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 Les Siamois et la première guerre mondiale

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naga
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MessageSujet: Les Siamois et la première guerre mondiale    Lun 8 Oct - 2:51

En août 1914, le Siam est un royaume indépendant mais fortement contraint par des liens imposés au début du XXe siècle par les puissances occidentales, dont la GrandeBretagne et la France. Également en relation avec l’Allemagne, le royaume du Siam rejoint pourtant le camp des alliés le 22 juillet 1917. En effet, le roi Vajiravudh (Rama IV) voit dans le ralliement à la cause des alliés un intérêt stratégique et commercial, espérant ainsi obtenir l’égalité avec les nations engagées dans la guerre.





À la déclaration de guerre, plusieurs navires marchands allemands sont saisis par l’armée royale du Siam. En 1918, un corps expéditionnaire est envoyé sur le front occidental. Composé de 1 284 volontaires, ce corps, dirigé par le lieutenant-général Phya Pijaijarnrit, débarque dans le port de Marseille en août 1918. Les soldats Siamois sont immédiatement dirigés vers le front, combattant dans les tranchées en septembre 1918.

Un groupe de pilotes siamois est également mis à contribution dans le conflit. Formés dans les écoles de l’air françaises, notamment à l’école de Cazaux en Gironde, ces pilotes volontaires effectuent plusieurs missions vers la fin de la guerre. Les troupes siamoises participent au défilé de la victoire sur les Champs-Élysées le 14 juillet 1919.

Les archives photographiques et cinématographiques de l’ECPAD contiennent de nombreux documents sur la participation de l’armée royale du Siam dans la guerre : le nombre de clichés et d’éléments de tournage sont relativement nombreux par rapport au faible effectif militaire déployé en France et présentent des intérêts documentaires et esthétiques. Il existe des reportages photographiques et des épreuves de tournage montrant l’arrivée des troupes siamoises à Marseille, ainsi que leur départ pour le front, fixant de très beaux portraits de ces combattants. Les visites du roi Rama IV aux écoles d’aviation ont été également couvertes par les opérateurs de la SPCA. Des images fixes et animées témoignent de la remise de la croix de guerre au drapeau de l’armée siamoise en Allemagne en mars 1919. Seules des images animées existent pour le défilé des troupes du Siam lors du 14 juillet 1919 à Paris.





Enfin, le fonds privé Rosier (D31) renferme un bel ensemble de tirages consacrés notamment à la visite à Tien-Tsin du maréchal Joffre. Devenu diplomate, celui-ci est chargé en 1921 de porter le salut du gouvernement français aux chefs d’États d’Extrême-Orient qui ont participé à la Grande Guerre. À ce titre, il visite successivement l’Indochine, le Siam, le Japon, la Chine et les États-Unis.



source
ecpad.fr
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naga
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MessageSujet: Re: Les Siamois et la première guerre mondiale    Lun 8 Oct - 3:03

Les relations franco-thaïes : La première guerre mondiale

« A deux reprises, en 1897 et en 1907, le Roi Rama V effectue une visite d’Etat en France et, pendant la première guerre mondiale, Siamois et Français connaissent la fraternité des armes : le Siam envoie en Europe un corps expéditionnaire, qui vaut aux troupes siamoises de défiler sur les Champs Elysées en 1919 »

On aurait pu aussi  dire : «  pendant la première guerre mondiale, Siamois et Français connaissent la fraternité des armes : le Siam envoie en Europe un corps expéditionnaire, qui vaut : par le traité de Versailles de saisir les bateaux et toutes les propriétés allemandes au Siam et d’annuler les traités qui accordaient à la France (et à la Grande –Bretagne et aux USA) la Protection consulaire de ses sujets et ressortissants et la franchise douanière pour toutes les marchandises importées et exportées à bord de navires français et d’être membre fondateur de la Société des Nations (SDN) en 1920.



Nous avons vu que que «L’ Entente Cordiale» franco-anglaise de 1904  avec le Traité franco-thaï du 23 mars 1907 assuraient l’indépendance du Siam.

Le roi Chulalongkorn, bien que meurtri par la perte des  suzerainetés « historiques » sur le Laos et le Cambodge et de quatre territoires malais frontaliers, pouvait estimer qu’il avait sauvé son Pays de la mainmise étrangère. Il conserve encore aujourd’hui un grand prestige pour avoir fait entrer son pays dans la modernité et l’ère des réformes (centralisé l’administration, organisé les services postaux, les chemins de fer, la première université, introduit les billets de banque, imposé le système décimal, aboli l’esclavage en 1905…). Il meurt le 23 octobre 1910, après 42 ans de règne. Son second fils, Vajiravudh, Rama VI, lui succède (1910-1925).





