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 JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941

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leclerc1944
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MessageSujet: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeSam 15 Juin - 3:31

Je souhaitait en premier écrire plus sur la colonne Leclerc. Mais comme il y'en as tellement d'écrit en langue française, qui existe déjà. Et comme moi, j'aime plus trouvé des récit, qui sont méconnue, ainsi je me suis dit, et pourquoi pas, écrire sur l'épopée du colonel Monclar en Erythrée 1941.

Citation :
L’action militaire la plus importante de cette époque se situe en Erythrée au cours des mois de février, mars et avril 1941. Elle est pourtant peu connue.

C’est le compte rendu de la campagne menée dans ce pays par la Brigade Française d’Orient que nous nous proposons de faire. Elle ne fut cependant pas la seule formation française présente sur ce théâtre d’opérations, un escadron du 1e Spahis Marocains, le Bataillon de Marche n°4 et l’escadrille française d’Aden s’illustrèrent soit en Erythrée, soit en Abyssinie. Des bâtiments de guerre de la marine française se trouvèrent également en Mer Rouge.

Mais leurs faits d’armes ne vous serons pas décrite dans le récit qui va suivre.

Constituée le 21 octobre 1940, en Afrique Française Libre, la Brigade Française d’Orient, aux ordres du Colonel Monclar, est mise à la disposition du général Wavell, commandant le théâtre d’opérations du Moyen orient.

Elle sera donc engagée dans l’action entreprise contre la partie orientale de l’empire italien, offensive dont le but est d’aider la révolte abyssine et, par la même occasion, de venger l’affront subi en Somalie britannique.

Les Britanniques pensent que, faisant suite à la disparition de son armée en Libye, la perte de l’Erythrée et de l’Abyssinie amènerait l’Italie à se détacher de son alliée afin de sauver le reste de son empire. Certains historiens pourront sans doute trouver d’autres raisons stratégiques telles que de maintenir la liberté de navigation en Mer Rouge, ou d’assurer la protection du Tchad dont l’importance est vitale pour le renforcement aérien de la Libye. Mais ces motifs n’apparaissent ni dans les récits d’opération ni dans les mémoires que nous a laissés Churchill. Tout au plus ce dernier prête-t-il au Général de GAULLE une intention d’action sur Djibouti que rien ne permet de confirmer.

Toujours est-il que le 24 décembre 1940, après un mois d’entraînement intensif, la brigade s’embarque à Douala : un millier d’hommes sur le Touareg (*), le Cap des Palmes et le matériel sur le Fort-Lamy.

La brigade se compose alors d’un état-major avec un bataillon de commandement (compagnie de commandement et compagnie antichars toutes deux composées de légionnaires, détachement de transmissions, groupe-franc).

Un bataillon de la 13e Demi-Brigade de Légion Étrangère, une compagnie de transport du train, une section d’artillerie, une section du génie, un détachement du service de santé, un détachement d’intendance.

Le 3e Bataillon du Tchad de son côté quitte, le 26 décembre, Mouzarak (Tchad) pour gagner le Soudan par voie de terre.

Vite mon petit astérix (*) Alors le Touareg était un Navire, il était en premier temps entre les mains de la France de Vichy. Et capturer en Septembre 1940 ou l'ancien équipage avait tenté de le saborder, mais fus sauver par les Anglais de la Royal navy, ou uniquement 2 chaudières ont fonctionné.

Citation :
NOUS VOLONS À LA VICTOIRE
25 décembre 1940 : l’Amiral Rakes, commandant l’Atlantique Sud, signale par optique à la brigade française Joyeux Noël - Bon voyage - Nous volons à la victoire.

En fait de vol, le départ est plutôt laborieux. Le Touareg ne peut marcher qu’à 7 nœuds avec deux chaudières remises en état au dernier moment. Il a en effet été saboté par son précédent équipage qui l’a quitté pour rejoindre la France.

À son bord l’installation est très sommaire, la cuisine exiguë, le four à pain dont la voûte est détériorée ne permet pas de faire de grasses fournées. Faute de salles frigorifiques, des animaux ont été embarqués vivants sur le pont. Enfin, l’eau est rare à bord et très rationnée.

Qu’importe ! Le moral des passagers est bon : ils vont au combat comme le leur avait promis, au mois d’août, le Général de GAULLE.

Le croiseur Dehli puis l’Ajax et un sloop de classe 1931-1935 nous escortent. Les marins britanniques doivent maudire ce convoi qui se traîne à 9 nœuds, s’arrête par quatre fois pour réparer des avaries de machine, et ne peut marcher en zigzag car l’approvisionnement en mazout est insuffisant. Deux sous-marins sont justement signalés dans les parages et nous ne pouvons que faire des exercices d’abandon et veiller la nuit au plus strict black out.

Le 1e janvier nous fournit l’occasion de quelques distractions, échange de vœux avec le Cap de Palmes et navires convoyeurs Bonne et heureuse année de la part des officiers et des hommes , à quoi le Dehli répond : De même et bonne chasse à la Légion et le Sloop Mille mercis et réciproquement de tout cœur. Nous espérons avec votre aide une glorieuse victoire . Bien sûr !

Veillée et réceptions à bord. Évidemment nos pensées sont ailleurs mais la volonté de nous battre nous soutient.

Enfin le 3 janvier c’est Freetown où le transbordement du personnel de la brigade à bord du Neuralia s’opère par chaloupe ; c’est donc très long.

Le 7 janvier tout est enfin terminé. Nous nous intégrons alors à un gigantesque convoi d’une quarantaine de bateaux qui fait route vers le cap de Bonne Espérance.

Trente-neuf jours plus tard le Neuralia atteint Port Soudan. C’est avec soulagement que nous débarquons, car pendant ce voyage les hommes ont beaucoup souffert de la chaleur et du paludisme. L’état sanitaire fut même quelques temps bien mauvais.

Le récit des péripéties du voyage que nous venons de terminer fournirait la matière d’un volume. Qu’il nous suffise de mentionner le sourd conflit qui opposa le commandant du bord à notre Colonel. Le premier, sûr de la valeur éprouvée du règlement pratiqué à bord des transports de troupe de Sa Majesté britannique, exigeait un service intérieur très chargé et l’exécution d’un tableau de travail invariable. Chaque jour à la même heure il pouvait affirmer que sur toutes les mers du globe les soldats en mer faisaient les mêmes exercices ou corvées ; à 17 heures par exemple partout dans le monde où flottait l’Union Jack, le fantassin britannique sur terre ou sur mer, jouait au puzzle avec son fusil et le maître du bord en tirait une juste fierté.

En revanche, le Colonel MONCLAR formé par un quart de siècle de guerre sous tous les climats, prônait la vertu des exercices impromptus. Ces deux conceptions, difficiles à satisfaire simultanément, exigeaient des hommes des trésors d’imagination pour en faire le moins possible. Le gentleman’s agréement s’instaura de facto très rapidement, l’un ignorait ce que faisait l’autre. Les officiers surveillaient les reprises de ce match original, s’ingéniant à satisfaire les marottes des deux chefs grâce à un système analogue à celui des bordées.

Nous n’avions eu qu’une escale de quelques jours à Durban à la fin du mois de janvier, nous y avions trouvé une certaine détente et reçu d’Angleterre quelques légionnaires venus en renfort.

Aussitôt débarquée la brigade est transportée par trois rames de chemin de fer jusqu’à Suakim. Nous traversons un pays désolé, à la végétation rare. De temps en temps des plantes épineuses se dressent sur le sable attirant quelques chèvres faméliques ou des dromadaires gris sale. L’existence des douars se signale de loin par un vol de charognards.

La voie ferrée suit la côte, dans une plaine basse et sablonneuse, large d’environ 50 kilomètres et qui cesse brusquement au pied d’une chaîne de montagnes élevées parallèle à la mer.

À 4 kilomètres au sud de Suakim nous dressons le camp sous tentes, à l’endroit que le bataillon de marche n°3 (BM 3) venu du Tchad, vient de quitter. Suakim, ville morte que le Capitaine GARBIT (BM 3) décrit ainsi : C’était le port d’embarquement pour La Mecque de tous les pèlerins venus à pied de tous les coins d’Afrique, du Soudan, du Sénégal et du Maghreb. Imaginez donc une petite rade très fermée, une petite île de 500 mètres de diamètre. Dans cette île, une cité orientale et médiévale. Et dans cette cité... personne. L’île de Suakim est entièrement abandonnée .

Au crépuscule vous errez dans les rues silencieuses où vos pas ont une résonance inquiétante. Les maisons vides sont intactes. De belles maisons de pierres blanches, des portes sculptées et armoriées, et aux trois ou quatre étages ce-moucharabiehs, ces balcons de bois grillagés derrière lesquels les femmes musulmanes riches suivaient à longueur de journée le mouvement animé de la rue... au bout de chaque rue vous trouvez un quai.

Les Alliés face aux Italiens

La situation en Erythrée du nord était la suivante : deux divisions britanniques, les 4e et 5e divisions indiennes sous les ordres du général Platt avaient obligé les forces italiennes ; évacuer Kassala le 21 janvier, après un rude combat.

Poursuivant vers l’est en direction de Keren, ces divisions sont retardées par les destructions, ce qui donne aux Italiens un répit et leur permet d’occuper les hauteurs à l’ouest de Keren. Les Britanniques se heurtent alors à la position principale ennemie sans réussir à l’entamer. Les grenadiers italiens combattirent vaillamment et repoussèrent nos assauts sans cependant empêcher nos troupes, très diminuées en nombre par l’obligation de transporter leur eau, vivres et munitions, de gravir les forts escarpements et de prendre pied sur les plus hauts sommets comme le dit le résumé de la situation militaire en Erythrée qu’édite Khartoum.

Les Italiens avaient en effet fort judicieusement agencé en défenses. Ils disposaient de six bataillons blancs (10e et 11e régiments de grenadiers, 3e bataillon d’alpins et bataillon de bersaglieri) formant la division Savoie, et de cinq brigades coloniales à deux bataillons d’Ascaris érythréens ou éthiopiens, trois groupes de cavalerie indigène et 99 pièces d’artillerie, dont 67 légères.

Ces forces étaient articulées en trois groupements à trois Bataillons chacun qui occupaient du sud au nord les hauteurs situées immédiatement à l’ouest de Keren, c’est-à-dire le mont Sanchil : 1 784 m ; le mont Laal Aniba : 2 048 m ; le massif Cub-Cub : 1 447 m et le mont Ab Aurès : 1 845 m.

Les hauteurs commandaient les vallées que suivaient les routes et pistes venant de Kassala, les groupes de cavalerie verrouillaient les passages.

Un élément réservé de deux bataillons était massé à 1 kilomètre à l’est de Keren, en position centrale.

L’artillerie disposait de bons postes d’observation et, nous dit le bulletin de renseignement l’ennemi profite de cette situation pour bombarder nos réserves, les zones de repos aussi bien que nos positions avancées.

Pour arrêter les tentatives de débordement de la position, deux flancs-gardes fixes, l’une de deux bataillons occupe la région du mont Falesteh - pointe Zelabe au sud de Keren. L’autre au nord, forte d’une brigade à trois bataillons et un groupe de cavalerie, occupe l’Engiahat et barre la vallée du Cochon. Un poste avancé est tenu à Cub-Cub en un site facile à défendre. Enfin sur la route de Keren à Asmara, un bouchon de deux bataillons à cheval sur la route, à Habib Mentel, garde les arrières.

Après l’offensive manquée de fin janvier, les Britanniques tentent l’encerclement par le nord.

La 7e brigade indienne commandée par le général Briggs en est chargée. Or cette brigade est renforcée du BM 3 aux ordres du Commandant GARBAY. Devant eux, Cub-Cub, fortin aux murailles crénelées ; un bataillon, le 112e colonial, solide unité composée d’Ascaris éthiopiens, l’occupe, barre le fond de la vallée et tient le défilé entre Cub-Cub et Can Ceua à une dizaine de kilomètres du fort : c’est l’objectif donné au BM 3.

Le Commandant GARBAY partage son bataillon en deux groupements, l’un sous ses ordres déborde la position par le nord, l’autre fort de deux compagnies aux ordres de son adjoint le Capitaine Bavière, attaquera l’ennemi sur le flanc sud, il a la charge de la liaison avec un détachement britannique prenant l’ennemi à revers.

Le combat commence, prend de l’intensité et rapidement la situation devient critique. Dans la mêlée, le Capitaine Bavière en avant de sa troupe qu’il entraîne, reste dans les positions italiennes, la poitrine traversée. Les tirailleurs saras qui l’entourent sont faits prisonniers.

Le Général Briggs vient au PC le 22 février à 16 heures. Il reconnaît rapidement le terrain et fait mettre à la disposition du BM 3 une batterie de huit pièces et 10 Bren Carriers.

Ce double appui de feux décide du succès au sud du défilé. Le Commandant GARBAY exploite le flottement qui en résulte en s’y lançant avec sa section de commandement (observateurs, transmetteurs, secrétaires et cuisiniers). Il s’empare de quatre canons et récupère ses prisonniers. La lère compagnie achève son débordement par le nord, et le 112e colonial décroche.

Après nettoyage du terrain, 450 prisonniers et une centaine de tués italiens sont dénombrés. Le BM 3 a perdu 16 tués et 39 blessés dans ce combat. La première brèche est ouverte dans la défense de Keren. Pour parer à la menace qui vient du nord, le Général de corps d’armée Frusci, commandant la place de Keren, envoie vers l’Engiahat la 2e brigade coloniale italienne, la meilleure de celles dont il dispose.
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeSam 15 Juin - 3:47

Citation :
DE KEREN À CUB-CUB

Le 6 mars 1941, pour la première fois, la Brigade Française d’Orient est entièrement rassemblée dans la région de Chelamet à une dizaine de kilomètres au sud de Cub-Cub.

Les éléments venus par mer de l’Afrique Française Libre y rejoignent le BM 3. Le personnel après une nuit en mer sur le caboteur indien le Kanategeri avait débarqué à Marsa Taclai et gagné sur les camions du train, par des pistes impossibles, la région de Cub-Cub. Les éléments motorisés étaient venus directement par route et pistes depuis le Soudan.

