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 Siège de Sebastopol

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Kapitan
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MessageSujet: Siège de Sebastopol   Sam 20 Oct - 21:04

J'aimerais des infos sur le siège de Sébastopol
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Carius
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Dim 21 Oct - 13:51


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Benoit-Douville
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Sam 5 Jan - 1:16

Alors que son début est prévu pour le 7 juin, l'opération "Störfang" est précédée dès le 2 juin par un pilonnage intensif et méthodique des positions soviétiques mené par les appareils du VIII. Flieger Korps et toute l'artillerie de la 11. Armee. Sont particulièrement pris pour cibles les casernements où se concentrent les réserves ennemies et les voies d'accès à la ligne de front. Ordre a été donné, de manière à économiser les munitions et obtenir des effets encore plus importants, de pilonner les positions de combat soviétiques seulement en tir direct. L'orage de fer et de flammes est d'une violence inouïe : 52.000 bombes explosives et incendiaires vont écraser la ville et ses fortifications ! Les bombardiers allemands déverseront jusqu'à 6.000 tonnes de bombes en une seule journée ! Quant à l'artillerie, elle est loin d'être en reste. Le 7 juin, à 2 heures 30 du matin, les vagues d'assaut des XXX. et LIV. Armee Korps et du Corps de Montagne roumain sortent de leurs tranchées pour s'emparer de l'orgueilleuse ville qui leur résiste depuis maintenant huit mois. Dans le secteur nord de l'offensive, la progression est rapide grâce aux dégâts provoqués par les bombardements des cinq jours précédents : les unités de pointe du LIV. Armee Korps franchissent la Gorge de Kamychly puis dans la foulée la Vallée du Belbek, pour s'emparer finalement des hauteurs qui dominent au sud ce petit cours d'eau. Sur le front d'attaque du XXX. Armee Korps, la résistance des soldats soviétiques est bien plus acharnée et limite la progression qui ne dépasse pas quelques dizaines de mètres. La chaleur avoisine les 50°. Les Soviétiques - qui se ressaisissent vite au nord, face au LIV. Armee Korps - vont tenter d'endiguer l'avance allemande du 8 au 17 juin, mais en dépit de furieux corps-à-corps livrés au pistolet-mitrailleur et à la grenade pour chaque point d'appui, ils ne peuvent empêcher ni la chute du fort "Staline" le 13 juin - pris par le Infanterie Regiment 16 de la 22. Infanterie Division, qui avait réalisé ici même l'extrême avance de la 11. Armee en décembre 1941 - ni, le 17, la prise de "Pain de Sucre" aux mains de la 1ere Division de Montagne roumaine, ni l'avance globale de toute la 11. Armee, particulièrement du LIV. Armee Korps qui, au 17 juin, a déjà enfoncé un large coin dans le secteur nord du périmètre défensif de Sebastopol. Un changement est d'ailleurs opéré dans l'axe d'attaque de ce corps : auparavant sensiblement dirigé vers le sud, le mouvement offensif du LIV. Armee Korps est maintenant carrément orienté vers le sud-ouest et l'extrémité occidentale de la Baie de Severnaïa. Le XXX. Armee Korps et le Corps de Montagne roumain doivent, eux, poursuivre sur leur lancée initiale : plein ouest.

Les journées des 17 et 18 juin sont décisives pour la suite de l'opération : bénéficiant toujours d'un appui aussi massif, la 11. Armee est décidée à en finir… Manstein sait que l'offensive d'été est imminente et veut que Sebastopol soit prise avant son commencement. Tandis que le LIV. Armee Korps poursuit ses attaques au nord de la Baie de Severnaïa pour prendre le contrôle de tous les forts du secteur, le XXX. Armee Korps, après avoir brisé la résistance sur les positions initiales de l'Armée du Littoral, s'élance vers le Massif de Fediouky et les positions de Sapoun. Le fort "Sibérie" tombe le 17, et le lendemain ce sont les forts "Guépéou", "Molotov", "Tchéka", "Volga" et "Oural" ainsi que la batterie "Maxim Gorki I", démantelée par l'attaque de la 24. Infanterie Division et plus particulièrement de son Pionier Bataillon, qui chutent. Au sud, les points d'appui "Nez Nord", "Mont de la Chapelle", "Colline des Ruines" tombent aux mains de la 72. Infanterie Division, tandis que la 170. s'empare des ruines du village de Kamary. La bataille atteint alors son paroxysme : la 72. Infanterie Division atteint les points d'appui les plus avancés de la ligne d'arrêt du Sapoun alors qu'au nord, le LIV. Armee Korps poursuit la conquête des ouvrages septentrionaux du périmètre de défense de Sebastopol, soumis à d'intenses bombardements. Le Aufklärungs Abteilung 72 du Major Baake atteint grâce à un coup de main audacieux la "Hauteur de l'Aigle", glacis avancé de la position du Sapoun, et s'en empare au matin du 18. Les jours suivants, les Allemands exploitent leurs succès : la 22. Infanterie Division conquiert les falaises nord de la Baie de Severnaïa, là-même où un tir du monstrueux "Dora" de 80cm avait détruit un dépôt enfoui à 30 mètres sous la surface ! La 50. Infanterie Division atteint l'extrémité orientale de la baie dans le secteur d'Inkermann. Le Corps de Montagne roumain lance attaque sur attaque et progresse vers l'ouest. Enfin, le XXX. Armee Korps, brisant d'un élan formidable la résistance de l'Armée du Littoral sur la deuxième ligne défensive, refoule peu à peu les Soviétiques du Massif de Fediouky, menaçant de tourner les forces russes qui reculent pied à pied face au corps roumain.

