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 Prisonniers allemands en URSS

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MessageSujet: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeDim 18 Déc - 19:35

Vie et mort des prisonniers de guerre allemands en URSS
Source : GUEORGUI MANAÏEV
Plus de quatre millions d'Allemands, capturés sur place ou envoyés dans le pays, ont été soumis au travail forcé en URSS après la Seconde Guerre mondiale. Tous n'ont pas pu revoir leur pays.
« Si je survis, je pourrai découvrir ce que sont les bolcheviks. Peut-être que le communisme est vraiment l’issue idéale pour le peuple. Après tout, nous faisons aussi beaucoup de mal », pensait Helmut Bohn alors qu'il fut capturé par des soldats soviétiques dans la région de Pskov en février 1944. Bohn passera la période de 1944 à 1947 en URSS en tant que prisonnier de guerre et décrira plus tard son expérience dans un livre intitulé Aux portes de la vie. Cependant, tous les Allemands internés en URSS n'ont pas pu survivre afin de raconter leur vécu.
« Les prisonniers de guerre étaient considérés par l'URSS non seulement comme une source de main-d'œuvre, mais aussi comme une ressource destinée à être utilisée dans l'économie du pays, non seulement pendant la guerre, mais surtout dans la période d'après-guerre », écrit l'historien Vladimir Vsevolodov. De façon assez inhumaine, les autorités soviétiques considéraient les prisonniers de guerre allemands comme une monnaie d’échange pour les pertes de population soviétiques.
Staline a défini le nombre de prisonniers que l'URSS « avait besoin » en 1943 lors de la conférence de Téhéran. Staline a soutenu que l'URSS avait besoin d'un « élément de remplacement » – environ quatre millions de citoyens allemands, qui restaureraient les villes soviétiques détruites et développeraient l'industrie. Ce nombre, note l'historienne Elena Chmaraïeva, était dérivé du nombre approximatif de soldats soviétiques morts et disparus sans laisser de traces au moment de la tenue de la conférence de Téhéran – environ quatre millions également.
En 1944, les Soviétiques avaient conçu un programme de travail pour les prisonniers de guerre allemands. « Le retrait de plusieurs milliers d'unités de travail de l'économie nationale allemande chaque année doit inévitablement avoir un effet d'affaiblissement sur son économie et sur son potentiel militaire », a écrit le ministre des Affaires étrangères Viatcheslav Molotov à Staline. Pendant la guerre, plus de trois millions de citoyens soviétiques avaient été emmenés en Allemagne pour effectuer des travaux forcés, et l'URSS comptait compenser cela – sans oublier les dizaines de millions de personnes qui avaient péri pendant la guerre.
La Direction principale des prisonniers de guerre et des internés a été organisée en URSS avant même le début de la guerre. En 1941, il y avait huit camps de travail pour prisonniers de guerre en URSS, mais le nombre de captifs stagna au départ : environ dix mille en 1941 et 1942. Après la bataille de Stalingrad et l'assaut soviétique dans la région du Don, ce chiffre augmenta brusquement : plus de 200 000 en 1943, et plus de 800 000 de plus à la fin de la guerre.
Formellement, l'itinéraire d'un prisonnier allemand était le suivant : de l'endroit où il avait été capturé, il était emmené vers les camps de réception et de transfert sur la ligne de front et, de là, transporté vers les camps en territoire russe. Mais en réalité, pendant la guerre, la plupart des prisonniers sont restés dans les camps de première ligne qui n'étaient souvent constitués que de huttes de fortune. « Jusqu'à ce que nous arrivions au camp, la ration quotidienne était d'environ un litre de soupe liquide et trois cents grammes de pain rassis. Les jours où on nous ordonnait de couper du bois pour la cuisine de campagne russe, on nous donnait du thé chaud pour le dîner. Nous étions une douzaine de prisonniers, et l’on nous gardait sous clé dans un enclos à chèvres, supervisé par une jeune lieutenante de l'Armée rouge », a écrit Helmut Bon.
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeDim 18 Déc - 19:37