Dès le 28 février , le Colonel MONCLAR a pris contact avec le Brigadier Briggs.

Un briefing réunit les deux états-majors ; par courtoisie les officiers britanniques exposent la situation en français.

La mission de la 7e Brigade Indienne (Bataillon du Royal Sussex et 41 Bataillon du 6 Régiment du Pundjab) que renforce notre brigade est de compléter l’encerclement de Keren par l’est et de couper la route qui va de Keren sur Asmara.

Par l’ordre d’opérations n°4 du 10 mars 1941 le général Briggs indique la manœuvre qu’il veut faire. Sur l’ennemi les indications du Bulletin de renseignement sont vagues, l’expérience de Libye tend à faire sous-estimer sa valeur combative.

Du terrain très accidenté, nous ne possédons que de mauvaises cartes : des reproductions de cartes italiennes en courbes qui sont les unes sur papier, les autres imprimées sur toile ; celles-ci nous servent de foulard mais rétrécissent au lavage.

La manœuvre est relativement simple dans sa conception :

Attirer l’attention de l’ennemi par une action sur la route Ciandelga-Mendad-Keren, menée par les éléments motorisés de la 7e brigade (Bren Carriers - compagnie antichars britannique - compagnie antichars française) flanquée à l’est par l’action du Royal Sussex sur le massif du Bab Aurès. Cette phase sera appelée action préliminaire.
Envelopper avec l’aile gauche de la 7e brigade le dispositif italien en s’infiltrant par les vallées conduisant à la partie est de l’Engiahat, le bataillon du Pundjab ayant ce sommet sur son axe de marche.
La Brigade Française flanquant cette action plus à l’est.

Descendre dans la vallée de la Cianciarunia et occuper la localité de Habi Mentel située sur la route de Keren à Asmara. Couper les fils téléphoniques et télégraphiques, etc.
Passons sur les détails.

C’était en somme un plan symétrique du Plan Schlieffen.

TROMPER L’ENNEMI

Afin de ne pas dévoiler la deuxième partie de la manœuvre dont on attendait la victoire, des mesures de camouflage sont prises pour inciter l’ennemi à croire que les troupes sont restées dans leurs bivouacs.

Pour les Français, la partie qu’ils ont à jouer représente un exploit sportif peu commun. L’itinéraire qui leur est fixé consiste en deux lits de torrents desséchés dont les hautes vallées se rejoignent à un col (1 814 mètres) à l’est de l’Engiahat ; le premier torrent est un affluent (sud-nord) du torrent Chebenchelaï, l’autre est le torrent Cochen axé nord-est/sud-ouest. Au total une quarantaine de kilomètres à parcourir avec un dénivelé de 800 mètres pour gagner le col et autant pour arriver sur l’objectif final.

Le Colonel Génin va organiser cette progression. Officier breveté d’état-major, évadé de Vichy où il était chef du 2e bureau, il a rejoint les Forces Françaises Libres en traversant l’Afrique de la Méditerranée au golfe de Guinée, à travers le Tanezrouf.

Il aurait dû prendre la place de chef d’état-major que l’absence du Lieutenant-colonel KOENIG, malade au Caire, rendait vacante. Mais il avait, dès son arrivée, suggéré un certain nombre de réformes à faire au colonel commandant la brigade. Ses demandes n’avaient pas obtenu satisfaction et les deux fortes personnalités de ces chefs ne savaient composer.

Il n’avait pu en particulier faire supprimer l’échelon de commandement de tous les éléments de Légion qu’assumait le Colonel CAZAUD, ancien chef d’état-major de la 13e Demi-Brigade en Norvège.

Ne pouvant, après un si long trajet renoncer au combat, il était resté à la brigade et se tenait aux côtés du capitaine qui faisait fonction de chef d’état-major le conseillant ainsi que les chefs de bureaux nouveaux dans le métier.

C’est lui qui prend en charge l’organisation du déplacement de la brigade, II s’intitule commandant du QG arrière et veillera à la constitution de la ligne de ravitaillement.

Notre progression s’exécutera en trois étapes, à chacune des étapes un dépôt sera constitué (A,B,C) où l’eau, les vivres, les munitions amenées à dos de chameaux seront stockés.

Le Colonel GENIN, disposant des légionnaires de la compagnie de commandement (Capitaine ARNAULT) et d’une vingtaine de Libanais arrivés récemment en renfort, enverra le ravitaillement en prévision des besoins. Aucune demande à faire, il écoutera à la radio sur le réseau de commandement.

Des unités chamelières sont ensuite réparties entre les formations pour transporter leurs vivres, munitions et armes lourdes, dix chameaux au QG, 28 de ces bêtes à chaque bataillon.

Les hommes n’emportent sur eux qu’un paquetage d’assaut réduit ; les rations journalières sont fixées, pour l’eau à deux litres et demi et pour les vivres à un demi-paquet de biscuits et une boîte de corned-beef : voici la hard ration . Afin d’éviter la chaleur les déplacements s’exécuteront dans la soirée.

Le 12 mars, vers 17 heures, la colonne quitte le dépôt A. Elle emprunte des pistes muletières reconnues la veille par les compagnies ALLEGRINI et GARBIT du BM 3 . Bientôt notre chemin n’est plus qu’un fond d’oued, aux bords encaissés, le lit desséché est barré de seuils rocheux que les hommes et les bêtes franchissent avec peine. Comme végétation des échinocactus en forme de cierges et de stupides baobabs. Le silence n’est troublé que par les grognements des chameaux galeux et de leurs conducteurs érythréens.

Le bataillon du Tchad est en tête, ensuite l’état-major suivi de la Légion.

Peu après minuit le point B est atteint, les hommes s’endorment sur place, sous la garde de postes de surveillance ; les légionnaires ont, par habitude, dressé la murette autour de ce qui sera leur domicile d’une nuit.

Le 13 au matin nous prenons liaison à notre droite avec les Pundjabis, et commençons l’installation du dépôt B. Nous sommes au centre même de l’entonnoir d’érosion de notre torrent-itinéraire. Le col au-delà duquel se trouve la vallée du torrent Cochen nous domine d’un abrupt de 300 mètres. Un seul sentier étroit sur le flanc est de l’entonnoir y conduit. Nous nous trouvons au nord d’un massif en forme de M ; jambe ouest l’Engiahat, jambe est le Tiru, au milieu un col que nous ne tarderons pas à baptiser le Grand Willy , dominé par un mamelon le mont Gegghiro. Entre les jambes, le Cochen.

AU CONTACT DE L’ENNEMI

Au début de l’après-midi quelques coups de mortiers éclatent près de l’emplacement du dépôt, puis des rafales de fusils-mitrailleurs. Des chameaux sont tués, le reste de ces animaux fait un cirque entraînant leurs conducteurs non moins affolés qu’eux.

Pour nous la surprise est totale, les hommes ont immédiatement pris les emplacements d’alerte. Le bataillon de Légion reçoit l’ordre de nettoyer le passage, le BM 3 le couvrant sur les hauteurs à sa gauche.

À 18 heures, la 13e Demi-Brigade s’engage sur les pentes du Grand Willy. Les chameaux ne pouvant plus suivre, les légionnaires ont pris les mitrailleuses, les mortiers et les munitions à dos. Vers minuit la 1e compagnie du Capitaine BOLARDIERE est au contact, un combat confus s’engage. La 3e compagnie du Capitaine de LAMAZE arrive à son tour. Un mouvement tournant par la gauche permet de prendre pied sur le Grand Willy, malgré les rafales de mortiers italiens. Sur la droite une dernière résistance est brillamment réduite par la section du Lieutenant MESSMER.

Le 10e bataillon italien décroche, nous livrant le col après nous avoir tué deux légionnaires et blessé trois autres.

Pour se rendre compte de la difficulté de l’opération il faut dire qu’en six heures d’escalade, nos hommes étaient passés de la chaleur moite du fond de l’oued à une température glaciale. Ils n’ont qu’une tenue d’été et une couverture, de plus une brume épaisse les enveloppe et les transperce de son humidité.

Le 14 mars nous faisons le bilan de la situation. La Légion et le PC de la brigade occupent le mont Gegghiro (1 983 mètres) où vers midi la chaleur nous accable ; tout près le BM 3 est sur le Grand Willy, mais une de ses compagnies a franchi le col, descendu dans la vallée du Cochen et pris un puits à proximité du village de Angerbab.

Le colonel GENIN qui a suivi le combat pousse sur la position les vivres et les munitions, mais il n’y a plus d’eau au dépôt et tous les chameaux sont employés. Il obtient du général commandant la 7e brigade que le 4/16 Pundjab se porte en avant pour s’aligner sur la Légion, ce qui ne sera exécuté que le 17 mars. L’audace aurait voulu, comme le proposait le capitaine ANDRE qui occupait Engerabab, que l’on fonçât sur Habi Mentel ; d’après les renseignements d’indigènes, il n’y avait plus d’Italiens sur l’itinéraire du torrent Cochen. II y avait de l’eau courante (avec des poissons même !) tout le long de la route.
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeSam 15 Juin - 8:26

Citation :
LA LÉGION ATTAQUE

On préféra la folie, ce fut l’attaque de l’Engiahat sans bien savoir ce qu’il y avait dessus.

Il fut décidé que la Légion attaquerait cette crête aux pentes abruptes, avec pour seul appui les mitrailleuses et mortiers de la compagnie AMILAKVARI (*)placés en base de feu sur le mont Gegghiro.

La 2e compagnie du capitaine MOREL agirait par le sud, la 3e compagnie LAMAZE de front. Pour se mettre en place la 2e compagnie part le 14 mars à la tombée de la nuit, avec toute sa dotation en munitions, mais elle n’emporte qu’une hard ration et très peu d’eau. Les légionnaires gagnent le fond du ravin et à 4 heures commencent leur ascension. Ils ont gravi les deux tiers de la pente quand une bande de singes donne l’alarme en s’enfuyant avec de grands cris. Prise à partie dès 6 heures du matin, la compagnie s’accroche à un éperon rocheux que la position adverse domine. Aucun mouvement n’est plus possible sur ce terrain difficile. Le capitaine MOREL et le lieutenant LANGLOIS ont été blessés par balles dès le début de l’action. Ce dernier malgré sa blessure a pris le commandement de l’unité.

La 3e compagnie LAMAZE a démarré à son tour, elle franchit le ravin et progresse malgré un tir violent de mortiers de 81 mm. Elle subit alors une contre-attaque, combat au fusil, puis au corps à corps à la grenade. À 8h45, la 3e compagnie a repoussé les Ascaris et reprend sa progression. Lorsqu’elle atteint le rebord de la crête, une contre-attaque d’une compagnie italienne l’aborde. Nos mortiers et nos mitrailleuses de la base de feux interviennent et permettent au capitaine de LAMAZE de conserver le terrain malgré les pertes subies par son unité. Elle s’y maintiendra jusqu’à 11 heures et ne se repliera que sur ordre formel après, avoir eu cinq tués et 34 blessés et épuisé ses munitions.

À 11h45, c’est au tour de la 2e compagnie d’être contre-attaquée à la grenade. Les Éthiopiens, puisant dans des hottes pleines de grenades que portent des pourvoyeurs, lancent d’une main puis de l’autre leur engin, au commandement d’un gradé. La section LANGLOIS arrête l’ennemi en tirant à la grenade au fusil (VB), il garde avec lui les blessés de la compagnie. Les deux autres sections après avoir cherché en vain un autre itinéraire de progression se sont repliées dans le ravin, sur ordre, pour essayer de trouver de l’eau.

Le 4/16 Pundjab a bien reçu vers 11 heures l’ordre d’attaquer pour soulager la Légion, mais il était sans doute trop loin pour pouvoir intervenir. Toute l’après-midi et la nuit se passeront en ravitaillement en eau, par le BM 3 à partir de l’avant, par le groupe Franc du lieutenant Pernet renforcé de dix patriotes érythréens vers la base arrière.

La section motocycliste avec le Lieutenant de SAIRIGNE cherche, récupère les légionnaires de la 2e compagnie et transporte les blessés qu’elle a trouvés. Vers 2 heures du matin une partie de la 2e compagnie est ainsi revenue sur la position, il ne manque que la section LANGLOIS que l’ordre de repli n’a pu toucher.

Descendant à dos de chameaux jusqu’à Cub-Cub où opérait le groupe sanitaire français sous la direction des docteurs VERNIER et LOTTE.

travers des rochers ses blessés, ses armes, LANGLOIS, que seconde activement le Sous-lieutenant HASEY, s’installera défensivement sur un piton exactement au nord du confluent des deux oueds sur la pente de l’Engiahat. Il a pu se ravitailler en eau par coup de main. Ce n’est que le 10 mars à 6 heures du matin que la liaison est rétablie avec lui, il rejoint alors au puits des Sénégalais la compagnie ANDRE du BM 3 avec tout le matériel de la compagnie et ses blessés. La compagnie avait eu, au total, 14 blessés dont trois très graves. Il n’y avait qu’un seul disparu le Caporal CLEMENT qui mourut des suites de ses blessures à l’hôpital de Keren. Les blessés les plus graves furent opérés sur le Grand Willy, les autres furent envoyés

Du 17 au 27 mars, la brigade française se réorganise. Le 17, elle assiste à l’échec de l’attaque du 4/16 Pundjab sur l’Engiahat et en reçoit le contrecoup sous la forme d’un tir violent de mortiers sur son PC et le poste de secours : le Capitaine de VIENNE faisant fonction de chef d’état-major et le médecin Capitaine DELAVENNE sont blessés légèrement ainsi que sept légionnaires.

Les pistes sont aménagées par le génie et le BM 3 tandis que le C apitaine LAURENT-CHAMPROSAY fait l’instruction d’une batterie de 65 constituée avec les canons pris à Cub-Cub, en tirant sur l’ennemi. Des patrouilles profondes ramassent des prisonniers dans la région du mont Tiru le 21 mars, et le Lieutenant Simon, avec une dizaine d’hommes, parvient à quelques kilomètres d’Habi Mentel.

