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 poche de falaise

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Erich von Manstein
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MessageSujet: poche de falaise   Ven 4 Avr - 18:06

Après le débarquement de Normandie du 6 juin 1944, la guerre s'enlise côté américain devant Saint-Lô dans la Bataille des haies, et dans la Bataille de Caen côté Anglo-Canadien; la progression est difficile vers Falaise.
Unités de la 3e armée américaine du général Patton en route vers la Bretagne
Unités de la 3e armée américaine du général Patton en route vers la Bretagne

Le maréchal Bernard Montgomery se bat avec une armée anglo-canadienne à coup d'opérations limitées et violentes. Faisant face à la majorité des moyens blindés de la Wehrmacht[1], sur un terrain (de bocages normands) défavorable à l'offensive motorisée, la progression britannique est lente et coûteuse.

L'Opération Cobra du 25 juillet 1944, coup de tonnerre planifié par le général Omar Bradley, libère soudainement toute la 3e armée du général Patton après cinquante jours de petites avancées[2]. Le 1er août 1944 la percée d'Avranches permet le jaillissement des divisions américaines vers la Bretagne, seconde étape du plan Overlord. Il devient vite évident que, devant la faiblesse de la 7e armée allemande, une occasion unique se présente d'asséner un coup massif à la Wehrmacht. Une réunion entre Bradley et Montgomery, le 2 août 1944, parvient à la conclusion qu'un seul corps d'armée américain, avec le concours de la Résistance française, serait suffisant pour nettoyer la Bretagne[3]. D'autre part, on décide que le général Patton devrait s'assurer les passages de la Loire au sud, « et se tenir prêt à se lancer vers l'est (Paris) avec de puissantes forces blindées et motorisées »[3].

Contre toute logique militaire, plutôt que de se replier en ordre sur les coupures fluviales après la percée américaine, Adolf Hitler imagine une offensive sur Mortain. Il pousse en effet l'armée allemande vers la destruction[4]. Le Führer a pris personnellement en charge les opérations militaires à l'Ouest depuis l'attentat du 20 juillet 1944, car il a perdu toute confiance dans les militaires de ses états-majors. Il n'écoute plus aucun avis, ni mise en garde[5]. C'est donc un plan complet de la main d'Hitler qui est adressé au maréchal von Kluge. La contre-attaque de Mortain, lancée le 7 août 1944 est un échec cuisant pour les Allemands, qui laissent une partie de leurs forces très dangereusement en pointe.
Carte des opérations du 1er au 13 août 1944
Carte des opérations du 1er au 13 août 1944

Relations et réorganisations alliées [modifier]
General Omar N. Bradley
General Omar N. Bradley

Cette fin de bataille de Normandie se déroule sous fortes tensions entre Alliés britanniques et américains, voire entre Anglais et Canadiens. Les opérations se prolongent depuis beaucoup trop longtemps sans vraie victoire stratégique. Au plus haut niveau politique, les interrogations sont multiples. Des conflits larvés se font jour et gangrènent la confiance mutuelle qui avait prévalu jusqu'ici. Par ailleurs, le nombre de divisions placées sous l'autorité de la 1re armée américaine allant croissant, la situation commence à être difficilement gérable pour le général Bradley.[6] Aussi, le général Dwight Eisenhower, commandant en chef du théâtre d'opérations Europe (ETO) profite-t-il de la victoire américaine d'Avranches pour réorganiser le commandement allié.

Jusqu'alors, l'ensemble des opérations terrestres avaient été prises en main par le général Bernard Montgomery, chef du 21e groupe d'armées. Eisenhower crée le 12e groupe d'armées et met à sa tête le général Omar Bradley, jusqu'ici chef de la 1re armée américaine. Courtney Hodges est nommé commandant de la 1re armée américaine. Montgomery reste commandant en chef des forces terrestres, mais le général Dwight Eisenhower s'apprête à prendre sa place, afin d'être en position d'arbitre des deux commandants de groupe d'armées[7]. Enfin, le débarquement de la 4e division blindée canadienne permet aux Canadiens de gagner leur autonomie par la création d'une armée forte de deux corps d'armée, dont un canadien à deux divisions blindées et deux divisions d'infanterie[8].