En 1946, il y avait 240 camps de travail pour prisonniers de guerre de différentes nationalités en URSS où se trouvaient plus d'un million de prisonniers. Cependant, cela ne suffisait pas à atteindre l'objectif souhaitable de quatre millions. L'URSS a commencé à interner des prisonniers transférés de l'étranger.
En 1944, après l'entrée de l'Armée rouge sur les territoires de la Roumanie, de la Yougoslavie, de la Hongrie, de la Bulgarie et de la Tchécoslovaquie, un ordre est émis par le ministère soviétique de la Guerre enjoignant « de mobiliser et d'interner tous les Allemands vivant sur le territoire de ces pays, les hommes de 17 à 45 ans, les femmes de 18 à 30 ans, quelle que soit leur nationalité. » L'historien Pavel Polian écrit que plus de 112 000 personnes ont été internées de ces pays en vue de travailler en URSS. Les personnes mobilisées ont été autorisées à emporter avec elles jusqu'à 200 kilogrammes d'effets personnels.
Après la guerre, écrit Elena Chmaraïeva, jusqu'à 3,8 millions de prisonniers de guerre allemands ont été internés en URSS. Environ 2,4 millions étaient des soldats et des officiers, qui étaient détenus dans des camps de prisonniers de guerre, tandis que les autres – pour la plupart des Allemands de souche en provenance des pays européens – étaient affectés à des « bataillons de travail ». Que faisaient-ils ?
Les prisonniers de guerre ont reconstruit des usines, édifié des barrages, des voies ferrées, des ports, etc. Ils ont également construit et restauré des maisons, y compris des immeubles d'habitation pour les employés du ministère de l'Intérieur. Par exemple, des prisonniers allemands ont construit le stade Dynamo à Moscou. Ils ont également travaillé dans une verrerie à Lytkarino, une banlieue de Moscou. Un bâtiment d'archives à Krasnogorsk, dans la région de Moscou, a été construit sur la base du projet de Paul Spiegel, un architecte allemand.
Des spécialistes qualifiés comme Spiegel ont été sélectionnés par les Soviétiques pour effectuer des tâches complexes. L'historien Stefan Karner écrit qu'en 1946, plus de 1 600 spécialistes de haut niveau ont été affectés à différentes industries soviétiques: « Cinq cent soixante-dix ingénieurs, 260 ingénieurs civils et architectes, environ 220 ingénieurs électriciens, plus de 110 docteurs en sciences physiques et mathématiques et sciences techniques ». Ces personnes jouissaient de meilleures conditions que dans les camps de travail ou dans les « bataillons de travail ». Ils vivaient dans les villes, à proximité des industries ou des institutions dans lesquelles ils œuvraient, et recevaient des salaires, dont la moitié en deutsche marks. Cependant, tout spécialiste pouvait être reconduit dans un camp si son travail ne satisfaisait pas les autorités.
Les ouvriers et anciens soldats allemands ordinaires, qui travaillaient sur des chantiers de construction et ailleurs, recevaient également des salaires afin de pouvoir subvenir à leurs besoins en Union soviétique. Par exemple, les anciens soldats étaient payés sept roubles soviétiques par mois, les anciens officiers supérieurs – de 10 à 30 roubles. Ces chiffres étaient dérisoires – un pot de lait coûtait deux roubles et une paire de bonnes chaussures coûtait plus de 150 roubles. Les prisonniers de guerre ordinaires qui ne possédaient aucune compétence particulière devaient lutter pour survivre.
Les conditions de travail dans les camps étaient, bien sûr, terribles. « Au début, nous devions charger deux wagons de bois pendant un quart de travail, puis la norme a été augmentée à trois wagons. Nous étions obligés de travailler seize heures par jour, les dimanches et jours fériés également. Nous rentrions au camp à neuf ou dix heures du soir, souvent à minuit. Nous recevions de la soupe et nous endormions, et le lendemain à cinq heures du matin, nous retournions au travail », écrit Elena Chmaraïeva, citant Reinchold Braun, un prisonnier de guerre allemand.
« Le problème de la faim était au-dessus tout le reste, a écrit l'officier Heinrich Eichenberg. L'âme et le corps se vendaient pour une assiette de soupe ou un morceau de pain. La faim détruisait les gens, les rendait corrompus et les transformait en animaux. Voler à ses propres camarades était devenu courant ».
Les Allemands capturés ont été utilisés dans l'exploitation forestière, la construction de routes et de voies ferrées dans des zones reculées et difficiles d'accès, ainsi que dans l'extraction de minéraux - par exemple, l'uranium, le charbon, le minerai de fer, en particulier dans les mines du bassin du Don.
Les taux de mortalité étaient élevés parmi les Allemands dans les camps de travail. Selon les statistiques soviétiques, de 1945 à 1956, plus de 580 000 personnes sont mortes dans des camps de prisonniers, dont plus de 356 000 Allemands. Près de 70 % des décès sont survenus au cours de l'hiver 1945-1946. En comparaison, comme l'a écrit l'historien Viktor Zemskov, environ 1,8 million de citoyens soviétiques sont morts en captivité allemande pendant les années de guerre.
Les statistiques soviétiques officielles de 1956 indiquent que deux millions de prisonniers allemands ont été rapatriés après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, malgré ces nombres, les statistiques manquent de certitude. D'autres sources indiquent que jusqu'à 680 000 prisonniers ont été libérés pendant la guerre, mais ce nombre comprenait des prisonniers de Roumanie, de Slovaquie, de Hongrie, etc. Les statistiques soviétiques indiquent que 356 678 prisonniers sont morts dans les camps soviétiques et qu'environ 37 000 d'entre eux ont été condamnés pour crimes de guerre.
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeDim 18 Déc - 19:39

En fait, le rapatriement a commencé dès juin 1945, lorsque 225 000 prisonniers « malades et affaiblis » ont été renvoyés chez eux, dont 195 000 Allemands. En août 1945, 700 000 autres, dont 412 000 Allemands, ont été « libérés » de la captivité soviétique. Ils n'étaient pas autorisés à emporter de l'argent avec eux, écrit Elena Chmaraïeva. De ce fait, ils ont essayé d'acheter des bonbons ou du tabac avec leurs économies – tout ce qu'ils pouvaient emporter sur le chemin du retour. Wilhelm Lotse, rapatrié en 1949, emportait avec lui près de 6 kg de biscuits et bonbons, 2 355 cigarettes et 600 grammes de tabac.
Les conditions de transport ressemblaient à celles d'un camp de travail, et constituaient le dernier adieu du système répressif soviétique. Parfois, les rapatriés n'ont pas reçu de nourriture et d'eau pendant des jours alors qu'ils progressaient en train depuis le territoire soviétique. Le premier endroit où les prisonniers allemands arrivaient en Europe était le camp de relocalisation soviétique de Francfort (Oder), où ils passaient 2-3 jours, avant d'être envoyés vers leurs emplacements respectifs. En 1947, 70 % des prisonniers de ce camp étaient malades.
Le rapatriement des prisonniers de guerre allemands d'URSS a officiellement pris fin le 5 mai 1950. L’agence TASS a déclaré que 1 939 063 prisonniers de guerre allemands avaient été rapatriés depuis 1945. En réalité, il restait des Allemands captifs en URSS - entre 10 et 20 000, qui sont partis en 1950-1956. « Cette maison a été construite par des prisonniers de guerre allemands » disent encore les Russes avec respect à propos des bâtiments des années 1950, certains d'entre eux ayant vraiment été construits par des Allemands. Car même en captivité, les ouvriers allemands faisaient de leur mieux.
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeLun 19 Déc - 10:46

Très intéressant sujet.
Citation :
Cette maison a été construite par des prisonniers de guerre allemands » disent encore les Russes avec respect à propos des bâtiments des années 1950, certains d'entre eux ayant vraiment été construits par des Allemands. Car même en captivité, les ouvriers allemands faisaient de leur mieux.
Comme dans les villes de Voronej et Bielgorod par exemple...
Citation :
En comparaison, comme l'a écrit l'historien Viktor Zemskov, environ 1,8 million de citoyens soviétiques sont morts en captivité allemande pendant les années de guerre.
Chiffres à priori en dessous de la réalité.
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeLun 19 Déc - 10:49

vania a écrit:
Très intéressant sujet.
Citation :
Cette maison a été construite par des prisonniers de guerre allemands » disent encore les Russes avec respect à propos des bâtiments des années 1950, certains d'entre eux ayant vraiment été construits par des Allemands. Car même en captivité, les ouvriers allemands faisaient de leur mieux.
Comme dans les villes de Voronej et Bielgorod par exemple...
Citation :
En comparaison, comme l'a écrit l'historien Viktor Zemskov, environ 1,8 million de citoyens soviétiques sont morts en captivité allemande pendant les années de guerre.
Chiffres à priori en dessous de la réalité.
Oui, j'ai pas fini ce sujet, il me faut trouver encore des écrits et surtout des photos. Wink
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeLun 19 Déc - 12:59

