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 Armée japonaise.

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greg ace
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MessageSujet: Armée japonaise.   Ven 25 Sep - 14:54

La guerre du Pacifique fut avant tout un immense affrontement aéronaval. Pilote contre
pilote, Hellcat contre Zeke.Et ce sont les batailles aéronavales qui ont été un des
fondement du reflux japonais. Mais pour fondamental qu'il fut, cet aspect de la guerre n'eu
néanmoins pour objet que la maîtrise des accès à de meilleures positions stratégiques et
surtout à des ressources vitales, particulièrement pour les Japonais. Ici comme ailleurs, le
fantassin ne pouvait que rester au centre de la problématique comme seul capable
d'assurer in fine la conquête ou la reconquête.
Le théâtre d'opération du Pacifique, caractérisé par son immensité, sa diversité climatique
et son caractère largement insulaire, a ainsi nécessité des opérations militaires très
spécifiques et différenciées en fonction des secteurs. La primauté gagnée sans contredit
par l'arme aéronavale à cette époque n'a pas été, loin s'en faut, le seul particularisme de
cette guerre.
Moins fréquemment évoquée que celle de la Marine impériale, l'organisation de l'armée de
terre japonaise est fondée sur des impératifs propres assez différents de celle de ses
rivales occidentales à la même époque.
Les structures générales de l'armée japonaise lui sont très particulières. Dans la
constitution héritée de l'ère Meiji, l'armée est responsable exclusivement devant
l'empereur( et comme l'empereur n'a pas vraiment prise sur les hauts gradés alors...). Les
forces armées sont placées sous la direction du ministre de la guerre, lequel est à partir de
1936 obligatoirement un militaire. Dans le courant de l'année 1941, la fraction de l'armée
la plus expansionniste et violemment anti - occidentale dirigée par Hideki Tojo assume le
pouvoir effectif. Le ministre de la marine, bien que disposant traditionnellement d'une
d'influence moindre, joue néanmoins après Tsushima un rôle de premier plan. L'influence
politique est une des caractéristiques majeures du Japon moderne jusqu'en 1945. La
rivalité permanente entre l'armée et la marine, disposant chacune de ses propres troupes
et de ses propres forces aériennes (et donc de son propres matériel), est une constante
de la guerre du Pacifique. Pendant toute la durée du conflit, deux conceptions militaires le
plus souvent opposées s'affrontent pour déterminer la conduite de la guerre et se disputer
la disposition des ressources.
A la veille de la guerre, le Japon proprement dit est une véritable puissance
démographique de 73 millions d'habitants, près de 100 millions en comptant les
possessions du Pacifique dont Formose et l'île d'Hainan. A cette date, l'Empire du Soleil
Levant domine également en Chine, en Corée ou en Mandchourie une population de plus
de 200 millions d'individus. Ce réservoir de soldats et de main d'ouvre fait du Japon en
1941, on l'oublie parfois, une puissance d'un poids démographique certain. De fait, l'effort
relatif de mobilisation du Japon est supérieur à celui des Etats-Unis pour une population
"nationale" moitié moindre. Le pays parvient à mettre sur pied durant la guerre un corps de
bataille d'une centaine de fortes divisions, les Etats-Unis n'en déployant en 1945 que 95
en Europe et dans le Pacifique.
Malgré ce potentiel, l'armée japonaise engagée massivement en Chine depuis 1937 ne
compte que 51 divisions sur le pied de guerre en décembre 1941 ainsi qu'une vingtaine de
brigades autonomes. Au début de 1942, l'armée ne mobilise encore que 1.700.000
hommes. Malgré la situation de guerre et l'occupation d'une proportion importante de la
Chine et la tutelle sur le Mandchoukouo dès 1932, cette mobilisation paraît
proportionnellement aux ressources du pays et à bien des égards en deçà de ses
capacités. Même si la marine impériale absorbe une part importante des moyens humains
et matériels, le Japon du début de la guerre dispose ainsi encore d'un potentiel
mobilisable très important.
Sur les 51 divisions japonaises opérationnelles au 7 décembre 1941, 23 sont stationnées
en Chine, 13 observent la frontière soviétique en Mongolie en Mandchourie et en Corée
dans le cadre de l'armée du Kwantung, 4 enfin défendent la métropole.