Les combats se poursuivent tout au long des journées des 19, 20 et 21 juin. Le 21 au soir, tout le secteur situé au nord de la Baie de Severnaïa est aux mains du LIV. Armee Korps. Quant à la ligne d'arrêt du Sapoun, elle est déjà engagée par les vagues d'assaut du XXX. Armee Korps et du Corps de Montagne : la 18e Division d'Infanterie roumaine attaque la "Colline des Ruines", dont elle s'emparera le 25, tandis que la 170. Infanterie Division et la 1ere Division de Montagne atteignent Fediouky, sur les premiers contreforts du Sapoun. Le 26, la deuxième ligne défensive est définitivement rompue : la 11. Armee aborde désormais dans son intégralité la ligne du Sapoun, la dernière à défendre la ville. Les divisions allemandes sont alors très affaiblies et leur force offensive est réduite de moitié, mais chez les Soviétiques, c'est la panique et la désorganisation les plus complètes. Néanmoins, devant l'état de ses unités et la solidité des défenses de l'Armée du Littoral, Manstein choisit de poursuivre l'offensive par une action imprévue et audacieuse, voire téméraire, plutôt que par des attaques répétées plus orthodoxes mais nettement plus coûteuses, d'autant plus qu'il est pressé par le temps : l'offensive d'été va commencer dans deux jours. Il s'agit de réaliser le franchissement de la Baie de Severnaïa avec les 22. et 24. Infanterie Divisionen soutenus par le génie de l'armée. Le XXX. Armee Korps, pendant cette traversée, de concert avec le Corps de Montagne roumain, devra poursuivre ses attaques au sud de la Tchernaïa et rompre la dernière ligne défensive, celle du Mont Sapoun. Le reste du LIV. Armee Korps - 50. et 132. Infanterie Divisionen - attaquera la position-clef d'Inkermann à l'extrémité orientale de la Baie de Severnaïa. L'opération débute le 29 juin, peu avant 2 heures du matin, après que l'ensemble des fantassins de la 11. Armee ait pris un repos de trois jours. La 22. Infanterie Division effectue le franchissement du bras de mer sur des canots d'assaut, soutenue par la 24. et assistée d'importantes forces du génie. Sitôt après avoir atteint la rive sud de la baie, les compagnies d'assaut s'infiltrent dans le dispositif ennemi sans rencontrer de résistance et s'emparent de points-clefs avant de s'y établir en hérisson. Grâce à un appui direct très efficace de l'artillerie et du VIII. Flieger Korps qui dispersent les concentrations adverses, les fantassins de la première vague ne subissent aucune contre-attaque et peuvent rapidement consolider la tête-de-pont qu'ils ont mis à peine douze minutes à constituer. Manstein a gagné son pari : presque sans combat, les deux divisions sont maintenant à pied-d'œuvre dans le dos de la défense soviétique et prennent à revers tout le dispositif de l'Armée du Littoral. Au même moment, aux premières lueurs du 29 juin 1942, les 50. et 132. Infanterie Divisionen s'attaquent au verrou d'Inkermann, qu'elles prennent bientôt, alors que plus au sud le XXX. Armee Korps rompt la ligne du Sapoun, après une journée de combats d'une intensité inouïe, et s'enfonce profondément vers l'ouest et Sebastopol. C'est la fin pour la garnison du port de guerre : après avoir fait preuve d'une ténacité sans faille tout au long du mois de juin, la voici condamnée. Le 30 juin, la Stavka autorise l'évacuation de Sebastopol par la Flotte de la Mer Noire. La ville est investie par les 50. et 132. Infanterie Divisionen et la 4e Division de Montagne roumaine. Aussitôt des éléments disparates refluent vers les baies qui s'enfoncent dans le littoral ouest de la Crimée pour embarquer et fuir. Des unités demeurent toutefois, sacrifiées, pour contenir les divisions de l'Axe aussi longtemps que possible. Le 1er juillet, Manstein ordonne l'assaut final précédé par un nouveau pilonnage des points d'appui de la ville de Sebastopol et de sa ceinture fortifiée. Le même jour, Hitler élève à la dignité suprême de General Feld Marschall le brillant stratège, père du "Sichelschnitt", l'attaque en faucille qui fit tomber l'armée française, l'impétueux commandant du LVI. Armee Korps (Motorisiert) qui réussit dans les Pays Baltes dans les premiers jours de "Barbarossa" une des plus brillantes percées de la Seconde Guerre Mondiale, le vainqueur d'une Crimée qui refusa de se donner à la Wehrmacht pendant dix longs mois. Une plaque de bras "Krim" est aussi instituée pour tous les combattants de la 11. Armee. Toute cette dernière salue avec enthousiasme cette élévation de son chef qui l'honore toute entière. Les combats se poursuivent pourtant dans le sud du secteur fortifié, autour de Balaklava et de la "Hauteur du Moulin à Vent" qui est prise par la 72. Infanterie Division, et ce n'est que le 4 juillet 1942 que les ultimes forces soviétiques présentes en Crimée déposent les armes dans la presqu'île de Khersonese. "Störfang" aura coûté aux unités de la 11. Armee près de 30.000 tués, blessés ou disparus, mais ses résultats sont à la hauteur des sacrifices consentis : 90.000 prisonniers rejoignent l'Allemagne, 40.000 soldats soviétiques ont été tués - ce qui témoigne de la violence des combats - un immense matériel comptant 467 canons de campagne, 155 antichars et 758 mortiers est capturé. La chute de Sebastopol le 2 juillet et l'arrêt des combats au Cap Khersonese le 4 mettent fin aux combats dans la péninsule de Crimée.

