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 Vichysto-résistant,c est quoi?

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naga
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MessageSujet: Vichysto-résistant,c est quoi?   Lun 21 Mar - 12:13

Le type même du vichysto-résistant et celui d’un fonctionnaire qui soucieux de sa carrière applique les ordres sans état d’âme. Capable des pires actes avec comme exemple l’execution d’ordre de repression sanglante de manifestations, ou de meurtre de résistants arrétés.
Lors d’actes de se type le collaboration est complète et indéniable, ce n’est que on en 1943, 1944 lorsque le personnel sent le vent tourner va tacher de rendre divers service à la résistance pour se couvrir lors des épurations de fin de guerre.
On ne peut/doit donc pas considérer les divers fonctionnaires qui ont collaborés avec vichy pour par la suite s’en détourner comme des résistants.

Exemple:Le Prefet Maurice papon

Ce n'est qu'à partir de 1943 que, sentant le vent tourner, Maurice Papon donne des gages à la Résistance. Il ne fut certes pas le seul à changer de camp. Mais son cas demeure exemplaire

C'est une interrogation qui n'a cessé de se développer à mesure que progressait le dossier Papon: que faire de la «résistance» de l'ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde? Beaucoup préfèrent se débarrasser de cette question gênante en niant sa pertinence: un homme traduit en justice pour crimes contre l'humanité ne saurait prétendre à des actes de résistance. Ses titres en la matière ne peuvent être que «bidon», usurpés. Cette vision en noir et blanc s'efforce de préserver l'un des derniers écueils de l'Occupation: l'existence des «vichysto-résistants», ce vaste troupeau migratoire passé, plus ou moins tardivement, d'un camp à l'autre. Le récit gaulliste, qui ne laissait pas de place à ces acteurs «gris», les a longtemps évacués de la mémoire. 

Le prefet Maurice Papon




Cet aspect est mieux connu depuis l'affaire Mitterrand, qui a permis à beaucoup de Français de découvrir, à travers l'itinéraire enfin avoué de leur président de la République, l'existence de ces transfuges. Parmi lesquels figurent quelques cas célèbres, tel Maurice Couve de Murville, qui occupa jusqu'en mars 1943 de très importantes fonctions au ministère des Finances; le général Juin, proche de Darlan, qui combattit le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, en 1942, avant de rejoindre les Français libres; ou même François Valentin, chef de la Légion française des combattants, le fer de lance de la Révolution nationale, qui passe à la dissidence le 30 août 1943. 

Leurs motivations, très variées, allaient de la déception sincère à l'égard de l' «expérience Pétain», pour ceux qui rompirent après l'invasion de la zone sud en novembre 1942, au cynisme bien trempé, chez ceux qui quittèrent le navire alors que le naufrage ne faisait plus de doute. Ces derniers furent nombreux au sein de l'appareil de l'Etat. Maurice Papon apparaît comme un cas exemplaire de ces fonctionnaires à responsabilité, plus ou moins vichystes, plus ou moins collaborateurs, mais assez avisés pour donner - non sans risques, parfois - des gages à la Résistance quand, à partir de l'été 1943, l'issue de la guerre commença à changer de sens. 

Londres lançait régulièrement des appels aux cadres de l'Etat, demandant à ceux qui souhaitaient changer de camp de rester en poste si cela pouvait servir la Résistance. A condition qu'ils ne participent pas à des actes inacceptables. Ce fut l'objectif du NAP («noyautage des administrations publiques») que de les contacter. Le recrutement, longtemps très maigre, commença à grossir à partir de 1943, tout en restant marginal. Outre le renversement du rapport des forces entre nazis et Alliés, deux facteurs favorisèrent ces ralliements tardifs. D'une part, les menaces explicites de la radio d'Alger, rappelant que la France libre était «la seule autorité légitime française» et que les fonctionnaires qui aidaient les Allemands sur ordre de Vichy seraient «châtiés». D'autre part, l'expérience de masse du Service du travail obligatoire (STO): les fonctionnaires chargés de l'organiser se trouvèrent confrontés au refus des jeunes Français réfractaires et de leurs familles. Cette pénible situation fut à l'origine de nombreux passages à l'acte - sabotage du STO - alors qu'un an auparavant les grandes rafles antijuives n'avaient pas suscité autant de réticences. 