Défilé de prisonniers allemands dans Moscou où ayant mangés une soupe "purgeante" avant ils se vidèrent en marchant, un camion pompe passa derrière pour arroser afin de nettoyer. Une manière d'avilir l'ennemi. Twisted Evil  
Personnellement je suis pas sûr que c'était nécessaire, le fait d'être prisonnier suffisait, de plus combien d'entre eux étaient des nazis ? Pas tous.
Peu d'entre eux ont revu leur pays. Morts sur place ou interdit de retour.
Trop d'humiliations dans différents pays ont eu lieu, de morts aussi, sans parler d'actes de tortures.
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Le camp de travail obligatoire ci-dessous. Quelques vieux et pas tous en bon état.
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeLun 19 Déc - 13:30

Prisonniers de guerre allemands
détenus par l'URSS
Année Trimestre Nombre de prisonniers
de guerre allemands
1941 IV 26 000
1942 I 120 000
II 120 000
III 110 000
IV 100 000
1943 I 170 000
II 160 000
III 190 000
IV 200 000
1944 I 240 000
II 370 000
III 560 000
IV 560 000
1945 I 1 100 000
II 2 000 000
III 1 900 000
IV 1 400 000
1946 IV 1 100 000
1947 IV 840 000
1948 IV 500 000
1949 IV 85 000
1950 IV 29 000
Source du tableau: Rüdiger Overmans, Soldaten hinter Stacheldraht. Deutsche Kriegsgefangene des Zweiten Weltkriege. Ullstein., 2000 Page 246

Statistiques soviétiques
Ci-dessous, le nombre total de prisonniers de guerre allemands de la Wehrmacht rapportés par le NKVD en date du 22 avril 1956 (en excluant les citoyens de l'URSS qui servaient dans Wehrmacht). Les Soviétiques considéraient les Allemands originaires d'Europe de l'Est enrôlés par l'Allemagne comme des ressortissants de leur pays de résidence avant la guerre, par exemple les Allemands des Sudètes furent considérés comme des Tchèques22.

Nationalité Nombre total de prisonniers de guerre Libérés et rapatriés Morts en captivité
Allemands 2 388 443 2 031 743 356 700
Autrichiens 156 681 145 790 10 891
Tchèques et Slovaques 69 977 65 954 4 023
Français 23 136 21 811 1 325
Yougoslaves 21 830 20 354 1 476
Polonais 60 277 57 149 3 128
Néerlandais 4 730 4 530 200
Belges 2 014 1 833 181
Luxembourgeois 1 653 1 560 93
Espagnols 452 382 70
Danois 456 421 35
Norvégiens 101 83 18
Autres 3 989 1 062 2 927
Total de la Wehrmacht 2 733 739 2 352 671 381 067
% 100 % 86,1 % 13,9 %

Désolé pour la qualité un peu aléatoire de ces tableaux, le copié / collé n'est pas parfait. Embarassed
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeLun 26 Déc - 18:38

J'ai trouvé ce lien intéressant à lire (même passionnant) : study study study
https://fr.rbth.com/histoire/79295-prisonniers-guerre-allemands-urss
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeLun 26 Déc - 18:41

Heimkehr, les retours des prisonniers de guerre allemands, de 1945 à 1956
Source :
Prisonniers allemands en URSS 5452-210

À prendre les choses avec exactitude, les premiers Allemands ne sont pas rentrés en 1945, mais déjà au cours de la guerre : d'abord, ce sont les Allemands capturés par les Français entre septembre 1939 et mai 1940, pendant la drôle de guerre, qui ont été libérés après l'armistice de juin 1940. Un deuxième groupe d'Allemands est rentré avant la fin de la guerre, les participants à l'échange de prisonniers. Un premier transfert de 875 Français contre 400 Allemands a eu lieu le 1er novembre 1944. Puis en avril 1945, 300 femmes françaises furent échangées contre 400 Allemandes. L'échange des blessés, projeté ensuite, a été rendu caduc par la survenue de la fin de la guerre. Cependant, ne perdons pas de vue qu'il s'agit là de cas individuels, quantitativement sans signification par rapport au grand nombre de ceux qui sont rentrés après. Les « vrais » prisonniers de guerre allemands étaient ceux qui tombaient aux mains des Français depuis 1944. Mais il ne faut pas restreindre le thème au seul retour de France des soldats allemands. Étant donné que le sujet concerne l'ensemble des champs de bataille, à travers l'Europe de l'Ouest, de l'Est et du Sud, il est donc approprié de décrire « les retours », non seulement ceux de France, mais également ceux provenant des autres États
D'abord il paraît judicieux de souligner une différence fondamentale dans le destin des prisonniers français et allemands. Les Français ont été capturés au début de la guerre. Pour eux, ce fut une expérience amère : personne, même pas les Allemands, ne s'était attendu à une défaite telle que celle qu'ont vécue les Français en 1940. Mais plus la guerre durait longtemps, plus les Français pouvaient être sûrs de la victoire. Quand ils rentrèrent chez eux, ils faisaient partie des vainqueurs.

3Pour les Allemands, le processus fut inverse : la très grande masse des prisonniers de guerre allemands fut seulement capturée dans la dernière année de la guerre, et même plutôt à la fin de la guerre. Déjà lors de la capture, les perspectives de victoire allemande étaient mauvaises, et plus la captivité durait, plus il devenait évident que l'Allemagne avait, pour la deuxième fois, perdu la guerre. Cela était d'autant plus déprimant que beaucoup d'Allemands avaient vu dans la Seconde Guerre mondiale la possibilité de racheter la défaite de la première.

4De plus, selon la conception commune du droit international, la nécessité de la captivité de guerre réside dans le fait d'écarter les prisonniers de toute participation aux combats. Même si les Allemands avaient entendu leur ministre de la propagande, Joseph Goebbels, leur dire que les Alliés envisageaient de diviser l'Allemagne et de réduire son peuple en esclavage, ils espéraient néanmoins pouvoir rentrer chez eux à la fin de la guerre. Ils ne savaient pas que, depuis longtemps, les Alliés avaient décidé de les contraindre au travail forcé réparatoire et ceci pendant des années. Quand ils le comprirent, durant l'été et l'automne 1945, ils touchèrent le fond du désespoir.