Le reliquat, soit 11 divisions seulement ainsi que quelques brigades et régiments
autonomes est affecté aux opérations d'invasion des Indes néerlandaises, de Malaisie, de
Birmanie, des Philippines et du Pacifique Sud. Compte tenu de l'immensité du théâtre
Pacifique et des objectifs affichés par le haut commandement japonais, ces moyens, bien
que représentant l'élite des troupes nippones, peuvent apparaître au premier abord
singulièrement limités pour venir à bout des 400.000 soldats appuyés par 650 avions de
combat que comptent ensemble les possessions britanniques, américaines et
néerlandaises.
Pourtant, grâce à des opérations audacieuses, minutieusement préparées et
coordonnées, souvent brillamment exécutées, les différentes composantes du groupe
d'armées du sud viennent à bout de tous les obstacles en quatre mois. Les lacunes de
l'équipement, de l'entraînement et du moral d'une large part des forces alliées initialement
déployées se révèlent être, il faut en convenir, un facteur déterminant dans ces victoires
rapides. En mars 1942, les troupes japonaises occupent la totalité de la Malaisie, des
Indes orientales, la majeure partie de la Nouvelle Guinée. Elles sont entrées en Birmanie,
ont chassé les Britanniques de Rangoon, menacent Mandalay et voient déjà l'Australie
comme la prochaine étape de l'expansion. Aux Philippines, seul le réduit de Baatan
jusqu'au 9 avril puis l'île de Corregidor jusqu'au 6 mai, complètement isolés, continuent
encore pour un temps à leur résister.
Ce déferlement tous azimuts, cette course contre la montre pour la disposition des
ressources du Sud-est asiatique sont ainsi l'ouvre non seulement d'une marine
dominatrice et d'une aviation terrestre et navale de toute première qualité, mais surtout
d'une poignée de divisions d'infanterie dont l'équipement souvent lacunaire est compensé
par de remarquables qualités d'entraînement et de moral.
Le conflit se durcissant et le Japon perdant peu à peu l'initiative stratégique à partir de l'été
1942, les insuffisances d'effectifs se font jour et amènent une amplification du processus
de mobilisation. Le plan de mobilisation de 1944 marque à cet égard une accélération
profonde de l'effort militaire du Japon. A la fin de l'année, malgré les pertes enregistrées,
l'effectif de l'armée est porté à 5 millions d'hommes. Le nombre des grandes unités
terrestres, qui a progressé d'environ 50% par rapport à 1943, approche désormais la
centaine de divisions. Les services de renseignement américains évaluent à cette époque
le potentiel de renforcement de l'armée de terre japonaise à plus de deux divisions par
mois, 500.000 hommes par an.
En octobre 1944, une large part de l'armée japonaise est encore absorbée par le front
chinois et l'observation de la frontière soviétique. Elle déploie pour l'essentiel huit divisions
en métropole, près de trente en chine, une dizaine à l'armée du Kwantung, une quinzaine
pour défendre le secteur des Philippines, une demi-douzaine à Taiwan et Okinawa, un
quinzaine enfin en Indochine, Malaisie et sur le front birmano-indien où un suprême effort
pour envahir l'Assam en mars et avril avait échoué (batailles d'Imphal et Kohima). Le
restant est réparti dans les autres positions encore occupées par le Japon dans les Indes
néerlandaises ou isolé dans les mers du sud, à Truk, Rabaul, dans les îles Palau ou en
Nouvelle Guinée.
Malgré la quasi annihilation de la flotte combinée japonaise en 1944-45 (Batailles de la
mer des Philippines et du golfe de Leyte, sacrifice du cuirassé géant Yamato à Okinawa,
raids sur les ports japonais), l'armée dispose de ressources encore importantes pour faire
face à l'invasion de l'archipel métropolitain. L'apparition des Kamikaze, cette année là et la
raideur fanatique avec laquelle le simple soldat japonais s'accroche au terrain quelles que
soient les circonstances, lançant les tristement fameuses attaques "Banzaï", expressions
suicidaires de conceptions tactiques dépassées, expliquent pour une large part la décision
américaine de procéder au double bombardement atomique d'Hiroshima et de Nagasaki.
