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 Une guerre de planqués...

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naga
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MessageSujet: Une guerre de planqués...    Mar 5 Déc - 1:31

Etrange coïncidence. Adolf Hitler et Winston Churchill ont découvert la guerre presque au même endroit, à quelques kilomètres de Lille et à l'abri du feu des tranchées.

Devant la ferme flamande qui lui sert de poste de commandement, Winston Churchill, 41 ans, a sorti ses tubes de gouache. Echoué à Ploegsteert (Comines-Warneton), dans la province de Hainaut, il rumine sa disgrâce et peint pour tromper l'ennui. Révoqué de son poste de ministre de la Marine en mai 1915, à la suite de l'échec de l'expédition des Dardanelles contre les Turcs, dont il était l'ardent promoteur, le politicien ambitieux veut se refaire une santé politique en gagnant ses galons de combattant sur le front. Dans un secteur, si possible, pas trop exposé...




Le 26 janvier 1916, le lieutenant-colonel Churchill prend ses quartiers dans cette ville wallonne distante de deux kilomètres du front. Depuis octobre 1914, celui-ci s'est stabilisé sur ces terres légèrement vallonnées et parsemées de bois, qui offrent des refuges naturels aux soldats. Le secteur est calme. Les fermiers continuent d'exploiter leurs terres. En ville, le commerce local profite de la présence des militaires. Les citadins les plus pauvres sont embauchés pour creuser les positions de deuxième ligne. Du haut de la colline 63 (nommée ainsi par les Anglais du fait de son altitude), là où le front s'est arrêté, le commandant du sixième bataillon du Royal Scots Fusiliers peut apercevoir les ruines du monastère de Messines. Occupé par les Allemands, ce village au sud d'Ypres a accueilli quelques mois plus tôt, entre décembre 1914 et mars 1915, un autre étranger amené, comme lui, à devenir célèbre.

Dans la ferme Bethléem qu'il occupe, l'engagé volontaire Adolf Hitler, 26 ans, manie lui aussi plus souvent les pinceaux que les armes. Bâtiments éventrés, fermes dépouillées de leurs tuiles, mornes paysages aux arbres décharnés..., le peintre raté aurait réalisé une vingtaine d'aquarelles durant son séjour en Flandre. Trente ans plus tard, dans le bunker berlinois du Führer, les armées soviétiques retrouveront un dessin de l'époque. Une rangée de soldats y figure, surmontée de cette phrase : "Auf nach Comines" (En route pour Comines).
Cette ville franco-belge sert de base arrière aux soldats du régiment List, auquel Hitler appartient. Le jeune homme y a ses habitudes au bien nommé café Le Fossoyeur. Plus tard, la tenancière de l'établissement évoquera le souvenir d'un homme "taiseux, peu estimé de ses compatriotes, restant souvent pensif dans un coin du café, en compagnie de son chien". Venu des lignes anglaises, ce fox-terrier rebaptisé Fuchs (renard) échappe à la haine que voue Hitler aux Tommies. Fin décembre 1914, Hitler se montre révulsé d'apprendre que certains hommes de son régiment ont échangé des cadeaux avec les Britanniques lors de la fameuse trêve de Noël.

Lors des permissions lilloises, tandis que ses camarades écument les estaminets et les maisons closes qui font florès dans la "capitale des Flandres", Adolf Hitler, un carnet de croquis à la main, renoue avec son métier d'avant-guerre, lorsqu'il peignait des cartes postales à Munich. S'il ne fait pas l'unanimité dans la troupe, ce n'est pas seulement parce qu'il est dénué d'humour et peu porté sur la gaudriole. Quelques jours après son arrivée sur le front, en octobre 1914, sa déférence ostensible est récompensée : il est nommé estafette et affecté au quartier général du régiment List. Chargé de transmettre aux officiers les messages du haut commandement, il échappe au feu. Ses anciens camarades l'assimilent donc à un "cochon de l'arrière", un de ces planqués qui ont tout fait pour se soustraire aux dangers du front. Une triste réputation que la propagande nazie ne cessera de cacher dans les années 1930.