5Un tel désespoir absolu fut atteint par les Français en 1940, au début de la guerre. Mais les Allemands ne connurent un semblable sentiment qu'en 1945 seulement, à la fin de la guerre qui marque le début de leur captivité. Ainsi les Français purent envisager une fin plus heureuse à leur captivité que les Allemands.
Tous les soldats allemands n'avaient pas été capturés par les soldats alliés. Souvent vers la fin de la guerre, des unités s'étaient dissoutes ou des soldats avaient déserté. Certes, les fils de paysans savaient que leur entretien était assuré à la ferme. Mais la majorité des soldats aurait besoin de « papiers propres », et par conséquent d'une libération officielle, pour obtenir chez eux des cartes de ravitaillement et une autorisation de travail. Sans ces papiers l'existence était impossible, particulièrement en ville. Aussi, beaucoup se rendirent volontairement dans les camps de prisonniers, dans l'espoir d'être libérés quelques jours plus tard avec des papiers de démobilisation en bonne et due forme. Mais seuls furent en fait libérés ceux qui représentaient une charge pour la puissance qui les détenait : les tout jeunes Hitlerjungen2, envoyés à la guerre à l'âge de 14-16 ans, et les membres du Volkssturm3, âgés de 60-70 ans, les femmes ainsi que les blessés graves et les grands invalides. Une exception fut faite pour les membres des professions nécessaires à l'entretien de base des zones occupées en Allemagne, c'est-à-dire surtout des paysans, des mineurs mais aussi des cheminots. En automne 1945, cette première phase du rapatriement était terminée.

5 Werner Ratza, « Anzahl und Arbeitsleistungen der deutschen Kriegsgefangenen », dans Erich Maschke (...)
7Jusque-là, les autres prisonniers de guerre allemands avaient été transportés depuis les régions où ils avaient été capturés jusqu'à leurs lieux de travail. La plupart des gouvernements qui avaient obtenu des prisonniers de guerre allemands comme forces de travail avaient projeté d'abord de les utiliser pour une période indéterminée. Cette idée fut mise à mal par un développement qui avait débuté en 1944 : les prisonniers de guerre allemands aux États-Unis, déjà pendant la guerre, avaient été considérés comme de fâcheux concurrents par les syndicats. Dans la mesure où, après la fin de la guerre, les GIs furent rapatriés et rendus à la vie civile, les syndicats renforcèrent leur exigence d'un rapatriement des prisonniers de guerre. C'est ainsi que, une année seulement après la fin de la guerre, la fin de leur captivité était souhaitée par l'opinion publique américaine. Aussi, à la fin 1946, les États-Unis demandèrent la libération de tous les prisonniers de guerre pour le 1er octobre 1947 : finalement un accord fut conclu pour terminer le rapatriement pour la fin de l'année 1948. Les Alliés de l'Ouest s'en tinrent à cette décision. L'Union soviétique, la Pologne et la Yougoslavie suivirent fin 1949. Cependant, l'URSS retint environ 30 000 prisonniers de guerre, en tant qu'otages, au-delà de cette échéance.

6 Buisson (éd.), Historique du Service des Prisonniers de Guerre de l'Axe (1943-1948), Paris, 1949, (...)
8Mais que pouvait donc faire un prisonnier de guerre allemand pour être rapatrié le plus vite possible ? Il y avait plusieurs possibilités. Une des préférées était l'évasion. Sur le million de prisonniers de guerre allemands en France, près de dix pour cent ont terminé prématurément leur séjour par l'évasion. Une deuxième possibilité consistait à modifier sa propre nationalité ou son appartenance professionnelle, de manière à être renvoyé plus tôt à la maison. Ainsi en France, les différentes nationalités furent libérées à des époques différentes. C'est pourquoi il était par exemple intéressant pour un Allemand sudète de se dire tchèque, quoiqu'ayant servi dans la Wehrmacht. De même, ceux qui appartenaient à des métiers de première nécessité furent libérés préférentiellement, par exemple les paysans. Un soldat falsifia sa profession d'« écolier », portée sur son livret militaire, en « écolier en agriculture » et obtint ainsi sa libération.

7 Eckard Michels, « Mythen und Realitäten : Deutsche in der Fremdenlegion 1943-1955 », dans Militärg (...)
9L'autre possibilité de libération consistait, pour un prisonnier, à accepter une proposition de la puissance qui le détenait : dans le cas de la France, c'était l'engagement dans la Légion étrangère. D'après une récente enquête allemande, environ 5 000 Allemands ont choisi cette voie : beaucoup moins que ce que pensait l'opinion publique allemande.

8 Danièle Voldman, Attention mines... 1944-1947, Paris, 1985. Comité international de la Croix-Rouge(...)
10Autre possibilité, celle d'être volontaire pour le déminage. Pendant un temps, on embaucha pour ce travail, avec une promesse de libération au bout d'un certain temps. Beaucoup moururent pendant le déminage, en raison d'un équipement insuffisant ; mais les prisonniers démineurs ne furent pas rapatriés avant terme.

9 Böhme, Frankreich, op. cit., p. 129-134 ; Buisson, Historique, op. cit., p. 68, 137, 157, 355.
11Une autre possibilité était de signer un contrat d'embauche comme « travailleur libre » pour, au moins, une année en France. Proposition séduisante en apparence car, à la fois, elle libérait de la condition de captif et commençait par l'octroi d'un congé dans la Patrie. Seule une minorité de prisonniers allemands, environ 15 %, crut aux promesses de l'État français et opta pour le statut de « travailleur libre ». Mais sur ce nombre, 10 % ne rentrèrent pas en France, après leur congé
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeLun 26 Déc - 18:44

La captivité est associée aux privations et au sentiment d'avoir perdu des années de vie. Cependant cette vérité incontestable est à nuancer. La nourriture souvent mauvaise, l'étroitesse des camps qui n'autorisait aucune sphère privée et l'incertitude vis-à-vis du destin créaient des conditions que beaucoup de détenus estimaient plus dures que le combat. De telles circonstances font tomber le vernis et révèlent le vrai caractère d'un homme. On a vécu des cas de total désintéressement, mais aussi toutes les défaillances humaines. C'est pourquoi, beaucoup de prisonniers avaient l'impression que la captivité avait aiguisé leur conscience, leur faculté d'estimer réellement les autres. Et les amitiés, nées en captivité, ont tenu toute une vie.

