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 Lebensborn : les enfants volés des nazis

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naga
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MessageSujet: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeVen 5 Mar - 0:56

A la fin du mois de janvier 2021, les munichois qui passaient sur la Herzog-Max-Straße (la rue Herzog Max) ont pu assister à une étrange manisfestation.
Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées, exhibant d’étranges pancartes avec des visages d’enfants, et une étrange revendication :
« Bis heute keine Entschädigung ». Cela signifie : « Jusqu’à aujourd’hui, pas de compensation ». Mais que veulent donc ces personnes? De quelle compensation parlent-elles?

Pour comprendre le problème de ces manifestants, il faut en fait s’intéresser à un mot : Lebensborn.
Peut-être que ce terme ne vous dit rien. Peut-être que si. Et si c’est le cas, il est normal qu’un léger frisson parcourt votre corps.
Les Lebensborn, ce sont ces établissements créés par les nazis en 1935, dont la gestion revint à la SS.
Dans le cadre de la guerre raciale qui était la première priorité des dirigeants nazis, les Lebensborn ont été fondés dans un seul but : assurer le futur de l’Allemagne.
Et pour ce faire, il était impératif de contrôler les naissances au sein du Reich. Les nazis décidèrent donc d’agir sur deux fronts :
il fallait d’une part exterminer les ennemis du régime (juifs, tziganes, etc.) et leur progéniture, et d’autre part accélérer la naissance de bébés aryens.
C’est dans cette logique que le projet des Lebensborn a vu le jour. L’idée était simple : perpétuer la race aryenne, considérée comme supérieure, en favorisant sa reproduction
par la sélection génétique. Il ne faut pas oublier que pour les nazis, la vie est une grande bataille de la nature, où les races luttent pour leur survie.
En supprimant les races indésirables et en créant une génération aryenne, Hitler entendait ainsi pérenniser le IIIème Reich pour les mille ans à venir.


Lebensborn : les enfants volés des nazis 1200px14


Le fonctionnement de base était le suivant : le Lebensborn devait permettre à des femmes allemandes (qu’elles soient mariées ou célibataires) de race pure (selon les critères nazis),
de donner naissance à des enfants dont les pères faisaient partie de l’élite raciale, souvent donc des membres de la SS.
La sélection s’avérait très rigoureuse (blondes, yeux bleus, etc.). Une grosse dizaine de fabriques d’enfants a ainsi vu le jour à travers l’Allemagne de 1935 à 1945
et des milliers d’enfants y ont été conçus.

Mais les Lebensborn se sont également implantés dans les pays occupés par l’Allemagne à partir de 1939.
En effet, les Lebensborns ont reçu la responsabilité d’éduquer des enfants nés de l’union de soldats allemands (ou de SS) et de femmes des pays occupés.
Des Lebensborn ont donc été créés en Pologne, au Danemark, en Belgique et même en France.
Les femmes concernées acceptaient d’abandonner leur enfant qui devenait ainsi la propriété du Reich. Les « soeurs » du Lebensborn se chargeaient ensuite de la germanisation
de ces orphelins issus de ces couples mixtes, puis ils étaient placés dans des familles allemandes modèles. Mais on ne parle pas ici que d’abandons plus ou moins volontaires :
des milliers d’enfants qui répondaient aux critères aryens ont également été arrachés de force à leurs parents.
Ainsi, plus de 200 000 enfants ont été emmenées en Allemagne et confiés à des familles allemandes sélectionnées.


Lebensborn : les enfants volés des nazis Lebens10


La guerre s’est terminée et le temps a passé depuis cette époque. Mais les bébés aryens sont devenus aujourd’hui des personnes âgées.
En effet, elles ont aujourd’hui entre 76 et 86 ans. Et certaines ont découvert très tardivement que leurs parents n’étaient pas leurs parents génétiques.

C’est le cas de l’une des personnes qui a manifesté à Munich en janvier dernier :
L’histoire de la vie de Haymo Heinrich Heyder se lit comme une affaire criminelle. En Slovénie, enfant volé par les nazis, donné à une famille allemande fidèle à Hitler,
il n’a appris sa véritable origine qu’au milieu des années 1980. Aujourd’hui, il vit au Costa Rica sous le seuil de pauvreté et doit encore travailler, malgré de graves problèmes
de santé. Parce que le gouvernement fédéral lui refuse une pension de victime.

Aujourd’hui âgé de 79 ans, il a une vie riche en événements. Il était ingenieur du son de profession, il a travaillé sur des films de la série policière « Derrick ».
Son premier tournage, cependant, était le film « Kaspar Hauser » de Werner Herzog - une étrange coïncidence, car Kaspar Hauser, comme Haymo Heyder,
était un enfant trouvé, peut-être une victime d’enlèvement, mais certainement une personne d’origine et d’identité inexpliquées.