Nos hommes connaissent le réveil dans la brume après une nuit glaciale, le thé, le harcèlement par mortiers, les ravitaillements en eau et la saveur du corned-beef au biscuit, tel est son menu quotidien.

L’ASSAUT CONTRE L’ENNEMI

Le 27 mars au matin, la situation sur l’ensemble du front de Keren n’a guère changé. Les attaques vigoureuses des 4e et 5e divisions sur les hauteurs ouest et sud de Keren ont échoué. Mais le moral italien commence à fléchir. La Royal Air Force a reçu des Hurricane et possède la maîtrise totale de l’air, des bombardiers sont disponibles pour appuyer les forces terrestres.

Le 27 mars l’attaque sur l’Engiahat est reprise. Elle fait partie d’une attaque générale sur tout le front de Keren. Cette fois on y met les moyens. Les 31e et 151e bataillons italiens qui occupent l’Engiahat, derrière leurs murettes et dans leurs tranchées, vont dans un premier temps recevoir l’assaut de la 3e compagnie du Bataillon d’Infanterie de Marine que commande le Capitaine SAVEY. Cette compagnie vient d’arriver d’Egypte. Le premier objectif pris, les 2e et 3e compagnies de Légion feront un dépassement de ligne pour s’emparer du second objectif plus solidement tenu.

Le 4/16 Pundjab doit au préalable livrer au 3/1 BIM une base de départ correcte.

L’aviation et l’artillerie exécuteront une préparation violente, des tirs à la demande sont prévus.

Au fur et à mesure de l’avance, une protection latérale sera assurée par les compagnies d’accompagnement du BM 3 (Lieutenant de vaisseau lEHLE ) et de la 13e DBLE (Capitaine AMILAKVARI).

À 7 heures la préparation commence, bombes, obus, tirs, fumée rien ne manque lorsque l’attaque démarre à 7h30... Rien n’y manquerait si l’ennemi n’avait jugé bon de décrocher dans la nuit. Les détachements retardateurs sont pulvérisés et quelques attardés sont tués. Le général Briggs qui se trouve au PC de la brigade française au moment de l’attaque donne l’ordre de poursuivre.

Objectifs : pour la Légion, couper au plus vite la route de Keren à Asmara ; pour le BM 3, s’emparer de la région d’Abre à 6,5 kilomètres au nord-est de Keren ; c’est là qu’un important nœud de communications peut permettre aux troupes italiennes de tout le secteur nord de Keren de se replier sur Habi Mentel.

L’ordre de poursuite est transmis aux compagnies d’attaque. La 2e Compagnie de Légion dont le Capitaine de VIENNE vient de prendre le commandement forme l’avant-garde.

Au soir le torrent Anseba est atteint par la Légion et le BM 3.

Au matin du 28 mars, les bataillons se portent sur les objectifs qui leur ont été fixés.

La résistance italienne s’effondre sur tous les fronts. Les Français ont fait prisonniers une cinquantaine d’officiers et près de 1 200 hommes dont les 200 survivants des grenadiers de Savoie qui retraitaient en bon ordre. Nous avions pris neuf heures de repos au cours des trente-cinq heures de progression.

Le Général Platt commandant en chef des troupes du Soudan est heureusement surpris de l’arrivée de la brigade française et vient la féliciter.

LE GÉNÉRAL DE GAULLE SUR LE FRONT

Le 30 mars, dans la région de Chelamet, le général de GAULLE passe en revue la Brigade Française. Il est accompagné du colonel BROSSET , son chef d’état-major. En passant devant le front des troupes, il dit quelques mots à chacune des formations - Français du Bataillon d’Infanterie de Marine, Saras du Bataillon de marche du Tchad, légionnaires - montrant qu’il sait quels ont été l’effort et l’ardeur au combat de chacun.

Et l’exploitation du succès reprend aussitôt. Tandis que la 55e Division Indienne prend possession, le 2 avril, d’Asmara, la Brigade Française reprend sa marche.

Agissant isolément, elle a pour mission de s’emparer de la région du mont Cantibaï, située à l’est d’Asmara, et en s’emparant du carrefour de routes qui mènent à l’ouest sur Asmara, à ’est sur Massawa, au sud sur Asus et l’Abyssinie, empêcher les mouvements de troupes italiennes, qu’il s’agisse de repli ou de renforcement.

Ultérieurement, elle constituera le flanc garde de l’action britannique qui se déclenchera dans une dizaine de jours dans une direction N-S sur l’axe Massa Cuba-Massawa.

Pour l’exécution , dit l’ordre n°3 en date du 31 mars 1941, the method of opération is left to your discretion 1), mais il nous conseille pour surprendre l’adversaire d’exécuter en deux jours un vaste mouvement contournant le massif montagneux sur lequel est bâti Asmara.

Une colonne motorisée comprenant la 13e DBLE, la compagnie du BIM, l’artillerie, le génie, éclairée par un peloton de 15 véhicules de reconnaissance de la Sudan Defense Force se met en route le 2 avril à 5h30.

La 7e brigade a gardé le BM 3 à sa disposition. Les pistes montagneuses et sablonneuses que nous empruntons sont gardées par l’ennemi et minées. Elles exigeront des conducteurs de la compagnie du Train, une endurance et une virtuosité exceptionnelle. C’est grâce à ces très jeunes Français échappés de France en juin 1940, conducteurs et soldats nouvellement formés par le capitaine DULAU , que la brigade put remplir sa mission. Les ravitaillements et transports exécutés avant la prise de Keren n’étaient rien en comparaison d’un parcours aussi pénible.

L’objectif fut atteint en deux jours, le premier soir la brigade atteint le torrent Anaclet et bivouaque à 6 kilomètres au nord d’Asus. En route, à Obellet, elle rejoint le détachement de reconnaissance soudanais, fait de l’eau à Sheb, surprend un poste de 15 Ascaris qui garde un champ de mines et s’en sert désormais comme guides pour éviter les autres passages dangereux qu’ils connaissent. Le second jour la colonne atteint la route d’Asmara à Massawa près de Dembe après avoir récolté les armes distribuées par les Italiens aux paysans érythréens. Deux détachements sont constitués. L’un, qui comprend la compagnie Lamaze, une section de mitrailleuses, un groupe de mortiers et des canons antichars, est poussé en direction d’Asmara vers Ghinda. L’autre, la compagnie de Vienne, une section de mitrailleuses (lieutenant Simon), des antichars et le peloton soudanais, fonce vers Dogali.

Le groupement LAMAZE progresse sans difficulté vers l’ouest, il prend à revers la défense italienne installée au kilomètre 62 de la route, s’empare d’une batterie chamelière de 65, puis du PC, enfin de l’infanterie. Plus de 200 prisonniers l’encombrent, trois fanions de bataillons pavoisent la voiture du capitaine Lamaze. La section du génie du lieutenant DESMAISONS répare la coupure dans un temps record et permet au groupement d’aller au-devant de la 5e Division Indienne qu’il contacte à 6 kilomètres à l’est de Nefasit. Au passage elle admire les réalisations routières italiennes. Une route splendide, aux lacets impressionnants suit le flanc de la montagne et franchit les ravins sur des ouvrages d’art imposants. Et partout des inscriptions proclament les vertus du Duce ou du Roi-empereur.

Et c’est peu après avoir lu une inscription, affirmant qu’ il vaut mieux vivre une heure comme un héros que cent ans comme un cochon , que les difficultés commencent : il faut faire comprendre aux Indiens que la colonne est amie. Une fois l’identité de l’unité reconnue, il faut encore éviter que les Indiens de la 10e Brigade n’exercent aux dépens des Français le droit de prise qu’ils s’attribuent sur toute personne qui ne parle pas l’anglais, on récupère ainsi quelques montres et portefeuilles trop rapidement prélevés par ces amis.

Et, pendant ce temps, le groupement de VIENNE s’en va vers l’Est. Au passage il obtient la reddition des postes qui gardent la route grâce aux communications téléphoniques que lance d’un poste à l’autre le lieutenant CAMERINI (alias Clarence), avocat italien, qui sert à la 13e DBLE depuis le début de la campagne de Norvège. Beaucoup de vies italiennes sont ainsi épargnées.

Enfin Dogali est atteint, on y apprend que plus il y a d’ennemis plus il y a d’honneur - c’est l’inscription qui orne le pont - et nous nous arrêtons sur les hauteurs situées à 9 kilomètres de Massawa. La route qui passe dans un défilé vient de sauter devant les Soudanais qui nous éclairent.

Le détachement se met en devoir d’assiéger la ville, ce qui consiste à recevoir sporadiquement des tirs d’artillerie. Tirs tendus peu dangereux puisqu’exécutés avec de gros obus perforants à faible charge explosive.

Ouhhhh la la, qui es ce que je trouve là dans mon asterix!
Capitaine au 1er RE de Sidi-Bel-Abès en 1939 puis au 2e bataillon de groupement de haute montagne en février 1940, il reçoit alors la nationalité française. C'est avec la 13e Demi-brigade de Légion étrangère qu'il est engagé dans la Seconde Guerre mondiale. Il prend part aux opérations du corps expéditionnaire en Norvège, en qualité de commandant de la compagnie d'accompagnement du 2e Bataillon. Valeureux combattant, Dimitri Amilakvari gagne trois citations supplémentaires qui lui valent d'être élevé à la dignité de Chevalier de la Légion d'Honneur.

Homme d'honneur et de convictions, "Bazorka", comme il aime se faire appeler en hommage à son village natal, décide en juin 1940 de poursuivre le combat aux côtés du général de Gaulle. Trois jours après son retour sur les côtes bretonnes, il s'embarque le 19 juin de Saint-Jacut de la Mer avec quelques hommes de la 13e, et rejoint l'Angleterre le 21, via l'île de Jersey.

Légionnaire FFL, Dimitri Amilakvari rejoint Dakar au mois de septembre 1940 pour participer à l'opération "Menace", avant de partir à la conquête de l'AOF pétainiste (Gabon, Cameroun), de rallier l'Erythrée puis les territoires du Levant. "Bazorka" est incorporé à la Brigade d'Orient au début de 1941 et prend part, à la tête de la compagnie d'accompagnement du 1er Bataillon de Légion étrangère à la victoire de Keren (mars 1941) et à la prise de Massaouah (8 avril).

En fin de compte le prince géorgien, qui décéda en 1942 lors de l'attaque de El Alamein, il appartenait aux premier qui ont rejoint De Gaulle dès juin 1940.
Donc ici l'appel du 18 juin, a été tout de même entendu et la Radio de la BBC était aussi écouté par ses premiers compatriotes.

Ainsi comme ce n'est pas mentionné dans le récit, Amilakvari commandait le 1er Bat.

Et pour le récit, ma première source provient du site.
http://1dfl.fr/L-Erythree-la-brigade-Francaise-d-Orient-en-Ertyhree-article-du-general-SAINT-HILLIER-13-DBLE.html

Et yepppppppp! encore mieux, voici une photo de son premier bataillon, lors de la bataille en Erythrée.
il porte le casque.
JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 M0518110


Le 3 décembre 1941, il est condamné par contumace, avec ses camarades, par le tribunal militaire permanent d’Oran, pour désertion à l’étranger en temps de guerre2.

Donc les Francais de De Gaulle, ce n'était pas la peine, de vouloir passer des vacances dans leurs patrie, Au risque d'être arrêter et d'avoir la peine de mort infligé à leurs encontre.
Ah les vaches de Vichy! ben le maréchal il a bien mérité son sort en 1945/1946.
Donc non seulement à De Gaulle, le gouvernement de Vichy, lui avait mis les bâtons dans les roues, mais c'était à tout les français qui ont rejoint le Général, pour continuer le combat.

Et cette phrase, provient de lui pendant la bataille d'Erythrée!
"-Mon colonel, dit-il à Monclar, vous savez que nous vous obéirons toujours. Nous sommes des condamnés à mort avec sursis. Mais nos pertes ne sont jamais compensées par des renforts. Alors je vous en supplie, faites nous tuer pour des choses qui en valent la peine."


Dernière édition par leclerc1944 le Sam 15 Juin - 9:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeSam 15 Juin - 8:42

Citation :
LA DERNIÈRE ÉTAPE

Du 3 au 7 avril le groupement de VIENNE se renforce, tous les éléments de la brigade rejoignent tour à tour, et notre section de 75 du lieutenant QUIROT et la batterie de 65 ripostent aux tirs des canons de marine qui arment les forts de Massawa.

Le temps se passe à recueillir des patrouilles de marins italiens plus ou moins volontairement égarées, à faciliter le passage de parlementaires que le général Platt a demandé, par téléphone, à l’amiral Bonetti de recevoir. Mais Rome a dit non et les pourparlers cessent.

Pendant ce temps le colonel MONCLAR reçoit l’aman des villages voisins, fait rendre les armes distribuées dans les douars et libère les prisonniers que les notables réclament comme étant des fils ou des cousins. L’Erythrée doit être peuplée de familles nombreuses à juger par le nombre de prisonniers que nous relâchons ainsi, mais nous en avons tellement !

La brigade se trouve aux ordres maintenant du général Rees commandant la 10e Brigade Indienne. Petit bonhomme, nerveux et audacieux, que ses officiers surnomment, à cause de sa taille, la petite merveille de poche.

Le train est reparti pour chercher le BM 3 qui, impatient, a commencé à rejoindre à pied. Il arrivera juste pour constituer la réserve de l’attaque qui partira le 8 avril.

À 10 kilomètres devant nous se trouve Massawa où toutes les forces résiduelles d’Erythrée se sont regroupées. La défense s’est installée sur une ligne de hauteurs qui cachent la ville à nos yeux, et forment autour d’elle un vaste demi-cercle de 3 kilomètres de rayon.

Il y a du nord au sud les collines Ghanfur (70 à 86 mètres d’altitude) que couronnent le fort Umberto 1, le mont Umberto transformé en batterie, le fort Vittorio Emmanuele.

Une coupure où passent la route et la voie ferrée, et que signale un magnifique pont en béton armé dominant le très large lit asséché d’un oued. Une mission suédoise, aux beaux bâtiments blancs, abrite ses ouailles non loin de là.