10 Rüdiger Overmans, „Kriegsgefangenschaft - ein vergessenes Thema ?", dans Günter Bischof, Rüdiger O (...)
13Cela peut sonner comme une hérésie, mais, au-delà de toute la souffrance que la guerre avait infligée aux participants, elle a également permis de vivre des expériences qui seraient, sinon, restées impossibles. Il faut avoir à l'esprit que, jusque dans les années 1930, il était inimaginable pour l'appelé allemand ordinaire de « partir en vacances ». La plupart des hommes ne sortaient jamais, durant leur existence, de leur région natale. Il n'était pas nécessaire de parler une autre langue parce qu'on avait très peu de contact avec des étrangers. Cela changea fondamentalement avec la Seconde Guerre mondiale. Il y eut des soldats allemands qui marchèrent d'abord de la frontière allemande pour pénétrer profondément en Pologne, puis de l'Allemagne jusqu'au centre de la France et qui, enfin, firent un aller-retour jusqu'au Caucase. D'autres sont partis d'Allemagne pour traverser l'Italie et être transportés en bateau en Afrique du Nord. Après la capitulation de l'Afrikakorps, beaucoup d'entre eux furent transférés aux États Unis. C'est à peine si, avant cela, l'un d'entre eux avait jamais été en Italie ; aucun n'avait jamais appris à connaître la côte africaine, aucun n'était jamais entré dans le port de New York, en passant devant la statue de la liberté. On pourrait citer beaucoup d'exemples de la sorte. Tous se ramènent à ce fait : en raison de leur service militaire et de la captivité, les prisonniers ont involontairement vécu un considérable élargissement de leur horizon expérimental
Un troisième aspect important est l'expérience de sociétés étrangères. D'abord, les prisonniers de guerre étaient enfermés dans des camps où, encadrés par la police allemande du camp, ils étaient gardés par les Alliés. Dans cette mesure, il n'y avait pas de contact authentique avec la société étrangère. Cette situation changea avec le travail obligatoire. Cela compte moins pour ceux qui furent mis en service dans de gros kommandos de travail. Mais même eux avaient maintenant un contact avec des non-prisonniers pendant le travail, marchaient à travers des agglomérations civiles pour rejoindre leurs lieux de travail. Les contacts étaient évidemment multipliés et quotidiens pour les nombreux Allemands qui servaient individuellement ou en petits groupes, chez des paysans, des artisans, dans de petites entreprises, ou d'autres employeurs. Naturellement il régnait d'abord un climat d'inimitié, comme il est compréhensible après une telle guerre. Mais un homme normal ne peut cependant pas travailler avec un autre, pendant un certain temps, sans finalement le reconnaître comme homme. Bien sûr, il y eut des patrons français, qui maltraitèrent leurs prisonniers allemands ; mais, dans la plupart des cas, se développa une autre attitude. Elle tint en première ligne à la façon dont le prisonnier de guerre allemand travaillait et s'insérait dans la vie locale. Des amitiés durables pouvaient ainsi naître, mais le contraire pouvait également exister. L'auteur de cette communication est issu d'une famille d'agriculteurs. Dans la ferme de ses grands-parents vivait un prisonnier de guerre français, Jean-Paul, qui remplaçait les fils, enrôlés dans la Wehrmacht. Quand le père de l'auteur revint prématurément comme invalide, il se lia d'amitié avec ce Jean-Paul. Quand plus tard la grand-mère mourut, Jean-Paul vint depuis la France pour assister à son enterrement, puis il fit dire, chez lui, une messe pour elle.

12 Overmans, Soldaten hinter Stacheldraht, op. cit., p. 288-300.
15C'est une tout autre expérience que firent les Allemands mis en captivité en Union soviétique. Là, il y eut d'abord un groupe qui n'arriva jamais à se défaire de l'image de l'ennemi, forgée par le national-socialisme. Confortés par le grand nombre de morts dans les camps soviétiques, ils rentrèrent en Allemagne avec la conscience que le système soviétique ainsi que les hommes composant cette société étaient l'incarnation du mal. D'autres apprirent à différencier. Ils s'aperçurent très vite que le système soviétique était inefficace. Ils remarquèrent que les civils soviétiques n'avaient pas un meilleur sort que les prisonniers de guerre allemands. Ils apprirent aussi que l'image du sous-homme soviétique, fabriquée par la propagande nationale-socialiste, ne correspondait pas à la réalité, mais que les habitants de l'Union soviétique étaient des hommes comme eux. Pour presque tous les rapatriés d'Union soviétique (plus de 90 %), une chose était, en tout cas, claire : ils rejetaient le modèle social soviétique comme inefficace. Quand on pense que le Parti communiste allemand était, avant 1933, le plus puissant après celui de l'URSS, alors se manifeste ici un complet retournement de l'opinion. L'Union soviétique a réussi à transformer les prisonniers de guerre allemands en des anti-communistes si viscéraux que rien ni personne d'autre n'aurait pu obtenir un tel résultat aussi bien.

13 Jeunesses hitlériennes.
14 Service du travail du Reich.
15 Frank Biess, "Pioneers of a New Germany : Returning POWs from the Soviet Union and the Making of E (...)
16Cet exposé ne doit cependant pas donner l'impression que la captivité de guerre a été un séjour culturel faisant lien entre les peuples, un peu comme ces voyages de formation qu'entreprenaient les fils de famille riches au xixe siècle, avant d'entrer dans la vie professionnelle. Certains prisonniers de guerre, avant tout ceux restés en URSS après 1950, ont passé 5 à 10 années dans un environnement militaire, dans une captivité déterminée par des règles militaires. Avant, ils avaient fait partie de la Hitlerjugend13 et, plus tard, du Reichsarbeitsdienst14. Beaucoup n'avaient jamais vécu une vie civile, au sens d'aujourd'hui. Beaucoup de ceux-ci eurent des problèmes pour s'habituer à la société civile allemande d'après-guerre. En particulier, ceux qui avaient vécu à l'Est des conditions de vie très dures avaient également appris d'autres règles morales. Tout ce qui assurait la survie passait pour permis, dans la mesure où cela ne nuisait pas à celle d'un camarade. Par contre, le vol de biens de l'État passait pour légitime, voire pour un acte de résistance louable. Dans la vie civile, bien sûr, de telles règles n'étaient cependant pas utilisables
On arrive ici à un point central. D'une part il y a les expériences que les prisonniers de guerre rassemblaient dans leurs pays de détention, et d'autre part il y a les conditions qu'ils trouvèrent lors de leur retour à la maison. Il faut d'abord penser à la chronologie : le retour s'est étiré de 1945 à 1956, soit sur plus de dix ans. Par ailleurs, il y avait une autre différence essentielle selon que l'on retournait vers l'Allemagne en revenant de l'Ouest ou de l'Est.

