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 Acteurs francais tortures et tues pendant la guerre

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naga
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MessageSujet: Acteurs francais tortures et tues pendant la guerre   Ven 5 Jan - 11:57

De tous les grands acteurs dramatiques du cinéma français d'avant la Seconde Guerre mondiale, Harry Baur est peut-être celui dont on se souvient curieusement le moins.




Monstre sacré des années trente et quarante, il impose sa personnalité puissante et son jeu tout en finesse. Sa carrière décolle en 1930 avec la rencontre de Julien Duvivier : cette année-là il incarne dans le premier film parlant du réalisateur le personnage de David Golder, héros éponyme du roman d'Irène Némirovsky dont il est tiré5. Harry Baur tourne 40 films en 12 ans. Il est notamment en 1934 l'un des interprètes les plus marquants de Jean Valjean dans la version des Misérables signée Raymond Bernard, où il donne la réplique à Charles Vanel, alias Javert, et un Beethoven saisissant dans le film d'Abel Gance, Un grand amour de Beethoven. Parmi ses nombreuses compositions remarquables, on peut citer Volpone pour le film de Maurice Tourneur en 1940, aux côtés de Louis Jouvet incarnant Mosca. À cette date il est au sommet de sa carrière. Au théâtre il reprend en 1931 le rôle de César, créé par Raimu, dans Fanny, la deuxième pièce de la trilogie de Pagnol. Il a été fait officier de la Légion d'honneur le 31 juillet 1936.

L'Occupation n'interrompt pas sa carrière. En 1941, il incarne le père Cornusse dans L'Assassinat du Père Noël de Christian-Jaque, le premier film de la compagnie à capitaux allemands d'Alfred Greven, la Continental-Films. Néanmoins, depuis les débuts de l'Occupation, des journaux français antisémites l'accusent d'être juif. L'acteur s'en défend en faisant publier un certificat « d'aryanité ».
C'est alors qu'il part à Berlin tourner le rôle masculin principal de la Symphonie d'une vie (Symphonie eines Lebens) d'Heinz Bertram aux côtés d'Henny Porten et de Gisela Uhlen. Quand il rentre en France au printemps 1942, la rumeur sur ses origines reprend de plus belle et, à la suite d'une nouvelle dénonciation, il est arrêté avec sa femme le 30 mai.
Les nazis sont furieux qu'un juif ait pu tenir le premier rôle d'un film allemand. Prisonnier de la Gestapo pendant quatre mois dans des conditions très rudes, il est libéré le 19 septembre 1942, ses tortionnaires ayant finalement conclu qu'il n'était pas juif.
Il ne se remettra cependant jamais des conditions de sa détention et meurt moins d'un an plus tard le 8 avril 1943.
A ses obsèques, seuls quelques courageux sont venus car personne n’osait y aller. C’est un des grands drames de l’occupation dans le monde des artistes.          
Il repose au cimetière Saint-Vincent, à Montmartre, où sa tombe est encore parfois fleurie.


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Dernière édition par naga le Ven 5 Jan - 12:06, édité 1 fois
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naga
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MessageSujet: Re: Acteurs francais tortures et tues pendant la guerre   Ven 5 Jan - 12:05

Autre anecdote terrible

Une campagne de délation est lancée par Alain Laubreaux, obsédé par la chasse aux juifs et aux homosexuels, contre Jean Cocteau et Jean Marais. Suite à un article de Laubreaux dans un journal, Jean Marais est allé l’attendre à la sortie d’un restaurant et  lui a violemment cassé la figure.   
       
Robert Huges Lambert, un acteur amateur qui a été pris pour jouer le rôle de Mermoz grâce à sa ressemblance avec celui-ci, ne fait pas l’unanimité sur le plateau. On le trouve trop efféminé. Mais surtout, cette acteur est homosexuel et a une relation avec un officier allemand. Il sera arrêté et envoyé d’abord à Compiègne, c’est une catastrophe pour la production car le film n’est pas terminé. Elle engage alors un remplaçant qui sera filmé de dos et envoie une équipe pour la prise de son de ses dialogues.