Situation du haut commandement allemand [modifier]

Le contexte est marqué par la confusion issue des complexités d'organisation de la Wehrmacht. Le Maréchal von Kluge est un fidèle d'Hitler. À ce moment de la bataille, il combine les rôles de commandant du groupe d'armées B et de commandant en chef des forces armées à l'Ouest[9]. Soupçonné d'avoir trempé dans le complot du 20 juillet contre Hitler, il agit avec un zèle extrême et fait tout pour s'affranchir des soupçons du Führer. Aussi, tous les ordres qu'il reçoit sont-ils traités à la lettre, sans aucune forme d'interprétation, aboutissant au final aux pires catastrophes. Pendant la journée du 15 août 1944, à l'occasion d'une inspection dans la poche, il disparaît sans donner de nouvelles, réapparaissant au QG du général Eberbach à la nuit tombée. Les soupçons de trahison sans aucun fondement[10] pèsent de plus en plus sur le Feldmarschal, finalement révoqué le soir du 17 août par Hitler. Walter Model, le pompier de service[11], en provenance du Front de l'Est, le remplace au pied levé dès le 18 août 1944, au pire moment de la bataille. Von Kluge est convoqué à Berlin pour s'expliquer, destination qu'il n'atteindra jamais car il se suicide au cyanure, le 19 août, au bord de la route, pendant le trajet, en laissant une lettre assez prophétique à destination d'Hitler[12].

Autre personnage, le général Heinrich Eberbach est en charge de la 5e armée blindée. Il fait face aux Anglo-Canadiens, qui pressent pour capturer Falaise.
En opposition aux ordres reçus, il refuse de libérer trois divisions de panzers pour la contre-attaque de Mortain, considérant comme imminente l'attaque contre ses propres positions[13]. Dès avant la fin de la contre-attaque allemande sur Avranches, l'opération Totalize démarre face à ses troupes, lui donnant raison après-coup. Mais ce refus d'obtempérer l'amène à la disgrâce aux yeux d'Hitler, qui le relègue au commandement d'un corps d'armée blindé (Panzergruppe Eberbach). Le général SS Sepp Dietrich le remplace à la tête de la 5e armée blindée[14]. Le général SS Paul Hausser commande de son côté la 7e armée allemande au grade d’Oberstgruppenführer (Général de corps d'armée). Premier général de la Waffen-SS à commander une armée, il est haï par le haut commandement du fait de sa promotion trop rapide. Son armée est littéralement vaporisée par l'opération Cobra, qui le laisse avec des restes de divisions à gérer[15]. En résumé, le commandement en chef est donc confié à un fidèle d'Hitler en plein milieu de la bataille, le général Model, et les deux armées sous son autorité, à deux généraux de la Waffen-SS, signe clair de la défiance d'Hitler envers la Wehrmacht.

Forces en présence [modifier]

Les Alliés sont organisés en deux grandes forces, l'une anglo-canadienne et l'autre américaine. Les Allemands, après leur échec de Mortain, ont des forces très affaiblies, mais encore combatives.

Alliés [modifier]
Organisation et composition de l'armée britannique
Organisation et composition de l'armée britannique

* Depuis la réorganisation d'août, le 21e groupe d'armées du général Montgomery est organisé en deux armées distinctes : la 2e armée britannique du général Sir Miles Dempsey et la 1re armée canadienne du général Harry Crerar.

L'armée britannique est forte de trois corps d'armée à trois divisions chaque. L'armée canadienne est constituée de deux corps d'armée. Ces forces totalisent 16 divisions, dont cinq blindées, soit 240 000 hommes et 1 500 blindés[16]. Ce début du mois d'août voit l'engagement de la 1re division blindée polonaise du général Maczek, juste débarquée le 31 juillet.
Organisation et composition de l'armée américaine
Organisation et composition de l'armée américaine

* Le 12e groupe d'armées du général Omar Bradley est organisé en deux armées de la même manière : la 1re armée américaine du général Courtney Hodges à deux corps d'armée et la 3e armée américaine du général Georges Patton à quatre corps d'armée. Les Américains disposent ainsi de 21 divisions, dont 6 blindées, y compris la 2e division blindée française du général Leclerc, soit 320 000 hommes et plus de 2 000 blindés.

