendre, nous filons droit dans la direc­tion du mamelon qu’on nous a indiqué. Nous som­mes arrêtés par un fossé derrière lequel les Allemands ont amoncelé le fouillis des barbelés. Aussitôt, nous avons ouvert le feu au canon contre les tranchées allemandes. Moins vite que nous, qui l’entraînons, la ligne d’assaut s’avance. Mais elle n’est pas à notre hauteur que nous voyons en face des dizaines, puis des cen­taines de soldats allemands sortir de leur tranchée, les mains hautes, et se mettre à courir dans notre direc­tion. Ils se rassemblent en groupe compact pour tra­verser les barbelés à un endroit où ils sont détruits, et c’est là que la vague russe, qui ne prend pas garde à eux, les croise et continue sa progression. Nous al­longeons le tir, pour atteindre la seconde ligne, puis nous allongeons encore. La charge russe a dépassé la ligne de crête. Il faut faire demi-tour et rentrer. Mais nous sommes littéralement entourés par le flot des prisonniers qui paraissent épouvantés par notre machine. C’est à la blindée qu’ils se rendent. »

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MessageSujet: Re: Le Tour du monde des Autos Canons Mitrailleurs belges    Lun 1 Fév - 2:46

L auto-canon de 37mm




Jusqu’à la fin de septembre et pendant toute la durée de cette offensive qui fera 350.000 prisonniers et qui de Czernowitz à Loutsk va pousser profondément dans les positions austro-allemandes, les autos-canons se trouve­ront en ligne de façon presque ininterrompue dans des enga­gements directs très fréquents. Définir une méthode d’emploi des autos blindées est très difficile. Il n’y pas de règles strictes, la campagne peut être qualifiée de guerre variée. Parfois devant de forts retranchements, les petits canons sont démontés et, de la première ligne, attaquent de près des postes de mitrailleuses. Les cyclistes combat­tent occasionnellement avec les pointes de cavalerie. Il arrive aux voitures d’accom­pagner la vague d’assaut et de la soutenir par un tir rapproché. Elles devancent aussi l’infanterie et vont avec les Cosaques enlever et occuper un village. Pendant le mois d’août 1916, les soldats belges sont même employés contre un train blindé. Ces derniers sont très répandus sur le front russe où le rail demeure le seul moyen disponible pour transporter armes et effectifs. Ils participent souvent aux offensives. Voici un autre extrait des carnets d’Oscar Thiry qui démontre que les véhicules peuvent venir à bout d’ennemis puissamment armés : « La batterie doit tirer au canon sur le train blindé et, à la mitrailleuse, sur les tirailleurs autrichiens qui défendent le village de Presovce, de l’autre côté de la vallée. Nous montons en marche avant un chemin étroit à tournants difficiles. À quelques mètres du cime­tière, nous faisons demi-tour et entrons en marche­ arrière. Nous allons jusqu’aux fantassins russes blot­tis dans leurs trous de tirailleurs où ils s’abritent la tête et les épaules. Les autres voitures se placent à notre gauche et, aussitôt, nous commençons le tir. Le premier coup de canon qui part est un soulagement à la tension de nos nerfs. Je passe les gargoussiers à Wagemans ; il faut que je me plie en contorsions bizarres, sur la caisse de munitions de mitrailleuse qui me sert de siège, pour prendre les obus, dans la tourelle, insinuant mes bras, ma tête, mon buste, entre les jambes du chef de pièce et du chargeur. Jamais encore je ne m’étais aperçu qu’il y a si peu de place dans une auto-canon. Et il fait chaud ! Et ce petit roquet de 37 dans notre boîte blindée, arrache­ les tympans. Volkaert tire, tire, tire. Le canon, trop échauffé, ne s’ouvre plus aussi facilement.  Il faut, à chaque coup, employer l’écouvillon pour éjecter la douille vide. Pour laisser au canon le temps de se refroidir, nous mettons la mitrailleuse en batte­rie et nous ouvrons le feu sur les tirailleurs. À ce moment, le train commence à riposter vive­ment. Par les lucarnes, je vois les shrapnells ponc­tuer l’atmosphère et leurs gerbes de balles faire jaillir la terre comme de l’eau dans laquelle on lance des poignées de gravier. Ce sont des bandes qu’il faut passer maintenant. Assis sur les talons, je suis coincé entre le réservoir et ma caisse de munitions. Imhauser, de l’autre côté, attrape au vol les bandes-chargeurs vides que la mi­trailleuse éjecte. Et le « racataca » de notre petite Hotchkiss est sec et brutal.





On a remis de l’huile dans la culasse du canon, et nous recommençons d’envoyer des obus contre le train…
Et voici que le train se retire… Nous rentrons à Zborow en vainqueurs, joyeusement salués par les soldats russes.

