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 21 février 1916

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naga
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MessageSujet: 21 février 1916   Ven 19 Fév - 3:29

L’apocalypse sur la rive droite de la Meuse

Le lundi 21 février 1916 vers 7 heures, un obus de 380 mm explose dans la cour du palais épiscopal de Verdun. C’est le début d’une bataille inhumaine — opération baptisée Gericht (tribunal) par les Allemands — qui dure dix mois et fait plus de 300 000 morts et 500 000 blessés21.

Un déluge de fer et de feu s’abat sur un front de quelques kilomètres (le bombardement est perçu jusque dans les Vosges, à 150 km). Deux millions d’obus — un obus lourd toutes les trois secondes — tombent sur les positions françaises en deux jours.

Sur la partie centrale, de long de 15 kilomètres, les Allemands installèrent 800 canons. Au bois des Caures durant cette journée, 80 000 obus tombent en 24 heures16.

À 16 heures, le même jour, 60 000 soldats allemands passent à l’attaque sur un front de six kilomètres au bois des Caures, croyant s'attaquer à des troupes à l'agonie, totalement désorganisées. Le 7e corps d'armée (Allemagne) commandé par le général Johann von Zwehl, le 18e corps d'armée (Allemagne) commandé par le général Dedo von Schenck et le 3e corps d'armée (Allemagne) commandé par le général Ewald von Lochow.

L’infanterie allemande effectue une progression limitée, aménage immédiatement le terrain afin de mettre l’artillerie de campagne en batterie. La portée ainsi augmentée, les canons allemands menacent directement les liaisons françaises entre l’arrière et le front.



Les forces françaises sont écrasées par cette pluie d’acier. Le lieutenant-colonel Driant trouve la mort le 22 février dans le bois des Caures. Avec lui, 1 120 hommes tombent. Il n’y aura que 110 rescapés parmi les 56e et 59e bataillon de chasseurs à pied. Sur le reste du secteur, les défenses sont broyées, disloquées, écrasées. En quelques heures, les massifs forestiers disparaissent, remplacés par un décor lunaire. Les massifs de Haumont, de Herbebois et des Caures sont déchiquetés, hachés, nivelés. Derrière le feu roulant, le 7e corps rhénan, le 18e hessois et le 3e brandebourgeois avancent lentement.

Le fort de Douaumont, qui n’est défendu que par une soixantaine de territoriaux, est enlevé dans la soirée du 25 février 1916 par le 24e régiment brandebourgeois. Ce succès fut immense pour la propagande allemande et une consternation pour les Français. Par la suite, 19 officiers et 79 sous-officiers et hommes de troupes de cinq compagnies différentes occupent Douaumont qui devient le point central de la défense allemande sur la rive droite de la Meuse. Par cette prise, les Allemands ne se retrouvent plus qu'à 5 km de la ville de Verdun, se rapprochant inexorablement.

Malgré tout, la progression allemande est très fortement ralentie. En effet, la préparation d’artillerie présente des inconvénients pour l’attaquant. Le sol, labouré, devient contraignant, instable, dangereux. Bien souvent, la progression des troupes doit se faire en colonne, en évitant les obstacles.

Contre toute attente, les Allemands trouvent une opposition à leur progression. Chose incroyable, dans des positions françaises disparues, des survivants surgissent. Des poignées d’hommes, souvent sans officiers, s’arment et ripostent, à l’endroit où ils se trouvent. Une mitrailleuse suffit à bloquer une colonne ou la tête d’un régiment. Les combattants français, dans un piteux état, résistent avec acharnement et parviennent à ralentir ou à bloquer l’avance des troupes allemandes.

Un semblant de front est reconstitué. Les 270 pièces d’artillerie françaises tentent de rendre coup pour coup. Deux divisions françaises sont envoyées rapidement en renfort, le 24 février 1916, sur ce qui reste du front. Avec les survivants du bombardement, elles arrêtent la progression des troupes allemandes. Joffre fait appeler en urgence le général de Castelnau à qui il donne les pleins pouvoirs afin d'éviter la rupture des lignes françaises et une éventuelle retraite des troupes en catastrophe. Le général donne l’ordre le 24 février de résister sur la rive droite de la Meuse, du côté du fort de Douaumont, au nord de Verdun. La progression des troupes allemandes est ainsi stoppée grâce aux renforts demandés par Castelnau jusqu'au lendemain, jour de la prise du fort de Douaumont.