16 Ute Benz, « Maikäfer flieg ! Dein Vater ist im Krieg. Aspekte der Heimkehr aus familialer Sicht », (...)
18Les premiers à revenir, arrivant en Allemagne de l'Ouest, rencontrèrent une société qui elle-même manquait de tout. S'ils étaient malades ou blessés, ils ne pouvaient pas s'attendre à recevoir beaucoup d'aide. En même temps, il s'agissait cependant surtout de groupes, formés de personnes dont la plupart n'avaient pas été soldats très longtemps parce qu'ils étaient très jeunes ou trop vieux. Ils s'intégrèrent à nouveau à la société de manière relativement discrète. Il en alla différemment, avec les prisonniers de guerre « normaux ». Dans la mesure où ils avaient terminé leur formation professionnelle, avant leur appel sous les drapeaux, ils pouvaient souvent même revenir travailler chez celui qui les avait employés avant la guerre. Il en alla moins bien avec les hommes qui furent appelés dans la Wehrmacht à la fin de leurs études, à 18 ou 20 ans, et qui — après des années de service militaire, voire de captivité — rentraient chez eux et voulaient terminer leur formation. Ils durent apprendre que ceux qui avaient grandi entre-temps occupaient les places d'apprentissage et n'étaient pas disposés à faire de la place aux anciens. Souvent manquaient les moyens financiers. Des parents qui avaient pu financer, avant guerre, une formation adéquate à leurs enfants étaient morts entre-temps ou, pour le moins, leurs possibilités financières étaient considérablement plus limitées qu'avant la guerre. C'est pourquoi beaucoup durent faire l'expérience frustrante que la société ne les avait pas attendus. C'est ainsi que nombre d'entre eux ont dû se déclarer satisfaits, avec moins que ce qu'ils avaient pu espérer atteindre avant la guerre.

17 Biess, Pioneers of a New Germany.
19La situation des rapatriés dans l'ancienne Allemagne de l'Est se posait en principe autrement. Ceci compte moins pour les rapatriés du début que pour les rapatriés réguliers. À l'Ouest, le service militaire dans la Wehrmacht et la captivité étaient estimés comme une composante essentielle de la biographie personnelle, acceptée de tous côtés et liée à des privilèges, par exemple pour le calcul des rentes, c'est-à-dire des pensions. Par contre, dans la République démocratique d'Allemagne il était mal vu d'avoir servi le fascisme hitlérien. Aussi il ne résultait aucun privilège du fait de la captivité. Au contraire, il était opportunément conseillé de passer cet état de fait sous silence. Avoir été en captivité à l'Ouest, et y avoir appris éventuellement la langue de l'ennemi de classe, se montra spécialement préjudiciable. De tels rapatriés furent tenus pour spécialement suspects. Je connais des gens qui ont été, à cause de cela, discriminés pendant toute leur vie professionnelle
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeLun 26 Déc - 18:46

Pour terminer, il faut mettre l'accent sur un groupe de prisonniers de guerre dont le destin particulier est symptomatique de la transformation du sens politique qu'a subie le phénomène « captivité en temps de guerre » dans la société allemande.
À la fin de l'année 1949, tous les prisonniers de guerre allemands avaient été libérés par tous les pays, à l'exception d'un groupe en URSS. Au cours des années 1948 et 1949, l'Union soviétique avait décidé de condamner des prisonniers de guerre à des peines de longue durée. Certains avaient volé une boîte de conserve dans le dépôt, d'autres furent condamnés pour des crimes auxquels ils n'avaient pas pu, dans les faits, prendre part. Dans d'autres cas, il s'agissait réellement de criminels de guerre. Il ne s'agissait, en aucune façon, seulement d'Allemands ; il y avait là des éléments de toutes les nationalités détenues par les Soviétiques. Aujourd'hui, nous savons qu'ils n'ont pas été condamnés, en fait, pour avoir commis des crimes, mais parce que Staline en avait besoin, comme otages politiques.