Il est connu alors pour avoir fait des études en Angleterre à la Sandhurst Military Academy (1891) et à Oxford University (1899). Il revient au Siam en 1902 adaptant des traditions anglaises à la culture thaïe. Son premier acte après son accession au trône  est de construire un Collège royal  dans la même tradition que les écoles publiques anglophones comme Eton et Harrow.  Il devient l’initiateur d’un mouvement nationaliste que certains qualifient de xénophobe  qui prendra pour cible l’immigration chinoise. Les grands travaux (canaux et voies ferrées) avaient, en effet, favorisés l’immigration de coolies chinois, tandis que les besoins de l’Etat et l’ouverture du système d’enseignement avaient permis à des Chinois de rentrer dans l’administration, et surtout la  richesse économique de leurs commerçants leur était  reprochée (le roi écrira qu’ « ils  sont les Juifs de l’Est »).  Il introduit dès 1909 le scoutisme « nationaliste » au cursus scolaire, il crée l’université de Chulalongkorn, impose le calendrier grégorien, adopte deux fêtes nationales, crée l’école obligatoire pour les garçons, interdit la polygamie et impose une  nouvelle tenue pour les femmes (cheveux longs et jupes). Il dicte des lois sur l’état civil qui rendent obligatoires les noms de famille (et un prénom). Elles obligent également les Chinois, à adopter, pour conserver la nationalité thaïe, un nom thaï (choisi sur une liste choisie par le Roi). Il dote ainsi l’  Etat d’un instrument indispensable au recensement et, nécessaire pour une fiscalité plus « rationnelle ».  
Cette modernisation continuait l’œuvre initiée par son père et suivait ainsi le modèle des grandes puissances.

Mais Rama VI a un style de vie qui peut choquer. Il se veut amoureux des arts,  compose de nombreuses œuvres de prose, de poésie et de théâtre, ainsi que trois traductions de pièces de Shakespeare en thaï. Les putschistes de 1912  (la 1ère tentative avortée  pour installer une République) reprocheront au Roi de consacrer trop de temps à la littérature avec ses « favoris » et de vivre « luxueusement à « l’occidental » tout en invitant ses sujets à être « austères » et « nationalistes ».
Lorsque la 1ère guerre mondiale  éclate en 1914, le Roi est apte à comprendre les nouveaux enjeux, même si la Cour est divisée et les élites plutôt favorables à l’Allemagne (et hostiles à la France). On peut penser que la décision du Président des États-Unis Woodrow  Wilson de déclarer la guerre à l'Allemagne en avril 1917, au côté de l’Entente, sera déterminante.

Le roi Vajiravudh, le 22 juillet 1917, malgré les réticences de certains membres du gouvernement royal, déclare la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. Il est convaincu que la participation du Siam serait “une excellente occasion pour nous d'obtenir l'égalité avec les autres nations” Le roi, en cette décision historique, ne pouvait que se souvenir de la cession de quatre provinces du sud et la perte du Laos et du Cambodge et espérer la révision des traités inégaux qui accordaient des droits d’extraterritorialité pour les citoyens de pays comme la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

On a reproché à Rama VI son entrée tardive dans le conflit, mais on oublie que chaque Pays a ses propres « intérêts », sa propre histoire.  Les traités « coloniaux »  signés sous la menace  avec la France et la Grande-Bretagne étaient récents et avaient  « blessés » l’amour propre siamois et une grande partie de l’élite était devenue pro-allemande. Une quinzaine de pays ne prendront leur décision qu’en 1917 (et même l’Arménie et la Tchécoslovaquie en 1918).

Arrivee a Marseille le 30 Juillet 1918









Le Siam envoya une petite force expéditionnaire de 1284 volontaires, sous le commandement du général Phya Pijaijarnrit. Les Siamois arrivèrent en 1918. Certains furent envoyés à l'École de bombardement du Crotoy, à l'école de reconnaissance de Chapelle-la-Reine, à l'école de tir de Biscarosse, et à l’école de chasse de Poix et le personnel de l’armée  de l’Air commença à se former dans les écoles françaises de pilotage d’Avord et d’Istres. Plus de 95 hommes furent brevetés pilotes. Les sources divergent sur leur participation ou non aux combats. Par contre, une unité médicale d’infirmières siamoises est signalée sur le front occidental.