C’est la fin de la première phase de la bataille de Verdun. Manifestement, les objectifs de Falkenhayn ne sont pas atteints. Un front trop limité, un terrain impraticable et la hargne du soldat français semblent avoir eu raison du plan allemand.


Dernière édition par naga le Ven 19 Fév - 12:31, édité 3 fois
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vania
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MessageSujet: Re: 21 février 1916   Ven 19 Fév - 10:31

Excellente idée que ce sujet.
Si ce n'est déjà fait, allez visiter Verdun et alentours, 100 ans après les traces sont encore bien visibles à certains endroits.
J'y suis allé il y a 2 ans ...
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naga
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MessageSujet: Re: 21 février 1916   Ven 19 Fév - 12:22

38 cm SK L/45
"Langer Max"

Ce modèle de canon est basé sur le tube développé par Krupp pour servir d'armement principal aux cuirassés allemands de la classe Bayern.

Avec une élévation de 16 degrés, le canon envoie un obus de 750 kg à 20,4 km ; à 20 degrés la portée est de 23,2 km ; à 45 degrés de 38,4 km ; avec des gargousses supplémentaires et un obus spécial de 342 kg, les batteries côtières ont atteint une portée de 48 km.



Les fortifications de la place de Verdun (la citadelle et surtout les deux ceintures de forts) sont des cibles logiques pour des pièces lourdes tels que les « long-Max ». Les emplacements de tir bétonnés sont mis en chantier à partir de la fin 1914, reliés par chemin de fer. Les premiers tirs ont lieu le 15 février 1915 contre les forts de Douaumont et de Vaux, puis le 25 février contre la côte de l'Oie.



Les tirs de trois batteries équipées chacun d'un canon de 380 mm reprennent à partir du 21 février 1916 au matin, se poursuivant pendant toute la bataille de Verdun : les positions de tir se trouvent dans le bois de Warphémont (à Duzey), à la ferme Sorel (Loison) et au bois de Muzeray, tirant vers le sud-ouest, vers la ville de Verdun. On peut y rajouter l'emplacement de tir de Semide (dans les Ardennes), tirant sur Sainte-Menehould.



D'autres places-fortes françaises sont visées par les canons à longue portée allemands. La place de Belfort est bombardée à partir d'une position se trouvant en forêt de Zillisheim. Cette pièce ouvre le feu le 8 février 1916, tirant 41 obus jusqu'au 5 octobre.

Impressionnante arrivee d un canon lourd francais sur le site de Duzey(canon long Max qui tirait sur Verdun)pres de la ville d Etain.
http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Pages-d-aujourd-hui-actualites-14-18-commemorations/meuse-site-allemand-sujet_3233_1.htm

source
wikipedia fr
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MessageSujet: Re: 21 février 1916   Sam 20 Fév - 10:44

Clair et détaillé.
Merci pour ces précisions ...
En tout cas, ces forts, s'ils ont pris des bastos qui ont fait des dégâts, n'en ont pour autant pas été détruits par l'artillerie...
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naga
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MessageSujet: Re: 21 février 1916   Dim 21 Fév - 2:02

Il faut savoir que le fort Douaumont a ete bombarde par les 380 et 420 mm allemands mais aussi
par l artillerie lourde francaise (obusier 400mm et canon de 370mm) pour reprendre le fort.

Canon 370mm sur rail francais




Ca donne ca  Shocked  Shocked

Debut fevrier 1916




Octobre 1916

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MessageSujet: Re: 21 février 1916   Dim 21 Fév - 18:30

Tout autour, c'est des bois aujourd'hui.
Les impacts d'obus sont encore visibles partout ...
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naga
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MessageSujet: Re: 21 février 1916   Lun 22 Fév - 1:21

Nom officiel: 42 cm Haubitze M. 14/16
Surnom: Dicke Bertha (grosse Bertha), Fleissige Bertha (Bertha l'assidue)
Calibre: 42.0 cm
Portée: 12.5 Kms
Poids total: 70 Tonnes
Poids obus: 800KG.
Vitesse d'éjection: 400M/s.
Cadence de tir:1 coup toutes les 5 min



En 1900 l'usine d'armements d'Alfred Krupp à Essen construisait déjà des canons de marine de 420mm et des obusiers de 350 mm. Mais en 1908 le grand état-major allemand charge la société Krupp d'élaborer une pièce d'artillerie capable de détruire les fortifications françaises, c'est à dire de percer 3m de béton armé et briser les tourelles en acier au nickel.

C'est le professeur Rausenberg, qui fut chargé de la conception de l'arme. Le capitaine Becker se chargea quant à lui des calculs balistiques visant à déterminer le poids et la forme du projectile ainsi que la charge de poudre nécessaire.