Salutations
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florian
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Sam 5 Jan - 18:41

Remarquable synthèse Benoît cheers
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goliath
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Lun 7 Jan - 22:01

Il y avait un très bon documentaire en anglais qui
passait à la télé sur le siège de sébastopole. Les archives
d'époque étaient très belles ! Very Happy


goliath :etoil:
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vania
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Jeu 23 Oct - 10:26

Lié au siège de sébastopol, un épisode méconnu:

Cet été, j'ai visité la peninsule de Kertch (Crimée) où l'armée allemande s'est encore couverte de gloire sur le front de l'est en utilisant du gaz de combat (apparemmemt des stocks de la guerre de 14) contre des milliers de civils refugiés (certes avec des militaires) dans des catacombes .

Je ne savais pas qu'on avait utilisé ce type d'arme, c'est pourquoi j'en ai demandé confirmation au guide qui me l'a certifié.
Il y a effectivememt dans ces catacombes qu'on peut visiter (ambiance effrayante) des tas de masques a gaz ouverts qui ont été découverts dans les gravats après les fouilles.
Les allemands ont aussi utilisé l'aviation et il reste plein d'aillettes de bombes.
Apres l'attaque au gaz, des 15000 civils ou militaires présents, il n en restait que 3000 en vie environ.
Les commissaires politiques survivants ont forcé les civils encore en vie à sortir, mais beaucoup d'entre eux ont ensuite été tués comme partisans, ou capturés et torturés par la gestapo de Simferopol pour connaître les plans des catacombes.

J'ai acheté un C.D. qui traite du sujet à la sortie de la visite (en russe), et puis tenter, si ça intéresse du monde, d'en glisser certains extraits sur ce forum...

Kertch et Sébastopol sont "ville héros" de l'U.R.S.S., ce dont sont fiers leurs habitants.
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florian
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Jeu 23 Oct - 18:35

J'ai également visté Kerch et l'on ne m'a jamais parlé de cette histoire , par ailleurs c'est la première fois que j'en entends parler. Méfiance vis à vis de ce genres d'affirmations (et sans doute de mises en scène).
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vania
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Ven 24 Oct - 10:04

Le fait que tu n'aies pas eu les infos ne dément rien, et apparemment tu n'as pas visité ces catacombes.
Vu les atrocités commises par les allemands en U.R.S.S., on est plus à une près.
Quant à ce que tu appelles "mise scène", ou "propagande soviétique" en raccourci, c'est un épisode qui est connu là bas dans l'histoire de la guerre patriotique.
Mais on peut toujours vérifier pour l'histoire du gaz, je m'y attelle, quand je pourrai à nouveau lire mes D.V.D...


Dernière édition par vania le Ven 24 Oct - 15:21, édité 2 fois
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Pyrrhos
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Ven 24 Oct - 14:06

Cela dit, pour ce qui est du gaz, il s'agit d'une arme à double tranchant, et il semble bien que la Wehrmacht ait été très soucieuse de ne pas donner à l'ennemi le prétexte d'y recourir... Mais bon, voilà une info à vérifier, surtout dans le contexte si particulier de cette lutte à mort que fut le front russe.
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Ven 21 Nov - 11:23

J'ai du neuf:
dans "batailles aériennes N° 38 (2006), page 57, sur les combats aériens au dessus de Sébastopol, il est dit :

" le 17 juin, les forces allemandes capturent la 30ème batterie (fort Maxime Gorki).
Elle était alors à court de munitions quand 1 Ju 87 du II/St G 77, piloté par l'oblt Maue, largue une bombe d'une tonne sur l'une des deux tourelles, la détruisant.
L'autre tourelle a déjà cessé son tir, annihilée par un coup au but des mortiers de 600 mm Thor ou Odin.
La garnison de la batterie dépose les armes le 24 juin, après avoir résisté aux assauts ennemis et à l'utilisation de gaz toxiques
"

L'auteur est Miroslav Morozov
Il se trouve que l'utilisation des gaz de l'autre côté de la Crimée, à Kertch daterait de la même période...
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naga
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Jeu 5 Fév - 14:39

Le tombeur de la forteresse

http://html2.free.fr/canons/dora.htm
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vania
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Jeu 5 Fév - 15:01

Pas vraiment... Smile
Cet engin a reellement mis un coup au but "valable", en touchant un dépôt de munitions à une dizaine de mètres sous terre.
Pour le reste, c'est l'ensemble de l'artillerie qui a été efficace.
Le "retour sur investissement" d'un tel engin est donc resté faible...
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vania
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Sam 16 Mai - 16:12

J'ai du neuf à propos des gaz de combat utilisés à Kertch (infos glânées sur un autre forum):
A Kertch, en juin 42, ce sont pres de 3 000 soldats soviétiques et civils qui seront gazés (Ypérite) dans les catacombes. Le responsable, le général Halder, recommencera au printemps 1943, en extérieur, contre des groupes de partisans et ce malgré les menaces de Churchill (à la radio, le 10.5.1942) apres l'utilisation des gaz mortels (par l'aviation) dans les forêts de Borysow (Bielorussie) en mars 42 toujours contre les partisans soviétiques.