Au nord de cette coupure une ligne plus molle de hauteurs que dominent la colline du Signal (115 mètres) et le mont Ouadi (52 mètres) : sur les collines, trois batteries d’artillerie sont installées et, derrière, le fort Otumlo apporte le concours de ses feux à la défense.

Les canons des forts sont des 220 de l’artillerie de marine, retournés face à l’ouest, puisqu’il ne s’agit plus de défendre les côtes.

Toutes ces hauteurs sont garnies de troupes, presque exclusivement blanches, représentant un cocktail de survivants d’unités malmenées précédemment auxquels on a adjoint des marins.

En avant une position d’avant-postes fortement organisé avec fortins, emplacements d’armes automatiques enterrée : champs de mines et barbelés. À l’est du fort Victor Emmanuel, le fort Moncullo garde la coupure où passe Ia route.

Craignant que l’adversaire ne concentre ses tirs sur les forts le commandant italien avait massé la meilleure et la plus grande partie des défenseurs dans les ouvrages enterrés, couvert de fortifications de campagne les avant-postes.

La répartition des missions est simple : tout ce qui est au su du pont de béton et de la mission est pour les Français qui doivent bénéficier de l’appui d’artillerie de la 10e brigade et de quelques chars pour la conquête des avant-postes.

Tout ce qui est au nord intéresse la 5e Division Indienne et Ia 7e Brigade Indienne que soutiennent l’artillerie de la division et une compagnie de chars.

Le 7 avril, au PC du colonel MONCLAR, explication des missions, des ordres et reconnaissance du terrain. Heureusement d’ailleurs, car au lever du jour, le 8 avril, le commandants de compagnie n’auront pas le temps de lire l’ordre trop long du bataillon qui arrive après l’heure fixé pour le départ de l’attaque.

La préparation d’artillerie anglaise a été supprimée à la suite d’un renseignement erroné et les chars ne sont pas sur Ia base de départ.

DE NORIA À MASSAWA

Le premier échelon, compagnie BOLLARDIERE et compagnie de VIENNE (toutes deux de la 13e DBLE) débouche à 7 heures la compagnie SAVEY (BIM) suit en échelon légèrement refusé droite.

Derrière de Vienne vient la compagnie de LAMAZE . L’axe de progression est la voie ferrée qui se trouve entre le deux compagnies de tête.

Un accrochage sérieux se produit à 7h45 à la compagnie BOLLARDIERE . Une habile manœuvre de débordement vient bout du centre de résistance italien qui est nettoyé à 8h30. La compagnie fonce ensuite sur le pont en ciment de Mont Culo et y met dessous à l’abri les 2 officiers et 82 Italien qu’elle a ramassés.

Au sud, la progression est moins facile, la compagnie de VIENNE est immédiatement accrochée par des organisations enterrées, dont les défenseurs ne seront neutralisés qu’ coups de 75. Puis elle tombe sous les tirs très ajustés d trois points d’appui bien organisés de Noria, fort de Moncullo et Zaga. Elle est clouée au sol et subit quelques pertes (deux tués et cinq blessés dont le lieutenant Clarence).

La compagnie de LAMAZE s’engage immédiatement entre le 1e et 2e compagnies, prenant à son compte le point d’appui Noria au nord, la compagnie SAVEY déborde par le sud Zaga. L’artillerie de LARUENT-CHAMPROSAY appuie ces mouvement au plus près.

Les points d’appui Noria et Zaga sont enlevés. La 2e compagnie, soutenue par l’artillerie et les tirs de la section de mitrailleuses du lieutenant SIMON , peut alors attaquer de front le fort de Monte Culo.

À 9h30 elle s’en empare, capturant une centaine de prisonniers et le fanion du HT colonial.

Entre les trois points d’appui, nous avons fait plus de 50 prisonniers dont se charge une section du BIM heureusement venue à la rescousse de la 2e compagnie. Elle mènera ces jeunes gens rejoindre leurs collègues sous le pont. F y eut bientôt trois centaines de regroupées. Vers 11 heures, tout le front d’attaque est au pied des pentes des collines de Ghanfur, les compagnies les escaladent sans être inquiétées.

La 1e compagnie occupe la mission suédoise, la coupure où passe la route, et les pentes au nord du fort Victor Emmanuel ; la 3e compagnie occupe le fort Emmanuel ; la 2e compagnie est sur le mont Umberto, elle détache une section pour aider la compagnie du BIM à en terminer avec le Fort Umberto 1 qui résiste. Un élément du BIM enfin va s’emparer des dépôts pétroliers d’Arcico pour en empêcher la destruction.

A midi toute résistance a cédé devant la brigade française, nous mettons à l’abri du pont 400 prisonniers de plus. Du haut des 102 mètres du mont Umberto le paysage nous parait magnifique ; au nord-est une ville à l’apparence bien paisible, où il nous a été interdit d’entrer.

Tout près, au nord, quelques marins italiens enterrent les morts que leur a causés notre 75, il y a parmi eux un capitaine payeur qu’une idée farfelue avait amené sur ces lieux au petit matin.

Et au loin, on entend le bruit du canon et les tirs des chars de nos amis britanniques qui viennent juste de s’emparer des avant-postes. Les Français ont reçu l’ordre formel de ne pas entrer en ville, ils procèdent donc au nettoyage de la position, c’est ainsi que fut mis hors d’usage le central téléphonique enterré de la défense qu’un opérateur italien continuait à faire fonctionner malgré notre présence. Les batteries qui s’opposaient aux Britanniques se taisent l’une après l’autre, les résistances cessent le feu.

Mais c’était beaucoup demander au colonel MONCLAR que de l’empêcher d’aller à Massawa. Précédé de ses motocyclistes, accompagné de deux officiers de son état-major, les lieutenants de SAIRIGNE et LE ROCH, bientôt suivi du capitaine MONCLAR, son frère, avec deux camions de légionnaires de la CRIE qu’il commande, il se rend à la Compania Immobiliare Albergui Africa Orientale où 90 officiers d’état-major sont rassemblés dont le général Bergonzi commandant la défense de Massawa.

Un guide bénévole l’amène ensuite à l’amirauté où se trouve l’amiral Bonelli commandant en chef en Afrique orientale italienne.

Le colonel MONCLAR échange le salut avec l’amiral et lui dit Toute résistance était impossible, je vous félicite de l’avoir tentée et l’amiral de répondre Je ne me rends jamais .

On regroupa les généraux qui donnèrent leur parole pour eux et les 449 officiers et toutes les troupes présentes de ne point chercher à s’échapper, de livrer armes et bagages, de ne pas commettre de destruction à partir de la reddition.

Vers 16 heures, tout était fini, sauf le dénombrement des prisonniers qui étaient par trop nombreux. Le commandant de la brigade française fait remettre au général Platt le sabre de l’amiral Bonelli.

La campagne d’Erythrée était terminée.

Le 10 avril le général Platt passe en revue toute la brigade française rassemblée et adresse quelques mots aux officiers pour les remercier des efforts consentis et des résultats obtenus par les Français.

Une dernière prise d’armes rassemblera le 14 avril 1941, au lendemain de Pâques, les légionnaires de la 13e Demi-Brigade de Légion Étrangère. Ils font l’appel de leurs morts qui de Bjervik et Narvik à Keren et Massawa ont jalonné les étapes d’une année d’existence consacrée au service et à la gloire de la France.

Général SAINT HILLIER,
Capitaine de VIENNE durant la Campagne d’Erythrée.

JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Iaf-ea10
voici une carte montrant les positions des FFL lors de la bataille de Massawa.
Ainsi leurs secteurs se trouvait au Sud, tandis que le Nord et l'Ouest furent les positions des Brigades indienne.
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vania
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeSam 15 Juin - 10:06

Très bon sujet ... Cool
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeSam 15 Juin - 10:58

Bein, comme vous le savez déja, moi je suis un éternelle insatisfait, donc depuis hier soir j'avait tenté de découvrir une photo montrant le fameux navire "Touareg" qui avait transporter nos héros jusqu'à Port Soudan.
En fait yesssssss en jonglant et entre-recroisant les mot clée, ça y'est le voici.
Donc il n'avait rien à voir avec le Torpilleur Français qui portait le nom identique, de la 1ère guerre mondiale. et qui lui en 1935 c'était sa fin de carrière.

JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Touare10

Je m'était bien dit, pour pouvoir transporter 1000 hommes, il devait tout de même être d'une taille moyenne.

Le Touareg est un paquebot-mixte lancé en 1923 par la Société des Chantiers et Ateliers de Provence à Port de Bouc; il entre en service en juin 1924 pour  la Compagnie de Navigation Fraissinet de Marseille;  en janvier 1933 il est vendu à la Compagnie Schiaffino pour transporter des péperins La Mecque; le 15 octobre 1939 il appareille en convoi de Dakar à Casablanca ; le 10 juillet 1940 il est à Dakar lors de l'attaque britannique contre le Richelieu; le 21 août 1940 il arrive à Pointe Noire ou il est bloqué par le ralliement de l'AEF à la France Libre; le 30 août il est autorisé à embarquer les militaires, civils et fonctionnaires non ralliés pour les emmener à Dakar; le 13 septembre il appareille pour Abidjan; le 16 septembre il est arraisonné par le croiseur HMS Dragon et dérouté sur Takoradi; le 10 octobre 1940 se rend au Cameroun sous escorte du croiseur HMS Dorsetshire; le commandant et une partie de l'équipage rallie les FNFL, il est affecté au Ministry of War Transport; et géré par Elder Dempster; le 25 décembre 1940, il est transféré aux FNFL; le 27 décembre il appareille de Douala en compagnie du Cap des Palmes acheminant 1200 légionnaires sous escorte britannique; en février 1941 il est en réparation à Pointe Noire; du 14 mai 1941 au 23 octobre 1941 il est en réparations à Cap Town; du 25 janvier 1942 au 12 février 1942 il est en réparations chez Cammell Laird &C° à Birkenhead; le 13 mars 1942 il appareille pour Point Noire au sein du convoi OS22 transportant des assistantes sociales de la France Libre; en 1946 il est rendu à son armateur; mais étant donné son mauvais état, il n'est pas remis en service et est démoli à Gand.

Et pour le 3è. Bat du régiment Tchad qui avait rejoint la demi brigade. Eux ont été transporter sur un autre navire. Le H.M.I.S. Ratnagiri, pour le moment je n'ai pas encore retrouver de photo de lui même ou de un de ses sister ship, Ainsi l'amirauté britannique, disposait aussi encore des navires provenant des Indes et des autres pays qui faisait à l'époque partie du Commonwealth.
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeSam 15 Juin - 12:04

et j'ai à nouveau relu le chef d’accusation par la cours de contumace.
"pour désertion à l’étranger en temps de guerre"
Ridicule!!! en raison que à cette époque la France de vichy avait déposé ses armes.
mais il vas de soit, comme c'était Hitler qui se trouvait encore en guerre.
Et que le vieux, lui a offert la France sur un plateau en argent. Dans ce cas oui, la désertion pour l'étranger en tant de guerre elle est de rigueur.

d'après les anciens évadés du Normandie-Niemen, la tentative d'évasion vers Gibraltar coûtait 10 ans de travaux forcé.
Mais il vas aussi de soi, que chez les marins, beaucoup ont cru au Fief de Darlan.
Et en novembre 1942, les plus valeureux, ont fait le choix par l'ivresse et la fierté de leurs navires, de plutôt sauvé leurs chéri des griffes de l'axe. Et ils se sont dit,que leurs navires méritait au minimum de mourir sur le champs d'honneur et pas à travers un sabordage.
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeSam 15 Juin - 17:30

Bien alors pour le 3è. Bat de marche du Tchad eux sont parti de Port Soudan pour rejoindre leurs point de débarquement le 10 Février 1941 comme le montre cette carte.
JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Iaf-ea11

Attention, ici c'est comme si quelqu'un énumérait le lieu de débarquement Omaha-beach.
c'était donc des noms donné par rapport à la région, non par rapport à une ville. (cela n'a rien a voir avec Omaha beach, puisque ici les noms des plages était codé).

Donc ici GPS 17.551935 N, 38.843461 et Est. Mersa Teklay en Erythrée.
et pour les positions de la 7ème Brgd. Indienne elle sont point de départ était 17.699666, 38.363068 pour la ville de Karora frontière avec le Soudan.

Et a ben d'accord, à présent je vient de comprendre, les raisons que sous le nom du Col. Monclar il existe beaucoup d'échec.
Et lui aussi, identiquement à Philippe de Hautecloque "Leclerc". Montclar  c'était son nom de baptême de guerre.
JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Ralph_10

Et pourquoi Diable, n'ais je pas commencé plutôt par cela?


O. De Rochereau Mémoire des Français libres: Du souvenir des hommes à la mémoire d'un pays a écrit:
LA 1ÈRE DFL EN AFRIQUE DU NORD

Après la défaite militaire et l’armistice du 22 juin 1940, seule une poignée de volontaires décident de rester en Angleterre. Ils seront rejoints par quelques centaines d’évadés de France par des moyens de fortune. Les premières unités à rallier sont :

-En Angleterre, une partie de la 13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE), commandée par le lieutenant-colonel Raoul Magrin-Verneret (le futur général Montclar) et par son adjoint le capitaine Pierre Kœnig (900 hommes environ), ainsi qu’une partie du 6e bataillon de chasseurs alpins (230 hommes). Ces troupes ont participé à la campagne de Norvège et aux combats de Narvik (avril 1940). Il faut y ajouter des éléments d’une compagnie de chars de combat, des sapeurs, des artilleurs et près de 200 marins, qui constitueront le bataillon de fusiliers marins mis à la disposition des forces terrestres, commandés par le lieutenant de vaisseau Robert Détroyat. En tout, environ 1 300 hommes, qui viennent tous de Norvège où ils ont participé aux opérations contre les troupes allemandes.