Bien que très fortement entamées par la guerre d'usure qu'elles viennent de subir, les troupes alliées restent quasiment à 100% de leur capacité grâce à la puissance du système de ravitaillement allié[17]. Le moral est très haut depuis la victoire de Patton et son échappée en Bretagne. Le soldat allié sent que la victoire décisive est à portée. Les forces alliées totalisent ainsi 37 divisions dont 11 blindées, ou près de 600 000 hommes et 3 500 chars, y compris les unités rattachées (brigades et bataillons divers)[18]. La supériorité numérique alliée est donc totale, sur terre comme dans les airs.

Allemands [modifier]

Après la réforme organisationnelle du 6 août, précédant l'offensive allemande sur Avranches, deux armées allemandes sont en ligne face aux Alliés. Les unités qui les composent ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes, totalement usées par les deux mois de combats en Normandie. Elles ne consistent plus, pour la moitié d'entre-elles, qu'en groupements tactiques (Kampfgruppe) totalisant moins de la moitié (parfois moins du quart) de leur force initiale ; l'appellation de division doit donc être relativisée dès lors qu'elle s'applique au camp allemand. Le général allemand Hausser estime que la bataille de Normandie a détruit pratiquement huit divisions allemandes en juillet[19].
Cela dit, la force allemande de Normandie encore en place début août 1944 reste une puissance respectable, encore correctement équipée en blindés et moyens antichars, dont environ 100 canons de 88 mm et 75 mm devant Falaise[20].
Organisation et composition de l'armée allemande
Organisation et composition de l'armée allemande

L'armée allemande pèche encore et toujours sur le plan logistique, avec une capacité faible d'approvisionnement en munitions et une incapacité quasi complète à remplacer les pertes en hommes et matériels. Le moral des soldats allemands de cette période de la guerre était en général faible, encore amoindri par l'échec de la contre-attaque de Mortain. Certaines unités connaissent même des redditions massives pendant la progression rapide des américains après la percée d'Avranches.
Seules quelques unités fanatiques de la Waffen SS ont une capacité de rétablissement moral leur permettant de contre-attaquer efficacement[21]. L'articulation de l'armée allemande est la suivante[22] :

* La 5e armée blindée du général Eberbach comporte quatre corps d'armée pour un total de 12 divisions dont 4 divisions blindées.
* La 7e armée du général Hausser composée de quatre corps d'armée aligne 16 divisions dont 6 blindées.

Ainsi, sur le papier, la Wehrmacht aligne 28 divisions dont 10 blindées, mais on sait qu'il ne s'agit plus, dans la plupart des cas, que de débris. On estime qu'elle n'est forte qu'au maximum de 250 000 hommes et 250 chars pour faire face aux Alliés dans cette ultime bataille en Normandie[23].

Physionomie du champ de bataille [modifier]
Carte physique du secteur des combats de la poche de Falaise
Carte physique du secteur des combats de la poche de Falaise

Le champ de bataille de la poche de Falaise est un quadrilatère dont les quatre angles sont initialement les villes de Condé-sur-Noireau, Flers, Argentan et Falaise. Les dimensions de ce rectangle sont de 40 km sur 20 km. Ce rectangle est divisé par deux coupures fluviales d'importance, orientées sud-nord : l'Orne à l'ouest et la Dives au centre. Ces deux cours d'eau ont creusé des vallées encaissées bordées de fortes dénivellations, canalisant les mouvements vers les routes. Les ponts et passages divers deviennent rapidement des objectifs stratégiques. Trois routes permettent des déplacements est-ouest : Falaise-Vire, Argentan-Flers, et la petite départementale Argentan-Vire, qui est la voie d'évacuation principale de la Wehrmacht. Cette dernière route traverse une hauteur escarpée au nord-est de Trun, le Mont-Ormel, secteur stratégique dont la valeur n'échappe pas aux belligérants. Falaise constitue la limite sud du bocage normand. Le terrain des combats est ainsi semé de champs ouverts, et donc moins propices aux actions défensives, hormis dans les agglomérations adjacentes.

Les plans : le dilemme après la percée [modifier]
Enigma, une machine de chiffrement électromécanique
Enigma, une machine de chiffrement électromécanique

Les Alliés sont au courant de l'état catastrophique des forces allemandes, ainsi que de leur incapacité à les renforcer. En effet, le groupe Ultra, spécialisé dans le décodage d'Enigma, alimente le haut commandement allié en informations secrètes, de nature à déjouer tous les plans allemands[24]. C'est sur cette base que la contre attaque allemande vers Avranches a pu être déjouée ; c'est aussi à l'aide de ces informations décisives que les Alliés décident d'encercler les Allemands.