A suivre...
GREG.
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greg ace
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MessageSujet: Re: Armée japonaise.   Sam 26 Sep - 14:39

Les divisions d'infanterie japonaises
L'organisation des divisions japonaises est le fruit des spécificités du théâtre d'opération
du Pacifique et de l'Asie de l'est et du sud-est.
Ainsi, l'arme blindée qui connaît son apogée en Europe à la même époque reste
cantonnée à un rôle secondaire dans les combats. Malgré une utilisation ponctuelle
décisive sur certains fronts comme en Birmanie, cette arme reste secondaire dans la
conduite générale des opérations.
Les doctrines de combat tant offensives que défensives sont pour l'armée japonaise
fondées sur l'élan ou la résistance aveugle de son infanterie. Ainsi, tandis que les
dotations de matériel lourd aux unités font souvent pâle figure auprès de leurs équivalents
Anglais et surtout Américains, l'armée n'accorde-t-elle au développement des blindés
qu'une attention limitée. De fait, les engins produits, dont les modèles Chi - nu, Chi - he,
Chi - ha et le plus répandu, le modèle moyen Chi - ri type 97 ne dépassent pas les
performances de leurs équivalents occidentaux du début de la guerre, particulièrement en
matière de blindage. Certains modèles comme le Ka - chi amphibie dérivé du Chi - nu
jouent néanmoins un rôle non négligeable dans les opérations d'invasion du début de la
guerre.
C'est pourquoi la quasi-totalité de l'armée japonaise est composée de divisions d'infanterie
le plus souvent à fort effectif et dont l'organisation vise à une certaine modularité. En effet,
sans atteindre la souplesse des Kampfgruppen allemands issus de la nécessité des
dernières années de la guerre en Europe, une certaine conception modulaire caractérise
les unités japonaises. Les unités organiques entrant dans la composition des divisions
relèvent de trois catégories générales A, B et C. Le type B étant l'organisation standard, le
type A représente une unité renforcée et le type C une unité spécialement organisée et
dotée des moyens ad - hoc pour une mission particulière. Aucune règle absolue n'existe
dans l'organisation et la dotation de ces unités qui dépendent des circonstances, de la
zone d'opération et bien sûr des moyens disponibles.
La division d'infanterie japonaise "ordinaire du type B affiche un effectif de 20.000
hommes, son équivalent renforcé du type A, environ 24000. Les divisions "spéciales" ou
type C forment la majorité des forces d'invasion en 1941 - 1942 par l'adjonction de
nombreuses sous-unités ad - hoc, telles que bataillons blindés, de mitrailleurs ou de
batteries d'artillerie supplémentaires. Ainsi, la division de la Garde impériale qui procède à
l'invasion de la Malaisie par voie de terre dispose t-elle d'une dotation presque double par
rapport à la division standard.
La division d'infanterie "standard" (Hohei Shidan) :
Organisée sur le même modèle triangulaire que dans la plupart des armées européennes,
sa spécificité principale provient de l'existence d'un état-major d'infanterie autonome
coiffant les trois régiments d'infanterie de la division. La présence de cet état-major
spécial, d'ailleurs non systématique et de moins en moins fréquent avec le temps, permet
en quelque sorte de dédoubler la division en fonction des circonstances. Ainsi, en
décembre 1941, tandis que la 55e DI procède à l'occupation de la Thaïlande, son étatmajor
d'infanterie et un de ses régiment participent à l'invasion des îles de Guam et de
Wake.
En dehors de ces régiments de 3.800 hommes et trois bataillons, la division d'infanterie
dispose d'un régiment de cavalerie (Kihei Rentai) de 950 hommes auquel est dans
certains cas substitué un régiment de reconnaissance semi-mécanisé à 5 compagnies (1
montée, 2 motorisées, 1 de voitures blindées, 1 de transport - Sosaku Rentai). Elle
comprend également un régiment du génie (Kohei Rentai) dont les trois compagnies sont
chacune affectées à un régiment. Héritier des affrontements chinois, le régiment
d'artillerie, de type "campagne" ou "de montagne", reste minimaliste avec trois groupes de
75 (parfois un de 105), soit 36 pièces divisionnaires (en plus des batteries régimentaires
de 4 pièces). Enfin, un régiment de transport autonome (Shicho Rentai) comprenant un
parc de 50 à 100 camions et de 250 attelages divers dépend organiquement de la division.