Les sources sont dans ce livre : "Der lautlose Tod" (368 pages) de Olaf Groehler, Berlin 1978 (productions, vecteurs et historique)
Ce sujet est d'autant plus sensible que les 65 000 t. (WWII) et 27,5 t. (restants WWI) de gaz mortels (Ypérite, Sarin et autres) n'ont pas été détruites et "dorment" dans le sous-sol allemand !...
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Kojédoub
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Sam 16 Mai - 17:17

vania a écrit:
J'ai du neuf à propos des gaz de combat utilisés à Kertch (infos glânées sur un autre forum):
A Kertch, en juin 42, ce sont pres de 3 000 soldats soviétiques et civils qui seront gazés (Ypérite) dans les catacombes. Le responsable, le général Halder, recommencera au printemps 1943, en extérieur, contre des groupes de partisans et ce malgré les menaces de Churchill (à la radio, le 10.5.1942) apres l'utilisation des gaz mortels (par l'aviation) dans les forêts de Borysow (Bielorussie) en mars 42 toujours contre les partisans soviétiques.

Pour ce qui est de Kertch, c'est certain, il y' a bien assez de documentation et de témoignages à ce sujet. Certaines carrières de pierre confinées étaient toujours interdites à l'exploitation jusqu'au début des années 60! Maintenant avec un produit aussi volatil que les gaz, apporter la preuve 65 ans après une utilisation en air libre c'est plutôt problématique...
Cependant, l'absence de preuves n'a jamais constitué la preuve de l'absence. Et d'ailleurs, des preuves il y en a certainement, quand on veut vraiment enquêter sur le sujet.

A+
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Dim 17 Mai - 11:32

C'est vrai, mais sur des sujets délicats comme celui-là, il vaut mieux "étayer" quand c'est possible, en avançant quelques sources.
J'ai toute une doc la-dessus; il faudrait prendre le temps de traduire ...
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Mer 2 Sep - 13:48

On sort un peu du sujet, mais pour ce qui est des gaz de combat, les italiens les ont également utilsés en Ethiopie contre les tribus "rebelles", équipées au mieux de vieux flingues, et au pire de sagaies pour chasser l'antilope... Shocked*

*"Les sales guerres de Mussolini, il y a deux jours sur la chaine câblée "Histoire"...
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Dim 20 Nov - 21:27

Voici une vidéo d'une partie des catacombes.
Normalement, filmer et photographier est interdit...
http://www.youtube.com/watch?v=vy6sP9a2rRc&feature=related
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Sam 7 Avr - 10:06

D'après J.Lopez, dans "Grandeur et misère de l'Armée rouge", les allemands ont bien utilisé des gaz de combat à Kertch et Sébastopol, contre des grottes ou souterrains, et avec des gaz non stagnants.
Malgré la demande de généraux allemands comme Manstein, Hitler s'est toujours refusé catégoriquement à les utiliser en grosses quantités, et en plus "performants".
Le souvenir de 14/18 et la crainte de représailles alliées, après les menaces de Churchill qui était au courant.
Les soviétiques aussi en ont utilisé en Crimée, mais par erreur semblet-il...
Les deux camps ont donc prudement évité de généraliser l'emploi des armes chimiques.
Malgré les dizaines ou centaines de victimes, l'emploi des gaz de combat est resté "anecdotique" ...
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Dim 8 Avr - 10:13

Juste pour info, Kertch et Sébastopol sont toutes deux villes "Héros de l'U.R.S.S.", les habitants de la Crimée, en grande majorité pro russes et russophones en sont fiers...
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naga
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Lun 9 Avr - 4:45

vania a écrit:
Pas vraiment... Smile
Cet engin a reellement mis un coup au but "valable", en touchant un dépôt de munitions à une dizaine de mètres sous terre.
Pour le reste, c'est l'ensemble de l'artillerie qui a été efficace.
Le "retour sur investissement" d'un tel engin est donc resté faible...



Resultat effectif du canon 80 cm "Gustav" a Sebastopol

Les opérations de bombardement ont débuté le 5 juin 1942. durant lesquelles le Gustav a tiré 48 projectiles jusqu’en juillet 1942, selon le calendrier suivant :

•5 Juin •Tir contre des canons côtiers à une distance de 25.000 m. Huit obus.

•Tir contre le fort de Staline . Six obus.

•6 Juin •Fort Molotov . Sept obus.

•Tir contre la « Falaise blanche », un magasin de munitions sous-marin situé dans la baie de Severnaya. Situé à 30 mètres sous la mer, avec au moins 10 mètres de protection en béton, ce site était invulnérable aux armes conventionnelles. Les neuf obus tirés ont traversé près de 30 mètres d’eau pour finalement atteindre et détruire le magasin de munitions, suite à une explosion gigantesque qui entraina même la perte de navires en surface.

•7 Juin •Tir en appui d’une attaque d’infanterie sur Sudwestspitze, une fortification périphériques. Sept obus.