Moins méchant, le surnom de Winston Churchill révèle également son peu de goût pour les offensives sabre au clair. Windy Bill - littéralement "Bill dans le vent" - évoque sa capacité à déguerpir au galop vers l'arrière lors de bombardements trop intensifs. Un jour, il écrit à sa femme Clementine qu'il aurait été insensé de s'exposer à la mort : "Cela aurait provoqué la joie de mes ennemis [...] et un appauvrissement du potentiel de guerre de la Grande-Bretagne dont personne ne pourrait évaluer la portée."

Doté d'une trop haute opinion de lui-même pour se laisser tuer bêtement en première ligne, le jeune lion, déprimé par son éloignement du pouvoir, replonge dans l'arène politique londonienne dès mai 1916. Député, il devient ministre de l'Armement en juillet 1917. A la fin de la guerre, il retourne à Ploegsteert et constate que ses vieilles fermes "ne sont plus que ruines". Adolf Hitler, lui, attendra l'invasion allemande de 1940 pour effectuer son pèlerinage flamand sur des champs de bataille qu'il présente alors comme son "université politique".


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naga
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MessageSujet: Re: Une guerre de planqués...    Mar 5 Déc - 1:49

Aujourd'hui, dans cette campagne où l'on passe de la France à la Belgique sans s'en apercevoir, les couleurs vertes et les jaunes ont remplacé les tons mélancoliques des toiles de jeunesse des deux dirigeants ennemis. Reconstruit, le clocher en bulbe de Messines émerge des vagues de colza et de maïs s'échouant au pied de la colline 63. Sur le perron de la maison communale de Ploegsteert, une plaque commémorative anachronique célèbre le passage d'un Winston Churchill déjà vieux, canne à la main et cigare aux lèvres, au milieu des tranchées. En revanche, les panneaux installés par le régime nazi en 1940 proclamant "Notre Führer a été déployé ici en tant que soldat du régiment d'infanterie bavarois List" ont tous disparu...

Royal Scots Fusiliers at Ploegsteert. 1916.





Hitler Regiment 16e RIR 1916




source
levif.be

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naga
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MessageSujet: Re: Une guerre de planqués...    Mar 5 Déc - 1:58

Hitler, un "planqué" pendant la Première Guerre mondiale

Le Britannique Thomas Weber revisite la Première Guerre mondiale du futur maître du Reich. Verdict: la biographie officielle était mensongère, le héros des tranchées était un "planqué" servile.

La Première Guerre mondiale a-t-elle "fait" Hitler ? La thèse a été martelée par la propagande nazie. Le Führer était d'ailleurs intarissable sur sa jeunesse au front. Et ses intimes s'étaient passé le mot : ne jamais le lancer sur ses souvenirs de 14-18, surtout en fin de soirée ! Si par malheur le sujet s'invitait dans la discussion, les convives étaient assurés de ne pas regagner leur lit avant 3 heures du matin, assommés par la répétition des mêmes anecdotes sur la camaraderie des tranchées... 





La Première Guerre, expérience fondatrice transformant l'artiste raté en apprenti dictateur ? Jusqu'à aujourd'hui, cette version était aussi partagée par la plupart des historiens. La voilà remise en question par l'imposante étude de Thomas Weber. L'historien britannique a découvert un trésor, qui dormait depuis quatre-vingt-dix ans sous la poussière des archives militaires de Munich : les dossiers du régiment List, cette fameuse unité bavaroise à laquelle appartenait Hitler. Son "université politique", dira l'auteur de Mein Kampf, une école de bravoure et de discipline devenue le symbole, dans la mythologie nazie, de l'héroïsme allemand au cours de la Première Guerre. Or Weber montre le peu d'estime accordée par les chefs militaires à cette unité peu entraînée, composée pour l'essentiel de paysans arrachés à leurs villages. Insubordination, découragement, apathie, désertions : sous les orages d'acier des Flandres et du nord de la France, le régiment List n'avait rien de ce corps d'élite magnifié par Hitler. 