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MessageSujet: Re: Les Siamois et la première guerre mondiale    Lun 8 Oct - 3:13

Le 11 novembre 1918, l’armistice est signé, déclarant la fin de la première guerre mondiale.
Le contingent siamois participa au défilé de la Victoire à Paris le 14 juillet 1919 et fut de retour au Siam le 21 septembre 1919.
"Qui a vu ce jour a vécu" dit Clémenceau au maréchal Pétain, le soir du 14 juillet 1919.
Ils avaient vu l'armée française défiler, Joffre et Foch, les détachements des armées alliées....
Serrés contre les Italiens, d’un pas rapide et sautillant, voici les Japonais aux figures de lémurs. Ils sont peu nombreux. Leur général, sphinx sans âge au teint grisâtre, monte un cheval de race orientale, superbe dans sa vigueur maîtrisée, d’une finesse de lignes admirable.
Les Siamois ont un physique moins ingrat que les Japonais, se rapprochant davantage des Hindous. Mais leur attirail de guerriers occidentaux (casques français, bandes molletières…) est ridicule et risible, disproportionné en tout cas quand on songe que la guerre s’est bornée pour eux à une déclaration ! Il n’empêche, la foule jubile et s’extasie : la terre entière n’est-elle pas convoquée à la gloire de la France après avoir été à son chevet ? L’exotisme est contagieux. Les hurlements n’ont pas cessé. Une clameur enthousiaste continue de couvrir les musiques, mouchoirs et couvre-chefs s’agitent sans interruption tandis que défilent les délégations des petits Etats, anciens ou nouveaux (Blog Michel Bellin)





Un mémorial fut érigé en l'honneur du corps expéditionnaire siamois (à Bangkok, à Sanam Luang, près du musée national). Les noms des 19 soldats tués sur le front occidental sont ainsi honorés. (La France avait perdu 1 350 000 hommes, la Grande-Bretagne 1 150 000 hommes. )


Major General Phraya Bhijai Janriddhi (Phad Devahastin Na Ayudhaya), commandant des Forces Expeditionaires du Siam.(1919)





Le Traité de Versailles du 28 juin 1919 met fin à la Première guerre mondiale, détermine les frontières de plusieurs pays, et crée la Société des Nations.
Ce traité est entré en vigueur le 10 janvier 1920. Le traité de Versailles comporte quatre-cent-quarante articles, certains accompagnés d'annexes et est accompagné d'un protocole, et d'un arrangement concernant l'occupation militaire des territoires rhénans, auxquels adhèrent certains signataires. Les signataires du Traité de Versailles sont : pour le traité de paix, le protocole et l'arrangement : l’Allemagne, les Etats-Unis d’Amérique, la France, l’Empire britannique, la Belgique. Pour le traité de paix et le protocole : la Bolivie, le Brésil, le Guatémala, l’Italie, le Japon, le Pérou, la Pologne, le Siam , la Tchécoslovaquie, l’Uruguay.  


La Section III, consacré au Siam comporte trois articles :

Article 135
L'Allemagne reconnaît comme caducs, depuis le 22 juillet 1917, tous traités, conventions ou accords passés par elle avec le Siam, ensemble les droits, titres ou privilèges pouvant en résulter, ainsi que tout droit de juridiction consulaire au Siam.

Article 136.
Tous biens et propriétés de l'Empire ou des États allemands au Siam, à l'exception des bâtiments employés comme résidences ou bureaux diplomatiques ou consulaires, seront acquis de plein droit au Gouvernement siamois, sans indemnité.
Les biens, propriétés et droits privés des ressortissants allemands au Siam seront traités conformément aux stipulations de la partie X (Clauses économiques) du présent traité.