Pour terminer le film sur Mermoz, une doublure physique le remplace, en la personne d'Henri Vidal. Pour les raccords voix, Louis Cuny dépêche une équipe jusqu'au lieu de détention de Robert-Hugues pour effectuer une prise de son, avec une perche passée par-dessus les clôtures du camp.

Le 16 août 1943, il est déporté au camp de concentration de Buchenwald sous le matricule 21 623, affecté au bloc 31. Le 28 novembre 1944, il est transféré au camp de concentration de Flossenbürg, où il travaille à la briqueterie. Très affaibli, souffrant d'œdèmes aux jambes, il meurt d'épuisement le 7 mars 1945.

A la projection du film , personne ne s‘étonne vraiment de l‘absence du premier rôle et la production n‘a jamais levé le petit doigt pour le faire libérer.
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vania
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MessageSujet: Re: Acteurs francais tortures et tues pendant la guerre   Ven 5 Jan - 14:00

Que d'actions courageuses Rolling Eyes , mais il est vrai que c'est facile de juger après-coup...
Que ferait-on si on était en lieu et place de ces gens scratch ?...
Que Jean Marais soit allé casser la gueule d'un délateur est bien dans l'esprit du bonhomme, lui qui a toujours refusé d'être doublé.
Engagé ensuite dans la 2ème D.B. ...
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naga
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MessageSujet: Re: Acteurs francais tortures et tues pendant la guerre   Sam 6 Jan - 1:25

Robert Lynen, acteur et résistant. 1920-1944

Sacré enfant prodige du cinéma français à 12 ans, pour son incarnation du héros de Jules Renard dans l'adaptation de Duvivier, Robert Lynen connaît un destin héroïque et tragique pendant l'occupation : il s'engage dès 1940 dans l'action clandestine à Marseille, puis devient agent du réseau Alliance de Marie-Madeleine Fourcade. En 1943, son destin bascule : il est arrêté en même temps que tout le secteur marseillais du réseau, torturé, transféré en Allemagne, condamné à mort et exécuté en avril 1944.

Le grand mérite de cette biographie - la première qui lui soit consacrée - est de nous donner les clés pour comprendre ce parcours exceptionnel. Non pas que son itinéraire résistant le soit : d'autres jeunes de son âge, comme Philippe Viannay ou Serge Ravanel, se verront confier des responsabilités nationales dans les organisations clandestines, sans commune mesure avec ce que l'on sait des activités somme toute " ordinaires " de l'agent de liaison Lynen : recueil de renseignements sur l'occupant, transport de courrier et d'émetteurs-récepteurs, recrutement . Mais au coeur de ce destin émouvant, il y a la question de l'engagement, un engagement remarquable par sa précocité.
Question classique pour les premiers rebelles de 1940, qui n'étaient qu'une poignée : comment trouvèrent-ils en eux-mêmes les ressorts moraux pour s'extirper du découragement général ? Elle se pose doublement dans le cas d'un " enfant vedette " du cinéma d'avant-guerre - le film de Duvivier avait eu un succès international, des " clubs de fans " s'étaient constitués au Japon ! - dont la carrière était encore en devenir.





Après le tournage de deux autres rôles d'enfant (Le petit roi, Sans famille), Robert Lynen, entré dans l'adolescence, n'avait pu décrocher que quelques premiers rôles dans des films très secondaires, excepté peut-être Le Petit Chose de Maurice Cloche, et des apparitions fugitives dans deux oeuvres majeures (La Belle Equipe, Carnet de Bal). L'occupation pouvait lui offrir - elle le fit pour toute une nouvelle génération d'acteurs - l'opportunité de se faire une place au soleil, en profitant de la soif de divertissement des Français obsédés par les pénuries, de l'appel d'air créé par l'exil ou l'exclusion de talents déjà consacrés, et, éventuellement, des contrats juteux de la firme allemande Continental. Qu'est ce qui le poussa donc à refuser tout (hormis le tournage épisodique de deux films mineurs, non financés par les Allemands) et à risquer sa vie ?
L'explication tient beaucoup à l'histoire si singulière de la famille Lynen. Placée en apparence sous le signe d'une " vie de bohême " à l'écart des réalités de l'époque, elle se révèle à l'examen porteuse d'expériences complexes, profondes et fortes qui ont certainement préparé le jeune homme à affronter le choix majeur de son existence.