Sur son expérience du feu, il a en réalité beaucoup menti. Tandis que ses frères d'armes pataugent dans l'eau glaciale des tranchées, il trouve refuge au quartier général du régiment, hors de portée des mitrailleuses. Contrairement à une idée reçue, son rôle d'estafette ne le conduit qu'exceptionnellement à porter des messages en première ligne. Hitler évolue dans le microcosme du poste de commandement, loin des rats et des odeurs de putréfaction. Aux yeux des fantassins des tranchées, c'est un "cochon de l'arrière", un "planqué". Un personnage falot et fayot, attentif à satisfaire toutes les exigences de ses supérieurs. Un marginal, aussi, dont l'attitude tranche avec celle des autres soldats : jamais une goutte d'alcool ni de virées au bordel. Hitler préfère lire ou dessiner... 

Autre légende tenace : l'ancien déclassé aurait été hospitalisé pour faire soigner ses yeux aveuglés par le gaz moutarde. Mensonge : il est évacué pour "hystérie de guerre". Son séjour en hôpital psychiatrique sera l'un des secrets les mieux gardés du IIIe Reich... Comme seront réduites au silence les voix susceptibles d'écorner l'image de simple soldat sorti du rang pour sauver l'Allemagne : qui sait qu'Hugo Gutmann, l'officier juif grâce auquel il obtient la Croix de fer de première classe, sera plus tard persécuté par le régime nazi ? 

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MessageSujet: Re: Une guerre de planqués...    Mar 5 Déc - 2:30

L'origine du national-socialisme en question

Comme toute histoire à thèse, l'ouvrage de Thomas Weber ne s'embarrasse pas de nuances. La Première Guerre mondiale n'a joué, dit-il, aucun rôle dans la formation politique du Führer. Les vagues idées pangermanistes qu'il professe alors ? Aucun lien avec le futur national-socialisme. Quant à la "brutalisation" - pour reprendre le concept de George L. Mosse - observée dans les tranchées, elle n'annonce en rien le basculement de la société allemande vers le totalitarisme. Ces partis pris assénés de manière péremptoire font souvent peu de cas des travaux antérieurs. Mais par la richesse des débats qu'il ouvre, Thomas Weber bouscule en profondeur toutes les interprétations sur l'origine du national-socialisme. 


source
lexpress.fr


On peut se poser la question,neanmoins,quid des decorations pour bravoure qu a recu Adolf Hitler en decembre 1914 et en aout 1918?

Croix de Fer 2e classe  1914




Croix de fer 1ere classe 1918

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MessageSujet: Re: Une guerre de planqués...    Mar 5 Déc - 10:58

Que de questions soulevées par cette étude.
Un planqué en effet ne reçoit pas ce type de décorations... scratch
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naga
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MessageSujet: Re: Une guerre de planqués...    Mar 5 Déc - 13:27

Les gars des tranchees de premiere ligne pensaient,parfois a raison. que les estafettes ou messagers etaient des planques que l on
ne voyaient que quelques minutes aupres de leur capitaine et qui repartaient aussitot vers l arriere a l abri aupres des officiers superieurs.

Helas,beaucoup sont morts sous les tirs d artilleries allemands ,de mitrailleuses,de gaz de combats ou bien simplement sous les balles de fantassins allemands

J ai eu un arriere grand oncle-messager- du 174e RI qui a ete tue a Clery sur Somme le 3 septembre 1916 en sautant d une tranchee a une autre,abattu par un tir de mitrailleuse.
Il avait 31 ans.


Celebre carte postale a la gloire des estafettes

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