Le haut commandement allié est pris dans le dilemme classique d'une armée qui perce subitement un front fixe : exploiter ou encercler ? Le commandement allemand avait connu cette expérience difficile sur le Front de l'Est, notamment en 1941, en choisissant l'encerclement au détriment de l'exploitation lointaine[25]. C'est un casse-tête car un général ne dispose en effet jamais de suffisamment d'effectifs pour atteindre les deux objectifs simultanément (encerclement et poursuite). Le premier réflexe du commandement allié est d'exploiter, puisque la 3e Armée américaine du général Patton lance déjà des pointes en Bretagne puis aussi vers le Mans[26]. Aussi, les informations reçues à la fois d'Ultra et de la reconnaissance aérienne occasionnent un changement de plans. Un consensus émerge rapidement au sein du haut commandement allié afin d'envisager l'encerclement des forces allemandes situées à l'ouest de la Dives[27].



suite bientot





source : Wikipedia
:tiger:
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guillaumelebrave
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MessageSujet: Re: poche de falaise   Sam 5 Avr - 10:34

merci pour les info !!!

:cool!:
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greg ace
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MessageSujet: Re: poche de falaise   Sam 5 Avr - 11:21

Super sujet, cheers merci.
GREG.
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Erich von Manstein
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MessageSujet: Re: poche de falaise   Sam 5 Avr - 17:31

SUITE...

Les intentions anglo-canadiennes : Objectif Falaise puis fermeture de la poche [modifier]

Le 21e groupe d'armées sort juste de l'Opération Totalize. Cette action opérationnelle avait été lancée le 7 août 1944, après la capture du mont Pinçon par la 43e division d'infanterie britannique. Le IIe corps canadien du général Guy Simonds[28], appuyé sur sa gauche par la 1re DB polonaise s'élance plein sud. Au prix de très violents combats incluant des bombardements massifs par l'artillerie et l'aviation, les Canadiens parviennent à s'approcher à 10 km de Falaise, mais sont stoppés par la résistance acharnée des soldats de la 12e division blindée SS le 10 août 1944[29]. Ceux-ci savent parfaitement utiliser le terrain coupé de haies du bocage normand[30].

Afin de poursuivre l'offensive, le général Montgomery a pour ambition de rouler vers la Seine, via un très large encerclement[31]. Le 10 août, il expose son plan[32] à Bradley et Eisenhower, mais la décision est prise de réaliser un mouvement en pinces vers Argentan et Falaise. Le vainqueur d'El Alamein met immédiatement au point une nouvelle opération, baptisée Tractable, dont le départ est prévu le 14 août. L'objectif est de s'emparer de Falaise le plus vite possible afin de couper les routes de retraite allemandes. L'objectif secondaire doit permettre de gagner les passages sur la Dives afin d'empêcher tout reflux allemand vers la Seine. Le commandement anglo-canadien a désormais de bonnes chances de réussite, puisque le front allemand devant lui est dégarni au profit des secteurs qui font face aux Américains[33].

Les intentions américaines : Objectif Argentan, mais pas plus loin [modifier]
Soldats américains du XVe corps à Alençon en août 1944
Soldats américains du XVe corps à Alençon en août 1944

Depuis le 1er août 1944, la 3e armée américaine s'extrait de Normandie et se répand en Bretagne et en Mayenne. Après la libération du Mans, l'ordre est donné au XVe corps américain d'effectuer un crochet vers le nord, objectif Argentan.
Le général Bradley, que le contexte politique des offensives inquiète, respecte une certaine délimitation du terrain d'attaque. Il craint une collision meurtrière entre les Canadiens qui avancent via un axe nord-sud, et les troupes du général Haislip. Les forces américaines ne doivent donc pas dépasser une position située un peu au nord d'Argentan[34].

Plans allemands [modifier]

Le maréchal von Kluge se rend parfaitement compte des intentions alliées, que ceux-ci cherchent à l'encercler. Il le rapporte à Hitler dans des messages nombreux et constants.[35] Alors que le Führer exige la reprise de la contre-offensive sur Avranches, les troupes de Patton capturent Alençon le 12 août. C'est une importante contrariété pour les Allemands, car la cité normande est la principale base logistique de la 7e armée. Dès lors, le haut commandement allemand n'a plus d'autre choix que la retraite. Mais c'est sans compter sur la rigidité d'Hitler qui refuse obstinément toute retraite. Il n'accepte que quelques ajustements du front, toujours enfermé dans son univers personnel, coupé de toutes les réalités.[36] Ce sont donc deux armées allemandes ligotées qui doivent se battre contre une tentative d'encerclement par quatre armées alliées, décidées à obtenir une victoire décisive.