L’histoire de Haymo Heyder commence en 1942 en Slovénie occupée. Lors de l'"Action Enzian », les SS et la police allemande ont brûlé des villages, abattu des hommes
et des femmes - et ont emmené plus de 1100 enfants en Allemagne. Presque toute la famille de Haymo Heyder, qui s’appelait en fait Vili Gorucan, a été assassinée à l’époque.
Son grand-père Joseph a été abattu par le bataillon de police de Munich 72 en raison de son appartenance au parti communiste, sa mère Maria et sa grand-mère
ont été assassinées dans le camp d’extermination d’Auschwitz.

Haymo Heyder ne l’a appris qu’après la guerre. Les premiers indices selon lesquels quelque chose n’allait pas dans ses origines lui ont été donnés en 1969.
À l’époque, le jeune homme, jusque-là apatride, voulait se faire naturaliser. Une officier d’état civil de Munich lui a toutefois fait savoir que l’acte de naissance contenait
de fausses informations. Hymo Heyder a dit à ses parents: « Je viens de voir que j’étais adopté », leur a-t-il dit. «Ma mère a pleuré. Mon père était très sérieux.
Je ne l’ai jamais vu aussi sérieux « , a déclaré Heyder lors d’une visite au Costa Rica.

Au lieu de dire la vérité, le père inventa alors un nouveau mythe: ses vrais parents sont morts dans le bombardement de Leipzig. Il a même falsifié l’acte de naissance:
il a remplacé le village de Cilli, en Slovénie, par « Zilly » près de Halberstadt.

Les parents adoptifs Charlotte et Hermann Heyder avec le petit Haymo.

Lebensborn : les enfants volés des nazis Hay10


Toute la vérité est apparue plus tard: la SS avait amené le bébé à l’âge de cinq mois en Allemagne avec l’aide de l’organisation nazie « Lebensborn »
et avec beaucoup d’autres bébés en 1942 - à Kohren-Sahlis, près de Leipzig. La maison Lebensborn « Sonnenwiese » était le point de transbordement
pour les enfants « aryens ». Parmi eux, il y avait le petit Haymo. Comme sur le marché du bétail, les parents adoptifs, fidèles au régime, ont pu choisir un enfant.
Charlotte et Hermann Napoleon Heyder d’Abensberg, en Basse-Bavière, ont choisi le petit bébé blond et aux yeux bleus.

Hermann Heyder était un partisan d’Hitler, il n’y a aucun doute là-dessus. Il était le grand-oncle du « ReichsführerS SS » Heinrich Himmler et il a gardé des contacts étroits
avec lui pendant la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, « Lebensborn » a également menti aux parents sur l’origine des enfants:
l’enfant serait issu d'"Allemands du peuple assassinés par les abominations ».
Un échange de lettres entre Hermann Heyder et Himmler permet de reconstituer la manière dont Vili Gorucan a fait l’intermédiaire.
Le 1er février 1942, Heyder écrit:
« Cher Henri! Tu m’as vu à Berchtesgaden (...) Tu m’as offert ton aide et maintenant, cher Heinrich, on va nous aider à devenir des enfants adoptifs.
Nous te promettons d’éduquer ces enfants qui grandiront dans les idées du national-socialisme. Dans une autre lettre, il est dit:
« Mon cher Heinrich! Nous avons trouvé presque d’emblée le petit Guillaume Gorutschan, qui promet de devenir un vrai garçon allemand, blond et aux yeux bleus.

Par gratitude, le petit « Guillaume », ergo Vili, a également reçu le prénom du tueur en série Himmler : « Haymo est un nom de la Vieille-Bavière et
Heinrich est devenu un d’honneur pour te souvenir de toi. » Pour accueillir l’enfant volé dans le cercle familial, le chef SS a reçu une invitation de son grand-oncle.
Himmler a personnellement expertisé l’enfant Haymo à Abensberg.

Haymo Heyder a fait la paix avec l’histoire de la famille. « Hermann et Charlotte Heyder sont mes parents. » Bien sûr, ils auraient essayé de dissimuler ses origines.
« Je ne sais pas si c’est pour mon bien ou pour leur bien. »


Mais le cas d’Haymo Heinrich Heyder n’est pas isolé. Des milliers de personnes sont encore à la recherche aujourd’hui de leur passé et de leurs parents.
Rien qu’en Slovénie, plus de 1100 enfants ont été amenés en Bavière, selon l’association « Enfants volés – victimes oubliées ».
Le fondateur de cette association, Christop Schwarz (qui demande réparation à l’état allemand), estime qie plus de 100 d’entre eux vivaient encore en Bavière.
Le fait qu’ils n’aient toujours pas été indemnisés est une injustice criante, selon lui. C’est pourquoi ils sont venus manifester, et ont pris la parole à un endroit bien précis :
l’ancien siège du Lebensborn à Munich. Car la ville d’Hambourg et le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie ont déjà accepté de payer des dédommagements aux victimes.
La Bavière, comme souvent, a quant à elle bien du mal à accepter de payer.