Le parcours de Maurice Papon constitue un exemple de ces revirements opportuns. Après avoir bien mérité du régime, qu'il servit sans réserve - mais aussi sans débordement - en participant aux épisodes les plus tragiques de la collaboration d'Etat avec l'occupant, il comprit que l'heure était venue d'une autre légitimité, dont il fallait approcher les représentants. Il semble que certains des titres officiels de résistance que Maurice Papon obtint en 1958, alors qu'il était préfet de police de Paris, soient douteux. Mais l'un, au moins, ne peut lui être contesté: l'aide qu'il apporta à Roger Bloch, juif révoqué par Vichy et membre du réseau Kléber, qui faisait du renseignement militaire. Maurice Papon lui livra des informations et l'hébergea à Bordeaux, chez lui, à plusieurs reprises, à partir de novembre 1943. C'est peu de chose, observent certains. Mais personne ne peut nier que, si Papon avait été dénoncé aux Allemands pour ce fait, cela aurait pu lui valoir, dans ces derniers mois tendus de l'Occupation, une déportation en Allemagne qui aurait rendu sa réputation de résistant inaltérable...


Dernière édition par naga le Lun 21 Mar - 12:27, édité 2 fois
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naga
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MessageSujet: Re: Vichysto-résistant,c est quoi?   Lun 21 Mar - 12:21

Ces services dispensés à Roger Bloch furent, pour Maurice Papon, providentiels et suffisent à expliquer son rétablissement au coeur de l'Etat après guerre. C'est en effet Roger Bloch qui, quelques semaines avant le Débarquement, parle - comme «contact sûr» à Bordeaux - de Maurice Papon à Gaston Cusin, fonctionnaire résistant et futur commissaire de la République. Sollicité, Maurice Papon se met adroitement au service de ce cadre clandestin pour préparer la libération de la ville. 

Le commissaire de la République, nommé par le général de Gaulle, est une personnalité incontestable, ami de Léon Blum et de Jean Moulin et qui a oeuvré pour l'assistance militaire accordée aux républicains espagnols. Mais il agit dans des circonstances difficiles qui ont disparu des réflexions d'aujourd'hui: dans un contexte incertain - la Résistance locale est confuse et divisée, les communistes sont très puissants - Maurice Papon, qui devient son directeur de cabinet, lui apporte une aide décisive pour reprendre en main l'administration de la Gironde. Et, si le comité départemental de libération proteste, il n'évoque nullement les faits actuellement reprochés par la justice à l'ancien secrétaire général de la préfecture. Faits qu'ignorait alors Gaston Cusin, tout comme Jacques Soustelle et Maurice Bourgès-Maunoury, qui lui succéderont, en conservant les services de Maurice Papon. 


Maurice Papon , assis au 1er rang à gauche, aux côtés de Gaston Cusin (au centre), Commissaire de la République régional à la préfecture de Bordeaux en avril 1945




C'est l'un des mystères de cette affaire, que soulignera plus tard l'ancien commissaire de la République de Bordeaux, ébranlé par l' «affaire Papon». «Je me suis certainement trompé», répond-il en 1985 aux questions de l'historien Michel Bergès sur son ancien directeur de cabinet. Tout en ajoutant, pour expliquer son attitude d'alors: «Personne, pas même le grand rabbin, je le souligne, n'a attiré mon attention sur le rôle du Service des affaires juives de la préfecture.» 

Tout cela permet de comprendre la promptitude avec laquelle de très grands résistants prennent la défense de Maurice Papon dès le déclenchement de l'affaire. Ainsi, le jury d'honneur qu'il appelle de ses voeux, composé de Daniel Mayer, Marie-Madeleine Fourcade, Jean Pierre-Bloch, le révérend père Riquet et Charles Verny, rend en 1981 une sentence très décevante pour lui (le jury estime qu'il aurait dû démissionner en juillet 1942) tout en déclarant qu'il était bien un agent de la Résistance à partir du 1er janvier 1943 et que des poursuites judiciaires seraient «injustifiées». 

Le statut d'une telle opinion sera débattu au cours du procès. Avec une interrogation difficile: les générations d'aujourd'hui peuvent-elles reformuler un tel «verdict», émanant de contemporains des événements, qui jugent en fonction de ce qu'ils ont vécu? Car les dilemmes de ce procès ne sont plus du tout les mêmes que ceux de la Libération. 


source
lexpress.fr
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vania
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MessageSujet: Re: Vichysto-résistant,c est quoi?   Lun 21 Mar - 12:59

Entre sa carrière perso et ses convictions profondes, certainement pas simple de trouver ses marques.
Les fonctionnaires de police par exemple, executants zélés dans la chasse aux juifs, mais qui sentant le vent tourner eux aussi et qui tireront sur les allemands en Aout 44, pour passer ensuite au statut de résistants.
Choquant certes, mais comme De Gaulle ne pouvait se passer ni de police ni de hauts fonctionnaires, à moins de voir les amerloques mettre la main sur l'administration du pays, il a d'une certaine manière fermé les yeux ...
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