19 Michael Borchard, Die deutschen Kriegsgefangenen in der Sowjetunion. Zur politischen Bedeutung der (...)
22Quand la société allemande apprit que tous les prisonniers de guerre vivant en captivité en Union soviétique n'avaient pas été libérés mais que l'URSS avait retenu environ 15 000 d'entre eux, il se leva un vent de scandale. Il faut se rappeler que ceci fut une des phases les plus brûlantes de la guerre froide. Qu'est-ce qui pouvait mieux signifier l'inhumanité du système soviétique que le fait que, même cinq années après la fin de la guerre, l'URSS brise encore sa promesse de libérer les prisonniers de guerre ? Ceci mobilisa la société ouest-allemande dans une mesure telle que nous ne pouvons plus nous le représenter aujourd'hui. Il y eut des timbres commémoratifs pour les prisonniers de guerre, des semaines commémoratives, des expositions commémoratives et ainsi de suite. Les prisonniers de guerre devinrent des héros, des martyrs de la guerre froide. Aussi quand, en 1955, l'Union soviétique proposa à l'Allemagne de reprendre des relations diplomatiques, c'était une affaire entendue, pour la société de la République fédérale, que cela ne pourrait avoir lieu qu'après la remise en liberté des prisonniers. Cette condition était déjà connue par l'Union soviétique quand elle fit sa proposition de reprise des relations diplomatiques. Malgré cela, lors des négociations elle resta d'abord très réticente, pour finalement accepter quand même le rapatriement. Du point de vue de la population d'Allemagne de l'Ouest, cependant, cette opération diplomatique d'échange, qui allait finalement de soi, fut considérée comme la plus grande victoire, la plus considérable performance d'Adenauer, au cours de ses fonctions de chancelier. « Il lui en avait remontré, à l'Union Soviétique
La République démocratique d'Allemagne se comporta tout à fait différemment. Déjà, en 1953, lors du rapatriement de la première moitié des prisonniers « en retard », elle avait dû constater que les rapatriés étaient des anti-communistes décidés. Des Allemands avaient vécu entre 5 et 10 ans dans la patrie du communisme. D'après les conceptions communistes, ils auraient dû rentrer à la maison, transformés en ardents communistes. On aurait dû pouvoir les employer comme propagandistes. Au lieu de cela, ils s'avérèrent comme des personnes ayant le communisme en haine et auxquelles il ne fallait donner aucune opportunité pour apparaître sur la scène publique. À partir de cette expérience négative, le gouvernement de la République démocratique d'Allemagne alla même, en 1955, jusqu'à déconseiller à l'URSS de rapatrier les derniers prisonniers de guerre allemands. Il lui aurait semblé juste qu'ils ne rentrent plus du tout à la maison
11 millions d'Allemands ont passé une plus ou moins longue période en captivité de guerre, soit à peu près 15 % de la population allemande. Ce temps passé a très profondément marqué les prisonniers de guerre. Même aujourd'hui, 60 ans après la fin de la guerre, quand des prêtres ou des psychologues parlent avec d'anciens soldats, et donc avec d'anciens prisonniers de guerre, la parole revient très vite sur les événements et expériences d'alors. Malheureusement, à ce jour, dans la République fédérale, les recherches qui mettraient en lumière les conséquences sociales des expériences de captivité sont insuffisantes. Mais cela n'est pas différent en France. Il reste à souhaiter qu'ici s'éveillent des efforts nouveaux, avant que la recherche ne soit rendue plus difficile par la disparition de nos générations.
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeLun 26 Déc - 18:47

NOTES
1 Rüdiger Overmans, „Die Kriegsgefangenenpolitik des Deutschen Reiches 1939 bis 1945", dans Jörg Echternkamp (dir.), Das Deutsche Reich und der Zweite Weltkrieg, vol. 9/2, Ausbeutung, Deutungen, Ausgrenzung, München, Deutsche Verlagsanstalt, 2005, p. 729-875 ; ici p. 759-761, 770.

2 Jeunes hitlériens.

3 Milice de faible valeur combattante, constituée à la fin de la guerre et engagée dans la Bataille de Berlin.

4 Rüdiger Overmans, „Das Schicksal der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkriegs", dans Forschungsamt Militärgeschichtliches (éd.), Das Deutsche Reich und der Zweite Weltkrieg, vol. 10, München, dva (à paraître 2007). Helmut Wolff, Die deutschen Kriegsgefangenen in britischer Hand - Ein Überblick, München, 1974 (Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges, vol. 11/1), p. 87-90. Kurt Böhme W., Die deutschen Kriegsgefangenen in amerikanischer Hand - Europa, Müchen, 1972 (Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges, vol. 10/2), p. 215-221. Rüdiger Overmans, Soldaten hinter Stacheldraht. Deutsche Kriegsgefangene des Zweiten Weltkriegs, Berlin, Propyläen, 2000, p. 308-310.

5 Werner Ratza, « Anzahl und Arbeitsleistungen der deutschen Kriegsgefangenen », dans Erich Maschke (dir.), Die deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. Eine Zusammenfassung, Munchen, 1974 (Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges, vol. 15), p. 185-230 ; ici p. 194-195. Arnold Krammer P., Nazi Prisoners of War in America, New York, 1979, p. 202-204. Kurt Böhme W., Die deutschen Kriegsgefangenen in französischer Hand, München, 1971 (Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges, vol. 13), p. 136-140.

6 Buisson (éd.), Historique du Service des Prisonniers de Guerre de l'Axe (1943-1948), Paris, 1949, p. 56-68, 154, 347. Secrétariat d'État à la Présidence du conseil et à l'Information (éd.), Prisonniers de Guerre, p. 6. Overmans, Soldaten hinter Stacheldraht, op. cit., p. 208.

7 Eckard Michels, « Mythen und Realitäten : Deutsche in der Fremdenlegion 1943-1955 », dans Militärgeschichtliche Mitteilungen, 55, 1996, p. 431-481.

8 Danièle Voldman, Attention mines... 1944-1947, Paris, 1985. Comité international de la Croix-Rouge (éd.), Rapport du Comité international de la Croix-Rouge sur son activité pendant la seconde guerre mondiale (1.9.1939-30.6.1947), vol. 1, Activités de caractère général, Genève, 1948, p. 343. Buisson, Historique, op. cit., p. 375, 381.

9 Böhme, Frankreich, op. cit., p. 129-134 ; Buisson, Historique, op. cit., p. 68, 137, 157, 355.

10 Rüdiger Overmans, „Kriegsgefangenschaft - ein vergessenes Thema ?", dans Günter Bischof, Rüdiger Overmans (dir.), Kriegsgfangenschaft im Zweiten Weltkrieg. Eine vergleichende Perspektive, Ternitz-Pottschach, 1999, p. 429-468 ; ici p. 430-431.

11 Böhme, Frankreich, op. cit., p. 53-54. Buisson, Historique, op. cit., p. 3, 149.

12 Overmans, Soldaten hinter Stacheldraht, op. cit., p. 288-300.

13 Jeunesses hitlériennes.

14 Service du travail du Reich.

15 Frank Biess, "Pioneers of a New Germany : Returning POWs from the Soviet Union and the Making of East German Citizens, 1945-1950", dans Central European History, vol. 32, 1999, p. 143-180. Overmans, Soldaten hinter Stacheldraht, op. cit., p. 306-308. Peter Steinbach, „Die sozialgeschichtliche Dimension der Kriegsheimkehr", dans Annette Kaminsky (dir.), Heimkher 1948, München, 1998, p. 325-340.

16 Ute Benz, « Maikäfer flieg ! Dein Vater ist im Krieg. Aspekte der Heimkehr aus familialer Sicht », dans Annette Kaminsky (dir.), Heimkehr 1948, München, 1998, p. 176-191.