Une anecdote, afin de conclure cet article : lorsque les Alliés ont découvert les Lebensborn lors de la libération de l’Europe,  il paraît que certains responsables américains
ont considéré ce type d’établissements comme « un modèle d’institution sociale ». Si les Lebensborn ont de quoi choquer par leur procédé et par cette obsession de la race pure,
il est tout de même bon de rappeler que certaines cliniques américaines et anglaises proposent d’ores et déjà à de futurs parents de choisir la couleur des yeux de leur enfant,
en effectuant des manipulations génétiques.
Demain, il paraît qu’elles proposeront de choisir la taille, la couleur des cheveux, ou encore l’intelligence. On appelle ça un bébé à la carte!
Cela ne vous rappelle rien? Lebensborn version 2021!


source
allemagnenazie.wordpress.com
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vania
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeVen 5 Mar - 10:37

Une histoire pénible de plus, concernant cette période.
Le choix de critères physiques pour ses enfants est bien malsain, il sont censés ressembler à ses parents.
Le principal est qu'ils naissent en bonne santé.
Comme disent les russes "Les chiens ne font pas des chats", et inversement.
Pas étonnant que les amerloques, qui misent beaucoup plus professionnellement sur le physique que les européens, soient tentés par ça.
J'ai vu plusieurs fois des C.V. U.S, pour un job normal, stage de musique ou "intervenant en résidence".
Est mis en avant la taille du gars, la couleur des yeux et des cheveux... Rolling Eyes
Qu'est-ce qu'on en a à f....., pour un stage de musique ?!... Evil or Very Mad
Ben pour eux c'est important... scratch
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naga
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeVen 5 Mar - 14:04

Ca veut dire qu ils refuseront certainement des gens a cause du physique Evil or Very Mad
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carbone14
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeSam 6 Mar - 9:43

J'ai pas le temps maintenant mais faut que je lise ce sujet, il me semble tout à fait intéressant.
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naga
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeSam 6 Mar - 13:01

Gitta Sereny et les enfants volés du Reich

Dans un ouvrage récemment traduit en français, la journaliste Gitta Sereny raconte son expérience dans l'Allemagne d'après-guerre qui a consisté à enquêter
sur les enfants enlevés à l'Est par les Nazis et adoptés par des couples allemands.


Lebensborn : les enfants volés des nazis Zz338


Certes, on connaît les Lebensborn ["fontaines de vie"] où des femmes allemandes venaient mettre au monde, dans les maternités SS, des enfants pour le IIIème Reich,
pour que le régime d'Hitler dispose de bras dans les usines et de chair à canon sur les champs de bataille.
Mais ce que décrit Gitta Sereny c'est l'enlèvement délibéré, dans des familles russes ou polonaises, d'enfants dont l'apparence "aryenne" pouvait convenir au dogme racialiste
et convaincre les familles adoptantes que leur progéniture provenait bien de familles allemandes vivant, opprimées, dans ces contrées ennemies.
L'objectif était double : appauvrir la démographie des pays conquis et renouveler la population germanique.
Ces enfants passaient aussi par les Lebensborn, qui accueillirent 250 000 enfants de l'Est afin de les germaniser et, après tri et soins, les redistribuer à des familles allemandes.

Gitta Sereny, d'origine hongroise, ayant vécu son enfance à Vienne, puis suivi des études à Londres, assista au Congrès nazi de Nuremberg en 1934
suite à un incroyable hasard (son train était tombé en panne dans cette ville). Elle n'a alors que 13 ans et est fascinée par le décorum :
elle l'avoue tout en disant sa honte d'avoir pu éprouver un tel sentiment. Quatre ans plus tard, de retour à Vienne, elle est là quand le Führer, après l'Anschluss,
prononce un discours tonitruant dans la capitale autrichienne.

Après avoir vécu à Paris où elle exerce pendant l'Occupation une fonction d'infirmière bénévole dans une organisation humanitaire, L'Auxiliaire sociale,
et participe à des actes de Résistance, elle quitte Paris en 1942 pour New-York. Elle revient en Europe dans les bagages de l'armée américaine, au titre de l'UNRRA,
l'Administration des Nations Unies pour le secours et la reconstruction, chargée de la protection de l'enfance.