-Au Moyen-Orient, une compagnie du régiment d’infanterie coloniale qui se trouve au Liban sous le commandement du capitaine Raphaël Folliot (120 hommes), et une compagnie d’un régiment d’infanterie coloniale cantonné à Chypre (350 hommes) sous le commandement du capitaine Jean Lorotte. Constitués en « bataillon d’infanterie de marine » (1er BIM), Lorotte et les « Chypriotes » se rallient immédiatement à de Gaulle. À la fin de juillet 1940, ils débarquent en Égypte, où ils seront rejoints par la compagnie Folliot, ainsi que par des légionnaires espagnols du 6e régiment étranger d’infanterie, des marins de l’escadre française d’Alexandrie (parmi lesquels le lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves) et un escadron à cheval du 1er régiment de spahis marocains, commandés par le capitaine Jourdier.

en Afrique Noire, les cinq régiments de marche des territoires de l’Afrique équatoriale française qui rallient la France Libre à la suite des « Trois Glorieuses » (26, 27, 28 août 1940) : BM 1 (Gabon), BM 2 (Oubangui-Chari, aujourd’hui : Centrafrique), BM 3 (Tchad), BM 4 et BM 5 (Cameroun). Ils apportent aux premières FFL le nombre qui manque encore : 16 500 hommes en tout (mais il leur manque l’entraînement et l’armement).

À la mi-juillet, de Gaulle constate non sans optimisme qu’il existe déjà sous ses ordres « une force militaire appréciable ». Le 14 juillet, à Londres, il passe en revue les premières troupes dont il dispose en Angleterre : 1 500 hommes en tout, mais c’est un début. À la fin de juillet, l’ensemble des FFL est estimé à 7 000 hommes, en majorité des jeunes qu’il faut encadrer, former, orienter et armer.

Le 31 août, à Liverpool, de Gaulle s’embarque pour Dakar en compagnie d’un corps expéditionnaire qui sera le noyau de la future 1ère Division française libre (1ère DFL). L’objectif de cette opération conjointe franco-britannique (baptisée Menace) est de rallier par la persuasion l’Afrique occidentale française à la France Libre. C’est un échec total. Le 1er BIM est la première unité FFL à combattre l’ennemi : il prend part à l’attaque britannique contre les troupes italiennes de Sidi Barrani (Libye), au début de décembre 1940 ; il participe également à la prise des positions de Solium, Fort-Capuzzo et Bardia. Ces premières campagnes sont plus symboliques que réellement significatives, mais elles suffisent à renforcer une espérance.

Le 21 octobre, de Gaulle nomme le général de Larminat commandant supérieur des FFL en AEF et au Cameroun et décide la formation d’une « Brigade française d’Orient » (BFO) sous les ordres du colonel Magrin-Verneret (Montclar). Toutes les forces disponibles seront employées en Erythrée (province au nord-est de l’Ethiopie sous domination italienne). Le gros de la BFO s’embarque à Douala (Cameroun) pour le Soudan, où elle retrouve au début de février le BM 3, venu directement du Tchad. À la mi-janvier, de Gaulle envoie à Khartoum le général Paul Legentilhomme, ex-commandant des troupes françaises de Djibouti, pour y prendre le commandement de l’ensemble des FFL en Afrique orientale : elles se composent alors de la 13e demi- brigade de Légion, du BIM, de l’escadron Jourdier, de deux BM et du 2e bataillon de tirailleurs sénégalais de Bangui. Le 22 février 1941, le BM 3 du commandant Pierre Garbay s’empare du fort italien de Kub-Kub. Dans les premiers jours de mars, la BFO est rassemblée au camp de Chelamet. Le 27 mars, après les combats de l’Engiahat, la BFO entre à Keren ; le 30 mars, de Gaulle la passe en revue à Chelamet. Les 7 et 8 avril, les troupes de Monclar prennent successivement Montecullo, Fort-Umberto et surtout Massaouah, capitale et principale base éthiopienne sur l’océan Indien. L’amiral italien est obligé de se rendre au chef de la BFO. « Au total, le détachement français avait fait, au combat, plus de 4 000 prisonniers et reçu, à Massaouah, la reddition de 10 000 autres » note de Gaulle dans ses Mémoires de guerre.

Oui, mais pour son nom de guerre!!!!
Alors il ne faut pas oublier, ou plutôt mettre de coté trop vite, qu'il était un Légionaire. Et la, la, la??? atchoum en raison, que dans la légion je suis au courant, que il y'a changement de nom familial.
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeSam 15 Juin - 19:34

Et tralalala, voila à présent je connais le nom de l'officier, pour les spahis Marocains!!
En quoi....
aha toujours plus curieux, ben voilà comme j'ai plusieurs sources ouvertes, j'avais lu d'une unité spahis qui elle, était la première, avant le 3ème BM du Tchad, avait débarqué en premier.
Mais avec l’énumération Spahis marocain...
mais aussi ici, ils énumère bien que cet escadron était basé au Liban pas que l'unité provenait du Maroc.


Et Port Soudan, était le lieu ou la 4è. Division D'infanterie Indienne était la base.
C'est la raison, que le 3è. BM. du Tchad, eux ont été connecté aux coté de leurs unités.  

Mais je vous laisse plutôt lire.
JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Ob_7a310

Donc je vous présente le Capitaine Jourdier de l'escadron de Spahis, et voici son histoire.


Citation :
Biographie.

Paul Jourdier est né le 20 octobre 1907 à Nevers dans la Nièvre. Son père, officier d'active, a été tué en 1914, tout comme un de ses frères en 1918.

Il entre à Saint-Cyr (promotion « Maroc et Syrie ») en 1925 et en sort en 1927 pour faire carrière dans la cavalerie. Il est nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1927. A sa sortie de l'Ecole d'Application de Cavalerie, il est affecté en 1928 au 12e régiment de chasseurs.

Le 1er octobre 1929, il est promu lieutenant et se porte volontaire pour le Maroc qu'il rejoint le 18 février 1930. Avec le 27e escadron d'automitrailleuses de cavalerie, et le 1er régiment étranger de cavalerie où il effectue un bref détachement en 1931, il participe jusqu'en août 1932 aux combats de pacification au sud de l'Atlas au cours desquels il est cité à l'Ordre de l'Armée.

A son retour en France, il sert successivement au 9e régiment de cuirassiers à Lyon et au 4e régiment de spahis marocains à Senlis. Il propose alors une méthode de tir des canons antichars pour laquelle il reçoit un témoignage de satisfaction ministériel.

En avril 1938, il est affecté à sa demande aux Troupes du Levant et rejoint le 8e groupe d'automitrailleuses à Damas. Il est promu capitaine le 25 mars 1939. Le 15 avril 1939, il prend le commandement du 1er escadron du 1er régiment de spahis marocains (1er RSM) qui stationne à Beyrouth. Lors de l'armistice de juin 1940, son escadron fait partie d'un groupe de reconnaissance en manœuvre dans le sud Liban.

Le 30 juin 1940, refusant l'armistice, et sans avoir connaissance de l'appel du général de Gaulle, il franchit la frontière de Palestine entraînant derrière lui les volontaires de son escadron pour rejoindre les Britanniques. L'escadron de Spahis du capitaine Jourdier, renforcé par des volontaires venus d'Egypte et du Levant, rejoint la 5e division indienne au Soudan, à la frontière de l'Erythrée, où il prend position le 9 décembre 1940. Dès le lendemain, l'escadron de spahis, rattaché à un Bataillon du 4e marhattes(*) puis du 10e beloutches(**), entreprend quotidiennement des patrouilles de reconnaissance à cheval dans les lignes italiennes.

Le 2 janvier 1941, à Umbrega, Paul Jourdier engage le combat avec son escadron contre un parti italien plusieurs fois supérieur en nombre à qui il inflige de lourdes pertes. Lors de ce combat, les spahis livrent la dernière charge au sabre de la cavalerie française et apportent à la France Libre son premier succès terrestre face à l'ennemi. Le 18 janvier 1941, à Om Ager, l'escadron Jourdier combat à nouveau avec succès face à un ennemi bien supérieur en nombre en accomplissant une mission de reconnaissance décisive dans la préparation de l'offensive britannique vers Keren déclenchée le lendemain.

Paul Jourdier est promu chef d'escadrons le 25 février 1941. L'escadron de spahis, augmenté de renforts, devient le 1er groupe d'escadrons de spahis. Le 20 mai 1941 le chef d'escadrons Jourdier rejoint avec le 1er escadron de spahis, commandé par le capitaine de Villoutreys la 1e division légère française libre au camp de Qastina en Palestine.

alors pour mes deux asterix::
(*) Nom d'un nom, "4e marhattes" la dénomination réel et pas francisé = 5th. Mahratta. pas de 4th. puisque ici c'est l'unité Régiment et il existait que un régiment détenant cette nomination.
Le 3è Bat./5è. Rgt. Mahratta Infanterie Indienne Légère se trouvait subordonné a la 9è. Brigade d'Infanterie Indienne. Pendant cette période.

(**) alors là je me demande bien, qui est ce français qui a tenté de traduire, "10e beloutches" c'est le 10th. Baluch.
Le 4è Bat./10è. Baluch Regiment était lui subordonné à la 10è. Brigades D'infanterie Indienne.

Ma source d'origine pour la bio du capitaine est:
http://www.souvenir-francais-92.org/2015/12/les-compagnons-de-la-liberation-des-hauts-de-seine-paul-jourdier-de-neuilly.html

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désolé, je n'ai pas d'autre carte montrant l'avancé comportant la 10ème Brg. d'infanterie Indienne avant cette date.
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeSam 15 Juin - 19:57

ha ben la je trouve en plus cela:

Citation :
Dernière charge à Umbrega

En juillet 1940, le 1er Escadron de Spahis fait mouvement sur l'Egypte. Là, par les voies les plus variées et souvent les plus périlleuses car la police de Vichy fait bonne garde, nombre de volontaires, Officiers, Sous-Officiers et Hommes de Troupe venus de tout le Moyen-Orient affluent pour grossir les rangs des Spahis.

Certains viennent des confins de la Turquie, entre le Tigre et l'Euphrate, tel ce Lieutenant qui commandera un jour le 1er Régiment de Marche des Spahis Marocains. D'autres sont obligés d'équiper en hâte un taxi à Alep pour gagner la Palestine à travers le désert en évitant avec précaution les postes et les carrefours importants tenus par des détachements d'alerte.

De l'île de Chypre même arrive un Sous-Lieutenant vétérinaire qui commandera plus tard (et avec quel brio) un Escadron d'Automitrailleuses dans les Campagnes de Libye, de Tunisie et d'Europe.

Hélas ! les petits détachements Français dissidents venant du Levant sont trop peu nombreux pour être autonomes. Ils sont donc rattachés à l'Armée du Nil et contraints de s'équiper à l'Anglaise. Cependant, pour maintenir dans l'uniforme britannique un élément spécifiquement français, le calot rouge, qui sera bientôt célèbre, est adopté. Ce n'est pas qu'une coiffure de parade, jamais en effet nos Spahis ne le porteront plus fièrement qu'au feu.

En octobre 1940 la Campagne d'Erythrée est ouverte. L'Escadron n'a pas reçu tout son armement car le pas sage de la Méditerranée est difficile aux convois anglais qui ravitaillent les troupes d'Egypte. La dotation en armes automatiques est insignifiante. Peu importe, il faut combattre.

En novembre, l'Escadron est au Soudan et au début de décembre il tient position en Erythrée, sur la frontière de l'Abyssinie. Il est rattaché à un Bataillon Marhate de la Division Hindoue. Il bivouaque sur les bords du Setit, affluent de l'Atbara, lui-même affluent du Nil Bleu. La rivière est infestée de crocodiles. La flore est luxuriante. La faune recèle tous les trésors auxquels on puisse rêver: reptiles, éléphants, lions, phacochères, cynocéphales, girafes, antilopes géantes, scorpions de toute taille et plutôt agressifs, etc... etc... La gent ailée est à la hauteur des circonstances. Nos chevaux, un moment inquiets, s'acclimatent rapidement à cette compagnie inhabituelle. Le climat est torride. En période de repos nos Spahis vivent pratique ment nus avec, en sautoir, leur arme individuelle dont ils ne se séparent jamais. Le terrain : une brousse hostile où la visibilité est réduite à néant. L'ennemi, composé en général d'indigènes encadrés par d'excellents Officiers coloniaux italiens, est très supérieur en nombre. Connaissant à fond le pays auquel il est parfaitement acclimaté, il est très mordant. Mais tout de suite les Spahis imposent leur ascendant par l'audace de leurs reconnaissances qui s'en foncent profondément en territoire adverse.

Le début de l'année 1941 sera marqué par des charges à cheval. Ce seront probablement les dernières de la Cavalerie Française(*).

Le 2 janvier le 1er Escadron de Spahis, toujours à cheval, doit reconnaître le plateau d'Umbrega. A travers les hautes herbes et les épineux l'un des pelotons de l'Escadron décèle un bivouac ennemi important cependant qu'un autre peloton, en action plus à l'ouest oblige les armes automatiques italiennes à se dévoiler. Au début de l'action, un Spahis européen a dû mettre pied à terre, son cheval ayant été très grièvement atteint d'une balle au ventre. Resté seul en lisière du campement ennemi il se tapit dans les hautes herbes et entreprend de desseller son cheval. Deux ennemis se présentent. Ils sont abattus à tour de rôle à coups de fusil. Un troisième bondit sur lui et le ceinture aux jambes. Arrachant de son fourreau la propre baïonnette du soldat érythréen, notre Spahi le poignarde d'une main vigoureuse et sûre au défaut de l'épaule. Un Officier italien, accouru sur les lieux, essaie d'intervenir. Devant l'attitude résolue de notre héros, il est contraint de fuir... C'est avec un calme qui force l'admiration de tous ses Camarades que notre Spahi rejoint, à pied, le gros de son Unité.

Vaincu, l'ennemi fuit en désordre. La poursuite est décidée. Le contact est pris à nouveau dans l'après-midi. D'un coup d'oeil rapide et sûr, le Capitaine embrasse la situation et donne ces ordres, brefs et précis : un solide bouchon fixe l'ennemi vers le Sud pendant que notre premier élément, effectuant un mouvement débordant de vaste amplitude, charge sabre au clair. Le combat est rude. Surpris, l'ennemi réagit du feu de ses grenades. Un Spahi est tué, touché à bout portant. Un nouveau combat au sabre s'engage. Devant ces forcenés qui mènent l'attaque comme de véritables diables, l'ennemi se débande, fuyant à travers la brousse haute et épaisse qui le masque. Il laisse sur le terrain de nombreux morts et blessés. L'Escadron n'a à déplorer que deux morts: un Spahi et un cheval.