17 Biess, Pioneers of a New Germany.

18 Andreas Hilger, Ute Schmidt, Günther Wagenlehner (dir.), Sowjetische Militärtribunale, vol. 1, Die Verurteilung deutscher Kriegsgefangener 1941-1953, Köln, 2001 (Schriften des Hannah-Arendt-Instituts für Totalitarismusforschung, vol. 17).

19 Michael Borchard, Die deutschen Kriegsgefangenen in der Sowjetunion. Zur politischen Bedeutung der Kriegsgefangenenfrage 1949-1955, Düsseldorf, 2000 (Forschungen und Quellen zur Zeitgeschichte, vol. 35).

20 Beate Ihme-Tuchel, „Zwischen Tabu und Propaganda. Hintergründe und Probleme der ost-deutsch-sowjetischen Heimkehrerverhandlungen", dans Anette Kaminsky (dir.), Heimkehr 1948, München, 1998, p. 38-54.

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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeMar 27 Déc - 11:22

Un livre qui vaut sûrement le détour.
Citation :
Quand ils rentrèrent chez eux, ils faisaient partie des vainqueurs.
A nuancer, c'est pas l'idée qu'ils se faisaient d'eux même après 5 ans de captivité... scratch
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeMar 27 Déc - 11:38

vania a écrit:
Un livre qui vaut sûrement le détour.
Citation :
Quand ils rentrèrent chez eux, ils faisaient partie des vainqueurs.
A nuancer, c'est pas l'idée qu'ils se faisaient d'eux même après 5 ans de captivité... scratch
Tout à fait exact, j'ai simplement recopié le texte, chacun se fait une idée après. Personne n'aurait voulu prendre leur place et voir. affraid
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeLun 2 Jan - 0:01

Ici la liste des camps de prisonnier de guerre Allemands, se trouvant sur les anciens terrains du Grand Reich.
https://translated.turbopages.org/proxy_u/en-ru.ru.b3ee9bcf-63b1eb92-76395ed7-74722d776562/https/fr.wikipedia.org/wiki/Speziallager

Et voici juste un petit récit. Pour les camps en URSS.
Citation :
ALLEMANDS CAPTIFS À BELOYARSKY (Sibérie à l'arrière de la chaine de montagne de l'Oural)


Les premiers Allemands capturés sont apparus dans le district de Beloyarsky au début de 1943 - apparemment, capturé sous Stalingrad. À proprement parler, cela est tout à fait compréhensible, car avant la défaite des Allemands à Stalingrad, nos troupes ont fait peu de prisonniers. Et puis toute l'armée de Paulus s'est rendue - et tous les prisonniers ont été "installés" dans toute l'Union soviétique selon le stade.


 Les Allemands vivaient dans la zone de l'usine du Komintern, où ils ont construit des casernes résidentielles entourées de barbelés. Ils ont travaillé: ils ont déchargé des wagons, dans une usine, dans une ferme collective, ils ont extrait des moellons pour la construction. Cependant, leur tâche principale était de couper du bois pour les ligne électrique à haute tension, qui a été tirée d'Asbest à Beloyarsky. De plus, les experts ont noté la haute qualité de leur travail - ils ont scié des troncs très près du sol, laissant passer le trafic.

Les prisonniers se sont partiellement approvisionnés en "vitamines" - près de Pyshma, où la route du Grand Village va à l'usine d'outils, ils ont planté un grand champ de choux. Ils s'occupaient eux-mêmes du champ, l'arrosaient eux-mêmes, puisant l'eau à la source au bout de la rue Fabrychnaya. L'historien local de Beloyarsk, Vladimir Lizunov, cite ses propres souvenirs de cette époque. Selon lui, les prisonniers n'étaient pas gardés avec beaucoup de vigilance - les garçons locaux, et parfois les adultes, pouvaient approcher calmement les Allemands et communiquer. Parfois, ils troquaient des montres, des briquets, des harmonicas. Pour ne pas dire que les Allemands vivaient bien pire que la population locale, mais il est quand même arrivé qu'ils meurent. Les morts ont été enterrés dans un cimetière séparé, situé à l'endroit où la rue Asbestovskaya jouxte la forêt. Un peu plus tard, ils ont commencé à amener des Roumains captifs à Beloyarsky.



Il est curieux qu'après le retrait de la Roumanie de la guerre en 1944, les Roumains aient non seulement été escortés, mais également chargés de protéger les Allemands capturés - c'est-à-dire ceux avec qui les Roumains avaient été précédemment maintenus dans les mêmes conditions. "C'est des Roumains que nos gardes ont appris que jusqu'au Jour de la Victoire, les Allemands n'avaient pas perdu l'espoir d'une issue favorable de la guerre pour l'Allemagne", se souvient Lizunov. La guerre avec le Japon n'a pas contourné nos places non plus. Y compris, encore une fois, du point de vue des prisonniers - à la fin de 1945, les Japonais ont également été assez entraînés sur la scène. Mais ils ont été installés séparément des Allemands - près du village de Rezhik. Les «samouraïs» étaient également impliqués principalement dans l'exploitation forestière. "Ils étaient gardés beaucoup plus strictement que les Allemands", note Vladimir Lizunov. "Une fois à l'été 1946, nous avons conduit des charrettes pour tondre dans la région de Zhernakovo, qui est située près de Rezhik, et une colonne de Japonais capturés, environ 40 personnes, marchait vers nous le long de la route. Sécurité - nos soldats avec des mitrailleuses légères et des chiens de berger. Quand nous nous sommes approchés, les gardes ont arrêté la colonne et on nous a ordonné de quitter la route aussi loin que possible dans la forêt. Après cela, la colonne est allée ... "Cependant, les Japonais ne sont pas restés longtemps dans notre captivité - à partir de la fin de 1946, ils ont commencé à être renvoyés chez eux au Japon. Et les Allemands sont restés ici beaucoup plus longtemps - seulement en 1948 ils furent renvoyés dans la « patrie »
Ainsi ici c'était ou l'armée de Paulus, du moins les sous officiers et les Soldats eux ont été garder.



Il y avait aussi le camps spécial NKVD °97 se trouvant à Ellyabuga. près de Samara.
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MessageSujet: Re: Prisonniers allemands en URSS   Prisonniers allemands en URSS Icon_minitimeLun 2 Jan - 11:17

Il semble que leur mauvais traitement ait été plus lié à une organisation défaillante qu'à une réelle volonté d'extermination...
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