Les adjonctions de sous-unités sont la règle en fonction des circonstances,
particulièrement en ce qui concerne le génie. Le régiment divisionnaire a en la matière
vocation généraliste. Suivant les besoins, des compagnies spécialisées de différentes
catégories peuvent être attachées aux divisions :
- Ko : Génie de combat
- Otsu : Guerre de position
- Hei : Construction de ponts permanents
- Bo : Opérations amphibies
- Tei : Génie de franchissement
- Ki : Destruction d'ouvrages
La division d'infanterie "triangulaire" standard, qui forme ainsi l'épine dorsale de l'armée
japonaise dispose ainsi en moyenne d'un effectif de 20000 hommes et d'une dotation
matérielle de 48 pièces d'artillerie, 24 pièces antichars (20 et 37 mm), 36 mortiers et
obusiers d'infanterie et 80 mitrailleuses lourdes.
Des unités indépendantes plus ou moins importantes comme la 65e brigade ou les
régiments Miura et Kimura, souvent détachées de divisions existantes participent aux
opérations permettant d'occuper rapidement les centaines d'îles relevant des Philippines
ou des Indes néerlandaises. La 1e brigade parachutiste s'empare ainsi du complexe
pétrolier de Palembang sur l'île de Sumatra, incomplètement détruit par les troupes
hollandaises. Mais à mesure du développement de la guerre, la nécessité d'organiser des
modèles divisionnaires plus adaptés aux spécificités des différents théâtres d'opérations
provoque des évolutions profondes dans les structures générales.
Le plan de mobilisation de 1944 :
Lorsqu'il fut clair qu'une fois occupées toutes les positions occidentales de l'aire de coprospérité
la vision stratégique des responsables japonais avait atteint sa limite, le haut
commandement fut confronté à un retournement progressif de la situation transformant les
forces japonaises d'assiégeantes en assiégées.
Dès 1943, le haut commandement japonais se rend à l'évidence de l'inadaptation de ses
divisions d'infanterie trop centralisées au type de guerre insulaire mené en particulier dans
les îles Salomon. En effet, la répartition d'unités classiques sur plusieurs îles se révèle
être particulièrement handicapante pour l'attribution des moyens logistiques et de soutien
ainsi que le maintien de lignes de communications viables. Dans le courant de l'année,
alors que les alliés menacent de "briser la barrière des Bismarck" est prévue la
transformation de trois divisions en un modèle nouveau adapté à ce théâtre d'opération
aux positions dispersées. Malgré l'impossibilité opérationnelle de procéder à ces
modifications sur des unités existantes, le commandement japonais décide d'intégrer cette
exigence au plan de mobilisation massive de 1944 et crée de toutes pièces plusieurs
divisions sur un modèle nouveau et plus adapté.
Les modifications opérées sur ces unités sont de plusieurs ordres et sont basées sur une
décentralisation des moyens et de la puissance de feu. D'une part, disparaît l'état-major
d'infanterie dont les attributions passent en grande partie aux régiments. De même, si un
état-major de division est conservé, les moyens lourds de la division, dont l'artillerie, sont
répartis entre les trois régiments. Deux de ces régiments conservent une organisation
assez classique et comprennent un effectif d'un peu plus de 3.000 hommes. Le troisième
est réorganisé sur un modèle "renforcé" à 4.000 hommes et reçoit en particulier une forte
dotation de 54 mortiers de 81 répartis aux niveaux du bataillon et de la compagnie ainsi
qu'une batterie de 6 canons de 20mm à tir rapide à vocation antichar et antiaérienne. Une
compagnie de chars légers à 17 engins est organiquement rattachée à la division ainsi
qu'une unité de transport naval assurant les communications entre les îles et prévue pour
des positions distantes au maximum d'une cinquantaine de kilomètres.