Article 137.
L'Allemagne renonce à toute réclamation, pour elle ou ses nationaux, contre le Gouvernement siamois relativement à la saisie des navires allemands, à la liquidation des biens allemands ou à l'internement des ressortissants allemands au Siam. Cette disposition ne doit pas affecter les droits des parties intéressées dans le produit d'aucune de ces liquidations, ces droits étant réglés par les dispositions de la partie X (Clauses économiques) du présent traité.
Il permettait ainsi au Siam de conserver à titre de dommages de guerre pas moins de 11 navires appartenant à la compagnie “North German Lloyd” (LGN). (Bangkapong, construit en 1903, saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Han Thale (455 tonneaux) — Chantaboon, construit en 1908,saisi par le Siam en 1917 (421 tonneaux) — Chiengmai, construit en 1907,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Doen Samudi (1815 tonneaux) — Deli, construit en 1900,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Den Samud (1394 tonneaux) — Kohsichang, construit en 1894,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Sri Samud (2043 tonneaux) — Menam, construit en 1906,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Thon Thale (464 tonneaux) —Patani, construit en 1907,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Thong Samudi (1819 tonneaux) — Patriu, construit en 1903,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Leu Thale (445 tonneaux) — Petchaburi, construit en 1906,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Kaeo Samud (2191 tonneaux) — Samsen, construit en 1902,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Pin Samud(1632 tonneaux) — Pitsanulok, construit en 1901,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Phan Samudh (2019 tonneaux).


En janvier 1920, le Siam devenait un des membres fondateurs de la Société des Nations.

« La Société des Nations (S.D.N.) est la première tentative pour faire fonctionner une organisation universelle des États, principalement créée pour régler les problèmes de sécurité collective. Il s'agissait en quelque sorte de prolonger le gouvernement de fait des Alliés durant la Première guerre mondiale dans une organisation permanente. À l'origine de la S.D.N., il y a les conditions de la paix telles qu'exposées par le président Wilson en janvier 1918 à travers les 14 points. Le quatorzième point précisait qu'une « association générale des nations devra être formée sur la base de pactes spécifiques afin d'assurer les garanties mutuelles d'indépendance politique et d'intégrité territoriale, aussi bien aux petits États qu'aux grands […] Ce pacte est inclus dans le texte du traité de Versailles, le 28 juin 1919, ainsi que dans ceux de Saint-Germain, de Trianon et de Neuilly ; il en forme en fait les 26 premiers articles. La S.D.N. entre en application le 10 janvier 1920 après la ratification du traité de Versailles par l'Allemagne et trois des principaux associés. C'est à Paris qu'a lieu, le 16 janvier 1920, sur convocation du président Wilson, la première réunion du Conseil de la Société des Nations » (Encyclopédie Larousse).
Le 1er septembre 1920, les États-Unis abandonnèrent leurs droits d’extraterritorialité. Après cinq années de négociation , la France  (février1925) et la Grande-Bretagne (juillet 1925) renonçaient aussi à leurs droits d’extraterritorialité, aux traités inégaux  leur accordant le « Droit de Protection consulaire » qui donnaient (par exemple l’article 7 du traité de 1893) aux Français mais aussi  à ceux qui dépendaient du « Protectorat français »comme les Annamites, les Laotiens, les  Cambodgiens (Cf.. les Chinois et Japonais inscrits), la liberté de circuler et de commercer librement sans payer de droits de douanes. Le 12 janvier 1926, la France et le Siam signaient un traité d’amitié, de commerce et de navigation.
 


Le Siam obtenait satisfaction et retrouvait sa souveraineté pleine et entière.

Le roi Varjiravudh (Rama VI) avait été bien « inspiré » le 22 juillet 1917 en déclarant la guerre à l’Allemagne. Le traité de Versailles lui avait donné le droit de confisquer tous les avoirs allemands au Siam, de renégocier et d’obtenir l’abrogation du droit d’exterritorialité « extorqué » par les super puissances franco-anglo-américaines et de retrouver la mainmise sur ses douanes, dénonçant ainsi (indirectement) les traités inégaux qui avaient été arrachées à son père sous la menace coloniale. De plus, en devenant membre fondateur de la Société des Nations en 1920, Rama VI assurait à son pays une garantie internationale pour l’indépendance et  l’intégrité du Siam.