Le déroulement de l'offensive et la situation dans la poche du 12 au 16 août 1944 [modifier]

La poche de Falaise est déjà totalement délimitée le 12 août 1944. De la forme d'un U allongé de 30 km, l'ouverture de 9 km de large se trouve orientée à l'est. À cette date Falaise, Argentan, Flers et Condé-sur-Noireau délimitent son espace.
Carte des opérations du 12 au 20 août 1944
Carte des opérations du 12 au 20 août 1944

Situation alliée au sud [modifier]

Le 12 août, le XVe corps d'armée américain lance son offensive vers le nord afin de contribuer à la fermeture de la poche. Ceci selon les ordres de Patton qui avait exigé que ses troupes atteignent la ligne Sées-Carrouges dès que possible[37]. Les 5e DB et 79e DI américaines occupent Sées alors que la 2e DB française du général Leclerc, appuyée de la 90e DI américaine, s'empare d'Alençon.
Général George Smith Patton Junior
Général George Smith Patton Junior

C'est un coup très dur pour les Allemands, car Alençon forme un centre de ravitaillement important de la 7e armée allemande. La situation logistique de ces troupes, déjà déplorable, ne peut que devenir désespérée. Afin de contrer cette grave menace, le nouveau groupement blindé (Panzergruppe) Eberbach est concentré afin de contre-attaquer vers Alençon, reprendre la ville, et détruire les forces blindées alliées du secteur[38]. Sur le papier, les forces en présence sont impressionnantes avec cinq divisions blindées et une division d'infanterie[39]. La réalité est évidemment loin de ces chiffres et donne une fausse impression de puissance.
Le 13 août, la 2e division blindée allemande[40] se met en marche sur deux colonnes vers le sud. Mais en raison de la couverture aérienne alliée, elle n'atteint pas ses objectifs. Elle se retrouve en pointe à Rânes le 14 août et perd le contact avec le groupement blindé Eberbach, sans avoir menacé en quoi que ce soit la progression alliée[41]. Le groupement blindé Eberbach se replie dès lors sur Argentan afin de défendre la ville.

Patton décide d'engager le XXe corps d'armée américain à droite du XVe corps, afin de couvrir le flanc droit de l'attaque. À cette fin, la 80e DI américaine est poussée vers Bourg-Saint-Léonard. Au même moment, les Ve, VIIe et XIXe corps américains solidifient leurs fronts afin de repousser uniformément les Allemands vers le fond de la poche[42]. Sans en référer au général Montgomery, le général Bradley arrête ses troupes juste au sud d'Argentan le 13 août, au moment où elles allaient se jeter sur la ville pratiquement sans défenses[43]. Considérant que l'ennemi est très faible entre la Dives et la Seine, et qu'une bonne partie des Allemands a réussi à s'enfuir[44], il souhaite consacrer une part du XVe corps américain à une progression plein Est avec Dreux pour objectif primaire. Cette division des forces va avoir des conséquences funestes sur le plan initial et la fermeture de la poche[45].

La situation alliée au nord [modifier]
Soldats canadiens à l'entrée de la ville de Falaise
Soldats canadiens à l'entrée de la ville de Falaise
Les tankistes polonais dans le chaos de la retraite allemande
Les tankistes polonais dans le chaos de la retraite allemande