Sa première mission consiste à soigner des enfants du camp de concentration de Dachau, récemment libéré. Il s'agissait d'enfants de toutes nationalités, même des Allemands,
mais très peu de Juifs, déjà mis à mort. Les Allemands étaient pour la plupart des enfants d'officiers accusés de trahison, incarcérés ou exécutés.

Gitta Sereny appartient à une équipe de spécialistes dans l'accompagnement d'enfant souffrant de troubles affectifs graves, mais cette équipe ne se contente pas de faire
dans la protection sociale : elle est amenée à dénoncer des criminels de guerre, des anciens gardiens SS, qui se cachent dans les camps de personnes déplacées.
Un de ces camps, où Gitta va intervenir, est celui de Regensburg, qui abrite 20 000 hommes, femmes et enfants, anciens travailleurs-esclaves du Reich, forcés ou volontaires,
venus de Pologne, d'Ukraine, des Pays Baltes, de Yougoslavie et de Grèce.
Sont recueillis là, également, des mineurs isolés, qui après le démantèlement des camps de concentration, ayant perdu leurs parents,
"formèrent des bandes et écumèrent les campagnes en volant et en semant la destruction, tant chez les Allemands qu'ils haïssaient que chez les Alliés".
Si aucun enfant juif ne survécut aux camps d'extermination, tels que Chelmno, Belzec, Sobibor et Treblinka, beaucoup avaient été cachés par des familles allemandes catholiques
ou protestantes, et à la fin de la guerre avaient vagabondé dans les campagnes.
Considérés comme des "animaux humains" par les Nazis, beaucoup de ces jeunes en errance refusaient toute solution de mise à l'abri.
Il était difficile de les récupérer et aussi de les punir, car leur destinée tragique, selon Gitta Sereny, les sanctifiait et empêchait toute sanction.
Il fallut attendre l'été 1945 pour que des travailleurs sociaux juifs venus des USA parviennent à les apprivoiser et à les convaincre de les suivre en Amérique ou en Israël.

Quant aux autres, Gitta Sereny raconte qu'une Agence centrale de recherche recevait, en provenance de Pologne, d'Ukraine ou des Pays Baltes, des milliers de clichés d'enfants,
avec indication de date et des conditions de leur disparition. Des "agents enquêteurs de l'aide à l'enfance" furent chargés d'effectuer les recherches.
Quiconque, suspecté, ne collaborait pas aux enquêtes pouvait être sévèrement puni (l'avis officiel précisait : "à l'exclusion de la peine de mort").  


Gitta Sereny en France avec des enfants en 1941.

Lebensborn : les enfants volés des nazis Zzzz140




Les Soviétiques, de leur côté, voulaient récupérer les enfants russes qui séjournaient dans les maisons d'enfants ou qui avaient été adoptés par des familles allemandes.
C'est ainsi que Gitta raconte l'histoire de deux enfants de six ans qu'elle nomme "Johann" et "Marie" : un couple de paysans, ayant perdu leur fils dans les combats sanglants
de Stalingrad, avait recueilli ces deux enfants trois ans et demi plus tôt. La famille, grand-père compris, se ligue pour expliquer que ces enfants ne peuvent être "de l'Est",
sous-entendu de ces dégénérés polonais :
"il suffit de les regarder" ! Mais les vrais parents, des jeunes fermiers de Lodz, non seulement reconnurent leurs enfants mais donnèrent une précision imparable
(un petit grain de beauté, qui, s'il avait été à peine plus gros, aurait, d'emblée, empêché à l'enfant d'être adoptée, car indigne d'être "germanisée").
Gitta Sereny dut enlever ces deux enfants à ce couple pour les rendre à leurs parents.
Des drames de cette sorte (car ces enfants arrachés à leurs "parents", le plus souvent, avaient perdu leur langue maternelle et ne se souvenaient plus du passé)
eurent lieu par milliers.

Dans cet ouvrage, Gitta Sereny aborde bien d'autres sujets : comme l'état d'esprit des jeunes Allemands à la fin des années 60 par rapport à ce passé de leurs parents
ayant collaboré avec le pouvoir nazi, en ayant été complices ou en l'ayant toléré. Ces textes fourmillent d'informations, de réflexions, de questionnements,
de réponses à de nombreuses interrogations, le tout par l'entremise d'une écriture captivante, fluide et par une maîtrise parfaite de la construction d'ensemble.
Elle ne s'attarde pas sur certains aspects de sa vie exceptionnels. Par ailleurs, elle passe de New York à l'Allemagne occupée d'un trait de plume.
Elle était l'épouse d'un grand photographe, Don Honeyman, qui travaillait à Vogue et au Daily Telegraph, mais surtout connu pour avoir fait le célèbre poster
avec la photo de Che Guevara sur fond rouge.