Notre première pensée est de chercher sur les voitures les traces de projectiles. Rien dans les pneus. Une balle a troué la plaque arrière de numérotage de la 14. Le blindage de la 16 porte quelques éraflures. » Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres où le corps des ACM s’illustre d’une manière éclatante et force l’admiration de la 6e armée du général Goutor. Ce dernier est un officier truculent : pour remercier les Belgiski, il se lance dans un discours en français teinté d’un sabir slave. Voulant traduire ses sentiments d’amitié pour ses alliés, il affirme avec sérieux qu’il est l’amant de tous les Belges !


Vers la fin de 1916, un profond mouvement de mécontentement secoue le régime tsariste fortement affaibli par les duretés de la guerre. En mars 1917, des émeutes provoquées par la famine éclatent à Petrograd. Le Tsar est contraint d’abdiquer, la Douma (le parlement russe) décide de continuer la guerre au côté des alliés malgré l’opposition de Lénine qui bénéficie du soutien de la population. Une dernière grande offensive est lancée le premier juillet 1917. Après un début prometteur, qui permet d’enfoncer le front autrichien. Les réserves allemandes accourent et rétablissent la situation. Très vite l’armée russe démoralisée et minée par des dissensions internes bat massivement en retraite à travers la Galicie. Les Belges se retrouvent alors plongés dans la tourmente de la révolution d’octobre.

Pendant cette retraite,  les blindées opèrent plus d’une fois pour leur propre compte, puisque dans la débâcle, les liaisons sont fréquemment rompues avec les postes de commandement russes. Elles interviennent par les moyens les plus divers d’une manière très créative. Tout le personnel des échelons de combat, officiers subalternes, chefs de pièce et équipages, s’adapte sans cesse à toutes les circonstances imprévisibles de la longue bataille en rase campagne, coupée par de nombreux arrêts pendant lesquels l’action de l’unité sauve la situation. Le récit d’Oscar Thiry illustre encore une fois parfaitement le potentiel que peut avoir dans de telles circonstances le corps des ACM :  « Nos voitures tapies derrière un petit mamelon, nous surveillons, à la jumelle, les approches de la côte 381. À la file indienne, des compagnies autrichiennes descendent dans les vallées où elles se concentrent. Longtemps, nous voyons ces longues lignes de grosses fourmis noires s’infil­trer méthodiquement dans les combes comme si la mer s’écoulait à travers les fissures d’une digue. Et nos cœurs battent. La partie est tragique. Coup sur coup, des messages de l’état-major arrivent au capitaine Oudenne, qui nous a groupés autour de lui pour suivre l’action. On compte absolument sur nous. Le bombardement a décimé les troupes russes qui défendent la ligne. Sous l’ouragan de fer que l’ennemi prodigue, il est matériellement impossible de les renforcer. Les positions gagnées hier sont perdues si nous ne sauvons pas la situation.

Le flot des fourmis s’est arrêté. Partez vite! » crie le capitaine. C’est le moment. À la minute précise où, donnant tous les gaz, nous débouchons devant la tranchée russe, la vague autrichienne a déjà bondi de ses abris. Les hourras éclatent, les canons ont allongé leur tir. Mais il n’a pas fallu plus longtemps à notre colonne pour se déployer devant la tranchée. Et nos trois pièces fauchent la ligne ennemie qui déjà se voyait triomphante et qui se brise et vacille et se morcelle, hésite et serpente et lâche pied. Une autre vague part, mais son élan est brisé par avance, nos obus qui ne font pas jaillir d’immenses gerbes de terre, mais qui crépitent sans arrêt et qui viennent de si près, de si près ! Et notre mitrailleuse mouvante, et les masses grises de nos machines surgies brusquement dans le crépuscule, et toute cette intervention inattendue pour le soldat qui croyait l’af­faire gagnée après un tel bombardement, et ce que l’heure achève de nous prêter d’un peu fantasmagorique, tout cela a brusquement changé la face du combat. La poignée de fantassins russes échappés aux obus trépigne et saute leur joie autour de nous. Accrochés au blindage, ils nous montrent ça et là des grappes d’Autrichiens tapis sur le sol, n’osant pas reculer, ne pouvant plus avancer : « À droite! » – « Là, là! » – « Encore là! » – « À gauche! » – « Devant nous! » Et ces braves sont émouvants d’enthousiasme, de gratitude joyeuse. En face, le silence s’est fait. Sur la campagne, la nuit tombe. Il nous faut rentrer, la route sera déjà bien dange­reuse avec le peu de lumière qui vient encore du couchant. »