Citons ici la conclusion tirée par le Commandant de l'Escadron à l'issue de ces combats : "Cette brève opération prouve que dans ce terrain couvert qui rend le tir difficile et facilite le corps à corps, la Cavalerie conserve toujours l'avantage de sa mobilité."

A quelques jours de là, le 18 janvier 1941, les Spahis poussent une reconnaissance sur Omager ou Om Ager (nous sommes toujours en Erythrée Italienne) et prend le contact avec quelques "Askaris". Mais bientôt l'ennemi qui s'était camouflé au passage de nos éléments se dévoile partout. C'est l'encerclement. Pour se dégager, il faut encore charger. La réussite est totale. L'ennemi, composé d'un bataillon d'infanterie à pied et de deux Escadrons à cheval se fait encore enfoncer par nos quarante sabres.

En février, ce sont des raids profonds de harcèlement et, enfin, la poursuite de l'Italien en déroute jusqu'à sa capitulation, à quelques kilomètres seulement de Keren.

Le 31 mars 1941 le 1er Escadron de Spahis a l'insigne honneur de recevoir à Ponte-Mussolini la visite du Général de Gaulle. Trois Croix de la Libération sont annoncées.

(*) Alors la je vient juste d'avoir à nouveau quelques images dans ma mémoire revenir.
Vous, vous rappeler du Film Croix de Fer?
avec la scène en Afrique du Nord, et où les Français était venu à la rescousse de la 1ère Division.
Alors ici comme c'était mentionné, que les dernières charges à cavalerie monté, c'était ceux mené en 1941 en Erytrée. Là ont remarque bien, que soit l'épisode dans le film se passe bien 1 1/2 après, même retraçant les dernière batailles en Tunisie en 1943. Donc dans les films, ont est bien loin, de retracer l'exactitude réel des batailles.

Mais, mais, mais, ben peut être aussi, que dans le texte, il ne parle pas de l'ancienne Armée de Vichy, qui eux après "l'opération Torch", ils se sont ralliée aux alliées.
Et que peut être, laissons tout de même subsister le doute, que une unité francaise, disposait encore de l'unité monté.
Parce que bien sûr, sous les récit de Leclerc, ils est bien mentionné, que uniquement après que la bataille de Tunis était terminer, ils ont reçus du matériel neuf.
Mais il était aussi mentionné dans un autre récit, toujours sous Leclerc, que dans un premier temps, ils ont eut du matériel Anglais, et cela été après que la colonne Leclerc avait fait la jonction avec les forces de monty.


Dernière édition par leclerc1944 le Mar 6 Aoû - 23:43, édité 1 fois (Raison : mise à jour)
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeDim 16 Juin - 1:44

et à nouveau un autre yesssssssssssss! pour connaitre à présent, les raisons du Colonel Magrin Vernerey "Monclar" pour son changement de nom!!!!!!!
Ben identiquement comme pour les raisons du Colonel Philippe de Hautecloque (Leclerc) l'on poussé à utiliser un nom de guerre, le Colonel Magrin Vernerey, il a changé de nom, pour protégé sa famille résident en France.

Ah ben cette trouvaille, je ne l'aurais pas connu, si je me serait juste contenté de suivre une unique source qui récite les combats et les unités pour vous terminer le sujet rapidement!

Et maintenant, ne trouvez vous pas, que le récit sur le 1er Escadron de Spahis manque encore de crépitement???
La raison étant simple, mes sources utiliser jusqu'à présent ont été des sites telle:
https://www.ordredelaliberation.fr

Donc des sites historique certes, puisque ici ils sont relayer au SHD soit notre service historique de la Défense.
et que bien entendu, ici les récits, ne sont pas des JMO entier, mais uniquement une partie du récit ou ont a former de bel phrases etc.

Mais yeeeeeeeeeeeeessssssssssssss, le voici, du moins un des vieux de la vielle. paru en 1950.
Et youpiiiiiii tralalala, .....


Citation :
UN CALOT ROUGE ÉVOQUE LES PREMIERS COMBATS DU RMSM
Le 1e escadron du 1e Régiment de Marche de Spahis Marocains.

Récit d’un "calot rouge",
Extrait de la Revue de la France Libre, n°29, juin 1950

PREMIÈRE ÉTAPE : LE PASSAGE D’UNE FRONTIÈRE

Juin 1940. Le 1e escadron du 1e spahis marocains est à Damas. Les nouvelles de France arrivent et se précipitent alarmantes. L’avance des Allemands paraît irrésistible. L’armée française ne semble plus en mesure d’endiguer ce déchaînement d’acier et de feu.

Des bruits percent puis se précisent : le gouvernement français a déjà demandé à l’ennemi ses conditions en vue d’une cessation des combats. Les colonnes de prisonniers affluent vers les camps nazis.

Soudain un espoir : les esprits un moment désemparés perçoivent par la voix de la B.B.C. de Londres l’appel à la résistance du général de Gaulle.

On chuchote dans tous les coins. Une atmosphère de complot nous entoure. Les chefs sont graves et s’efforcent de remonter le moral des plus atteints par la certitude de la capitulation. L’appel à la résistance du général de Gaulle est tenu secret pour éviter les départs individuels qui déjà s’amorcent.

Dans une telle ambiance, l’inaction est néfaste. Une marche manoeuvre est décidée, qui nous conduit dans les Monts Hermon. La population de Rachaya (bourgade importante de ces monts), qui a connu le régiment au moment où il menait de dures combats dans cette région, nous montre son attachement au passage par des jets de fleurs, de parfums et des bravos de sympathie. Les larmes coulent aussi chez ces braves gens qui nous aiment.

Devant un tel passé de gloire, devant des témoignages aussi émouvants, malgré notre défaite, nos gorges se serrent et nos poings se crispent sur la garde des sabres dégainés pour la traversée au village.

Capitulerons-nous aussi ? Que va décider le Haut Commandement ? Un bruit se répand : les troupes de Syrie vont passer en bloc en Palestine pour continuer la lutte auprès des Anglais.

Au soir du samedi 29 juin 1940, le bivouac est monté au pied de Rachaya où prend place le P.C. du colonel. La vie continue en apparence normale mais on s’interroge des yeux avec une angoisse bien compréhensible.

Le problème est évidemment complexe. Tout autour de nous plane le mystère. Chacun paraît se méfier de son meilleur ami. La réserve est de rigueur ainsi que la prudence.

Dimanche 30 juin. Il est 10h30. Le maître d’armes nous propose une leçon d’escrime que nous acceptons volontiers, manière de changer de sujet.

La leçon à peine ébauchée, nous apercevons, descendant des pentes de Richaya, notre capitaine, un solide Bourguignon, sur son cheval, Baby-Rose, regagnant le bivouac à l’issue d’une réunion au P.C. du colonel.

Autour de nous, les feux du bivouac pétillent et des marmites à quatre hommes s’exhale le fumet prometteur de poulets achetés au village autour desquelles nos Marocains s’affairent flegmatiques et ignorants - du moins nous semble-t-il - des événements qui s’abattent sur nous.

Ayant mis pied à terre, le capitaine fait immédiatement sonner le boute-selle. En un temps record, le bivouac est levé, avant même d’avoir pu déguster nos volailles, et l’escadron rassemblé pour une étape nouvelle dont nous feignons d’ignorer la destination.

En selle, en avant, et l’escadron s’ébranle en direction de l’ouest laissant dernière lui le reste des G.R.D.I., soit un autre escadron à cheval et un escadron d’automitrailleuses. Ces éléments ne semblent d’ailleurs pas se préoccuper outre mesure de notre départ.

Ce n’est que plus tard que nous apprenons la réponse de notre capitaine devant les hésitations du colonel. « Si vous ne passez pas la frontière de Palestine aujourd’hui, vous ne la passerez jamais... » Il avait raison, hélas !...

Arrivé à la jonction de deux pistes, la halte retentit suivie d’un rassemblement des cadres : de sa voix extraordinairement calme le capitaine explique : « Devant vous, deux routes : à droite, celle de Beyrouth, c’est la voie de l’obéissance, de la vie facile, sans dangers, mais aussi celle qui ne peut mener qu’à la servitude. À gauche, celle de la Palestine ; c’est la route du combat, combat qui sera rude et qui durera des années, mais qui vous conduira à l’honneur et à la France. Je pars sans me retourner. Je compterai demain, en Palestine, ceux qui m’auront suivi ».

Sur ces paroles désormais historiques, l’escadron s’ébranle de nouveau par les gorges du Jourdain et le lendemain nous montre que malgré les embûches de toutes sortes accumulées sur notre route, les appels à l’obéissance passive, la majorité de l’escadron a suivi son capitaine.

Voici l’histoire, très simplement relatée, de la première étape du combat pour la libération de la France, menée par le 1e régiment de spahis marocains qui avait ainsi l’honneur d’avoir fourni, grâce au caractère et l’extraordinaire sang-froid de son capitaine, à qui en revient tout le mérite, la première unité constituée qui, sur un territoire contrôle par le « gouvernement de la capitulation », faisait acte de résistance.

PALESTINE ET ÉGYPTE
Nous sommes donc en Palestine où les Britanniques, à l’ordinaire si réservés, nous font un accueil enthousiaste. Le sentiment de se sentir moins seuls peut-être ?

Au mois de juillet 1940, nous faisons mouvement sur l’Égypte où la colonie française nourrit dans sa majorité des sentiments analogues aux nôtres.

Là, par les voies les plus variées et souvent les plus périlleuses, car la police de Vichy fait bonne garde, nombre de volontaires, officiers, sous-officiers et hommes de troupe venus de tout le Moyen-Orient affluent pour grossir les rangs des spahis.

Certains viennent des confins de la Turquie, tel un de nos plus brillants officiers. Si vous lui demandez comment il a fait pour réussir ce coup de maître, il sourit et répond modestement : « par le train ». D’autres sont obligés d’équiper rapidement un taxi à Alep pour gagner la Palestine par le désert, évitant soigneusement les postes et les points de passage gardés avec vigilance par les détachements de troupe ou de police.

Mais ces petits détachements sont trop peu nombreux, hélas ! pour être autonomes. Dans ces conditions, le Haut Commandement britannique du Meaddle East décide de les employer en les rattachant à l’armée du Nil qui manque de cavalerie. Ceci les oblige à s’équiper à l’anglaise, ce qui ne leur plaît qu’à moitié, cela se conçoit. Cependant, pour maintenir un élément spécifiquement français, le calot rouge qui sera bientôt célèbre est adopté. Jamais nos spahis ne le porteront plus fièrement qu’au feu.

À ce propos, il faut citer un passage aussi coloré que notre calot relevé dans la « Plaquette de la 2e D.B. » et qui illustre de façon remarquable le caractère qu’il s’est acquis et ce qu’il représente :
« Il y a probablement des gens qui s’imaginent que la réputation des spahis de la division Leclerc ne tient qu’à leur coiffure. Certes, un calot rouge, entièrement rouge, ce n’est pas très discret ; cela fait môme un peu tapageur, et celui qui l’a sur la tête en profite parfois pour se donner un genre.

« Seulement, s’il est voyant dans les cantonnements, « le calot rouge » l’est aussi dans les combats. De le porter toujours, en patrouille comme au repos, à la tourelle de son blindé comme à la sortie de la messe, le spahi a bien le droit, ce me semble, d’en tirer une certaine fierté. Cela cesse d’être du chiqué pour devenir de la crânerie. On m’objectera peut-être que cette crânerie fait courir aux crâneurs un risque inutile ; mais ne trouvez-vous pas qu’en matière de bravoure et par le temps qui court, il n’est pas mauvais qu’on en fasse parfois un peu trop ? Et il est certain que les spahis sont toujours dans leur comportement un peu de la couleur de leur calot.

Cela explique bien des choses.

« Cela explique des cantonnements parfois un peu bruyants, et des bordées un peu sensationnelles, cela explique aussi une prodigieuse correspondance féminine qui suit le 1e régiment de marche de spahis marocains dans ses déplacements comme une queue de comète.

« Mais cela explique également les évasions massives de blessés ou de malades incomplètement guéris qui quittent l’hôpital sous la simple rumeur que leur escadron monte en ligne.

« Cela explique le ralliement de la première heure aux forces du général de Gaulle.

« Cela explique ces faits d’armes tantôt sanglants, tantôt sans pertes, toujours brillants, qui font la trame de l’histoire du régiment.

« On trouvera ci-après quelques exemples... il ne s’agit que de minces épisodes... Ils suffisent cependant pour justifier ce que j’avance.

« Souvent La Fontaine raconte ainsi sa fable après en avoir énoncé la moralité.

« Mais ici, la fable est une histoire vraie. »

CAMPAGNE D’ÉRYTHRÉE

En octobre, la campagne d’Érythrée est ouverte. L’escadron n’a pas encore reçu tout son armement. Ses armes automatiques, au nombre de deux, sont représentées par des fusils mitrailleurs Hotchkiss d’un type depuis longtemps périmé.

Elles déclareront en effet forfait chaque fois que nous en aurons besoin. C’est sûrement pour cette raison que notre capitaine affectionne particulièrement la charge au sabre. Jamais de difficulté mécanique avec nos « bancals ». Avec ou sans armes, il faut se battre et montrer aux Britanniques que nous méritons mieux en moyens de feu.

La remontée du Nil en bateau, qui nous fait découvrir une vallée riche en histoire d’Assouan à Wadi-Halfa, nous enchante et nous fait oublier pour un temps les petites peines dont il vient d’être question. Le reste du parcours, qui nous conduit nous et nos chevaux au Soudan anglo-égyptien, dont une partie est occupée par les Italiens, se fait par chemin de fer. C’est aussi très drôle et notre bonne humeur ne fait jamais défaut. Nous savons que le combat tant attendu approche et nous savourons par anticipation notre revanche.