(1) Les Lebensborn : voir Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits, Enquête sur ces Français nés dans les maternités SS, de Boris Thiolay, Flammarion, 2012 (J'ai lu)
et Au nom de la race, de Marc Hillel, Fayard, 1975. Les maternités SS ne fonctionnaient pas uniquement pour les femmes allemandes vivant en Allemagne.
Une personne de la région stéphanoise, ayant eu 20 ans le jour de la déclaration de guerre, en 39, m'a raconté jadis avoir eu une jeune collègue de travail, d'origine allemande,
qui était partie en Allemagne le temps de faire un enfant pour le Führer.


source
Dans l'ombre du Reich, enquêtes sur le traumatisme allemand (1938-2001), éd. Plein Jour, 2016.
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeSam 6 Mar - 19:04

Merci, j'ai lu ce sujet : passionnant. study
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vania
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeDim 7 Mar - 10:34

Gâchis, chaos..., on a du mal à comprendre qu'il puisse y avoir des admirateurs du régime Nazi... scratch
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeDim 7 Mar - 10:40

vania a écrit:
Gâchis, chaos..., on a du mal à comprendre qu'il puisse y avoir des admirateurs du régime Nazi... scratch
C'était une poque et on est 80 ans après, il reste encore des régimes dans le monde quasi identiques.
L'histoire reste l'histoire, elle est comme elle est, difficile de juger après. On n'y était pas, on n'a pas vécu ça, facile de dire blanc ou noir après coup. qu'aurions nous fait en ce temps ? silent
L'Espagne a encore ce genre d'admiration pour Franco ! il y a des "mussoliniens" ! Rolling Eyes
Finalement la liste est assez longue.
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naga
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeLun 8 Mar - 2:10

Le manoir de Bois Larris, une pouponnière nazie en France

La maternité de Lamorlaye est inaugurée le 6 février 1944. Nichée au bout d’une petite route qui serpente entre les futaies de hêtres, l’endroit se fait très discret.
Les allemands la nomment Westwald, « Forêt de l’Ouest ».


Lebensborn : les enfants volés des nazis Lebens11


Le projet d’ouvrir une maternité SS en France avait germé dans l’esprit des nazis au printemps de 1942.
Jusqu’alors, ils considéraient les Français comme un peuple abâtardi, issu de sang mélangé et donc « racialement » sans intérêt, raconte l’historien Fabrice Virgili.
Heinrich Himmler se rend régulièrement à Westlwald et veut tout connaître de la vie quotidienne dans les Lebensborn.
Il s’enquiert de la qualité de la nourriture, de la variété des menus qui y sont servis, de la taille du poids des nouveaux nés, de la forme de leur nez.
Le Reischfürher de la SS nourrit une obsession maladive : redonner à la « race » allemande sa supposée pureté originelle en sélectionnant des géniteurs grands, blonds,
aux yeux bleus. Les hommes sont alors encouragés à procréer en dehors du mariage. Et c’est aux femmes qui portent un enfant illégitime que les « Fontaines de vie »
vont s’intéresser en priorité.

Cet ancien « château Menier » que la famille du chocolatier avait baptisé « Tournebride » y est aujourd’hui connu sous l’appellation de manoir de Boris Larris.
Boris Thiolay, journaliste et auteur d’une enquête sur ces français nés dans une maternité SS, s’est rendu plusieurs fois à Lamorlaye.
La configuration de cette demeure de style anglo-normand, devenu un centre de réadaptation pour enfants, est quasi identique à ce qu’elle était pendant la guerre.
En 1944, le domaine comprend deux corps de bâtiments. Près de l’ancien porche d’entrée, se trouvent la maison du garde, les communs et les écuries.
C’est ici que logent les membres de la Schutzpolizei, chargés de la surveillance.


Lebensborn : les enfants volés des nazis Zzzz1192


Voici ce qu’on peut y lire : « Une activité impressionnante règne dans les pièces du rez-de-chaussée : salle de visite, chambres des mères et réfectoire.
Les chambres manquent toutefois de couleur et d’images accrochés au mur ». La visite se poursuit : « Les berceaux sont fabriqués dans un matériau très sommaire,
ce qui les rend dangereux. Il manque plusieurs objets nécessaires, comme, par exemple, un seau pour jeter les couches ou encore des tables de nuits ».
Gregor Ebner conclut pourtant son rapport sur une note positive : « Les mères séjournant à Westwald font bonne impression sur le plan racial et semblent bien intégrées ».

La suite de l'histoire oblige à se plonger dans les archives du Service international de recherches de la Croix Rouge (SIR).
A Bad Arolsen, une petite ville de Hesse, le SIR conserve 50 millions de documents, concernant 17,5 millions de victimes du nazisme.
Dans la salle de lecture, le visiteur est prié d'enfiler des gants de tissu blanc pour manipuler les feuillets jaunis, à en-tête du Lebensborn et de l'état-major SS.
Une vingtaine de courriers et de télégrammes évoquent le foyer Westwald de Lamorlaye.