On était loin du laconique : « le Siam envoie en Europe un corps expéditionnaire, qui vaut aux troupes siamoises de défiler sur les Champs Elysées en 1918 (sic). » (site officiel de l’ambassade de France). »


source
alainbernardenthailande.com


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MessageSujet: Re: Les Siamois et la première guerre mondiale    Lun 8 Oct - 3:15

Fantassin du 2ème régiment d’infanterie siamois en tenue d’été, 1917-1918

Le combattant siamois est habillé et équipé d’un matériel fortement marqué par les influences française (casque), britannique (coupe de la veste et équipement) et japonaise (armement).
Notre homme a adopté le casque Adrian français modèle 1915 (ici fabriqué en 1920 par la firme belge Fonson, dont les visières sont embouties en une pièce) peint d’un vert prononcé et muni d’un insigne frontal spécifique à l’armée siamoise. Cette version est dite « casque lotus ».
Le fusil est du modèle Mauser siamois daté RS 122, soit 122ème année du calendrier de la dynastie des Rattanakosin, ou 1904. Cette arme est montée sur un bois de type japonais, proche de l’Arisaka, dont il possède également des garnitures et un couvre-culasse qui en sont fortement inspirés. Quoi de plus normal puisque le Siam passa commande de 40 000 Mauser aux arsenaux de Tokyo et de Kokura.





Fantassin de dos : l’équipement Mills modèle 1912 de l’armée siamoise est confectionné dans un ceinturon de type britannique M.1908, équipé de quatre cartouchières doubles pour munitions 8 x 50 mm. R et un havresac, qui possède l’originalité de disposer d’un porte-pelle intégré à sa pattelette. Les bandes molletières sont droites et fabriquées dans un drap sergé. Les brodequins de couleur brun-noir à partir de 1919 sont normalement du modèle français 1916 d’infanterie.

Le fond du cliché est composé d’un drapeau régimentaire siamois : le tablier comprend 5 bandes de couleur sur lesquelles sont disposés les armoiries royales et l’éléphant blanc, animal bénéfique et sacré au Siam. Lors des négociations précédant la signature du traité de Versailles, le drapeau du Siam fut erronément présenté à l’envers et moqué. L’ayant appris, le roi fit immédiatement supprimer la représentation de l’éléphant sur le drapeau national. L’inscription est une Mantra bouddhique destinée à assurer la victoire aux soldats.






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MessageSujet: Re: Les Siamois et la première guerre mondiale    Lun 8 Oct - 3:51

Commande du Siam a la France apres la guerre 14/18
30 appareils Breguet XIV de type A2 et B2 de 1919 à 1937

Musee de Dong Muang-nord de Bangkok-

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MessageSujet: Re: Les Siamois et la première guerre mondiale    Mar 9 Oct - 13:04

1-Medical platoon commande par le Sous Lieutenant Chump Jitmetta
L unite a pris part a l offensive en Champagne et Meuse-Argonne.


2-Army Air Crop (qui deviendra Royal Thai Air Force dans les annees 30 ) dont le Commandant etait le Major Luang Tayard Pikard (Tip Keadtad)
Avant la premiere guerre mondiale,il n y avait que 8 pilotes seulement au Siam.
97 pilotes siamois et une centaines de mecaniciens ont ete formes par les francais a l issue de la Grande Guerre en 1919.


3-Army Combat Vehicle Crop (qui deviendra Royal Thai Army Transport Department) qui etait command par le Captaine Luang Ramarittirong (Toi Hasadisevi)
Apres un apprentissage sur camion de transport a Lyon et Dourdan,les siamois ont ravitailles les troupes allies en traversant le Rhin a Mainz puis sont rester
stationnes  de Decembre 1918 a Juillet 1919 dans les environs de Neustadt.(l unite a ete decoree de La Croix de Guerre 14/18)


En ce qui concerne les 19 morts,la moitie sont morts de la grippe espagnole,l autre moite ont ete tues lors d accidents.(Aucun mort au combat)


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MessageSujet: Re: Les Siamois et la première guerre mondiale    Mar 9 Oct - 13:26

Rapports Franco-siamois desastreux

Les tensions entre les troupes siamoises et leurs officiers de liaison français s'étaient accrues pendant les semaines passées dans le camp, mais dans des conditions de combat, elles ont atteint leur apogée.
La barrière de la langue était un problème; Si les Français et les Siamois avaient recruté autant d'interprètes qualifiés que possible, il restait difficile de communiquer efficacement avec les officiers français sur le champ de bataille??

Plus important encore, l'armée française était mal préparée pour intégrer les troupes siamoises aux opérations militaires en cours, en grande partie à cause des attitudes condescendantes et racistes prévalant parmi les officiers de liaison français. Ils ont de plus en plus abandonné leurs rôles de conseillers et ont commencé à commander directement les troupes siamoises, écartant ainsi les officiers siamois du commandement.