A suivre...
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MessageSujet: Re: Le Tour du monde des Autos Canons Mitrailleurs belges    Mar 2 Fév - 2:54

Après avoir reculé jusqu’à Poshourof, les Belges essayent de retarder l’inévitable et combattent aux côtés de régiments de cavalerie cosaque. Ils parcourent les routes, tendant des embuscades, semant la panique parmi les rangs ennemis en lui infligeant des pertes sensibles. L’ennemi, dans sa marche désormais facile, avance toujours et toute l’unité part alors pour Kiev, rappelée par le gouvernement belge. La guerre civile éclate dans ce dernier bastion d’Ukraine au moment de leur passage. Les officiers tsaristes ayant fui le front sous la menace constante de leurs hommes périssent assassinés par une justice plus que sommaire. Dans cette guerre fratricide, les factions ennemies se disputent les quelques autos blindées que le corps est parvenu à sauver. Mais nous ne voulant pas voir ses voitures, qui avaient combattu les empires centraux, servir à l’entre-déchirement des Russes, ordre est donné de les faire sauter. Les magnifiques autos canon de Collon finissent en amas de ferraille.

Les Belges oubliés de tous en sont réduits à se débrouiller à l’aide d’expédients de toutes sortes. Ils montent même une distillerie de Vodka. La production est d’une qualité telle qu’elle est réputée dans l’armée russe. Les bénéfices de la vente permettent de garnir l’intendance et de nourrir l’unité pour le trajet de retour! Après beaucoup de difficultés, le corps est enfin autorisé à quitter Kiev et fait route tant bien que mal vers le nord. À Vologda, il lui faut virer vers l’est, l’avance allemande sur Petrograd se faisant menaçante. Commence alors la traversée de toute la Sibérie avec une lenteur désespérante : deux mois de trajet en chemin de fer. Là encore, des embûches attendent les Belges. Ils sont accusés de traîtrise et d’être des partisans de Semianof qui, de l’autre côté de la frontière russo-chinoise, organise un centre de résistance anti bolchevik. Il leur faut user des trésors de diplomatie, de ruses, de menaces, donner des signatures affirmant des paroles d’honneur de rester neutre pour pouvoir enfin s’échapper de cette Russie tourmentée. Ils traversent la frontière chinoise à Kharbin, concession russe du transsibérien, où ils sont reçus cordialement. Un ballet diplomatique se met alors en route, pour permettre une extraction sans heurt de l’unité. Le train qui la transporte se remet en route pour Vladivostok.

Pendant les haltes, des amitiés se nouent entre les évacués et des officiers russes blancs. Au point que trois soldats belges finissent par déserter pour aller chasser le tigre dans les montagnes blanches. Ils reviendront en Europe que trois ans plus tard ! Vladivostok est atteinte le 23 avril 1918. Le corps embarque deux jours plus tard sur le Sheridan pour quinze jours de traversée sur le Pacifique. La patrie de l’oncle Sam est atteinte le 4 mai. Durant leur séjour aux États-Unis, partout des foules immenses se pressent sur le parcours des globes trotteurs. À San Francisco, Ils marchent sur de vrais tapis de fleurs; à New York, c’est un véritable délire : les universités, les clubs, les chambres de commerce organisent de magnifiques réceptions, bref le voyage de retour se transforme en une marche triomphale. Le 15 juin 1918, alors que le front français se prépare à recevoir l’assaut décisif, ce qui reste du corps des autos­ canons s’embarque pour Bordeaux sur le transatlantique « La Lorraine », transformé en transport militaire. Trente-trois mois après, sont départ pour Arkhangelsk l’unité revient sur le continent européen. Elle n’existe plus comme formation blindée, elle sera dissoute à son arrivée.





Sources
bioul-notre-village-natal.eklablog.com
strategietotale.com

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MessageSujet: Re: Le Tour du monde des Autos Canons Mitrailleurs belges    Mar 2 Fév - 3:18

2015
Des retraités bénévoles reconstruisent entièrement un autocanon mitrailleur Minerva-Mors pour le centenaire des débuts de la Grande Guerre. L'auto canon mitrailleur sera exposée au musée royal de l'Armée.
CMI d’Aubange a offert le blindage de la voiture en tôles d’une épaisseur de 6.35 mm. 
Deux bières commémoratives viennent de naître en région liégeoise: une bière pour les Forts de Liège et une autre belgo-russe, brassée à Anthisnes, que Bruno Bernard, l’un des fers de lance du projet, veut  proposer à Poutine. Une très bonne idée qui peut arrondir un peu les angles du conflit ukrainien…









source
hachhachhh.blogspot.com
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MessageSujet: Re: Le Tour du monde des Autos Canons Mitrailleurs belges    

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