Le 2 novembre 1943, l'Oberführer SS Gregor Ebner, médecin en chef des Lebensborn, spécialiste de la " sélection raciale " et ami personnel de Heinrich Himmler,
écrit au commandant Fritze, tout juste nommé responsable de l'établissement :
" Le lieu devra être aménagé à la manière du foyer de Steinhöring [la maison mère, en Bavière]. J'espère pouvoir venir à Paris au cours de l'hiver [1943-1944]. ".
Faute de temps, Ebner ne pourra pas honorer ce rendez-vous.
Finalement, Westwald sera inauguré le 6 février 1944.

La plupart des femmes accueillies ici sont françaises, comme la maman de la petite Edith de V., née le 11 avril 1944. Mais il y a aussi quelques étrangères.
Ainsi, la mère de Helga M., née le 20 juin 1944, est une Flamande, enceinte d'un SS belge ; celle d'Ingrid de F. (31 juillet 1944) est probablement néerlandaise.
Par souci de discrétion, elles préfèrent accoucher dans un Lebensborn éloigné de leur région ou de leur pays d'origine.
Toutes vivent en communauté dans cette maternité gardée en permanence. Il est formellement interdit d'approcher du manoir perché sur les coteaux. "
Pourtant, à Chantilly, beaucoup de gens savaient qu'il y avait une nurserie nazie, là-haut, et que les Allemands recrutaient de grandes femmes blondes
pour faire des enfants aryens "raconte Michel Bouchet, 83 ans, ex-journaliste hippique qui habite toujours dans les environs.


Le manoir aujourd hui

Lebensborn : les enfants volés des nazis Lamorl10


La vie quotidienne à Westwald, c'est l'Oberführer SS Gregor Ebner lui-même qui l'évoque dans un rapport de trois pages dactylographiées,
après sa visite d'inspection du 24 avril 1944. Passant en revue les lieux et le personnel, il écrit :
" Les chambres non attribuées ont été correctement reconverties et servent de salle d'accouchement, note-t-il.
Une activité impressionnante règne au rez-de-chaussée, où se trouvent la salle de visite, les chambres des mères et le réfectoire. "
En revanche, le matériel laisse à désirer :
les meubles sont de mauvaise qualité, les berceaux " sont fabriqués dans un matériau très sommaire, ce qui les rend dangereux ".
Autre problème : la maternité est mal gérée. Son responsable, le commandant Fritze, passe son temps à Paris et ne vient " qu'une ou deux fois par semaine ".
Surtout, une querelle oppose le sergent SS Grünwald et son épouse - qui veillent sur le domaine depuis l'hiver 1943 - au reste du personnel, le régisseur SS Engelien,
l'infirmière en chef, Josefa Knoll, la sage-femme et les trois autres infirmières.

Gregor Ebner termine cependant son rapport sur une note positive :
" Les six mères présentes à Westwald font bonne impression sur le plan racial et pour ce qui concerne leur intégration.
Les quelques enfants du foyer sont en bonne santé, seul un d'entre eux laisse apparaître une légère dégénérescence.
" Erwin Grinski, né en mai, ne restera pas longtemps à Lamorlaye. Quelques semaines plus tard, ses parents partent en effet avec lui vers Dortmund. "
Nous avons passé les derniers mois de la guerre dans cette ville, terrés dans des abris souterrains, pour échapper aux bombardements alliés ", raconte-t-il.
En ce printemps 1944, les Lebensborn, qui sont d'ordinaire bien approvisionnés, connaissent des pénuries.
L'Oberführer SS Gregor Ebner s'en inquiète dans une note du 2 mai : " La plupart des foyers manquent de solution vitaminée [pour les enfants].
Ils manquent de produits alimentaires de toutes sortes, comme la semoule, le riz, les flocons d'avoine et le cacao. "

Le manoir de Lamorlaye est au plus mal, lui aussi. Surtout après le débarquement allié en Normandie, le 6 juin.
Engelien, le régisseur, est si préoccupé qu'il alerte Ebner :
Fanny M., la sage-femme, a " appris la nouvelle de l'invasion [le débarquement] et en a informé les mères ".
De plus, elle passe toute la journée dans sa chambre, vu "le peu d'accouchements qui se produisent ".
Quant au commandant Fritze, il est toujours aux abonnés absents. Autre souci : il devient de plus en plus difficile de nourrir correctement les 12 bébés encore présents.
" Le jardin ne fournit pas assez de carottes et d'épinards ", relève Ebner.