•11 Juin •Fort Sibérie . Cinq obus.

•17 Juin •Fort Maxime Gorki et sa batterie côtière. Cinq obus.





On peut dire que les allemands avaient mis le paquet pour faire tomber la forteresse avec l artillerie lourde.



Effectif total de l artillerie lourde a Sebastopol:

2 Karl Gerat

2 canons Long bruno 28 cm de la 688e artillerie

2 mortiers lourds 42 cm (WWI) de la 458 e et 459e Artillerie

2 canons de 35.5 cm

4 canons de 30.5cm de la 641e Artillerie

1 canon 80 cm "Gustav"


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naga
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Lun 9 Avr - 4:58


Bombardements preparatifs de l artillerie lourde avant assaut de l infanterie allemande.



Manstein avait imaginé cette ouverture décisive. Il ne s'agissait pas, comme d'habitude, d'exécuter un tir et un bombardement massif de deux heures, puis d'attaquer à corps perdu. Non, une préparation habituelle d'artillerie ne pourrait jamais venir à bout de ces puissantes fortifications de Sébastopol. Le plan de Manstein visait à anéantir ce dispositif par un énorme bombardement de cinq jours, où collaboraient l'artillerie, les mortiers, la D. C. A. et les canons d'assaut. C'était un prologue de mort. Jamais au cours de la Seconde Guerre mondiale, ni avant ni après Sébastopol, les Allemands ne concentrèrent de telles forces d'artillerie sur un seul objectif.

Les pièces du 1er régiment de mortiers lourds crachaient par seconde 324 obus qui tombaient sur une surface délimitée. Leur puissance de destruction s'étendait également au moral des Russes. Lorsqu'une seule batterie de six canons lançait simultanément trente-six monstres à queue de flamme qui s'abattaient d'un seul coup sur la position ennemie dans une rafale de grondements et de hurlements, l'effet était vraiment terrifiant.


Ces obus n'avaient pas un pouvoir de dispersion d'éclats égal à celui des obus d'artillerie, mais l'onde de choc provoquée par l'impact d'une telle vague de feu sur un espace très limité faisait éclater les vaisseaux sanguins. Quant aux soldats un peu plus éloignés du point de chute, le vacarme étourdissant et l'effet de souffle les démoralisaient complètement. La crainte, jointe à l'angoisse grandissante, devenait de la panique. Peu sensible en général, le Russe s'affolait comme sous un bombardement de stukas. La troupe allemande avait d'ailleurs les mêmes réactions lorsqu'elle était soumise à un bombardement massif de fusées russes lancées par les fameuses « orgues de Staline ».

Dans le cadre de l'artillerie traditionnelle qui pilonnait les fortifications de Sébastopol, il faut citer trois géants qui font désormais partie de l'histoire des guerres : le mortier « Gamma », le mortier « Karl », qu'on appelait également «Thor », et le canon « Dora », qui était sur voie ferrée. Ces trois merveilles représentaient alors l'aboutissement de l'évolution en matière d'artillerie conventionnelle et avaient été spécialement étudiées pour la guerre de forteresse. En dehors des forts belges et de la ligne Maginot française, il n'y avait guère que Brest-Litovsk, Lomtcha, Kronstadt et Sébastopol comme forteresses dignes de ce nom.
Le mortier « Gamma » était la résurrection de la « Grosse Bertha » de la Première Guerre mondiale. Ses obus de 42,7 cm pesaient 923 kilos et pouvaient être tirés à 14,250 Km du but. Son tube avait une longueur de 6,75 m. Pour servir ce géant, 235 artilleurs étaient nécessaires.

Mais « Gamma » n'était qu'un nain comparé au mortier « Karl », l'un des canons les plus lourds de la Seconde Guerre mondiale et spécialement destiné à la destruction des fortifications bétonnées. Ses obus perforants de 61,5 cm, pesaient 2 200 kilos. Ils traversaient toutes les épaisseurs de béton connues. Ce monstre n'avait plus rien de commun avec le mortier ordinaire. Son tube ramassé, long de 5 mètres, et son énorme dispositif de recul évoquaient plutôt une usine dotée d'un sinistre tronçon de cheminée.
Et pourtant, « Karl » ne constituait pas le nec plus ultra de l'artillerie. Cette « Dora », que les troupiers appelaient également « le Gros Gustave », était installée dans le « palais des Jardins », l'antique résidence des khans tartares. Elle fut vraiment la pièce la plus lourde de la Seconde Guerre mondiale. Calibre : 80 centimètres. II fallait 60 wagons de chemin de fer pour la transporter une fois démontée. De son tube long de 32,5 m, des obus de 4 800 kilos, soit près de cinq tonnes, jaillissaient, pour retomber 47 kilomètres plus loin. « Dora » pouvait tirer des obus perforants encore plus lourds, de 7 000 kilos, à une distance de 38 kilomètres.
Obus et gargousse mesuraient 7,8 m de long. Ensemble, ils atteignaient approximativement la hauteur d'une maison de deux étages.