L'opération Tractable est lancée le 14 août à la mi-journée. Cette fois, la détermination est totale chez les Canadiens et les Polonais : on ne s'arrêtera pas à Falaise capturée mais on poursuivra dans la foulée sur Argentan, Monty ayant été très clair sur les objectifs : capturer Trun[46]. Une fois de plus, une masse blindée est mise en place, avec de l'infanterie montée dans des chars sans tourelles[47]. L'ensemble se met en marche derrière un écran de fumigènes destiné à aveugler les défenseurs. L'infanterie allemande est totalement submergée. La rivière Laizon est rapidement franchie, et le premier rideau antichar ennemi forcé en fin d'après-midi. À la tombée de la nuit, les pointes de la 3e division canadienne ne sont plus qu'à 5 kilomètres de Falaise[48]. Une diversion canadienne opérée par la 2e division d'infanterie devait attirer les réserves allemandes. Mais un groupement tactique de la 12e division blindée SS[49], renforcé d'une dizaine de pièces de 88 mm, barre le passage sur la dernière crête avant Falaise. Des notes de briefing sont capturées sur un officier canadien tué, lesquelles indiquent clairement l'axe d'offensive allié. La feinte n'a pas pris. De nuit, des patrouilles atteignent la route de Falaise à Saint-Pierre-sur-Dives. Toutefois, les Allemands résistent toute la journée du lendemain 15 août avec l'acharnement du désespoir[50]. Pendant ces événements, la 1re division blindée polonaise parvient à franchir la Dives à Jort, ce qui constitue un exploit. En somme, une assez bonne journée pour la 1re armée canadienne.

Le 16 août, la 2e division d'infanterie canadienne attaque brusquement Falaise par l'ouest et surprend la petite garnison allemande. Au soir, toute la ville est aux mains des Canadiens, à l'exception de l'École normale qui ne cède que le lendemain du fait de la résistance acharnée de cinquante Hitlerjungend fanatisés, seuls trois survivants sont capturés. Comme la situation est favorable, le général Simmonds décide que la 4e division blindée a désormais Trun pour objectif, en conjonction avec les Polonais. Le général Crerar ordonne son Ier corps vers Lisieux tout en le renforçant de la 7e division blindée britannique.
Les deux pinces de la tenaille alliée ne sont plus désormais séparées que par 19 kilomètres.

Les Allemands [modifier]
Un Panzer IV détruit sur la route de la retraite
Un Panzer IV détruit sur la route de la retraite

Cette journée a été la plus atroce de ma vie. Adolf Hitler[51]
S'exprimant le soir du 15 août 1944 en conférence avec ses officiers, le Führer a vu tous ses ordres de la journée contrariés par les événements, les uns après les autres[52]. La grande affaire du jour avait été le début de l'opération Anvil-Dragoon, le débarquement de Provence dans le sud de la France. L'ouverture d'un troisième front[53] à l'ouest marque un tournant dans la Bataille de France. Ce même jour, les mauvaises nouvelles du front normand n'ont cessé de s'accumuler. Les jours précédents, l'ensemble de la 7e armée se trouvait encore à l'ouest de l'Orne avec les restes d'une quinzaine de divisions. Hitler espérait encore contre-attaquer une nouvelle fois en direction d'Avranches. Il refusait jour après jour toutes les demandes de repli. Mais comment admettre qu'une contre attaque de vingt divisions soit lancée à nouveau, alors que loin derrière, "l'ennemi s'affaire à nouer le nœud coulant avec lequel il va l'étrangler" ?[54] Finalement en fin de journée, Hitler renonce à cette opération sans espoir de succès, et accepte, sous la pression des événements, de replier ses troupes derrière l'Orne. Mais n'est-il pas trop tard ?
Le 16 août, le général von Kluge, juste avant son départ, donne l'ordre de retraite générale à la 7e armée[55]. Dès son arrivée, le maréchal Model confirme immédiatement l'ordre de son prédécesseur, et le complète en incluant le groupement blindé Eberbach. La situation dans la poche devient difficile du fait de la raréfaction des voies de retraite. Seuls quatre ponts restent accessibles pour le franchissement de l'Orne[56]. Cette concentration de colonnes est un bienfait pour l'aviation alliée qui se jette sur ces cibles faciles. Rappelons que la grande majorité des moyens de transport allemands de cette époque est encore largement hippomobile. Les chevaux sont victimes de ces combats et leurs cadavres remplissent littéralement certaines zones des combats. Les rares forces encore actives à la disposition du général Hausser effectuent quelques combats de retardement qui permettent de contenir les Américains au sud. La situation est bien plus grave face aux Canadiens.






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MessageSujet: Re: poche de falaise   Lun 12 Jan - 18:40

si je ne me trompe pas, c'est un copier coller d'un article Wikipedia Evil or Very Mad
il est dommage que tu n'est pas chercher dans d'autre source Sad car ce sujet est très bien fait, mais n'est pas entiérement de toi Rolling Eyes dommage
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MessageSujet: Re: poche de falaise   

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poche de falaise
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