A son tour, celui-ci informe son supérieur, le colonel SS Max Sollman, l'administrateur en chef des Lebensborn. Les jours de la maternité sont comptés...
7 août 1944. Le commandant Fritze sait qu'il est temps de filer.
De Paris il envoie un télégramme de cinq lignes à l'état-major personnel de Heinrich Himmler, à Berlin :
" Evacuation du foyer Westwald prévue le 10 août, sous la direction du sous-lieutenant SS Decker. Le mobilier sera transporté par train jusqu'à Munich [...]. "

C'est ainsi qu'une semaine avant la libération de Paris la maternité ferme en urgence. Ses pensionnaires - une dizaine d'enfants, dont Edith de V., Helga M., Gérard S.,
né le 28 juin ou Ingrid de F., âgée d'à peine 10 jours, ainsi que quelques mères volontaires - sont transférés au Lebensborn Taunus de Wiesbaden, près de Francfort.

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naga
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeLun 8 Mar - 2:27

Début septembre, une dizaine d'autres bébés, évacués du Lebensborn Ardennen, de Wégimont (Belgique), les y rejoignent.
Parmi ces derniers se trouvent Gisèle Niango et Walter Beausert .
Au fil de la débâcle, ces bambins sont transbahutés d'une maternité nazie à l'autre. Leur périple à travers le Reich s'achève le 3 avril 1945, à Steinhöring, près de Munich.

C'est là, dans la maison mère, ouverte dix ans plus tôt, que des soldats américains découvrent, au début de mai 1945, environ 300 enfants et une poignée de mamans
livrés à eux-mêmes.
Les maîtres de l'organisation ont pris la fuite après avoir brûlé les archives.

Pour identifier les gosses, il ne reste que des fiches très succinctes. Un prénom germanique, un patronyme, parfois modifié, une date de naissance, le nom de code du lieu
où ils ont vu le jour : Westwald, Ardennen... Les petits, confiés à une équipe de secours des Nations unies (l'Unrra), sont regroupés et soignés dans un couvent désaffecté.

Le 14 décembre 1945, le père Ludwig Koeppel, curé de Steinhöring, les baptise collectivement.
Photographiés, reconnus, certains sont rendus à leur mère.
D'autres sont rapatriés, un an plus tard, vers leur pays d'origine.
Du moins le croit-on. Car plusieurs bébés belges et néerlandais, nés à Wégimont ou à Lamorlaye, sont envoyés par erreur en France.
Aux mois d'août et octobre 1946, deux trains affrétés par la Croix-Rouge, en provenance d'Allemagne, s'arrêtent ainsi à Bar-le-Duc (Meuse).
Sur les 37 enfants confiés aux services locaux de l'Assistance publique, 17 sont encore bébés.
Un an plus tard, la justice décide de les déclarer " nés à Bar-le-Duc ".
Les prénoms trop allemands sont francisés.
Ingrid s'appellera Irène, Gizela sera Gisèle, Songard et Ute deviennent Dominique...
Plusieurs d'entre eux sont accueillis par des familles de la région, certains sont adoptés.
Tous gardent en mémoire les injures des autres gamins, voire de l'instituteur : " A l'école, on me traitait de "sale boche" ", raconte Gisèle Niango, 65 ans, de Nancy.
Nous sommes déchirés entre le fait d'être des victimes innocentes et la honte d'avoir été conçus pour servir cette idéologie monstrueuse. "

En 1946, Erwin a 2 ans à peine quand il est rapatrié en Avignon et récupéré - avec son nom inscrit sur un écriteau accroché autour du cou - par l'une de ses tantes.
Sa mère les rejoint un an plus tard. Erwin n'a plus jamais revu son père.
Il a découvert son nom par hasard, en 1987, en tombant sur son propre ertificat de baptême, daté de 1945.
Le document mentionnait ceci :
" Père : Erwin Konstant Johannes Schmidt. "
" Ma mère me l'a arraché des mains avant de le déchirer et de le jeter au feu ",poursuit Erwin.

A l'adolescence, il faisait le coup de poing quand on se moquait de son physique, mais personne n'a jamais eu connaissance de ses origines. "
Ma mère m'avait fait jurer de ne jamais raconter que mon père était allemand. Elle ne voulait pas que j'apprenne cette langue ", souffle-t-il.
Je ne dois pas être tout seul dans ce cas.Souvent je me demande où sont passés les autres enfants... "
Pour la première fois depuis le début de son récit, une larme coule sur son visage. Pourquoi être ainsi sorti du silence ?
" Peut-être que quelqu'un me reconnaîtra. "Quelqu'un capable de le faire sentir moins seul avec son histoire.
Quelqu'un capable de lui répéter que les bébés des Lebensborn - jamais reconnus en tant que victimes - ne sont coupables de rien.
Nés d'un père SS ou non, ils n'étaient que des enfants.