« Dora » tirait trois obus par heure. Ce canon géant était posé sur une voie à doubles rails. Deux bataillons de D. C. A. le surveillaient constamment. Service, protection, entretien exigeaient la présence de 4 120 hommes. Le pointage et le tir étaient exécutés par 1 500 hommes placés sous le commandement d'un général de brigade et d'un colonel.
Ces quelques chiffres montrent que les anciens tubes traditionnels, en évoluant vers le gigantesque et les dimensions excessives, n'avaient plus qu'un rendement discutable Toujours est-il qu'un seul coup au but de « Dora » a anéanti à Sébastopol, dans le golfe de Severnaïa, un dépôt de munitions enseveli à 30 mètres sous terre.
Du poste d'observation de Manstein, on distinguait clairement les trois lignes du système de défense russe.

La première, d'une profondeur de 2 à 3 kilomètres, était composée de tranchées disposées les unes derrière les autres, protégées par des barrages de barbelés et flanquées de blockhaus en rondins de bois et de points d'appui bétonnés. Les explosions de mines provoquées par le tir d'artillerie devant et derrière les tranchées montraient que les Russes avaient en outre multiplié cette sorte de barrages. On devait donc prévoir que beaucoup de ces obstacles invisibles s'opposeraient à l'avance de l'infanterie.
Une seconde ceinture fortifiée, large de 1,5 Km, couvrait surtout le secteur nord entre la vallée de Belbek et le golfe de Severnaïa, par une file d’ouvrages fortifiés que les observateurs d'artillerie allemands avaient baptisés de noms impressionnants : « Staline », « Molotov », « Volga », « Sibérie », « Guépéou » et, le plus formidable de tous, « Maxime-Gorki I », avec ses batteries lourdes de 30,5 cm. Son pendant, « Maxime-Gorki II », se trouvait dans le secteur du Sud et était aussi redoutable.

A l'est, la forteresse était remarquablement protégée par la nature. Le terrain y était difficile, sillonné de vallées profondes, parsemé de hauteurs fortifiées, bref, idéal pour la défensive. Les combattants de Sébastopol gardent gravés dans leur mémoire ces noms inoubliables : le « mont de l'Aigle », le « Pain de sucre », le « Nez du nord » et la « colline des Roses ».
La troisième ligne fortifiée touchait la ville. C'était un véritable labyrinthe de tranchées, de nids de mitrailleuses, de positions garnies de lance-grenades et de batteries de canons.


Karl Gerat Thor en position demi enterre devant Sebastopol





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naga
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Lun 9 Avr - 5:06


D'après les déclarations soviétiques, Sébastopol était défendu par sept divisions de tirailleurs, une division de cavalerie à pied, deux brigades d'infanterie, trois brigades de fusiliers marins, deux régiments d'infanterie de marine ainsi que plusieurs bataillons de chars et unités autonomes, soit, en tout, 101 238 hommes. Dix régiments d'artillerie et deux bataillons de lance-grenades, un régiment antichar ainsi que quarante-cinq unités d'artillerie lourde de marine mettaient en jeu 600 canons et 2 000 mortiers. Un vrai mur de feu entourait donc la citadelle. C'était cela que les sept divisions allemandes et les deux divisions roumaines de Manstein devaient réduire au silence.
La nuit du 6 au 7 juin fut chaude et lourde. Le matin, une brise légère s'éleva de la mer. Ce ne fut pourtant pas l'air marin qui parvint aux lignes allemandes, mais la poussière des avant-postes russes et la fumée des dépôts de munitions qui continuaient à brûler au sud de la ville.
Au petit jour, l'artillerie reprit une fois de plus ses tirs d'écrasement. Puis l'infanterie s'élança, protégée par cette voûte de feu. Il était 3 h 50 quand les troupes d'assaut d'infanterie et les sapeurs se jetèrent contre la principale ligne de défense ennemie sur tout l'ensemble du front.

L'effort principal avait été fixé au nord. Le 30e corps attaquait à l'ouest et au sud. Mais ce n'était pas encore l'heure décisive : quelques jours plus tard, le grand coup allait être porté par la 72e D.I., la 170e division légère et les unités roumaines, dont la tâche première était de s'assurer de bonnes positions de départ.
Sur les hauteurs, dans la vallée de Belbek et la gorge de Kamichly, les sapeurs enlevaient les mines qui bloquaient les chemins pour que les canons d'assaut des 190e et 249e groupes prissent immédiatement position et pussent appuyer l'infanterie. Entre-temps, les fantassins avaient pénétré dans les lignes avancées de l'ennemi. L'artillerie avait écrasé tranchées et blockhaus de terre, mais les survivants se défendaient désespérément. C'est à la grenade et au pot fumigène qu'il fallut les réduire dans leurs trous.
Aux Bas-Saxons de la 22e D.I. du général Wolff incombait la lourde tâche de prendre le fort « Staline ». Au cours de l'hiver passé, les compagnies d'assaut du 16e d'infanterie s'étaient déjà cramponnées aux murs extérieurs de l'ouvrage, mais elles avaient dû reculer et rebrousser chemin jusque dans la vallée de Belbek.