L'effet du comportement français sur le moral des troupes a été désastreux, bouleversant les officiers supérieurs siamois, les diplomates à Paris, les hauts responsables militaires et civils à Bangkok et même le roi lui-même.
Confrontés à des accusations siamoises, les responsables du ministère français des Affaires étrangères ont compris le danger que leur posait la présence des troupes siamoises en France: améliorer les relations politiques et commerciales avec le voisin d’Indochine.
La situation s'est tellement détériorée que le roi et ses principaux conseillers ont envisagé d'abandonner la mission.

Le 11 novembre, l'armistice a été signé et les combats ont cessé, éliminant ainsi une bonne partie de la pression exercée par la situation.
C'est en réaction à ces tensions que le ministère français des Affaires étrangères a incité le commandement militaire à ordonner aux corps motorisés siamois de traverser le territoire allemand derrière leurs propres troupes.
L'occupation de l'Allemagne par les siamois n'était donc pas le résultat d'une décision militaire tactique mais d'un effort politique visant à apaiser cet allié contrarié.
La décision a grandement plu à toutes les personnes impliquées, des commandants militaires en Europe au roi à Bangkok lui-même. À la fin, les Siamois étaient prêts à mettre les animosités derrière eux et à tirer le meilleur parti des bénéfices politiques de l’énorme effort de déploiement de troupes en Europe.

Le roi Vajiravudh est allé jusqu'à décrire le jour où ses troupes sont entrées sur le territoire allemand comme le jour le plus fier de sa vie. Ces événements extraordinaires ont servi l'ambition du roi de se faire passer pour un roi-soldat et un camarade des troupes. Il souhaitait également utiliser la participation du Siam à la guerre comme un moyen de renforcer l'unité nationale et le patriotisme, le roi-soldat étant au centre de la nation et de l'effort de guerre.


source
thaimilitary.wordpress.com

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MessageSujet: Re: Les Siamois et la première guerre mondiale    Mer 10 Oct - 1:37

Superbe photo colorisee

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MessageSujet: Re: Les Siamois et la première guerre mondiale    Mer 10 Oct - 9:53

Pauvres gars, devaient de demander ce qu'ils étaient venus faire en France, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, Malgaches, Sénégalais, Maghrébins...
Curieux de voir des "bridés" en uniforme français... scratch
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MessageSujet: Re: Les Siamois et la première guerre mondiale    Mer 10 Oct - 13:24

La naissance de l aviation militaire au Siam

Le ministère de la guerre ayant décidé en 1911 d'adopter l'aviation à utiliser dans l'Armée, trois officiers de l'Ingénieur Royal furent sélectionnés et envoyés en France pour étudier l'aviation.  Ces trois officiers commencèrent leur instruction de vol en juillet 1912, à l aerodrome de Villacoublay, près de Paris, et le 22 octobre suivant, le major Luang Sakdi Salyavudh obtint son certificat d'aviateur qualifié du Club Aero français, sur un avion Breguet III.  
Il a ensuite commencé à s'entraîner avec l'armée française pour se qualifier pour le brevet d'Aviateur militaire Francais:, l'obtenant le 18 août 1913.





Les deux autres candidats ont reçu leurs certificats de l'Aero Club en juin 1913, volant sur des monoplans Nieuport.      
Un rapport sur leurs progrès, publié dans le Bangkok Times du 3 mai 1913, a mentionné que le major Luang Sakdi avait volé de Paris à Ramboullet avec un passager à une altitude de 1 200 mètres et aussi qu'il avait reçu l'instruction de voler en hydravion.

Pendant ce temps, de retour à Bangkok, le ministère de la guerre avait autorisé l'achat de sept avions pour son unité de pilotage proposée; trois biplans Breguet et quatre monoplans Nieuport II.
Un quatrième Breguet a été acheté par Chao Phraya Aphai Pubet, un riche résident de l'extraction cambodgienne, qui a donné la machine au ministère de la guerre, de tels dons par le public devaient devenir fréquents dans la prochaine décennie.

Les trois pilotes thaïlandais, avec leurs avions et un mécanicien français, sont retournés dans leur Royaume par une longue route à travers la Russie jusqu'au Japon,
en faisant un certain nombre de démonstrations en vol sur le chemin.
Ils sont finalement arrivés de retour à Bangkok le 2 novembre 1913.
À partir de janvier 1914, de nombreux vols ont été effectués et des passagers ont été pris pour montrer l'utilisation pratique de l'avion.


Nieuport II (replique)





Breguet Biplan




Premier vol a Dong Muang 1913



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