Les ingénieurs élaborèrent le gamma-gerät, un obusier démontable de 420 mm pour un poids de 170T. Lors des premiers essais effectués en 1909 le canon s'est montré particulièrement précis et a atteint une portée maximale d'environ 14,5Km. Par contre les obus perforants essayés sur des dalles de béton n'explosaient pas. En effet, sous la violence du choc, l'explosif se tassait à l'avant de l'obus, celui-ci n'étant plus en contact avec le retardateur, la mise à feux ne pouvait se produire. Le problème fut résolu par l'utilisation de blocs d'explosifs pré-comprimés et scellé par un ciment spécial.
Une grande variété d'obus de formes et de poids différents ont été testés afin d'obtenir la meilleure combinaison entre les performances balistiques et les performances de pénétration. Le compromis fut trouvé avec un obus de 1150 kilogrammes chargé de 144Kg d'explosifs.
Cependant, cette pièce de par son poids ne pouvait être transportée que par voie ferrée en pièces détachées limitant son champ d'action et sa mobilité en cas de bombardement des voies.
Bien qu'intéressée, l'armée demanda à ce que la pièce soit plus mobile et qu'elle puisse être acheminée par rail ou par route.

Monte sur support fixe



Les ingénieurs se remirent à l'étude pour développer à partir du gamma-gerät un nouvel obusier mobile. Le canon a alors été monté sur un affût allégé, ramenant le poids de la pièce aux alentours de 70T. L'utilisation d'un chassis plus léger a imposé de réduire la portée du canon à 9.5km avec des obus de 800kg et 12.5 km avec des obus de 400 kg
Officiellement appelé M 42, cet obusier, malgré son poids, était monté sur roue afin de faciliter sa manœuvrabilité sur le champ de bataille. Pour les déplacements importants l'obusier était démonté et transporté sur quatre voitures tirées par des tracteurs Daimler-Benz de type agricole puis remonté avec une grue spéciale à proximité du front.
Conformément à la tradition des ateliers Krupp de nommer les canons lourds avec le prénom des membres de la famille dirigeante le M42 fut baptisé "Dicke Bertha" (grosse Bertha). Bertha en l'honneur de Bertha Krupp fille héritière de Friedrich Alfred Krupp et grosse non pas que madame Krupp fut grosse mais simplement car la pièce était d'un gros calibre. L'obusier fut également surnommé "Fleissige Bertha" (Bertha l'assidue) par les artilleurs.



La grosse Bertha entra en service le 12 août 1914 lors du siège de Liège. Là deux Bertha pilonnèrent le fort Pontisse puis les 12 autres forts ceinturant la ville. Le 15 août tous les forts avaient été détruits et les Bertha continuèrent leur œuvre dévastatrice contre les forteresses de Namur, Anvers, Maubeuge, Verdun, Ypres et les défenses russes du Danube.
Cependant, devant Verdun, notamment face au fort de Moulainville, les Bertha montrèrent leurs limites. Les forts de Verdun, modernisés peu avant la guerre, résistèrent aux Grosses Bertha non pas parce qu'ils étaient plus solides que les forts belges, mais par le fait que les défenseurs s'installèrent dans un réseau de galeries profondes équipées de courant électrique, réseau téléphonique, casernes, PC, infirmerie, etc. De ce réseau remontaient plusieurs galeries donnant accès aux postes de combat (tourelles, casemates, coffres, caponnières, etc.).

Après la première guerre mondiale, les Grosses Bertha furent détruites pour ne pas tomber entre les mains des vainqueurs.
Un obusier Gamma-Gerät fut cependant reconstruit lors du réarmement de l'Allemagne avec des pièces détachées gardées dans les entrepôts Krupp. Durant la seconde guerre mondiale ce canon bombarda la ligne Maginot sans grand résultat et prit part au siège de Sébastopol.

Douille geante



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MessageSujet: Re: 21 février 1916   Lun 22 Fév - 11:54

Excellente dernière photo.
Quand j'était jeune, on avait un voisin qui avait été artilleur pendant la Grande Guerre.
Devenu un peu sourd à cause de ça, il avait chez lui 2 casques à pointe comme celui de la photo.
En lui disant que ça valait aujourd'hui très cher (milieu des années 70), il plaisanta en répondant qu'avec tous les casques qu'il aurait pu ramasser sur le champ de bataille, il serait maintenant très riche ...
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MessageSujet: Re: 21 février 1916   

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