Après presque trois années de guerre, une relative crise d'effectifs pousse également le
haut commandement japonais à réorganiser une partie de ses unités pour en multiplier les
numéros. En effet, en dehors du théâtre d'opération actif de Birmanie dépendant de
l'armée du Sud, le principal problème des japonais pour assurer une défense cohérente
des positions conquises reste en 1944 l'immense espace à couvrir. Un nouveau modèle
de division « standard » est ainsi prévu par le plan de mobilisation de 1944. Conservant
leur organisation triangulaire, ces divisions perdent pour l'essentiel leur état-major
d'infanterie, une compagnie de fusiliers par bataillon et le plus souvent une batterie
d'artillerie par groupe ainsi qu'une partie de leurs moyens de transport et de
reconnaissance. En juillet 1945, cette "cure d'amaigrissement", prévue semble-t-il pour
l'ensemble de l'armée japonaise, à l'exception des divisions de la garde et de celles des
armées du Sud, a été pratiquée sur une vingtaine de divisions existantes.
Enfin, un dernier type de division apparaît avec la grande réorganisation de 1944, issu
cette fois des exigences particulières du front chinois. Afin ici encore d'économiser
hommes et matériels tout en assurant la couverture d'un front très étendu, certaines
divisions sont réorganisées sur un modèle particulier à base de brigades mixtes. Deux
brigades de 5.000 hommes comprenant chacune quatre bataillons autonomes les
composent. Ici encore, les moyens sont décentralisés afin de permettre une plus grande
souplesse d'emploi de ces bataillons qui reçoivent les moyens nécessaires pour remplir
seuls leurs missions. Enfin, prenant en compte la puissance de feu plus limitée de
l'adversaire chinois et le caractère essentiellement défensif de ce théâtre, les moyens
lourds sont réduits au minimum nécessaire. Ils comprennent pour toute artillerie 8 pièces
de 37 ou de 47 antichars et 16 pièces de 75 réparties entre les bataillons. Vers la fin de
1944 et le début de 1945, deux "variantes" de ce nouveau modèle destinées à d'autres
secteurs font leur apparition. Quelques divisions encore plus « allégées » sont formées
aux Philippines ne comprenant qu'un effectif total de 11000 hommes. Enfin, un modèle
adapté doté d'un effectif de 17.000 hommes et de moyens mieux répartis au niveau des
brigades est organisé et affecté à la défense des îles Bonin et des Kouriles. Dans ce
dernier type "renforcé", les brigades sont portées à six bataillons et la dotation d'artillerie
largement étoffée.
A suivre...
GREG.
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MessageSujet: Re: Armée japonaise.   Dim 27 Sep - 12:17

Bien détaillé tout celà.
Peux-tu glisser quelques lignes ensuite sur l'offensive soviétique contre ces divisions japonaises, qui ont l'ait vraiment "allégées", en Aout 1945 ?
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greg ace
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MessageSujet: Re: Armée japonaise.   Mer 30 Sep - 19:01

Suite et fin :
Les divisions blindées (Sensha shidan).
Le rôle joué par les blindés dans la guerre du Pacifique est infiniment moindre qu 'en
Europe et en Afrique, les Japonais ne délaissent pas entièrement cette question. Même si
l'essentiel de leurs moyens mécanisés est utilisé de façon morcelée et affecté au soutien
ponctuel des unités d'infanterie, quelques essais de divisions blindées sont effectués durant
la guerre. Jusqu 'en 1944, quatre divisions de ce type sont organisées sur un modèle à deux
brigades de deux régiments blindés. Mais ces unités ne sont utilisées que par bataillon ou
régiment, au mieux par brigade sur plusieurs fronts. La grande réorganisation de 1944
illustre un certain changement de vue en la matière et ouvre une brèche dans les conceptions
tactiques japonaises exclusivement basées sur l'infanterie. Les Japonais testent au printemps
1944 sur le front chinois leur première division blindée utilisée comme grande unité
homogène et autonome. La faiblesse des moyens antichars et l'absence de blindés chinois
permettent d'obtenir des résultats suffisamment satisfaisants pour pousser le haut
commandement japonais à transformer quelques-unes unes de ces divisions. La 2e division
blindée organisée sur ce modèle est ainsi affectée à la défense des Philippines et stationnée
dans la région de Manille à la fin de l'année.