C’est le 8 décembre 1940 que l’escadron pénètre, comme pour une parade, dans la zone dite de guerre. Malgré l’opposition des Britanniques dont l’attitude est encore prudente, nous établissons notre bivouac sur un gué de la rivière Setit, bien en avant de leur dispositif, le gué désormais célèbre d’Abuderissa. C’est évidemment un peu osé. Mais nous ne craignons pas l’Italien.

La végétation est magnifique et la faune abondante et variée. La tenue réglementaire est le nu quasi intégral. Il n’est pas rare de se rencontrer avec comme tout vêtement un très pudique « bikini » que cache le revolver qui lui ne nous quitte jamais, comme le calot rouge.

Nous pouvons à loisir contempler les ébats des crocodiles énormes, des girafes gracieuses dans leur course apeurée, des cynocéphales qui viennent la nuit soustraire le « doura » destiné à nos chevaux et qui, assis sur leur arrière-train, nous acceptent comme leurs frères. Ils sont sympathiques d’ailleurs ces gaillards.

Mais là n’est évidemment pas notre mission principale. Nos patrouilles sillonnent profondément le « no man’s land » prudemment respecté des deux côtés, avant notre irruption dans cette zone de paix relative. Nous avons nettement l’impression que nous arrivons pour semer la perturbation dans ce calme apparent.

Le capitaine veut des patrouilles profondes. Ce qu’il veut, il le veut bien.

À force de chercher l’ennemi, nous finissons par le découvrir à la trace, grâce à des ruses de Sioux. Nous devenons, d’ailleurs, très forts en la matière et nous formons des experts parmi nos Marocains qui affectionnent particulièrement ce genre de sport.

Notre première rencontre avec l’Italien a lieu le 27 décembre 1940. Notre patrouille est commandée par un sous-officier célèbre au régiment. Ils sont sept spahis armés de sabres et de fusils. L’ennemi est fort de 50 soldats et de plusieurs fusils-mitrailleurs. La charge s’impose. Galopade effrénée dans le vide. L’ennemi disparaît, en effet, avec une rapidité qui nous laisse rêveurs. Pour la fuite, il s’y connaît. Il faudra s’y prendre d’une autre façon la prochaine fois !...

La deuxième rencontre est plus sérieuse.

C’est le 2 janvier 1941, à Umbrega, aux confluents des trois frontières : Érythrée, Abyssinie, Soudan anglo-égyptien.

Il fait très chaud. Cette fois l’escadron est sorti au complet - compte tenu des services du bivouac, des indisponibles et des fiévreux, nous sommes exactement 27.

La Setit-River est franchie à 6 heures à un gué situé à une quinzaine de kilomètres au sud de notre bivouac. Nos éclaireurs de pointe recueillent les indices suivants : « Traces de souliers cloutés, de pas de chameau frais, de pas de mulets (ou d’ânes), crottins frais ».

Plus de doute, nous tenons le bon bout. En avant avec prudence. À 9h45, trois heures après cette prometteuse découverte, notre patrouille de pointe tombe nez à nez avec un détachement italien évalué à 150 hommes à pied. Les officiers sont montés sur des chameaux. Surprise, notre patrouille ouvre le feu. Il nous est répondu par une fusillade d’une intensité surprenante. On nous attendait sûrement.

La solution, sans armes automatiques, est aussitôt trouvée par notre capitaine : la charge. Aussitôt dit aussitôt fait. Nous fondons comme l’ouragan à travers la masse des Italiens que nous traversons à une allure foudroyante, semant le désordre et provoquant la dislocation totale du dispositif ennemi. Il ne comprend rien d’ailleurs à l’audace forcenée des Français. Ce geste dépasse leurs conceptions sur la guerre.

Un de nos spahis, son client tué sous lui, se défend comme il peut et réussit, seul, à abattre un premier « Ascari » avec son fusil tandis qu’au cours d’un corps à corps épique il poignarde, pour se défendre, deux autres Ascaris qui lui réservaient assurément le même sort. Il se sert d’ailleurs de la baïonnette de l’un d’eux pour cet exploit.

L’Italien se replie cependant que nous nous regroupons pour recommencer notre charge. Les épineux et les hautes herbes nous cachent l’ennemi et le capitaine décide de demander des renforts avant de poursuivre son action.

Il est 16 heures lorsque nos patrouilles nous signalent de nouveau l’ennemi. Un savant « mouvement tournant » nous ramène au contact. C’est le moment de charger car les coups de feu éclatent de toute part. Une grenade décapite littéralement un de nos spahis marocains.

Les renforts demandés ne nous ont pas encore rejoints. Nous ne pouvons que le regretter. Nous continuerons seuls.

Nouvelle charge de notre petit détachement divisé en trois patrouilles d’égale importance. Surpris à nouveau par cette réaction à laquelle il ne s’attendait pas, l’ennemi fuit laissant sur le terrain 12 morts, trois blessés plus un prisonnier qui joue au mort et qui semble bien être le seul à ne pas s’être courageusement défendu.

Contents de nous, mais attristés par la perte de notre camarade marocain, nous regagnons le bivouac d’Abu-Derissa dans la nuit, nous promettant de faire mieux à la prochaine occasion.

La conclusion du capitaine s’impose évidemment à l’issue de ce combat : « Cette brève opération prouve que dans un terrain couvert qui rend le tir difficile et facilite le corps à corps, la cavalerie conserve tout l’avantage de sa mobilité ». Le règlement en profitera !...

Les Anglais concluent aussi en nous adressant de Londres des félicitations chaleureuses et en nous dotant cette fois de fusils-mitrailleurs V.B. qui précèdent eux-mêmes les fameux « Brenn-Guns ».

Au lendemain de cet exploit, nous recevons la visite d’un officier du régiment alors en mission à Brazzaville, authentique gentilhomme breton. Une chasse au crocodile est organisée, un saurien est tué. Notre ordinaire s’améliore ainsi de cette chair qui fut appréciée à sa « très » juste valeur par chacun de nous. Il fallait bien reprendre des forces pour les engagements à venir !...

Il serait trop long de citer dans cette modeste relation la totalité des premiers combats menés par le 1e escadron du 1e spahis marocains à l’aube de la France Libre.

Toutefois, il paraît impossible de passer sous silence la rencontre du 18 janvier 1941, à Omager. Il s’agit d’une opération sérieuse puisqu’en plus de l’escadron de spahis les Britanniques détachent une section « Mahrattes » motorisée et bien armée.

L’escadron quitte le bivouac avant le lever du jour. Il s’agit de reconnaître les avant-postes de l’ennemi en vue d’une attaque prochaine de ses positions, en direction générale de Kéren.

L’escadron atteint à 8h30 un excellent observatoire à environ 5 kilomètres à l’intérieur de l’Érythrée italienne où nos Alliés s’arrêtent cependant que notre avance se poursuit.

Vers 10 heures, un léger accrochage a lieu entre une de nos patrouilles et un petit détachement italien occupant un bosquet d’épineux avec une arme automatique. Quelques coups de feu sont échangés de part et d’autre. Le bilan se chiffre par le seul bruit et le décrochage éperdu de l’ennemi. Ce dernier se rend en effet parfaitement compte que nous sommes décidés à lui raire payer cher le coup de poignard dans le dos de 1940. De plus, il a déjà subi les effets de notre audace quelques jours auparavant. En avant encore !

Nos sondages continuent dans le cadre de notre mission.

Nous entendons soudain des appels de sifflets, et cela de tous côtés. Ce ne sont pas des petits oiseaux comme veut nous le faire croire notre capitaine. Nous nous apercevons bientôt que les Italiens nous ont laissé pénétrer à l’intérieur de leur dispositif. Nous réalisons rapidement que de toute part nous sommes encerclés. C’est beaucoup moins drôle.

Ce sont partout des têtes noires d’Ascaris qui croient à une victoire facile et à une revanche consommée. Le combat s’engage avec une partie de l’escadron qui met en fuite un fort détachement italien cependant que le reste de l’escadron continue sa mission de reconnaissance des lignes ennemies. II est bien dans ses avant-postes. Sa mission est terminée. Reste à rapporter les renseignements, donc à ne pas se laisser prendre dans cette souricière assez habilement tendue.

La manoeuvre classique d’action retardatrice est appliquée. L’ennemi attaque. Nos spahis ripostent et cherchent le passage qui semble exister vers le Sud. Nous allons donc dans cette direction au trot de nos chevaux sous la protection de nos fusils-mitrailleurs qui font des ravages dans les rangs ennemis, arrêtant pour un temps leur élan et leurs macabres pensées.

Sur notre flanc gauche une horde invraisemblable de cavaliers ennemis galope à notre rencontre pour nous barrer la route, poussant des cris qui ne laissent aucun doute sur le sort qu’ils nous réservent.

Les Italiens ont bien joué, nous sommes cette fois coupés de nos voies de retraite. Une seule solution demeure possible. Elle n’échappe pas à notre capitaine qui dirige l’escadron droit vers la rivière Kérib où il a la chance de découvrir un passage qui nous met rapidement hors de portée de l’adversaire médusé une fois encore. Il croira aux fantômes désormais...

L’engagement a été chaud : de notre côté nous n’avons que deux blessés sérieux que nous ramenons et cinq chevaux tués par balles ou par mines et qu’il nous faut abandonner.

De son côté, l’ennemi, évalué à un bataillon et à deux escadrons de cavalerie, a perdu un très grand nombre de tués et de blessés. Un détail : l’un de nos deux blessés, Alsacien et brigadier-chef, se nomme Hittler comme le Führer à un T près !...

Bien d’autres exploits de ce genre sont réalisés par cette poignée d’hommes décidés à ne rien pardonner à l’ennemi dans le cadre de l’honneur et du respect des lois de la guerre imposés par leur capitaine dont on ne connaîtra jamais assez les mérites qu’il s’est ainsi acquis en servant la France. La suite de ce que deviendront nos spahis d’Alep à Berchtesgaden par El-Alamein, la Tunisie, la Normandie, Paris et Strasbourg, serait plus longue et plus sérieuse à relater. Le général de Gaulle a eu une bonne idée. Qu’en pensent nos Anciens ?

Un « calot rouge »
Ainsi ici, a un moment donné, j'ai bien relu un certain passage, et puis le reste avait été rapetisser dans la version primaire.

Mais j'ai vraiment adorer le dernier passage, qui démontre bien, que le capitaine avait de l'expérience et que avec un sang froid, il trouva la sortie du tunnel sans que cela coûte de trop grande pertes humaine.

Et ici ont trouve aussi le nombre des adversaires qu'ils ont combattu lors de leurs charges héroïques.
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeDim 16 Juin - 10:07

Citation :
Vaincu, l'ennemi fuit en désordre. La poursuite est décidée. Le contact est pris à nouveau dans l'après-midi. D'un coup d'oeil rapide et sûr, le Capitaine embrasse la situation et donne ces ordres, brefs et précis : un solide bouchon fixe l'ennemi vers le Sud pendant que notre premier élément, effectuant un mouvement débordant de vaste amplitude, charge sabre au clair. Le combat est rude. Surpris, l'ennemi réagit du feu de ses grenades. Un Spahi est tué, touché à bout portant. Un nouveau combat au sabre s'engage. Devant ces forcenés qui mènent l'attaque comme de véritables diables, l'ennemi se débande, fuyant à travers la brousse haute et épaisse qui le masque. Il laisse sur le terrain de nombreux morts et blessés. L'Escadron n'a à déplorer que deux morts: un Spahi et un cheval.
L'esprit cavalier ! ... Shocked
Bon, mais il est clair que ce genre de charge ne peut avoir de résultats, d'ailleurs comme aux grandes heures de la cavalerie. que contre un adversaire pris au dépourvu ou en situation de repli ou désordre...
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeDim 16 Juin - 14:45

Oui, attend juste un peu vania!
Alors à présent pour les personnes qui ont regarder les différentes cartes, et à chaque fois!!! Pour Om Ager ils ne trouve aucune correspondance sous google map. moi en continuant mes recherches et mes différentes sources de lectures.
je vient tout juste de trouver l'erreur.
Om Ager sur les cartes = Omhajer = GPS N 14.403141, E 36.646503
pour le fameux plateau Umbrega = celui ci se trouve encore au Soudan Al Fushqa GPS N 14.765253, E 36.417130
Ainsi comme ce fameux plateau se trouve au Sud de la Ville de Kassala, ben oui, pendant cette période, la 10ème Brigade Hindou, ou furent rattaché l'escadron, leurs secteurs était la sécurisation de la route au Sud de Kassala menant de Kassala- Gedaref (Gedaref =Al Qadarif)

Pour la fameuse rivière Setit. N 14.265122, E 36.245499 c'est la Tekeze. et Celle ci passe juste en dessous de Omhajer.

Et bien aussi oui, toutes ses dénominations, sur les cartes Anglaise, eux ont utilisé les anciennes dénomination sur les Cartes Italienne de 1922.
Ainsi aussi, pour les Ascaris! C'était ni plus ni moins que des coloniaux Erythreeains qui ont rejoint la corpo coloniale Italia pour former la défense du vaste empire du duc d'Aoste. sur les 250 000 hommes que les Italiens disposèrent en Érythrée 183 000 ont été des Ascari d’Érythrée et qui ont été incorporée dans ce corps coloniale.
Hamid Idris Awate fut le leader de ses Ascaris qui ont combattu dans le secteur de Kassala, et lui même à combattu en tant que Ascari pendant la bataille de Keren.
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeDim 16 Juin - 20:16

Oui mon cher Vania, mais ici comme c'était aussi énumérer, la "dernière charge" cela sous entend bien, que quelques semaines après, donc comme ici, ils ne parle plus de combat pour la période de Février mars 1941. Ainsi c'était réellement les derniers combats en tant que Cavalier monté. Puisque après ils ont reçus du matériel motorisé et blindés, et ainsi aussi, par la suite il rejoindrons les autres unités française, et la petite ancienne unité, deviendra un Groupe. Et le tout en faisant partie des membres fondateur de la future 1ère Division FFL.
Tu te rappel surement de l'épisode ou à la fin, du récit, fut mentionné, que trois membre de l'unité ont été décerné par le Général De Gaulle, les trois croix de la libérations, ben Jean Ballarin, qui faisait parti des spahis, en était un.