Son père, d'origine alsacienne, a lâché le dessin industriel pour parcourir l'Europe à pied en peignant. En 1905, il s'est embarqué pour les Etats-Unis, où il a rencontré l'âme soeur, Mildred, aussi artiste (chant et piano) et voyageuse que lui. Après cinq ans de pérégrinations à deux, ils ont eu la chance de se lier d'amitié avec un riche héritier de la même trempe qu'eux - indifférent à l'argent et amoureux fou d'art - Charles-James Onimus. Hébergés dans une des villas d'Onimus sur la Côte d'Azur, vivant de vente de tableaux et de leçons de piano dans un milieu mondain et artiste, ils ont eu deux premiers enfants, Edgar et May.
L'amitié du trio repose sur des choix de vie profonds. En 14, Lynen-père et Onimus assument tous deux la même option antibelliciste : l'un se fait réformer et essaye de travailler avec la Croix-Rouge, l'autre s'engage comme infirmier. Après la guerre, les Lynen abandonnent sans état d'âme la vie mondaine pour élever des chèvres et des vaches dans une ferme jurassienne à Nermier, qu'Onimus met à leur disposition. C'est là que Robert passe les trois premières années de sa vie, au contact étroit de la nature ; et son éducation restera singulière, même après le retour de la famille à Paris. Lynen-père s'est résolu à lâcher partiellement sa peinture pour le dessin industriel, afin de faire vivre sa famille, mais Robert n'ira pas à l'école avant 9 ans, sa mère assurant son apprentissage.
On ne peut s'empêcher de penser que les choix personnels des parents, cette façon d'être indifférent à la position sociale, d'accepter un sort matériel favorable ou non, pourvu qu'il laisse entière la liberté de s'adonner à ses passions, ont infusé très tôt chez Robert. Recruté par hasard pour Poil de Carotte (il venait d'être inscrit par sa mère à l'Ecole des Enfants d'artistes et n'avait jamais rien tourné), il semble avoir vécu sa carrière cinématographique d'enfant prodige avec un détachement total, exempt de tout cabotinage. Qu'on en juge par ce dialogue avec Louis Jouvet, qui fut son partenaire en 1938 : " Tu le sais mon petit Robert, que tu es mauvais comme une vache ? - Oh oui, m'sieur Jouvet. - Et tu t'en fous ? - Oh non, m'sieur Jouvet, mais moi, le cinéma, ça ne m'amuse pas. Ce que j'aime, c'est le camping ".
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naga
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MessageSujet: Re: Acteurs francais tortures et tues pendant la guerre   Sam 6 Jan - 1:34

L'anecdote, rapportée par le scénariste Carlo Rim, n'est pas anodine ; ses anciens amis témoignent de la distance récurrente qu'il affichera à l'égard du métier d'acteur, en dépit d'un talent naturel évident. Robert se cherche vraiment : à 16 ans, au moment où un premier rôle au théâtre lui était proposé, il a essayé de fuguer pour s'engager comme mousse sur un bateau à Rouen. L'incertitude sur son être profond s'aggrave des deux drames familiaux sous le signe desquels il a grandi. En 1925, Edgar,le frère aîné, est mort d'une blessure au genoux mal soignée. Dix ans après, c'est son père qui s'est suicidé, sans doute désespéré de commencer à perdre la vue et de rencontrer d'éternels problèmes d'argent.