Ces divisions d'un type nouveau sont organisées sur un modèle triangulaire à trois régiments
blindés auxquels sont adjoints les attributs d'une grande unité mécanique moderne dont un
régiment d'infanterie mécanisée à trois bataillons, un bataillon autonome antichars et un
bataillon antiaérien ainsi qu'un bataillon de reconnaissance blindée. La division blindée
modèle 1944 est une unité cohérente comprenant environ 11000 hommes, 309 chars dont
137 légers et 172 de modèle moyen ainsi qu'une cinquantaine de pièces antichars, pour
l'essentiel des 37 et 47mm.
Néanmoins, la situation se dégradant pour le Japon et le théâtre Pacifique, à l'exception de la
Chine, révélant fort peu de possibilités d'emploi pour de grandes unités de ce type, le rôle
joué par ces quelques divisions reste jusqu'à la capitulation relativement marginal
La fin de l'armée impériale
Fruit des conditions spécifiques de cet immense théâtre, l'organisation de cette armée
japonaise conçue pour dominer l'Asie et le Pacifique reste finalement inadéquate pour
endiguer efficacement la progression occidentale à partir de l'été 1942. Trop confiante dans
la supériorité intrinsèque de ses soldats, à l'instar de l'armée confédérée de la guerre de
Sécession américaine, l'armée japonaise éparpillée et de moins en moins bien
approvisionnée est méthodiquement écrasée par des occidentaux dotés d'un matériel
pléthorique et disposant, à partir de la fin de 1943, d'une écrasante et toujours croissante
supériorité aéronavale. Malgré un esprit de sacrifice mal soupçonné jusque là et des pertes
épouvantables, facturées au prix fort aux alliés par les enfers infligés à Guadalcanal, à
Tarawa, à Iwo Jima, à Okinawa, ces batailles de retardement inutiles mènent le Japon de
1945, coupé de l'essentiel de ses conquêtes, à attendre une invasion prophétisée comme le
Seppuku de tout un peuple.
Les circonstances en décident autrement :
- Le 6 août vers 9h30, dans le cadre de l'opération "Centerboard", le B-29 Enola Gay du
colonel Tibbets parti de Tinian dans les îles Mariannes lâche la première bombe atomique
sur Hiroshima : 130.000 victimes dont 80.000 morts.
- Le 9 août, le Great Artist du major Sweeney répète le même scénario au dessus de
Nagasaki : 70.000 victimes dont 20.000 morts.
Mais pour l'armée japonaise un épisode sanglant et encore souvent méconnu reste à jouer.
Le 9 août, 1.200.000 soldats soviétiques appuyés par 5.000 chars, 26.000 canons et 4.000
avions envahissent la Mandchourie, puis la Corée, les Kouriles et Sakhaline. En quelques
jours l'armée du Kwantung comptant encore un million d'hommes est disloquée. C'est le
véritable acte de décès sacrificiel, quelque peu oublié, d'une armée impériale encore
triomphante trois ans plus tôt. Au 20 août, anéantie mais refusant la reddition collective
alors que la capitulation du Japon est déjà acquise depuis des jours, elle a enregistré à elle
seule des pertes se montant à 700.000 tués, blessés et disparus.
Sources :
La guerre du Pacifique de Bernard Millot chez Robert Laffont,
La guerre du Pacifique de John Costello chez Pygmalion,
Japanese infantryman de Gordon Rottman et Mickael Welply chez Osprey,
Japanese army in wold war II (2 tomes) de Rottman, Anderson et Takizawa chez Osprey.
GREG.

PS : je vais regarder ce que j'ai sur l'offensive russe mais c'est surtout les unités aériennes.
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MessageSujet: Re: Armée japonaise.   Jeu 1 Oct - 9:41

Merci ... Wink
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MessageSujet: Re: Armée japonaise.   Lun 5 Oct - 10:02

alors là, c'est l'histoire du conflit vue par les asiatiques que tu nous dit...
il est vraie que l'Europe à tendance a centrer la seconde guerre mondial autour de son nombril...

encore merci cheers
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MessageSujet: Re: Armée japonaise.   

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Armée japonaise.
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