En fait, par la suite, que je vient tout juste de découvrir, l'escadron de spahis, avait encore participé à 3 batailles, mais cette fois ci, elle détenait bien des véhicules blindés.
Donc pour le moment les dates sont inconnu, mais l'escadron à bataillé pour libérer  Onagen, Barunti et la dernière fut celle pour la libération de Biacundi, et c'est au mois de Mars, qu'ils ont rejoint la BFO.

après mainte recherche pour les trois dernières villes ou l'escadron de spahi avait combattu.
Onagen n'existe pas. Je suis sur et à 75% certain, que la personne qui a du lire pour transcrire les document, Omager et comme celle ci s'appelle actuellement Omhajer  qui elle d'après les récits des batailles, elle fut libérer entre le 26 et le 27 janvier 1941.
Barunti et d'après les récits énumérer par Barentu. Bataille sur la route vers Keren ou la 10è Brigade Hindou y a participé.
Biacundi ce situe d'après les récits quelques kilomètres de Omhajer. Maintenant es ce le nom d'une plaine, pour une montagne je n'y crois pas, en raison que j'en ais vérifier quelques unes, une autre rivière ou un Lac ou alors le nom d'un col????

yesssssss.

Citation :
Biyakundi is a populated place and is located in Gash Barka, Eritrea. The estimate terrain elevation above seal level is 681 metres.

Latitude: 14°26'36.85"
Longitude: 37°12'44.64"
Donc il s'agit bien d'un petit village, ou plutôt un emplacement qui est habité, mais je suppose que sur les anciennes carte, en 1940-41, il devait juste disposer de quelques maisons, donc trop petit, pour l'insérer sur les cartes.


Dernière édition par leclerc1944 le Mer 7 Aoû - 9:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeMer 7 Aoû - 0:08

vania a écrit:
Citation :
Vaincu, l'ennemi fuit en désordre. La poursuite est décidée. Le contact est pris à nouveau dans l'après-midi. D'un coup d'oeil rapide et sûr, le Capitaine embrasse la situation et donne ces ordres, brefs et précis : un solide bouchon fixe l'ennemi vers le Sud pendant que notre premier élément, effectuant un mouvement débordant de vaste amplitude, charge sabre au clair. Le combat est rude. Surpris, l'ennemi réagit du feu de ses grenades. Un Spahi est tué, touché à bout portant. Un nouveau combat au sabre s'engage. Devant ces forcenés qui mènent l'attaque comme de véritables diables, l'ennemi se débande, fuyant à travers la brousse haute et épaisse qui le masque. Il laisse sur le terrain de nombreux morts et blessés. L'Escadron n'a à déplorer que deux morts: un Spahi et un cheval.
L'esprit cavalier ! ... Shocked
Bon, mais il est clair que ce genre de charge ne peut avoir de résultats, d'ailleurs comme aux grandes heures de la cavalerie. que contre un adversaire pris au dépourvu ou en situation de repli ou désordre...

Salut mon cher vania, après une absence prolongée.
Je revient donc avec:
Oui mais du Côté de l'armée Rouge, eux ils ont utiliser les unités de cavalerie tout le long de la guerre.
Mais je suis aussi d'accord avec toi, par ce que tu vas surement me l’énumérer:
Les russes, eux détenait un sacré courage, et une tenace vengeance, ou ici coûte que coûte, ils était prêt à mourir, en sachant, que avec leur morts, ils auront lavé du moins le sang que l'un de leurs parents avait perdu.
Et oui bien sûr, pour contrer les replis des allemands, en raison des cavaliers monté, était tout de même beaucoup plus rapide à traverser des champs, ou franchir des rivière que un vehicule.
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeMer 7 Aoû - 10:29

Complètement.
C'est pour ça qu'il a subsisté sur le Front de l'Est des unités de cavalerie, dans les deux camps.
Pour la mobilité en terrain difficile et non pur les charges, les combats se faisant à pied...
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeMer 7 Aoû - 20:49

Bien passons à présent aux combat de la prochaine unité soit le BM.3.
Mais ici, il me faudra en premier rassemblé tout les récits, pour vous donné une chronologie de son histoire.
En raison que pour le moment, les divers récits qui existe, sont disséminé un peut partout.
Donc certain parlent de l'épopée 1940 et d'autre récites les faits des batailles.
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MessageSujet: Re: JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941   JMO de la 13ème DBLE Erythrée 1941 Icon_minitimeJeu 8 Aoû - 12:30

Donc 1ère partie de l’histoire du BM 3.

Citation :
Définition d'un Bataillon:Un bataillon est une unité militaire regroupant plusieurs compagnies.Suivant les lieux et les époques, plusieurs bataillons forment :• un régiment• une demi-brigade• une brigade Traditionnellement, un bataillon était commandé par un chef de bataillon ou commandant. Les quelques bataillons subsistant dans l'armée française portent ce nom par tradition (chasseurs à pied ou chasseurs alpins) et sont en fait des régiments, c'est-à-dire de véritables formations administratives. Ce sont des bataillons formant corps. De ce fait, ils sont commandés par un colonel ou un lieutenant-colonel

-Bataillon de marche n°1
L'Armistice de juin 1940 est durement ressentie par les populations françaises et africaines de l'A.E.F. et du Cameroun. Deux renforts d'un millier d'hommes chacun, provenant du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad (Saras), destinés à combattre en France, se trouvent bloqués à Brazzaville, renfort n°4 (Commandant Delange) et à Pointe-Noire, renfort n°3 (Commandant Colonna d'Ornano et Capitaine Garbit), ce dernier en cours de rapatriement sur le Tchad pour démobilisation. Une partie de ce détachement permit de mettre sur pied à Fort-Archambault le BM3 (Commandant Garbay) qui devait s'illustrer en Erythrée. Le 29 août au matin, à Brazzaville, le renfort n°4 intervient pour neutraliser les chefs militaires et civils, tenants du Gouvernement Pétain et met fin aux hésitations et aux velléités diverses. Au milieu de l'après-midi, le Colonel de Larminat, représentant le Général de Gaule, hébergé sur un bateau fluvial ancré au large de Léopoldville, et tenu au courant de l'évolution de la situation par une ligne téléphonique privée, traverse 1e Pool et est reçu chaleureusement à l'embarcadère de Brazzaville par les Anciens Combattants, drapeau en tête. Sans effusion de sang, le ralliement du Congo Français à la France Libre est proclamé. II ne sera pas contesté par la suite. Le jour même, le Renfort n°4 prend pour nom "Bataillon de Marche n°1 de l'Afrique Equatoriale Française Libre" et il peut espérer dans un bref délai participer à la formation de la Brigade d'Orient décidée par le Général de Gaulle. La situation au Gabon et au Levant retarde cette réalisation. Des fonctionnaires en affectations spéciales demandent à servir au BM1 ainsi que de jeunes Français forestiers, agents de factoreries et industriels venus d'A.E.F. et du Congo Belge. La création à Brazzaville d'une école d'aspirants va permettre de former d'excellents chefs de Section. Grâce à ces apports de valeur, le BM1 se trouve dès septembre correctement encadré et apte à prendre sa place dans les unités combattantes. Ralliement et maintien de l'ordre au Gabon . Après un dernier ralliement, les autorités civiles et militaires du Gabon se rétractèrent sous la pression des tenants du gouvernement de Vichy et de détachements des Armées de Terre, Mer et Air venus d'A.O.F.Tandis qu'un groupement de militaires du Cameroun (active et réserve) aux ordres du Colonel Leclerc, et un Bataillon de Légion commandé par le Commandant Koenig s'emparent du terrain d'aviation et de la ville de Libreville, le BM1 renforcé d'éléments prélevés sur Pointe-Noire procède à la pacification du Sud et de l'Ogoué du 10 octobre au 10 novembre 1940 (Lambaréné, Port-Gentil) puis il rejoint Libreville pour permettre aux troupes venues du Cameroun, et au Bataillon de Légion de rentrer à Douala. Le Colonel Parant est alors gouverneur et Commandant Militaire du Gabon. La lère Compagnie du BM1 (Capitaine de Boissoudy) en précurseur rentre à Brazzaville et est transportée à Port-Soudan et Souakim sur la mer Rouge pour rejoindre la Brigade d'Orient. Elle arrive trop tard pour participer aux opérations d'Erythrée et est regroupée avec le BM1 au Camp de Quastina en Palestine. Opérations du Moyen-Orient. Après un court séjour à Brazzaville où le gros du BM1 s'équipe en cadres et en matériel et où le Père Houchet devient son Aumônier, il embarque à partir du 15 mars 1941 sur les bateaux fluviaux remontant le Congo et l'Oubangui, pour rejoindre les Forces Françaises Libres du Moyen-Orient.

Une unité est dite « de marche » (BM) lorsqu’elle est formée à partir d'éléments d'autres unités ; en pratique, cela résulte le plus souvent de pertes trop lourdes dans les unités d'origine, mais cela peut aussi résulter d'un ralliement local d'unités plus petites. Le terme « marche » désigne une unité qui est formée pour un temps limité. En général, pour la durée de la campagne. Pendant la Première Guerre mondiale, ce type d'unité a été crée suite à une décision ministérielle du 25 janvier 1915 prévoyant la constitution de 40 bataillons de marche en France, soit deux par région militaire. Cette volonté fait suite à la crise des effectifs qui se fait déjà sentir et à l'obstination de l'état-major d'employer le maximum de troupes au front afin de s'assurer de la supériorité numérique. Ces bataillons sont composés de recrues, de soldats encore dans les dépôts et de blessés redevenus disponibles. Février 1915, à partir de renforts de tous les régiments de la place de Belfort formation d'un bataillon de marche, à la caserne Bechaud, portant le numero 171. Le 24 mars 1915, les trois BM des 63e RI, 107e RI et 171e R.I sont mis à la disposition du 6e corps d'armée. Le BM du 171e R.I sert à reconstituer le 132e R.I.Les bataillons d'infanterie légère d'Afrique (BILA) étaient des bataillons formant corps. En 1914, à la déclaration de la guerre, les effectifs devant pour la plupart rester en garnison en Afrique du Nord, on a formé pour la durée de la guerre, un puis trois bataillons de marche d'infanterie légère d'Afrique. Il y en eu trois qui ont participé à la Première Guerre mondiale : le 1er , 2e et 3e bataillon de marche d'infanterie légère d'Afrique BMILA. Les troisième et cinquième BILA ont formé en France le troisième bataillon de marche d'infanterie légère d'Afrique et se sont couverts de gloire en Belgique à la maison du Passeur (porté sur le drapeau)1.Pendant la Seconde Guerre mondiale, 24 bataillons de marche coloniaux. Vont voir le jour au sein des Forces Française Libres, pour la durée du conflit. Certains d'entre eux sont même récompensés de la plus haute récompense militaire : la croix de la Libération, comme le bataillon de marche n°2 de l'Oubangui-Chari.

- Le Bataillon de marche n° 2 (BM2)Après le BM1 constitué à Brazzaville par le commandant Delange (fin août 1940), le BM 2 vit le jour à Bangui (Oubangui-Chari, aujourd'hui : Centrafrique) sous les ordres du commandant de Roux, au début de novembre 1940. Il comprenait un millier d'hommes (répartis en un groupe franc (lieutenant Bourgoin, sergent-chef Conus) et quatre compagnies : la 5e (capitaine Amiel), la 6e (lieutenant Hautefeuille), la 7e (lieutenant Féraud), la compagnie d'accompagnement (capitaine Duché de Bricourt). Le bataillon quitta le territoire le 25 décembre 1940 pour Brazzaville et Pointe-Noire, d'où il sera acheminé vers Port-Soudan, via l'Afrique du Sud. Il n'y arrivera que le 19 avril, après la fin des opérations en Erythrée.

- BATAILLON DE MARCHE N° 3 D'AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE . HISTORIQUE. Filiation, garnisons 16.10.1940 Création du bataillon de marche n° 3 d'Afrique équatoriale française (BM 3) avec des éléments du RTS Tchad et des compagnies du bataillon de renfort n° 3 renvoyé au Tchad : Fort-Archambault. 01.1941 Il rejoint le Soudan anglo-égyptien. 14.02.1941 Il participe aux opérations d'Erythrée au sein de la brigade d'Orient des FFL.
……….
INSIGNE BM 3 (1941-1942)Symbolique Ancre de la coloniale dorée brochée d'une croix de Lorraine rouge, peinte, chargée d'une tête de dromadaire argentée, tournée vers la droite de l'insigne. Sur la trabe un cartouche au sigle TCHAD est gravé en noir. L'insigne évoque l'appartenance aux FFL d'une formation coloniale, créée à partir du RTS Tchad, dont certaines unités élémentaires étaient constituées par des groupes méharistes. Nota : L’insigne dessiné en 1941, par le médecin capitaine Vernier s'inspirant de la couverture du traité de médecine tropicale du médecin commandant Palés, et qui sera remanié par le capitaine Chandon Fabrications 84a Artisanale de Damas, fixation par épingle à charnière. 84a Variante avec bras de l'ancre cassés 84b Artisanale de Damas, peinte. 84b Variante sans cartouche, nom en relief 84b Artisanale de Damas, peinte, fixation par épingle à charnière. 84b Variantes sans cartouche, nom en relief ,avec bras de l'ancre cassés.

Variante 2.

En février 1941, sur la demande du commandant de Kersauzon de Penendreff, officier de liaison à Khartoum auprès de l’armée britannique, le médecin-capitaine Vernier dessina un projet d’insigne comportant une tête de chameau : il s’était inspiré pour cela de la couverture du traité de médecine tropicale du médecin-commandant Pales. Puis le projet fut remanié au Caire par le Capitaine Chandon et c’est sur sa maquette définitive que l’emblème métallique du B.M. 3 a été réalisé à Damas en 1941. Un autre modèle sera réalisé au Caire : sur celui-là, la croix de Lorraine était peinte ; sur le modèle frappé à Damas, en vermeil, la tête de chameau est argentée et le harnais, doré.
(Les Français Libres et leurs emblèmes par B. Le Marec, ed. Lavauzelle).
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