II fallait maintenant refaire toutes les étapes de cette longue route sanglante. Une première tentative échoua le 9 juin. Le 13, les gars du 16e, entraînés par le colonel von Choltitz, donnèrent l'assaut au fort. « Staline » n'était plus qu'un champ de ruines, mais les Russes tiraient encore de tous les coins de mur et de tous les trous. A l'aile d'Andreïev, le commandement russe n'avait engagé que des komsomols (jeunes communistes) et des membres du Parti. Dans le rapport, de la 22e D.I., on lit : « Ce fut l'ennemi le plus tenace que nous ayons jamais rencontré. »
Un seul exemple entre tant d'autres : dans un blockhaus qu'un obus a touché en pleine meurtrière, il y a trente morts. Dix survivants se battent encore comme des diables. Ils ont aveuglé les meurtrières détruites avec les cadavres de leurs camarades.
« Pionniers! » appellent les fantassins. Des lance-flammes crachent leur rayon de feu contre cet horrible rempart de poitrines. Puis suivent des grenades à main. On voit des fantassins pris de vomissements. Ce n'est qu'au cours de l'après-midi que quatre Russes, tremblants et complètement à bout de forces, sortent des décombres.

Ils se rendent, mais le commissaire politique s'est d'abord tiré une balle dans la tête.
Cette lutte inexorable entama largement les forces des deux bataillons du 16e d'infanterie. Tous les officiers étaient morts. Un lieutenant, prélevé sur la réserve d'officiers, prit le commandement des « restes ».
Jusqu'au 17 juin, ces combats sanglant; de la deuxième zone de fortifications firent rage. La chaleur était épouvantable. Une puanteur atroce montait du champ de bataille où s'accumulaient d'innombrables cadavre; que survolaient d'immenses nuées de mouche: bourdonnantes.
Les unités allemandes ne voyaient pas k situation en rose. Les pertes étaient de plus; en plus élevées et, comme les munitions commençaient à faire défaut, on en vint interrompre de temps à autre les combats Des chefs commencèrent à conseiller de surseoir à tout mouvement offensif jusqu'à l'arrivée de renforts. Mais Manstein savait qu'il ne pouvait compter que sur les troupes dont il disposait.

Le 17 juin, il ordonna de lancer une nouvelle attaque sur tout l'ensemble du front. Saignés à blanc, les régiments se lancèrent à l'assaut, décidés cette fois à en finir.
Dans la vallée de Belbek, à 4 kilomètre à l'ouest du « Mont à pétrole », on mit deux mortiers de 35,5 cm en position. Ils appartenaient au 641e groupe d'artillerie lourde et avaient pour mission d'écraser les coupoles blindées de « Maxime-Gorki I », qui continuaient à cracher le feu. Avec ses canons de 30,5 cm, le fort soviétique imposait sa loi sur la vallée et la route de la côte.
Ce fut un pénible travail que celui de mettre les deux géants en position. Après vingt-quatre heures d'efforts, le lieutenant von Chadim, qui commandait la batterie, put enfin donner le signal du tir.
Dans un vacarme de tonnerre, les monstres commencèrent à faire feu. A la troisième salve, le maréchal des logis Meyer, l'observateur qui se trouvait en première ligne, annonça que les obus perforants rebondissaient sur les coupoles blindées sans leur causer le moindre mal.
« Obus spéciaux Rôchling! » commanda Chadim.
Il fallut des grues pour amener ces obus longs de 3,60 m, qui pesaient 1 000 kilos. Ces Rôchling avaient déjà fait leurs preuves à Liège, au début de la campagne de France. Ils n'explosaient pas lors de l'impact, mais seulement lorsqu'ils avaient pénétré dans le béton.
Quand le lieutenant cria : « Feu! » le sous-officier Friedel Fôrster et les quatorze hommes qui servaient la première pièce se bouchèrent les oreilles.


Mortier 35.5 cm Haubitze M1







Vingt minutes plus tard, les deux canons tirèrent de nouveau.
Peu après, le maréchal des logis Meyer téléphonait par radio : « Coupole blindée a basculé sur ses pivots. »
« Maxime-Gorki I » était frappé à la tête. Les tubes de ses canons de marine regardaient désormais le ciel. La batterie se tut.
« Maxime-Gorki I » ne pouvait plus faire feu. Mais à l'intérieur de l'énorme, bloc de béton, long de 300 mètres et large de 40, la garnison ne se rendait pas. Des groupes de soldats faisaient encore des sorties éclair par des couloirs secrets et les tuyaux de vidange.
La 2e compagnie du 24e bataillon de pionniers reçût l'ordre de mettre un terme à ces manifestations. Les Soviétiques répondirent à coups de mitraillette à une demande de capitulation. Une montagne de dynamite, de napalm et de pots fumigènes provoqua une première explosion. Les gaz et la fumée se répandirent partout, mais de l'intérieur on continuait encore à tirer par les meurtrières et autres orifices.
A la deuxième explosion, le bloc de béton se fendit en deux et une large crevasse s'ouvrit, dévoilant l'énorme disposition intérieure du « Maxime-Gorki I » : trois étages, une ville.