C'est dès lors son beau-frère Pierre Henneguier, marié à May, qui joue un peu le rôle de chef de famille et, vis-à-vis de lui, de frère aîné. Henneguier a entretenu chez Robert le goût familial de la nature et des voyages, en l'emmenant camper et canoter " sur toutes les rivières de France ". Mais c'est aussi lui qui l'a ramené de Rouen, au moment de sa tentative de fugue. Enfin, Henneguier est, à la veille de la guerre, journaliste à Ce Soir, le quotidien d'Aragon, soutien de l'Espagne républicaine.
Que son beau-frère soit pour Robert un inspirateur ou un modèle devient évident pendant la campagne de France. Robert veut les suivre dans le corps franc où Henneguier s'est porté volontaire - en vain, évidemment, vu son âge. Aussi quand, après l'armistice, Henneguier rassemble quelques amis à Marseille pour " faire quelque chose ", Robert veut tout de suite en être.
Au début, on tâtonne : grâce à un ami banquier, le petit groupe crée Azur-transport, une société de transport par camions, qu'il espère bien faire servir à des activités clandestines. Le groupe parvient à camoufler des armes, fait passer des renseignements au père de l'un d'eux, René Gimpel, lié au réseau polonais F2, diffuse la feuille clandestine Les petites Ailes du mouvement " Libération Nationale ", que Maurice Chevance lui a fait connaître. Tout se passe encore dans une sorte de semi-clandestinité : l'atmosphère anesthésiée de la zone libre encourage à peu cacher ses sympathies, par désir de rencontrer enfin d'autres rebelles autant que par provocation.

L'année 1941 est un tournant pour Robert : après avoir été appelé aux Chantiers de Jeunesse au printemps, il choisit à l'automne de faire partie des tournées théâtrales de Jean-Pierre Aumont. Raisons économiques, d'abord : Azur-transport est peu rentable. Peut-être aussi perçoit-il que l'initiative d'Henneguier a atteint ses limites, y compris sur le plan de l'organisation et de l'activité clandestine ? En décembre 1941, il apprend l'arrestation de son beau-frère et le démantèlement de son groupe ; il interrompt aussitôt sa tournée. Henneguier sera rapidement libéré, mais entretemps, Robert aura tiré, tout seul, la leçon de cette première période. Il saisit l'opportunité que lui offre le réseau Alliance, conscient d'intégrer désormais une organisation clandestine structurée, reliée directement à Londres et capable de l'employer à de multiples missions sur tout le territoire.
Chacun des deux amis suivra désormais séparément le destin qu'il se sont choisi, en pleine connaissance de cause. Celui d'Henneguier l'amènera à réussir en 1944 certains des plus importants sabotages de la région parisienne, à la tête des groupes francs du Délégué militaire Rondenay.
Celui de Robert Lynen le conduira jusqu'à la mort, après l'avoir sans aucun doute révélé à lui-même.





Arrêté par la Gestapo le 7 février 1943 à Cassis, interrogé par la police allemande, torturé, il fut déporté via le camp de Compiègne à la prison de Kehl puis à celle de Fribourg-en-Brisgau.
Son procès se déroula les 15 et 16 décembre 1943 devant le 3e Senat, présidé par le juge Schmauser. L’administration judiciaire du Tribunal de guerre du Reich RKG, considéra Robert Lynen comme le chef des dix co-inculpés ; il fut condamné à la peine capitale pour activité d’espionnage au profit d’une puissance ennemie.
Le jugement fut confirmé le 20 janvier 1944 à Torgau par l’amiral Bastian, président du RKG.
Robert Lynen et ses compagnons ont été fusillés à Karlsruhe le 1er avril 1944. Leurs corps ont été ensuite rapatriés et reposent dans le carré militaire du cimetière de Gentilly.



source
fondationresistance.org
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MessageSujet: Re: Acteurs francais tortures et tues pendant la guerre   Sam 6 Jan - 10:51

Pas banal le parcours de ce soldat de l"Armée des Ombres", comme dirait J.P. Melville... Shocked
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MessageSujet: Re: Acteurs francais tortures et tues pendant la guerre   

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