Pour les enfants des Lebensborn, la recherche de leurs origines est une quête vertigineuse.
Certains d'entre eux, rendus à leur mère après guerre, ont obtenu ainsi des bribes d'informations sur leur père.
D'autres, de parents inconnus, ont été confiés à l'assistance publique ou adoptés, et cherchent à " savoir ".
C'est le cas de Walter Beausert et de Gisèle Niango.
Nés au Lebensborn de Wégimont (Belgique), ils sont français depuis 1947, après leur rapatriement- par erreur - en France.
Tous deux ont appris l'existence de ces maternités en ouvrant leur dossier personnel à la Ddass (ex- Assistance publique).
Depuis, ils ont sillonné la France, la Belgique, l'Allemagne, pour suivre des pistes, vérifier des hypothèses, souvent floues.
" Beausert n'est peut-être même pas mon vrai nom et je pense être né en juin 1943 plutôt que le 1er janvier 1944 ",explique Walter, en regardant une photo prise en 1945,
par les Américains, à Indersdorf (Allemagne).
Sur le cliché, un blondinet blessé à l'oeil fixe le photographe. C'est lui.

En 1993, il retrouve en Belgique une femme nommée Rita P., qu'il pense être sa mère. " Elle ne me l'a jamais dit, mais elle m'a donné tant d'indices...
" Walter connaît aussi l'identité de son père allemand, un certain Hugo Lunderstedt. Rita, elle, est décédée en 1998.
De son côté, Gisèle Niango - bébé, elle s'appelait Gizela Magula - a identifié une partie de sa famille maternelle, également en Belgique.
Elle croyait avoir ainsi découvert le nom de sa mère jusqu'au moment où, en avril, un nouveau document lui a démontré qu'il y avait erreur sur la personne.
Sa quête va donc reprendre.


Objets de multiples fantasmes,les Lebensborn n'étaient ni des haras humains ni des bordels,poursuit Georg Lilienthal.
Ils prétendaient être des établissements modèles, exploitant du matériel génétique ".

En 1940, on en compte 10 en Allemagne.
D'autres sont créés durant la guerre :
9 en Norvège - sanctuaire supposé de la " race nordique " -3 en Pologne,2 en Autriche,1 au Danemark, aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg et en France.

Environ 9 000 SS-kinder (enfants SS) seraient nés en Norvège, presque autant en Allemagne, quelques centaines ailleurs.
Les responsables du Lebensborn, obsédés par le fait de récupérer le " sang aryen " disséminé en Europe, ont aussi kidnappé près de 200 000 enfants en Pologne.
Ils furent placés dans des familles, envoyés au front ou contraints au travail forcé.

En 1947-1948, Sollman, Ebner et leurs complices ont été jugés à Nuremberg, mais le tribunal allié n'a pas retenu le " caractère criminel " du Lebensborn :
ils furent libérés à l'issue du procès.


sources
kountrass.com
http://les-sanglots-longs-des-violons.eklablog.com/
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeLun 8 Mar - 10:02

Ce sujet est toujours aussi passionnant, on en apprend encore. merci.
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vania
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeLun 8 Mar - 10:27

Citation :
L'histoire reste l'histoire, elle est comme elle est, difficile de juger après. On n'y était pas, on n'a pas vécu ça, facile de dire blanc ou noir après coup. qu'aurions nous fait en ce temps ?
Je parle d'aujourd'hui, pas de ce qu'on aurait pu dire, faire, penser à l'époque...
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeLun 8 Mar - 11:03

vania a écrit:
Citation :
L'histoire reste l'histoire, elle est comme elle est, difficile de juger après. On n'y était pas, on n'a pas vécu ça, facile de dire blanc ou noir après coup. qu'aurions nous fait en ce temps ?
Je parle d'aujourd'hui, pas de ce qu'on aurait pu dire, faire, penser à l'époque...
J'avais compris mais aujourd'hui il est difficile de juger ce qui s'est passé bien avant. Avec nos yeux d'aujourd'hui on peut mais on fera rien car il faudrait "être avant" pour dire quelque chose de sensé. Des gens âgés peuvent faire l'analyse parfaite, pas nous.
Je sais pas si je m'exprime bien. Embarassed
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vania
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeMar 9 Mar - 10:33

scratch
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitimeMar 9 Mar - 11:04

vania a écrit:
scratch
Bon j'ai pas bien expliqué, alors une autre fois, c'était pas mon jour. Embarassed
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MessageSujet: Re: Lebensborn : les enfants volés des nazis   Lebensborn : les enfants volés des nazis Icon_minitime

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