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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Lun 9 Avr - 5:10


Il y avait une centrale électrique et d'approvisionnement d'eau, un .hôpital, des cantines, des salles de machines, des ascenseurs pour les munitions, des arsenaux et des galeries défensives. Des doubles portes d'acier protégeaient chaque pièce, chaque couloir...
Collés au mur, les pionniers attendent l'explosion. Dès que l'acier a cédé, ils jettent leurs grenades et attendent que la fumée se soit dissipée : « En avant! »
Dans les couloirs, ils enjambent les cadavres des Russes. On dirait des fantômes, car tous portent les masques à gaz qui leur ont permis de supporter la fumée et la puanteur.
A un détour, un tir de mitraillette accueille les Allemands, puis des grenades s'abattent, des coups de pistolet claquent, une porte d'acier se referme dans un grondement. Il faut reprendre à zéro ce jeu sanglant. Les heures s'écoulent, et l'on arrive enfin tout près du cerveau de la forteresse, la centrale de commandement.
Dans le blockhaus de commandement du vice-amiral Oktchaberskii, à Sébastopol, près du port, on suit l'agonie du « Maxime-Gorki I ». L'officier radio, le lieutenant Kouznetsov, est à l'écoute. Toutes les trente minutes, il reçoit un compte rendu de la situation. L'ordre de l'amirauté aux commandants d'unités et aux commissaires est simple : « Combattre jusqu'au dernier homme. »
Et il en fut ainsi. La centrale de commandement du fort se fit enfin sauter. Le combat était terminé. Sur une garnison de un millier de personnes, quarante blessés furent faits prisonniers. Ce chiffre dit tout.
Pendant que les combats faisaient rage à « Maxime-Gorki 1 », les bataillons saxons du 31e d'infanterie, 24e D.I., enlevaient le 17 juin les forts « Guépéou », « Molotov », et « Tchéka », « Volga » puis « Oural » tombent à leur tour.

Des deux côtés de la grand-route qui menait de la côte à la ville, les divisions avançaient. II s'agissait de conquérir les hauteurs de Zapoun qui dominaient la ville. On se battit durement pour chaque cime, chaque défilé. Ce fut une guerre de coups de main contre les points d'appui bien dissimulés et les nids de mitrailleuses creusés dans le roc.
Le 18 juin, le « mont de l'Aigle » fut conquis.
Le 20 juin, les Allemands prenaient le fort « Lénine ».


Port de Sébastopol.





Et quand la 24e D.I., après de durs combats, eut occupé le fort du nord et la batterie redoutable de Konstantinovski, sur l'isthme étroit de Severnaïa à Kossa, contrôlant ainsi l'entrée du port, Sébastopol eut enfin la corde au cou. Manstein tenait toutes les fortifications qui l'entouraient. Malgré tout, le haut commandement soviétique profita de la nuit du 26 juin pour introduire dans la ville, par tous les moyens maritimes à sa disposition, la 142e brigade de tirailleurs. Elle arriva à temps pour assister à la prise de Sébastopol.
Le 27 juin, peu après minuit, sans bruit, les compagnies traversent le golfe en bateaux pneumatiques et radeaux-sacs. L'ennemi découvre leur mouvement trop tard. Les premières troupes d'assaut ont pris possession de la centrale électrique.
Les bataillons parviennent en hâte a la lisière de la ville. Le jour se lève et les stukas font leur apparition, écrasent les obstacles qui s'opposent à l'avance des fantassins, qui franchissent le dernier grand fossé antichar.
La défense soviétique est frappée de panique. C'est le chaos. Dans quelques îlots de résistance sporadique, un chef d'unité, un commissaire, un komsomol combattent jusqu'au dernier souffle.
Dans une galerie souterraine barricadée, vers le haut du rivage escarpé au nord du golfe, environ mille femmes, enfants et soldats se sont réfugiés. Le commissaire qui les commande refuse d'ouvrir les portes. Des pionniers préparent des explosifs. Mais le commissaire fait soudain sauter la galerie avec tous ceux qu'elle contient.
Le 3 juillet, tout est fini. Sébastopol, la plus puissante forteresse du monde, est tombée. Deux armées soviétiques ont été détruites. 90 000 soldats russes prennent le chemin de la captivité. Sur le champ de bataille désert, des milliers de morts attendent, parmi 467 canons, 758 mortiers et 155 canons antichars et antiaériens.
L'amiral Oktchaberskii et le général Petrov, qui commandaient la défense, ne sont plus là. Le 30 juin, ils se sont échappés à bord d'une vedette rapide.
La XIe armée de Manstein a maintenant les mains libres pour se lancer à l'assaut de Stalingrad et du Caucase.






À l'issue de la bataille, Sébastopol n'était plus qu'un amas chaotique de murs béants et de maisons décapitées.
Le fameux siège de 1854-1855 se trouvait d'un seul coup relégué dans l'ombre.




Source: 39/45 Strategie
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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Lun 9 Avr - 9:36

Bel exposé Naga Cool

Citation :
La XIe armée de Manstein a maintenant les mains libres pour se lancer à l'assaut de Stalingrad et du Caucase.
Ce qu'elle ne fera pas, car envoyée à Leningrad.
Quant à Manstein, il y gagne là son bâton de maréchal.
Citation :
Le 13, les gars du 16e, entraînés par le colonel von Choltitz
Qui aura davantage de scrupules (et sentant aussi le vent tourner) concernant les destructions de zones urbaines quand il commandera la défense de Paris 2 ans plus tard.

Le bâtiment en haut et à droite sur l'avant dernière photo existe toujours.
C'est maintenant un musée sur la campagne de 1854/55.
Sébastopol a été bien reconstruite, les maisons et immeubles sont toujours blancs comme sur les photos plus haut.
Les jetées et les quais sont encore souvent en bois, comme sur la dernière photo.
La zone portuaire est un peu délabrée mais le centre ville est très sympa...

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MessageSujet: Re: Siège de Sebastopol   Dim 28 Oct - 2:38


Tres belles photos en noir et blanc
















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